Alain Prunier : Entre Défis Agricoles, Défense des Droits des Salariés et Art au Service de la Science

Portrait d'Alain Prunier dans différents rôles

Le nom d'Alain Prunier résonne à travers des sphères d'activités variées, allant de l'exploitation agricole et la recherche d'associés, en passant par la défense des droits des salariés et l'illustration scientifique, jusqu'à l'animation de la vie associative locale. Ces multiples facettes révèlent un engagement profond et une polyvalence remarquable.

La Ferme de la Talboisière : Un Héritage Familial en Quête de Partenariat

Au cœur du bocage normand, à Tinchebray-Bocage (Orne), se niche La Ferme de la Talboisière. Nichée dans un lieu-dit qui porte son nom, cette exploitation agricole, située à Saint-Jean-des-Bois, commune déléguée de Tinchebray-Bocage (Orne), prône des valeurs de partage. Alain Prunier, 63 ans et toujours en activité, est une figure centrale de cette ferme familiale. Aux côtés de sa fille Lucie, âgée de 29 ans, il représente la quatrième génération d’exploitants. Lucie et son père Alain ont lancé leurs recherches il y a trois ans, mais ils n'ont toujours pas trouvé d'associé pour la ferme qu'ils exploitent.

La jeune femme, Lucie, a souhaité interpeller en ce début du mois d’avril 2021 sur cette situation. Son père a travaillé toute sa vie sur cette ferme, et il est temps pour lui de s'arrêter. D'ailleurs, il aurait pu prendre sa retraite depuis trois ans. La Ferme de la Talboisière, une exploitation de 105 hectares où sont produits lait, fromage et céréales, recherche activement un associé. Un salarié, Jacky, exerce déjà dans la ferme. L'associé recherché détiendra des parts dans l'exploitation, le faisant ainsi devenir chef d'entreprise.

Vue aérienne de la Ferme de la Talboisière

Les critères de recherche définis par Lucie et Alain Prunier sont peu nombreux. Cette opportunité pourrait par exemple convenir à une personne déjà salariée dans une ferme ou travaillant dans une coopérative. Les deux exploitants ne prévoient pas de laisser leur nouvel arrivant "dans le grand bain" dès sa prise de fonction. Ils souhaitent prendre le temps et lui proposer un contrat de salariat ou de parrainage le temps qu’il prenne ses marques. Lucie, pour qui la communication est essentielle, espère idéalement qu'une "piste sérieuse" soit enclenchée cette année. Le confort de vie pour l'associé est envisagé avec un travail tous les jours et le week-end une semaine sur trois.

Pour les personnes intéressées à devenir le nouvel associé ou souhaitant plus d’informations, la ferme est située à La Talboisière, Saint-Jean-des-Bois (Tinchebray-Bocage).

La Défense des Droits des Salariés : Un Combat Contre l'Obsolescence des Tableaux de Maladies Professionnelles

Alain Prunier est également une voix importante dans la défense des droits des salariés, notamment en tant que vice-président de la Fnath (Association des accidentés de la vie). Son engagement se manifeste particulièrement dans le combat pour la modernisation des tableaux de maladies professionnelles (TMP).

Graphique sur l'évolution des maladies professionnelles reconnues

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a formulé des recommandations afin de mettre à jour ces tableaux en fonction des connaissances scientifiques récentes, et de simplifier l’accès des salariés à la réparation et à l’indemnisation. La sous-reconnaissance des maladies professionnelles est un phénomène massif qui coûte chaque année à la branche maladie de la Sécurité sociale environ 1,2 milliard d’euros. Ce coût est en partie lié à l’obsolescence des tableaux de maladies professionnelles (TMP), qui n’intègrent pas les connaissances scientifiques les plus récentes.

Alain Prunier explique que "Avec le certificat initial, l’inadéquation des tableaux fait partie des principales difficultés des salariés qui veulent obtenir la reconnaissance de l’origine professionnelle de leur maladie." Le groupe de travail qui a planché sur le sujet recommande, dans l’expertise publiée en décembre 2024, la révision complète de certains tableaux, comme, par exemple le RG 57 « Affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail » ou le RG 98 « Affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes ».

Pour d’autres tableaux, l’expertise préconise en premier lieu de simplifier leurs titres pour éviter "les restrictions empêchant la prise en compte de toutes les situations d’exposition ou de maladies". Henri Bastos, directeur scientifique santé-travail de l’Anses, ajoute qu'il "faudrait par ailleurs simplifier les délais de prise en charge et harmoniser le régime agricole et le régime général, sachant que l’on a parfois des variations qui vont de cinq à dix ans". Alain Prunier approuve cette position, affirmant que "Rien ne justifie qu’un salarié du régime agricole soit moins bien ou mieux traité qu’un salarié du régime général. Les données médicales sont les mêmes." Il partage également les conclusions de l’Anses concernant les délais de prise en charge et cite l’exemple du tableau n°30 bis qui concerne le cancer broncho-pulmonaire provoqué par l'inhalation de poussières d'amiante.

Concernant les tâches susceptibles d’exposer les salariés à tel ou tel toxique, l’Anses suggère des listes "plus ouvertes" et "indicatives" autant que faire se peut, plutôt que "limitatives". Au-delà de ces mises à jour, l’Anses préconise la création de nouveaux tableaux. "Vingt-cinq sites de cancers différents ont été identifiés comme étant liés, avec un niveau de preuves avéré, à trente-trois cancérogènes professionnels, sans que les associations identifiées ne fassent l’objet d’un TMP", relève le groupe de travail. Sur ce sujet, les experts insistent sur la nécessité de prendre en compte les multiples expositions des salariés, sachant que c’est un angle mort des TMP.

Giovanni Prete, sociologue du risque et de la santé au travail et vice-président du groupe de travail de l’Anses sur les maladies professionnelles, reconnaît que ce sujet des polyexpositions est "délicat car depuis le début du XXe siècle, le système de reconnaissance est basé sur le principe « une exposition, une maladie »." La polyexposition - si elle correspond aux conditions de travail réelles - peut être utilisée pour remettre en cause ce principe de la présomption d’origine, ce qui n'est pas sans inquiéter les syndicats de défense des salariés. "Élaborer un tableau de maladies professionnelles qui prend en compte plusieurs facteurs de risques, c’est un vrai défi en termes méthodologiques", ajoute Henri Bastos. Un autre angle mort sur lequel le groupe de travail appelle à se pencher est celui des effets reprotoxiques d’expositions professionnelles. Il n’existe pour le moment aucun tableau relatif à ces effets, et aucune pathologie de ce type n’a fait l’objet d’une reconnaissance, alors même que selon l’enquête Sumer de 2017, des millions de salariés sont exposés à de tels produits au quotidien.

La reconnaissance d’une maladie professionnelle

Alain Prunier, l'Illustrateur : Rendre la Science Accessible et Ludique

Au-delà de ses engagements agricoles et sociaux, Alain Prunier est également un illustrateur talentueux, particulièrement reconnu pour son travail de vulgarisation scientifique. Il est un complice de la première heure de StripScience, un collectif qui vise à créer des collaborations inédites entre blogueurs de sciences et illustrateurs de bande dessinée férus de science.

Le chercheur en génétique évolutive Pierre Kerner, l'instigateur de StripScience, résume l'objectif : "L’idée est de réaliser des collaborations inédites entre blogueurs de sciences et illustrateurs BD férus de science. On veut imaginer des projets de vulgarisation communs ludiques et décomplexés, et des œuvres drôles, belles et passionnantes." Sur StripScience, chacun apporte sa contribution selon ses compétences : des billets de blogue à illustrer ou des idées d’illustration qui sont le point de départ d’une belle émulation créatrice. Par exemple, un ami blogueur qui est également ingénieur en recherche nucléaire a proposé une compilation d’articles sur le boson et a demandé aux artistes s’ils voulaient faire des dessins spéciaux pour l’occasion. Ce matériel a été diffusé chaque jour pendant toute une semaine.

Alain Prunier a activement participé à la semaine du boson de Higgs. "Dessiner des choses qu’on ne voit pas est particulièrement réjouissant. On a bien senti que les illustrateurs se lâchaient complètement et partaient dans toutes sortes de directions farfelues parce que personne, pas même les chercheurs, ne savait à quoi un boson ressemblait," se souvient-il. Alain Prunier, qui a longtemps été illustrateur pour la revue française Science et vie junior, est habitué aux concepts scientifiques parfois très abstraits. La chose la plus difficile qu’il ait eu à illustrer jusqu’à présent fut le vide ! "J’ai dessiné un spectacle où un magicien transperçait une bouteille transparente avec des sabres." D’après son expérience, "il faut parfois des heures de réflexion et de discussion avec les scientifiques pour trouver une bonne idée."

Pour un scientifique comme Pierre Kerner, collaborer avec des dessinateurs a demandé un certain effort d’adaptation. "J’ai rapidement lâché du lest en comprenant que les illustrateurs ont un talent extraordinaire pour ouvrir des portes auxquelles on n’aurait jamais pensé soi-même." De complice, l’illustrateur devient alors un véritable miroir. "Quand on raconte quelque chose à quelqu’un, on n’a aucune idée de la manière dont la personne aura compris nos propos. Ce qui est formidable sur un dessin, c’est qu’on a un aperçu instantané de ce qui a traversé l’esprit de l’illustrateur."

Le collectif StripScience a récemment connu son premier événement non virtuel au cours du Festiblog, le festival français des blogues BD et du webcomic qui a lieu chaque année à Paris. Quatre illustrateurs y ont été invités à improviser sur le thème de la génétique évolutive. "Les visiteurs choisissaient leur dessinateur et piochaient la photo de l’organisme qu’il devait représenter à sa sauce. Ensuite, les visiteurs devaient essayer de placer le dessin à la bonne place sur l’Arbre du vivant, c’est-à-dire en respectant les relations de parenté entre les organismes."

Exemple d'illustration scientifique humoristique

La présence des dessinateurs de StripScience au Festiblog n’était pas un hasard : les organisateurs avaient en effet décidé de placer l’édition 2012 de leur festival sous le signe de la science. Résultat : une collaboration inédite avec le Centre national de recherche scientifique a permis à une douzaine d’équipes de blogueurs BD de visiter des laboratoires et des centres de recherche. Les bandes dessinées qui en ont découlé ont fait l’objet d’un blogue (un autre!) sur le site du Festiblog et du quotidien français Libération. "La demande faite aux auteurs était de témoigner de leur rencontre et des échanges avec les chercheurs. Il n’était pas forcément question d’être dans l’exactitude scientifique, mais plutôt dans le compte-rendu de ce qu’ils gardaient de la visite." Yannick Lejeune, l’organisateur du Festiblog, ajoute que "D’ailleurs, les chercheurs l’ont bien compris puisque les notes publiées ont été relues par les labos. Certains ont demandé des corrections pour se coller davantage à la réalité, d’autres ont trouvé intéressant de voir ce que l’auteur en avait compris, quitte à garder quelques détails incorrect."

Cet exercice représentait un véritable défi pour les dessinateurs qui se sont frottés, le temps d’une visite, à des domaines aussi divers que la biologie végétale ou l’astrophysique. Certains auteurs ont pris moins de risques que d’autres en faisant dire à leurs personnages “Là, j’ai rien compris!”, note Yannick Lejeune. Cependant, la plupart n’ont pas hésité à exploiter le fantasme et l’humour pour rendre compte de leur expérience. "L’objet de Crayons X était vraiment de susciter un échange entre passionnés." C’est d’ailleurs le message qu’a voulu faire passer le dessinateur ULLCER, alias Yohann Leroux, suite à son passage dans une station de radioastronomie. À la fin de l’histoire, le personnage du scientifique déclare un peu perplexe : "Finalement, ils étaient plutôt sympas ces auteurs de BD." Si scientifiques et bédéistes font souvent bon ménage, certains portent les deux casquettes. Plusieurs blogues BD sur les déboires de la recherche servent d’ailleurs de défouloir à de jeunes scientifiques qui terminent ou viennent de terminer leur doctorat.

L'Engagement Associatif : La Pétanque à Saint-Lô

L'engagement d'Alain Prunier ne se limite pas aux domaines professionnels et artistiques, il s'étend également à la vie associative locale. Il est le président du club de pétanque, une association qui a failli disparaître. Grâce à l'investissement de quelques licenciés, le club poursuivra son activité.

Vingt-cinq personnes assistaient le lundi 16 décembre à l'assemblée générale de l'association. Lors de cette réunion, le président Alain Prunier a fait comprendre au premier adjoint Bertrand Sorre, qui était présent, que le terrain était dans un état déplorable : chardons, herbes et feuilles ont pris possession du terrain.

Au niveau des compétitions, les féminines se classent 19e sur 28 clubs en départemental, et les hommes 24e sur 36 clubs. Les quatre concours officiels et les six concours amicaux de cet été ont généré un bénéfice de 1 300 €. Des animations pour 2014 sont déjà prévues, incluant la galette des rois le 11 janvier, le grand prix de Saint-Lô le 30 janvier, et le premier tour de la coupe de la Manche vétérans le 4 avril. Le club de pétanque semble reparti du bon pied, témoignant de l'énergie et de la détermination d'Alain Prunier à soutenir les initiatives locales et à favoriser le dynamisme communautaire.

Joueuses de pétanque en action

tags: #nuit #alain #prunier