Les trésors végétaux de Noël : Symbolisme, biodiversité et usages du lierre et des conifères

Pour préparer la belle nuit de Noël, les conifères n'ont pas leur pareil pour embaumer la maison de leur délicat parfum. D'après la tradition, le sapin représente la lumière qui triomphe sur l'hiver. Raison de plus pour lui laisser une place de choix. Sur la table, une cheminée, une couronne, quelques branches toutes fraîches créent instantanément une ambiance enchantée.

Sapin de Noël décoré avec des branches fraîches et des bougies

Les conifères : parfums et traditions hivernales

Le traditionnel épicéa commun, à la forte odeur de résine, a tendance à perdre ses aiguilles dans nos intérieurs chauffés. Misez aussi sur le thuya ou le cupressus: pour cela, coupez net au sécateur des rameaux parfumés de la partie haute de votre haie. Le genévrier, le cyprès, le cèdre et l'if offrent également un beau feuillage vert, bleu ou doré selon les variétés. Évitez de les couper trop près du tronc pour qu'ils puissent repousser. Avant de les rentrer dans la maison, plongez les branches dans un seau d'eau pour les débarrasser des insectes qui s'y cachent. C'est aussi une bonne façon de les hydrater pour qu'ils gardent leurs aiguilles plusieurs semaines.

Le gui et le houx : symboles de vie et de protection

À la Saint-Sylvestre, il est de coutume de s'embrasser sous le gui pour bien commencer l'année. Un signe de longue vie et de prospérité. D'ailleurs, on ne manquera pas de s'exclamer: "Au gui, l'an neuf." Une déformation du celte "O ghel an heu" qui se traduit par "Que le blé germe". La légende veut que chaque solstice d'hiver, les druides coupaient à la serpe d'or une boule de gui dans un chêne. Ceci pour s'emparer de la force et des pouvoirs guérisseurs de l'arbre. Or il est rarissime de trouver du gui accroché à un chêne. La plante parasite préfère de loin pomper la sève du pommier, du peuplier ou du tilleul. Ce sont des oiseaux comme la grive et la fauvette qui se chargent de déposer les graines gluantes, débarrassées de leur pulpe visqueuse, sur une branche. À la cime de son hôte, le gui va former une boule parfaite, au feuillage toujours vert, qui pourra dépasser 1m de diamètre. Vous comprendrez que le gui, ou Viscum album, ne se cultive pas. Il est même conseillé d'en débarrasser les arbres fruitiers. Le couper net à la base ne suffit pas. Il faut ensuite cureter la branche parasitée pour en extraire le suçoir.

Avec son feuillage coriace toujours vert, sa grande longévité due à sa croissance lente et son bois si robuste, le houx est symbole d'immortalité. La chrétienté en a fait un végétal incontournable de la Nativité. Aujourd'hui, il habille la bûche de Noël et la couronne de l'Avent. Les Romains en décoraient la statue de Saturne et la légende veut que la Sainte Famille, pourchassée par Hérode, se soit réfugiée sous un houx. Seuls les pieds femelles fructifient. Les vieux sujets culminent à plus de 10 m et leurs branches basses finissent par se marcotter naturellement en s'enracinant dans le sol. Au jardin, le houx poussera bien à l'ombre mais ne fructifiera qu'au soleil. Avec une affection pour les sols profonds et humifères. Il redoute les terres mal drainées ou calcaires et supporte bien la taille. Parmi les nombreuses variétés femelles ornementales, retenez J.C.

Le lierre : une plante injustement mal aimée

Avec ses feuilles d'un vert intense et ses tiges souples, le lierre est incontournable pour tresser de belles couronnes, décorer la crèche ou orner les bougeoirs. Symbole de la vie éternelle, dédié à Osiris dans l'Égypte ancienne, source d'espérance pour les Celtes, le lierre à la feuille en forme de cœur représente aussi la protection et la fidélité dans la tradition chrétienne. Mal aimé, on lui reproche à tort de stranguler les troncs d'arbres et de dégrader les murs. Or, l'inoffensive grimpante ne fait que s'agripper avec ses solides crampons sans jamais ponctionner la sève de ses hôtes. Bien utile à la biodiversité, elle abrite des myriades d'insectes. Sa floraison d'octobre est une aubaine pour la provision hivernale des abeilles.

Illustration montrant le lierre grimpant sur un tronc sans l'endommager

Au jardin, le rustique lierre est bien utile pour recouvrir durablement les treillis, les murs inesthétiques et les clôtures. Peu exigeant et jamais malade, il pousse vite à toute exposition, pourvu que le sol ne soit ni trop sec ni trop détrempé. Avec une affection particulière pour les terrains calcaires. Sous les arbustes, au pied des haies et même dans la rocaille, il jouera parfaitement son rôle de couvre-sol.

Traditions provençales et cycle de la vie

Dès le 26 décembre, en Provence, il est coutume de déposer dans la crèche trois coupelles de blé germé. Elles représentent la Sainte Trinité, la prospérité et sont un bon présage pour les moissons à venir. Pour suivre la tradition à la lettre, on sème le blé le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, sur un lit de coton humidifié.

On retrouve le Lierre aussi bien en forêt, qu'utilisé comme plante ornementale pour couvrir des murs, ce qui fait de lui une plante très connue. Son feuillage est dense et ses feuilles, assez épaisses, sont persistantes. Seul représentant européen de sa famille, le Lierre (Hedera helix de son petit nom latin) est une liane qui permet difficilement de se faire une idée sur sa famille. Les principales espèces d'Araliacées se trouvent dans les régions subtropicales et sont, aussi bien des arbres, des buissons, des lianes ou des plantes herbacées. Dans la flore française, deux plantes très différentes se partagent le nom "lierre", le Lierre grimpant (Hedera helix) et le Lierre terrestre (Glechoma hederacea). Ce dernier est une plante herbacée de la famille des lamiacées (sauge, romarin, etc.) qui doit sans doute son nom à son pouvoir couvre-sol.

Écologie et comportement du Lierre

La plupart des plantes sont attirées par la lumière et vont avoir un feuillage dont l'allure générale va être influencée par la recherche du soleil. Si c'est bien le cas du lierre, que l'on découvre agrippé à l'arbre, comment a-t-il pu trouver ce support qui, est, au contraire, une source d'ombre ? Logiquement, si la plante est attirée par la lumière, elle devrait fuir l'arbre. En fait, le Lierre, dans sa jeunesse, alors qu'il rampe au sol, recherche l'ombre et va orienter sa progression vers les endroits les plus sombres, ce qui lui permet d'arriver jusqu'à la base d'un tronc où s'amorcera sa montée. Une fois l'arbre trouvé, va alors commencer la longue ascension de la plante qui lui permettra lentement de profiter pleinement de son support en y étalant de nombreuses tiges feuillées vers l'extérieur.

Pleinement développé, le Lierre finit par avoir lui-même l'allure du feuillage d'un arbre. Toutes ses tiges feuillées étant relativement lourdes, elles nécessitent un excellent système de fixation pour ne pas finir par se détacher sous le poids. Des études ont montré que le Lierre est capable de s'accrocher sur de multiples supports à condition qu'ils offrent un minimum de rugosité. Le Lierre devient adulte sur l'arbre.

le cycle de vie des vegetaux

Pas facile d'attirer des insectes lorsqu'on pousse à l'ombre d'un arbre. Le Lierre a trouvé quatre solutions pour surmonter ce problème. La première est de ne fleurir qu'une fois arrivé sur son support, ce qui lui lui donne une hauteur qui augmente sa visibilité. La deuxième astuce est de regrouper ses fleurs en ombelles arrondies au bout de tiges qui s'écartent du tronc. Pour assurer la venue des pollinisateurs, ses fleurs sont également munies de disques nectarifères très nourrissants. Enfin, la floraison automnale est un dernier atout en offrant un nectar bienvenu après une fin d'été pauvre en fleurs.

Avant d'observer de plus près une fleur, revenons sur leur regroupement en ombelle. Ce type d'inflorescence a déjà été décrit dans l'article sur la carotte sauvage comme étant caractéristique des Apiacées. On retrouve l'ombelle chez la famille des Araliacées ainsi que d'autres particularités qui la classent avec les Apiacées dans l'ordre commun des Apiales. Il existe de nombreux points communs entre les fleurs des deux familles. On retrouve chez le Lierre le pistil couvert par un disque nectarifère au centre duquel dépassent deux styles collés, la fleur comporte aussi 5 étamines, 5 pétales (égaux chez le Lierre) et 5 sépales réduits. Fait remarquable, le pistil du lierre a une partie au-dessus des pétales (couverte par le disque nectarifère) et le reste en dessous. On dit dans ce cas que l'ovaire est semi-infère. Passons à l'observation. En retirant délicatement une étamine et un ou deux pétales, on découvre les sépales très courts, velus, bordés de noirs et le dessous du pistil.

Le Lierre face aux accusations : un plaidoyer pour la biodiversité

Dans une joute verbale imaginaire, le Lierre se défend : "C’est faux ! Mes racines ne servent qu’à m’agripper, elles ne traversent jamais les écorces !". Face aux accusations, il rétorque : "En effet, mon feuillage protège son écorce, mais je suis également très utile pour la forêt en servant d'abri à de nombreux animaux comme le papillon citron." Le juge conclut : "Monsieur le Lierre, vous êtes innocent !".

Le lierre commun ou lierre grimpant (Hedera helix de son nom scientifique) est une liane assez répandue en Europe. C’est probablement également le cas dans votre commune où il s’est surement installé un peu partout. Souvent stigmatisée et peu appréciée cette plante recèle pourtant d’atouts considérables sur les plans de la biodiversité et des changements climatiques. Découvrons comment cette plante peut devenir une ressource majeure pour votre commune.

Le lierre est une plante qui suscite souvent des débats sur son impact sur les arbres. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le lierre n'est pas une plante parasite. Il utilise les arbres auxquels il s’accroche uniquement comme support et concurrence rarement le houppier - le sommet de l’arbre - en restant sur sa partie centrale. Le lierre présente donc un risque structurel pour les arbres déjà fragilisés (tronc pourrissant ou endommagé). Par contre, il n’est pas problématique pour les arbres en bon état sanitaire. Dans certains cas, il se révèle même être un allié bénéfique. Il est déconseillé de planter du lierre au pied des jeunes arbres, en particulier ceux de moins de 5 ans, car cela pourrait entraver leur croissance. Au lieu de cela, il est préférable de laisser le lierre s'installer naturellement sur des arbres matures propices.

Le caractère grimpant du lierre en fait également une plante intéressante pour la conception d’un mur végétal. La plante ne présente pas de dangers pour les murs dont les joints sont en bon état, en effet, il va s’accrocher aux aspérités sans pouvoir l’endommager. Attention à ne pas confondre de Lierre avec la Vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia) qui est une espèce exotique envahissante et une menace pour l'environnement. Cette dernière grimpe également grâce des crampons mais c’est une plante caduque qui donc perds ses feuilles en hiver. Il apporte du vert tout au long de l’année. Son feuillage vert foncé, contrasté par des nervures blanchâtres, à l’avantage d’être persistant. Il permet donc de garder de la couleur tout au long de l’année.

Comparaison visuelle : Lierre grimpant vs Vigne vierge

Avantages écologiques et gestion urbaine

Couvre-sol efficace : son caractère rampant, associé à son feuillage dense et opaque en font une plante couvre-sol très efficace qui empêche la croissance de plantes adventices dans un parterre. Dépolluant urbain : il permet de dépolluer l’air urbain des particules fines, et ce, toute l’année, grâce à son feuillage persistant lui permettant de faire de la photosynthèse en hiver, contrairement aux plantes caduques qui perdent leurs feuilles en hiver. Bénéfices pour les pollinisateurs : sa floraison tardive (de septembre à novembre) est extrêmement importante pour les derniers pollinisateurs de la saison. On y retrouve très souvent de nombreuses espèces de papillons, de mouches, de guêpes et d’abeilles. Refuge pour les oiseaux et nourriture : sa fructification tardive et longue est très intéressante pour les oiseaux qui y trouvent aussi un refuge dans les rameaux aériens. Exposition : Tolère toutes les expositions, même les très ombragées. Maladies et ravageurs : Le lierre est peu sensible aux maladies et aux ravageurs.

Des recherches scientifiques confirment ces bénéfices :

  • Coombes, M. A., Viles, H. A., & Zhang, H. (2018). Thermal blanketing by ivy (Hedera helix L.) can protect building stone from damaging frosts. Scientific Reports, 8(1), Article 1.
  • Salisbury, T. Blanusa, H. Bostock & J.N. Perry, (2023). Careful plant choice can deliver more biodiverse vertical greening (green façades).
  • Sternberg, T., Viles, H., Cathersides, A., & Edwards, M. (2010). Dust particulate absorption by ivy (Hedera helix L) on historic walls in urban environments. Science of The Total Environment, 409(1), 162‑168.

Le lierre dans la décoration festive

Symbole d’éternité car jamais fané, le lierre, doté de rameaux souples, s’avère parfait en guise de décoration de Noël. Cette mini couronne alterne des rameaux avec des fruits et des feuilles, enroulés autour d’un anneau. L’escalier illuminé par des photophores et orné d’une guirlande de lierre amène chaleur et élégance à la pièce. Entortillez des branches courtes et des rameaux avec des fruits.

Pour faire une guirlande de Noël en lierre : Raccourcissez les rameaux de lierre à environ 20 cm de longueur. Procurez-vous une guirlande d’herbe artificielle qui servira de support. Enroulez les rameaux autour de la guirlande artificielle et attachez-les avec du fil de fer. Des photophores font un chemin de table lumineux où s’invite la nature. Enroulez le col d’un grand bocal d’un rameau de lierre. Une large feuille de lierre, posée en guise de porte bougie évite les taches de cire sur la nappe ! Le lierre s’invite sur la table de Noël pour créer un chemin de table végétal. Disposez du lierre grimpant pour encadrer des bougies posées sur une table ainsi éclairée d’une douce lumière naturelle. Alignez 2 ou 3 lianes et tressez-les entre elles.

Caractéristiques botaniques et culture du lierre commun

Le lierre grimpant (Hedera helix) ou lierre commun est une plante grimpante ou rampante qui se rencontre sur l'ensemble du territoire français, sur les vieux murs, les rochers, les arbres. Très rustique (-20°C), cette liane supporte sans broncher également la pollution et s'accroche à son support par ses racines adventives en forme de crampons. Les feuilles persistantes restent vertes quelle que soit la saison. Très discrètes, les petites fleurs bisexuées jaune verdâtre sont réunies en ombelles, en automne. Attention, le contact avec les feuilles peut provoquer des réactions cutanées allergiques tandis que les fruits purgatifs provoquent des vomissements.

Tous les types de sols conviennent au lierre commun, surtout s'ils sont frais, humifères, consistants et même calcaires. Il faudra éviter de l'exposer au soleil ardent en privilégiant des endroits exposés à l'ombre, même dense. L'unique entretien nécessaire au lierre commun est une taille régulière pour supprimer les rameaux les plus anciens et ceux qui gagnent trop, autrement, cette plante grimpante risque d'envahir désagréablement votre jardin. Le lierre commun est un arbuste idéal pour servir de couvre-sol, pour habiller un mur ou une façade, pour cacher un élément vilain du jardin ou pour recouvrir de vieux arbres. Ils peuvent également être formés en topiaires, guidés sur une structure métallique ou grillagée. Le lierre commun (Hedera helix) a donné naissance à de nombreux cultivars dont beaucoup se prêtent à la culture en pot ou en suspension comme plante d'intérieur.

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