Le Paillage au Jardin : Guide Complet sur l'Usage du Chêne et du Châtaignier

La gestion de la fertilité et de la protection du sol est au cœur de la pratique du jardinage durable. Dans la nature, vous ne verrez jamais un sol nu. On dit que la Nature a horreur du vide. C’est pourquoi, dans les forêts et les espaces naturels, les feuilles mortes et autres déchets organiques se déposent naturellement en surface du sol afin de le protéger et de le nourrir. Cette couche de déchets bruts déposés en surface va se décomposer progressivement afin de former un horizon humifère qui sera bénéfique pour les plantes et la vie microbienne du sol. Ce recyclage naturel perdure depuis la nuit des temps et permet aux forêts de s’agrandir et aux animaux d’y trouver refuge.

Au jardin et dans les massifs, le jardinier cherche à imiter ce que fait la Nature en disposant du paillage recyclé ou acheté afin de protéger son sol. Le paillage est une matière d’origine organique, minérale ou synthétique que l’on dispose en surface du sol afin de couvrir ce-dernier et de le protéger de plusieurs facteurs. Le paillage est donc un excellent moyen de limiter l’entretien de votre jardin ainsi que son arrosage. En régalant du paillage dans ses massifs et dans les zones de son jardin, le jardinier limite donc le rayonnement lumineux sur la terre et économise donc de l’arrosage grâce à son paillage. C’est aussi un gain de temps pour le désherbage car le paillage forme une couche qui isole de la lumière et inhibe donc la levée des adventices dans les massifs de culture.

Schéma illustrant le cycle naturel de décomposition des feuilles mortes en forêt pour former l'humus

Les spécificités du paillage de châtaignier et de chêne

L'utilisation des feuilles et du bois de châtaignier ou de chêne suscite souvent des interrogations en raison de leur teneur en tanins. Certains jardiniers craignent que ces substances n'entraînent une mauvaise germination des plantes. Il est important de nuancer ces craintes. Pour ce qui est du châtaignier, le tanin n’est qu’un colorant et n'est pas nocif. Preuve que les feuilles du châtaignier ne sont pas toxiques : on les utilisait, en concurrence avec les feuilles de platane pour présenter nos bons fromages de chèvre. Après avoir employé il n'y a pas longtemps des feuilles de châtaignier en matière plastique, les fromagers se servent de nouveau des feuilles de châtaignier, avec le concours actif d'élèves des écoles d'agriculture pour le ramassage.

Le chêne possède moins de tanin que le châtaignier, bien qu'un compost de feuilles de chêne présente un pH d'environ 4,5. Contrairement aux feuilles de noyer, qui produisent de la juglone - un composé qui, après lessivage par les pluies, empêche par un phénomène d'allélopathie les autres plantes de pousser autour de l'arbre - les feuilles de chêne et de châtaignier ne présentent pas de toxicité bloquant la croissance. Néanmoins, certains professionnels recommandent la prudence : 75 % de broyat de bois blanc + 20 à 25 % de châtaignier (ou de chêne ou de conifère) grand maximum. Le chêne et le châtaignier sont des bois qui contiennent une grosse quantité de tanins, qui inhibent la croissance des plantes. Si vous possédez une machine à bois et fabriquez des meubles, la sciure de châtaignier peut être intégrée au sol, mais avec modération et en mélangeant avec d'autres matières.

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Typologie des paillages organiques

Le paillage organique est un choix naturel et écologique pour votre jardin. Les plus connus sont l’écorce de pin, les plaquettes de bois ou encore la paille. Il est possible de se procurer des paillages colorés artificiellement mais ils sont généralement plus chers et la couleur n’est pas durable. De manière générale, plus les éléments qui composent le paillage sont gros, plus ils mettront de temps avant de se dégrader entièrement. Les écorces de pin sont longues à se décomposer (environ 5 à 10 ans) tandis que la paille est à renouveler tous les ans.

Il existe également les rouleaux de jute et sisal. Ce sont de grandes toiles tissées à l’aspect fibreux marron clair qui permettent de couvrir uniformément votre sol tout en le laissant respirer. La dégradation de cette matière est bénéfique pour la vie du sol et prend plusieurs années. La toile de jute est un paillage naturel et organique qui se décompose lentement au-dessus du sol dans le but de le nourrir et de le protéger. Rappelons que rien ne se perd, tout se transforme et la généralisation des toiles synthétiques dans nos espaces verts et jardins n’est pas sans conséquence pour la vie du sol.

Le paillage minéral : esthétique et durabilité

Les paillages minéraux sont essentiellement des graviers. Il en existe de nombreuses variétés dans des couleurs et des textures très variées : ardoise, graviers calcaires concassés, graviers roulés, brique pilée, galets. Souvent utilisés pour les zones carrossables, on les retrouve aussi dans les massifs et les allées des jardins minéraux, zens, secs ou méditerranéens car ils limitent l’entretien et sont représentatifs des ressources locales.

Le paillage minéral est également un bon isolant été comme hiver car sa dureté agit comme un tampon thermique lors des périodes de températures extrêmes. Cependant, il faut noter que le paillage minéral a un impact non négligeable sur l'environnement. La pierre provient forcément d’un écosystème naturel. Elle est extraite par l’Homme dans le but d’agrémenter les jardins. De plus, il existe un phénomène d’îlot de chaleur : la matière minérale capte ou renvoie la chaleur durant les périodes chaudes. Enfin, il y a en général moins de vie dans les matières minérales. Les insectes et auxiliaires du jardin préfèrent les matières organiques, plus nutritives pour eux.

Infographie comparant l'impact écologique du paillage organique versus minéral

Le paillage synthétique : une solution à éviter

Ce type de paillage est généralement utilisé pour recouvrir des sols sur des grandes surfaces. Il existe deux principaux paillages synthétiques : la toile hors-sol plastique tissée et le géotextile non-tissé, parfois appelé par son nom de marque Bidim. Même si leurs propriétés physiques diffèrent un peu, ils sont tous les deux fabriqués à base de polyuréthane qui est un dérivé du pétrole.

Toute matière synthétique, par sa dégradabilité, est néfaste pour la vie du sol. Une bâche d’origine synthétique est composée de matière plastique. Celle-ci s’abîme avec le temps car elle est dégradée par les évènements météo et les bactéries du sol, qui consomment le plastique. Il en résulte un sous-sol contenant du plastique ce qui n’est pas écologique. Notez qu’une couche suffisante de paillage organique ou minéral et une bonne préparation du sol suffisent à rendre le paillage, seul, efficace.

Gestion pratique et quantités recommandées

La quantité de paillage par mètre carré se situe généralement entre 40 et 70 L/m². Tout dépend du calibre de votre paillage. De manière générale, il faut disposer une épaisseur plus importante pour les paillis fins (broyat de chanvre, feuilles broyées, déchets de tonte) soit environ 8 à 10 cm. Pour les paillages plus épais (plaquettes, écorces) l’épaisseur « utile » est au minimum de 7 cm. En dessous de cette épaisseur, l’efficacité sera moindre.

Il est très utile pour protéger le pied des plantes de terrain sec de l’humidité et du froid. Usez et abusez des feuilles mortes pour vos paillages. On n’a pas fait mieux. C’est le meilleur moyen d’améliorer ou d’entretenir la fertilité du sol. Les vers de terre, les insectes en raffolent. Vous pouvez les étaler absolument partout, au pied des haies, entre les vivaces, au potager.

La recette du succès consiste en un engrais à la plantation suivi d'un paillage. On assure ainsi à la plante de la nourriture pour 3 ou 4 ans. L’engrais de fond nourrit la plante pendant deux à trois ans. La troisième année, il suffit alors d’enfouir les restes du vieux paillage pas encore dégradés. On remet alors éventuellement une petite dose d’engrais organique et surtout, on ajoute du compost ou on remet une couche de paillage. Si vous voulez mon avis il en est des feuilles de châtaignier comme de tous nos gestes au jardin : variété, diversité, métissage semblent être les seules constantes à peu près fiables.

Schéma illustrant l'épaisseur idéale de paillage selon le type de matériau utilisé

Comparatif des matériaux de paillage

Type de matériauÉconomiqueDurableEsthétiqueBénéfique pour le sol
Feuilles mortesOuiNonMoyenTrès élevé
Plaquettes ChâtaignierMoyenTrès élevéOuiMoyen
ChanvreMoyenMoyenOuiTrès élevé
GraviersNonTrès élevéOuiNon
Toiles synthétiquesOuiMoyenNonNéfaste

Pour ce qui est du compostage, outre l’apport nécessaire de matières carbonées que représentent ces feuilles, il me semble que se constituer une réserve de terreau de feuilles n’est pas superflu pour un apport d’humus en cours de culture. Le mieux, c’est de fabriquer un petit silo avec des palettes recyclées. J'y mets systématiquement des feuilles après une bonne pluie et je brasse régulièrement le tas. J'ai remarqué que les hortensias et hydrangéas en sont fous. La diversité des apports reste le pilier fondamental d'un sol sain et vivant, capable de soutenir une végétation vigoureuse et résistante aux aléas climatiques.

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