Comprendre la Petite Table de Mixage pour le Repiquage : Un Guide Complet

La table de mixage est un équipement central dans le monde de l'audio, que ce soit pour les DJs, les musiciens en répétition, les concerts ou les studios d'enregistrement. Souvent, la prise en main d'une table de mixage semble compliquée au premier abord, mais ses principes de fonctionnement sont universels. Cet article vise à démystifier la petite table de mixage, en expliquant ses fonctions et son utilisation pour des besoins spécifiques comme le "repiquage".

Schéma simplifié d'une table de mixage avec ses composants principaux

Les Fondamentaux de la Table de Mixage

Une table de mixage, également appelée mixeur ou console de mixage, est un appareil permettant de mélanger plusieurs signaux audio et de les distribuer comme signal mono ou stéréo. Le signal passe via la sortie principale (main) et est transmis vers les enceintes, si besoin en passant par un ampli. Les boutons et les faders permettent de mixer les signaux sonores et de modifier le son. C'est le rôle principal d'une table de mixage.

Historiquement, les tables de mixage ont évolué. Celles des années 60 et 70, par exemple, étaient équipées d’une section d’égalisation et d’effets et de sous-groupes. Bien qu’à l’origine analogiques, les tables de mixage peuvent également être numériques. Le son d’une table de mixage analogique est souvent qualifié de plus chaleureux que celui d’une table de mixage numérique par certains utilisateurs. La référence d’une table de mixage comprend souvent plusieurs chiffres ; par exemple, la combinaison 4-2 signifie que la table de mixage dispose de quatre entrées et de deux sorties. Si la combinaison se compose de trois chiffres, le chiffre du milieu réfère au nombre de sous-groupes.

Consoles de Mixage vs. Tables de Mixage : Une Distinction Nuancée

Il existe une distinction subtile, mais réelle, entre consoles de mixage et tables de mixage, qui dépend de la taille de l'appareil, de l'étendue de ses fonctionnalités et de ses applications finales.

Une console de mixage est souvent plus grande et plus complexe qu'une table de mixage. Elle offre une flexibilité plus étendue avec davantage d'entrées audio (micro, platine, instrument, téléphone), de canaux de sortie, de fonctionnalités de traitement du signal et d'options de routage. Avec jusqu'à 100 voies d'entrées audio, les consoles de mixage offrent également une gamme de fonctionnalités plus large, y compris des options de traitement de signal plus avancées telles que la compression, le gate, l'égalisation paramétrique, le filtrage, le mixage surround et la gestion de scènes. Ce type d'équipement comporte beaucoup de potentiomètres, que ce soit sous forme de boutons rotatifs ou de tirettes linéaires. Fixes ou installées sur rack, les consoles de mixage s'adressent en priorité aux professionnels du son. Elles sont souvent utilisées pour de la sonorisation d'envergure, en direct, comme un concert, l'enregistrement en studio professionnel ou la production audiovisuelle.

Les consoles se déclinent aujourd'hui en deux types : analogiques et numériques. Les consoles de mixage analogiques sont les premières à être apparues. En traitant le son de façon analogique, elles sont plus basiques, mais aussi plus faciles à utiliser, surtout pour les moins expérimentés. Elles s'organisent en "tranches", correspondant chacune à une source, et ces tranches se divisent elles-mêmes en "étages", pour chaque fonction principale : volume, égalisation, etc. Chaque contrôle se voit attribuer une fonction une fois pour toutes. Plus abordables, ces consoles restituent un son souvent qualifié de « plus chaleureux ».

Les consoles de mixage numériques sont peut-être un peu moins faciles à prendre en main au début du fait d'une organisation générale un peu différente et surtout d'une très grande variété d'options disponibles pour traiter le signal audio numérique. Le grand avantage de ce type de console est leur très haut niveau de personnalisation. Plus flexibles, ces mélangeurs offrent davantage de fonctionnalités, des effets plus sophistiqués et la possibilité de programmer finement les contrôles.

Une table de mixage, en revanche, est nettement plus compacte, plus facile à utiliser et plus simple à transporter. Nomade, un tel système est davantage adapté pour gérer le son de manifestations de plus petite dimension. Le nombre d'entrées audio, de 2 à 16, est plus limité qu'avec une console. Ce type d'appareil comporte des contrôles de base comme les niveaux de volume, les panoramiques et l'égalisation. Certaines tables de mixage peuvent avoir des fonctionnalités supplémentaires, telles que des effets de réverbération, de boucle ou de délai, mais elles sont généralement limitées. Les DJ amateurs ou professionnels le savent bien : en soirée ou à la maison, elle est souvent connectée à des platines vinyles, par exemple, pour mixer plusieurs sources audio. C'est l'outil parfait que ce soit pour scratcher ou diffuser des morceaux avec des effets de transition. En dehors du deejaying, les tables de mixage sont suffisantes pour gérer le son de performances en direct pour des petits groupes de musique, des événements d'entreprise ou des présentations.

Les Composants Clés d'une Table de Mixage DJ

Une table de mixage pour DJs sert à mixer différentes sources vers une seule sortie. Vous branchez vos platines vinyles ou autre (platines CD, contrôleur MP3 etc.) et ensuite vous pouvez, grâce aux différents faders, faire sortir la source que vous voulez ou plusieurs en même temps. Le fonctionnement est assez similaire aux tables de mixage classiques mais a été simplifié et épuré pour être le plus pratique possible en contexte. Certains éléments (la pré-écoute, le crossfader) sont donc très spécifiques à ce type de table de mixage.

Vue détaillée des entrées et sorties RCA d'une petite table de mixage

Les Entrées (Inputs)

Une table de mixage a différentes sources, les deux grands classiques sont "line" et "phono". La prise phono s’accompagne d’une terre (ou "ground" en anglais). Sans rentrer dans les détails sur l’origine du phénomène, la terre permet de neutraliser des problèmes de différentiel électrique et donc d’éviter de très désagréables bourdonnements électriques. Le format le plus courant est en RCA. Si vous souhaitez brancher un câble mini-jack, la solution la plus simple consiste à se procurer un câble RCA vers mini-jack.

Il est crucial de relier la platine vinyle en "phono" et tout le reste en "line". C’est très important de respecter cela car le volume en "phono" est beaucoup plus faible ; une platine CD par exemple, branchée en "line", va faire saturer le préampli et offrir un rendu confus et inintelligible. Il faut noter que certaines platines vinyles sortent en "line" car elles ont des préamplis phono intégrés, il est donc important d'y penser en branchant les différentes sources.

Une fois les branchements effectués, il suffit de sélectionner les bonnes sources sur la façade de la table de mixage. Il est également important de bien répartir les sources. Par exemple, une table de mixage peut avoir quatre canaux, et les sources peuvent être réparties sur trois d’entre eux.

Guide simple pour brancher une sono : Tout ce que vous devez savoir

Les Voies (Canaux ou Channels)

Une table de mixage comporte un certain nombre de voies (ou canaux/channel), à minima deux pour pouvoir mixer. Ces voies sont presque toujours constituées d’un sélecteur, d’un gain, d’un égaliseur, d’une pré-écoute et d’un fader de volume.

Les canaux se trouvent normalement du côté gauche de la table de mixage. Chaque canal se compose d’une entrée (mono ou stéréo) et d’un certain nombre de réglages. Il existe des tables de mixage compactes offrant seulement deux canaux. Le nombre de canaux des modèles plus grands constitue un multiple de 4, soit 4, 8, 12, 16 et ainsi de suite. Bien que les tables de mixage fonctionnent selon le même principe, les canaux pour les signaux micro sont différents de ceux des signaux ligne. L’entrée d’un canal et les réglages correspondants est ce que l’on appelle un "Channel Strip". Les "Channel Strip" sont également disponibles séparément.

La question "de combien de canaux ai-je besoin sur ma table de mixage ?" est fréquente. La réponse est simple : le nombre de canaux dont vous avez besoin correspond au nombre d’instruments que vous voulez amplifier. Il vaut mieux en avoir trop que pas assez. Un groupe composé de plusieurs instrumentistes et chanteurs requiert au moins 16 canaux. Si un groupe utilise ses propres micros ou instruments, le nombre d’entrées physiques est plus important.

Attention : si un fabricant présente sa table de mixage en tant que « table de mixage 12 canaux », notez qu’il compte probablement toutes les entrées. En effet, les entrées stéréo sont souvent comptées pour deux tandis qu’elles ne peuvent pas être contrôlées séparément. De plus, les entrées ligne ne disposent pas de préampli.

Le Sélecteur de Source

Le sélecteur sert à choisir la source que l’on veut utiliser pour une voie donnée. C'est le premier point d'entrée pour aiguiller le signal.

Le Gain (ou Trim)

Le gain permet de régler le volume sonore d’entrée de la piste. Selon le type de source que vous utilisez, il faut le régler en conséquence. Il est impératif que la source ne tape pas dans le rouge. L’objectif est de viser le 0 dB sur le petit vumètre en haut. Quand la source est dans le rouge, vous allez saturer et perdre en information et définition. Parfois, la table de mixage propose une autre manière de représenter le gain, mais il y aura toujours un moyen de voir et de régler. Quand les volumes sonores sont proches d’un disque à l’autre, certains utilisateurs laissent le gain tranquille, mais si, par exemple, il y a des écarts de volumes différents, ils égalisent le niveau d’entrée avec le gain pendant la pré-écoute du disque. Les 45 tours et les 33 tours ont souvent des niveaux différents, ce qui nécessite un ajustement du gain.

Un signal micro est plus faible qu’un signal ligne (provenant par exemple d’un clavier). Un signal micro est amplifié par un préampli (preamp en anglais) pour qu’il soit aussi fort qu’un signal ligne. Une table de mixage est conçue pour transmettre les signaux de niveau ligne. Chaque canal micro dispose de son propre préampli. À l’aide d’un bouton de gain ou trim, vous pouvez régler le niveau de préamplification. Celui-ci se trouve normalement en haut de chaque Channel Strip. En position 0 ou U (unity), le signal n’est pas amplifié, ni atténué. Dans la plupart des cas, les canaux sont pourvus d’un indicateur qui s’illumine lorsque le signal est trop fort. Ceci est à éviter, car cela provoque une distorsion. Un signal d’entrée ligne n’a pas besoin de gain. Régler le niveau de gain, et surtout celui des signaux micro, est un travail précis. Si le gain n’est pas réglé correctement, le son global ne sera pas bon.

La qualité des composants d’un préampli est déterminante : entre deux modèles, il peut y avoir une différence de rendu énorme. Il existe des préamplis avec un son transparent et des préamplis avec un son coloré. Les marques Mackie et Behringer sont connues pour leurs préamplis au son transparent, tandis que les modèles Soundcraft et A&H offrent un son plus coloré et chaleureux. Bien que la différence entre les modèles d’entrée de gamme reste minime, on l’entend mieux en studio que sur scène. Si vous souhaitez obtenir un son profond ou ajouter une dimension supplémentaire au son, il faut opter pour un modèle haut de gamme.

L'Égaliseur (Equalizer, EQ)

L’égaliseur permet de modifier la balance entre les aigus (treble), les médiums et les graves (bass). C’est avant tout votre goût personnel qui va guider votre usage de cette fonction. L’idée est en général de tout mettre à midi et de régler au fur et à mesure en fonction du "soundsystem" ou des disques que vous utilisez. Il n’est généralement pas nécessaire de mettre le potentiomètre de basse à fond pour donner de la "patate", cela se fera au détriment du reste. Il faut rester un peu subtil en général. Pour les DJs qui mixent dans le tempo ("beatmatching"), il peut être intéressant de couper toutes les fréquences d’une plage du spectre audio. C’est un outil créatif et correctif.

Chaque table de mixage est munie de boutons rotatifs pour régler l’égalisation des canaux individuels, ceux-ci se trouvent normalement sous le bouton de gain. L’EQ vous permet de couper ou de booster une fréquence spécifique. Normalement, les tables de mixage DJ ou sono d’entrée de gamme offrent seulement trois boutons rotatifs pour ajuster les graves, les médiums et les aigus. Les modèles milieu de gamme, tels que le Behringer Eurodesk, disposent d’un égaliseur paramétrique qui se compose de deux boutons rotatifs : l’un pour balayer la fréquence spécifique (appelé "sweep") et l’autre pour couper ou booster cette fréquence. Les modèles plus onéreux sont entièrement paramétriques, ce qui signifie que chaque bande dispose d’un bouton "sweep". Enfin, les modèles haut de gamme, tels que ceux issus de la série MH de Soundcraft, sont munis d’un troisième bouton rotatif agissant sur la largeur de la courbe. Le réglage en question porte le nom de « Q ». Plus ce facteur est élevé, plus la bande traitée est étroite. À l’inverse, plus il est faible, plus cette bande est large.

Beaucoup de tables de mixage disposent d’une section EQ pour le signal master variant de 3 à 33 bandes. Le plus souvent, il s’agit de petits faders avec lesquels on peut éditer le son total. Ils s’avèrent très pratiques pour booster ou atténuer les graves ou pour éliminer une fréquence indésirable.

La Pré-écoute (PFL/CUE)

Juste en dessous des réglages de l'égaliseur, vous trouvez un bouton qui se clique et s’allume. Il permet de choisir la ou les sources à pré-écouter au casque. La pré-écoute est une des grandes spécificités des tables de mixage dédiées aux disc-jockeys. C’est un outil indispensable en contexte pour caler un morceau. Vous pouvez ainsi vérifier qu’il s’agit du morceau que vous souhaitez passer, écouter si le vinyle passe bien, faire votre gain pour que le niveau soit proche du morceau qui est en train d’être joué, etc. C'est à vous de trouver la manière d’utiliser cette fonction.

Le Fader de Volume de Voie

Si le gain correspond au niveau d’entrée, le fader de volume est un des outils pour fixer le volume de sortie d’une voie spécifique. Quand vous mixez, il est ainsi préférable d’utiliser ce fader ou le crossfader afin d’effectuer vos transitions. Le gain sert à faire coïncider le volume des sources en amont. Chaque canal dispose d’un fader (tirette en français) avec lequel on peut régler le volume de la piste. Sur les petites tables de mixage, les faders sont souvent remplacés par des boutons rotatifs. Par commodité, dans le cadre de cet article, les réglages de volume seront simplement appelés « faders », qu'il s'agisse de boutons ou de tirettes. Avec les faders, vous pouvez envoyer les volumes des différentes pistes vers la sortie.

Le Crossfader

Le crossfader est un autre élément emblématique d’une table de mixage DJ. C’est le fader en bas au centre sur de nombreux modèles. Bien que certains DJs le désactivent, beaucoup l’utilisent énormément. Le style de mixage peut influencer l'utilisation du crossfader, certains préférant les faders de volume et d'autres le crossfader. Cet élément vous permet de passer d’une source à l’autre très rapidement, sans avoir à agir sur les faders de volumes. Si la courbe de réponse peut être modifiable sur certains modèles, le principe reste le suivant : au milieu, les deux sources se chevauchent ; à l’extrémité, vous n’entendez plus qu’un des deux. Bref, quand vous souhaitez mixer rapidement deux sources, vous utilisez le crossfader. C’est par exemple indispensable en "scratch".

Illustration de l'utilisation d'un crossfader pour les transitions DJ

Les Sorties et Fonctions Avancées

Le Master

Le "master" est la section de sortie principale de la table de mixage. Il est primordial de ne pas taper dans le rouge. Encore une fois, cela va abîmer votre rendu, qui va sonner étouffé, écrasé et distordu. Il faut régler le "master" pour que ça tape autour de zéro, on peut monter un peu au-dessus mais jamais dans le rouge. Si le gain règle le volume d’entrée, le fader de "master" règle lui le volume de sortie. Une fois configuré et bien calibré, on n’y touche plus.

La Balance (Panoramique)

La balance permet de déterminer l’équilibre entre les canaux droite et gauche. Certaines tables de mixage permettent aussi de sortir du mono ou de la stéréo, ce qui n’est pas une fonction si anecdotique que ça. Dans certains contextes, il est en effet préférable de sortir du mono plutôt que de la stéréo. Par exemple, si vous êtes dans un club avec un "soundsystem" stéréo placé dans l’espace et que votre morceau a des choix de mixage discutables (typiquement la production des années soixante en album, comme les premiers Beatles). Le bouton rotatif PAN ou BAL(ance) dans la section Channel Strip vous permet de définir la répartition du signal mono entre le canal de gauche et le canal de droite des sorties stéréo.

L'Alimentation Fantôme (Phantom Power)

Contrairement aux micros dynamiques, les micros à condensateur requièrent une tension 48 V pour fonctionner. Cette alimentation fantôme est fournie via la connexion XLR de la table de mixage. L’alimentation fantôme peut être activée et désactivée via un bouton dédié. Vous pouvez régler l’alimentation fantôme soit pour la table de mixage entière, soit pour un micro individuel. Généralement, l’alimentation fantôme n’affecte pas les micros dynamiques, mais pour être sûr, il est mieux de la désactiver si aucun micro à condensateur n’est connecté. Si le micro en question nécessite de l’alimentation fantôme, il ne faut l’activer qu’après son branchement.

La plupart des tables de mixage d’entrée de gamme ne disposent que d’un seul bouton pour activer l’alimentation fantôme pour tous les canaux. Ces types de tables de mixage ne conviennent pas si vous utilisez des micros à ruban ou d’autres appareils sensibles. Dans ce cas, il est recommandé d’utiliser une table de mixage pouvant fournir une alimentation fantôme pour chaque canal individuel.

Les Filtres (Coupe-bas, Passe-haut, Rumble)

Le filtre (coupe-bas, passe-haut ou "rumble"), qui se trouve près de l’entrée micro, permet d’atténuer voire de couper totalement les fréquences en-dessous d’une certaine valeur. La fréquence de coupure la plus commune est de 60 ou 80 Hz. Avec ce filtre, vous pouvez éliminer les bruits de pas et de la circulation afin qu’ils ne soient pas envoyés vers le préampli.

Les Points d'Insert

Certains canaux sont pourvus de points d’insert. Ces derniers vous permettent d’envoyer le signal vers un périphérique externe, puis de retourner le signal traité dans la table de mixage. Le plus souvent, on utilise un câble jack stéréo vers 2x jack mono. Le connecteur jack stéréo est branché sur l’entrée insert et les deux connecteurs jack mono sont branchés sur l’entrée et la sortie du périphérique externe.

Les Envois et Retours Auxiliaires (AUX SEND et AUX RETURN)

L’envoi AUX SEND et le retour AUX RETURN sont utilisés pour ajouter un effet parallèle au son. Via AUX SEND, vous pouvez envoyer le signal vers un périphérique externe, puis le retourner dans la table de mixage via AUX RETURN (mono ou stéréo). La réverbération est un effet parallèle qui passe via AUX SEND et RETURN. Chaque canal dispose d’un bouton rotatif avec lequel vous pouvez régler le niveau de sortie des envois AUX SEND. Certaines tables de mixage sont dotées d’un bouton rotatif pour régler le volume total de tous les envois AUX SEND. Le retour AUX RETURN dispose de son propre bouton rotatif avec lequel vous pouvez régler le volume du signal traité. L’envoi AUX SEND peut également être utilisé pour y connecter une enceinte de monitoring. Vous pouvez vous servir des boutons AUX pour régler le niveau de volume de chaque source sonore individuelle. Le retour AUX RETURN, lui, peut faire office d’entrée ligne (stéréo) supplémentaire.

Schéma des chemins de signal pour les envois et retours AUX

Une table de mixage peut disposer de deux envois AUX SEND et de deux sections d’effets intégrées (FX). Vous pouvez régler le niveau de volume pour chaque canal individuel. Les envois AUX ou AUXILIARY SEND se trouvent dans la section EQ. L’envoi AUX SEND vous permet d’envoyer chaque piste individuelle vers une sortie séparée. Cette dernière peut ensuite être envoyée vers un périphérique externe ou une enceinte de monitoring. Le retour AUX RETURN est présent sous la forme d’un bouton rotatif ou d’un fader. Par le biais du retour auxiliaire, vous pouvez mélanger le signal d’effet avec le signal original non traité. De cette manière, tous les canaux de votre mix peuvent utiliser une seule unité de réverbération, par exemple. Ceci vous permet non seulement d’économiser de l’argent et de la place, mais aussi d’obtenir un mix cohérent.

Le choix d’une table de mixage dépend donc de votre configuration. Si vous utilisez une table de mixage séparée pour les enceintes de monitoring, deux envois AUX suffiront ; un pour une réverbération externe et l’autre pour un délai, par exemple. De nombreuses marques telles que Yamaha, Mackie et Behringer proposent des tables de mixage analogiques équipées d’un processeur d’effets numérique. Si vous souhaitez vous servir d’un tel processeur d’effets, vous pouvez utiliser la table de mixage FOH pour contrôler les enceintes de monitoring. Le nombre d’envois et de retours AUX dépend du nombre de mix de monitoring différents. Pour économiser de l’argent et de la place, vous pouvez utiliser les processeurs d’effets internes. Pourtant, les appareils d’effets externes s’avèrent être plus pratiques. En effet, avec un processeur interne, il ne vous est pas possible d’ajuster les paramètres des effets. Pour compenser cela, il offre toute une variété de préréglages, mais ce n’est pas très intuitif. Les réverbérations ne sont pas de très bonne qualité et les délais ne peuvent pas être ajustés à l’aide d’une fonction Tap Tempo ni via un paramètre dédié. Les effets internes peuvent être utiles en salle de répétition pour améliorer le son d’une guitare ou de la voix. Le signal peut être envoyé avant ou après le fader (le réglage de volume du canal).

Applications Spécifiques et Cas Pratiques

Le Repiquage en DJing

Pour le DJing, le repiquage fait référence à la connexion de plusieurs platines (vinyles, CD, ou contrôleurs numériques) à une table de mixage pour pouvoir passer d'une source à l'autre et créer des transitions. Une table de mixage pour DJs est conçue spécifiquement pour cela, avec des fonctions comme la pré-écoute et le crossfader qui sont essentielles.

Si vous avez acquis une première platine vinyle et réfléchissez à une deuxième pour les relier via une table de mixage, les principes de fonctionnement basiques et communs à la plupart des tables de mixage vous aideront à comprendre l'équipement. Vous branchez vos platines vinyles ou autres (platines CD, contrôleur MP3 etc.) et ensuite vous pouvez, grâce aux différents faders, faire sortir la source que vous voulez ou plusieurs en même temps.

La Sonorisation de Groupe en Répétition ou Petit Concert

Dans le cas très répandu des tout petits clubs, des cafés-concerts, ou des groupes se produisant sur scène par leurs propres moyens dans des tout petits événements, les musiciens peuvent être amenés à devoir se sonoriser eux-mêmes en plaçant une petite table de mixage sur scène sans sonorisateur. Une petite table de mixage est utile pour mixer les micros des chanteurs et des instruments. Par exemple, pour un groupe composé de deux guitaristes et d'un chanteur/bassiste, chacun avec sa guitare/basse, son ampli et un micro, une table de mixage comme la Yamaha MG 102c peut être utilisée.

Pour les guitares et basses, il est souvent préférable de "repiquer" le son via des boîtes de DI (Direct Injection Box). Une boîte de DI réduira la tension élevée du signal ligne et l’adaptera pour qu’il soit le plus compatible possible avec l’entrée de la table de mixage. Les DI serviront aussi à supprimer les parasites en gros. Sans DI, si vous connectez les sorties ligne d’un piano de scène à un préampli micro et que vous augmentez le gain, vous aurez un son horriblement saturé. De plus, la plupart des signaux ligne sont asymétriques, ce qui signifie que si vous devez parcourir de plus longues distances (à partir de 5 mètres), vous aurez des problèmes d’interférences.

Pour la sonorisation du micro, un ampli de puissance et un baffle sont nécessaires. Pour les petits budgets ou les répétitions, la question se pose de savoir si un simple ampli Hi-Fi et un ou deux baffles peuvent suffire et tenir le coup. Les appareils Hi-Fi ont un niveau ligne assez faible, c’est-à-dire de l’ordre de -10 dBv. Le matériel professionnel, comme par exemple les tables de mixage, utilise une tension plus élevée de +4 dBu. De nombreuses tables de mixage disposent d’entrées et de sorties équipées de commutateurs avec lesquels vous pouvez alterner entre les tensions -10 dBv et +4 dBu. Si, par exemple, vous branchez un enregistreur portable (-10 dBv) sur une sortie +4 dBu, vous aurez une distorsion du son car le signal est trop fort. Bien qu'il soit "tout est possible", l'utilisation de matériel Hi-Fi pour la sonorisation live présente des limites en termes de puissance, de résistance et de qualité sonore. Pour des répétitions sans batterie ou de petits concerts (style bar) chant/guitare, un ampli et un baffle Hi-Fi pourraient "suffire" mais il est important d'être conscient de leurs limites et de la fragilité de ce type de matériel face à des volumes élevés.

Pour ajouter des effets au micro dans un contexte simple, un petit multi-effet de marques comme Behringer ou Alesis pourrait être envisagé. Il est également possible de brancher plusieurs claviers sur une table de mixage, en utilisant les entrées "line" disponibles.

Les Besoins en Home Studio

En ce premier quart du 21ème siècle, beaucoup de discussions techniques, voire polémiques, reviennent dans les milieux du son et de la musique autour des technologies employées, et un de leurs sujets récurrents est la table de mixage.

Dans un home studio, on dispose par définition d’un budget compté. Par conséquent, on pourra faire carrément l’impasse sur une table de mixage. La réponse à la question "Quelle table de mixage faut-il acheter pour un home studio ?" est souvent "aucune".

Quand on parle de studio d’enregistrement, on pense souvent aux grandes tables de mixage, avec tous leurs boutons et leurs curseurs. Du coup, pour un home studio, il semble logique de s’orienter vers le même genre de matériel, quoique de taille plus modeste. D’autre part, il est vrai que pour beaucoup de monde, il est plus agréable d’avoir une console de mixage physique, avec des curseurs que l’on peut bouger et régler. Cependant, il faut se rendre à l’évidence : pour un home studio, c’est rarement le meilleur choix.

La première utilité d’une table de mixage est de pouvoir gérer le volume de chaque piste séparément. Vous pouvez également gérer le panoramique (ou pan) de chaque piste, c’est-à-dire la position du son entre la gauche et la droite. Utile pour les concerts, mais quel est l’intérêt lorsque vous enregistrez votre musique chez vous ? Concrètement, aucun. Le fait est que les logiciels de mixage sont aujourd’hui extrêmement performants. Ils vous permettent d’effectuer tous ces réglages de volume et de pan, et bien plus encore. Il est donc beaucoup plus astucieux d’enregistrer tous les instruments au même niveau, pour ensuite les mixer directement sur votre ordinateur. Cela permet, notamment, de corriger facilement des erreurs à n’importe quel moment. Et pour cela, pas besoin d’une table de mixage ! Une interface audio, même toute simple, suffit généralement.

Interface audio simple pour home studio, en remplacement d'une table de mixage

Les préamplis sont les circuits électroniques qui permettent d’ajuster le volume de votre signal audio entrant. Pour enregistrer des instruments ou des microphones et obtenir un son de qualité, il faut de bons préamplis. Sinon, vous risquez de perdre en définition, d’avoir des problèmes de souffle et autres bruits de fond. Entre une table de mixage avec carte son intégrée (donc que l’on peut brancher en USB) et une interface audio, vous allez parfois constater des différences de qualité sur ces préamplificateurs. En effet, la table va contenir plusieurs préamplis, avec un grand nombre d’autres options et composants. À l’opposé, à prix égal, l’interface offrira moins d’options mais avec une qualité accrue.

La plupart du temps, les tables de mixage ont sur chaque piste une série d’égaliseurs, sous la forme de potentiomètres permettant le réglage des basses, des médiums et des aigus. S’ils sont très pratiques pour gérer de nombreux instruments dans un concert ou lors d’une répétition, ils deviennent absolument inutiles dans un home studio. En effet, comme ils n’ont que peu de paramètres, ils ne vous permettront pas de faire des égalisations précises. Si vous voulez corriger précisément une fréquence qui résonne dans le son de votre voix ou de votre guitare, ça sera impossible. Par contre, c’est exactement le type de réglages que vous pourrez faire sans problème à partir de votre logiciel séquenceur avec un plugin d’égalisation. Votre travail sera plus précis, plus facile, et surtout vous pourrez changer d’avis et modifier l’égalisation sans avoir à tout réenregistrer.

Pour transformer un signal audio en signal numérique compréhensible par l’ordinateur, il faut utiliser ce qu’on appelle un convertisseur analogique-numérique (AD/DA). Comme pour les préamplis, il est assez important que celui-ci soit de bonne qualité, de façon à retranscrire le son au format digital le plus fidèlement possible. Encore une fois, il est utile de se poser la question de la qualité des composants pour une table de mixage et une interface à prix égal. D’autre part, si vous choisissez une table de mixage non-USB, vous allez rencontrer d’autres problèmes. En effet, pour enregistrer vos instruments, vous allez devoir la brancher à une interface audio, surtout si l’un des deux matériels est plutôt bas de gamme. Autant utiliser directement une interface !

De plus, les tables de mixage contiennent assez souvent un module d’effets ou la possibilité d’ajouter des effets externes (Send FX). Toutefois, il est beaucoup mieux de les ajouter dans votre logiciel, après l’enregistrement. Il existe d’ailleurs plein de plugins de réverbération qui vous donneront entièrement satisfaction. Ainsi, d’une façon générale, il est conseillé d’enregistrer vos instruments avec le moins d’effets possible. Cela vous laissera plus de flexibilité durant votre mixage.

Une table de mixage, c’est aussi assez gros et lourd, bien plus qu’une interface audio. C’est donc un peu moins pratique à transporter et à stocker. Si votre bureau est déjà petit, ça peut vite devenir embarrassant.

Si vous avez besoin de plus d’entrées que les deux souvent offertes par les interfaces audio orientées "home studio", par exemple pour enregistrer une batterie, il existe d'autres possibilités. La première est une interface plus évoluée, qui offre plus d'entrées avec préamplis. Une autre option, si vous disposez d’une interface qui le permet, est de brancher via un câble ADAT un préampli multi-canaux qui agira comme une extension de votre interface, ajoutant des entrées supplémentaires.

D’un point de vue purement technique, la table de mixage est loin d’être aujourd’hui un outil indispensable à la production musicale et à la réalisation sonore. Les nouvelles technologies numériques permettent d’en faire avantageusement l’impasse dans le cas du home studio et du petit studio pro, sauf dans le domaine de la sonorisation et du gros studio commercial.

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