La Flore et la Faune des Calanques : Un Écosystème Unique à Préserver

Les Calanques de Marseille, véritables sanctuaires de biodiversité, offrent des paysages à couper le souffle, façonnés par des millions d'années d'interaction entre la terre et la mer. Cet écosystème unique, à la fois multiple et singulier, recèle une richesse faunistique et floristique d'un très haut intérêt biologique. Au fil des saisons, l'observation quotidienne de cet environnement par des experts comme les équipages Bleu Évasion, présents au cœur du massif depuis 18 ans, révèle une évolution constante de sa biodiversité. La proximité des bateaux avec la côte permet d'apercevoir la faune et la flore locales, et les palmes, masques et tubas fournis invitent à la découverte d'une trépidante vie sous-marine. Les skippers, engagés pour la préservation de ce sanctuaire, connaissent chaque recoin du Parc National des Calanques et chaque espèce nichée dans les falaises ou les herbiers de posidonie, veillant à ce qu'elles prospèrent dans des lieux qui leur conviennent, influencés par les conditions climatiques, la végétation et la configuration des sols.

Paysage des Calanques avec la mer en contrebas

La Flore : Un Tapis Végétal Adapté à l'Aridité

La flore des Calanques est typique de la garrigue méditerranéenne, un ensemble végétal caractérisé par son adaptation à l'aridité et aux sols calcaires. Les végétaux y développent leurs racines dans les failles et fissures de la roche, un environnement aride qui a sélectionné des espèces particulièrement résilientes.

Espèces Endémiques et Protégées

Le massif abrite 139 espèces terrestres protégées, dont certaines sont remarquables et endémiques. L'Orpin du littoral, par exemple, est une plante grasse qui a su s'adapter aux conditions extrêmes des falaises.

Plantes Comestibles et Vertueuses des Calanques

La garrigue des Calanques est une véritable pharmacie et un garde-manger à ciel ouvert, pour qui sait l'apprécier et la respecter. Chaque saison dévoile ses baies, ses fruits et ses herbes aux propriétés étonnantes.

Au printemps, la Criste marine, une petite plante grasse, se révèle être un excellent condiment pour relever le goût des salades ou autres plats. L'asperge sauvage se récolte également à cette période, tout comme les fleurs d'aubépine, idéales pour des infusions contre l'anxiété et la tachycardie.

L'été offre la récolte de l'Immortelle, emblème d'une célèbre marque de cosmétiques, et des petits fruits sucrés de l'amélanchier, qui ressemblent à des myrtilles avec un goût de poire et d'amande.

Quand l'automne arrive, les noix de cyprès peuvent être transformées en décoctions aux propriétés antivirales. L'hiver n'est pas en reste avec la fructification de l'épineux Genévrier, une épice réputée pour faciliter la digestion des gibiers et viandes grasses, et pour relever le goût de la choucroute ou du fumet de poissons.

La Rue est une plante aux multiples talents. Non contente d'être un anti-moustique naturel, elle peut également servir de condiment en cuisine et est appréciée pour ses vertus médicinales. Il est important de noter que seules les feuilles s'utilisent, car les fleurs peuvent rendre la peau très photosensible. Contrairement à la Salsepareille, dont les fleurs comestibles, particulièrement odorantes, sont utilisées pour agrémenter les desserts.

Garrigue provençale avec du romarin en fleurs

La Question des Espèces Exotiques Envahissantes

Le massif des Calanques est également confronté à la présence d'espèces exotiques envahissantes. Introduites par des voyageurs, ces espèces ont colonisé le territoire, et l'on en dénombre environ 80 dans le Parc national des Calanques. Leur taille et leur apparence les distinguent de la végétation provençale habituelle, et elles se remarquent dans le paysage. Si elles ne ressemblent pas aux autres, c'est parce que les Calanques ne sont pas leur milieu naturel, bien que, de façon contradictoire, ces espèces exotiques soient devenues des symboles du littoral méditerranéen. Autrefois, elles ne poussaient qu'en Afrique, en Amérique ou en Europe orientale. Cependant, très vite, ces espèces ont trouvé ici un environnement très favorable à leur développement, sont sorties des jardins et se sont installées dans les espaces naturels. Sans aucun prédateur en Europe, elles s'y sont confortablement multipliées.

Ces espèces invasives entrent même en compétition avec des « habitats d'intérêt communautaire », c'est-à-dire des milieux naturels considérés comme rares et fragiles par l'Europe. Cela inclut la végétation des fissures des falaises calcaires, les rochers littoraux à Limonium, les garrigues littorales primaires à romarin, les pelouses littorales à brachypode rameux, annuelles et bulbeuses, et les garrigues et pré-maquis des falaises littorales. En remplaçant les plantes locales, les espèces invasives exotiques modifient le milieu pour la faune associée, comme les pollinisateurs. Le Parlement européen a institué en 2014 un règlement interdisant l'introduction, le transport, la culture, etc., ainsi qu'une réglementation interdisant d'introduire et de planter des espèces envahissantes en cœur de Parc.

Lucien Febvre, le célèbre historien, imagine Hérodote, le père de l'histoire qui a vécu au Ve siècle avant notre ère, revenant de nos jours dans la Méditerranée orientale. Il irait de surprise en surprise face à ces plantes bizarres aux silhouettes insolites, piquants, hampes fleuries, noms étrangers, cactus, agaves, aloès, figuiers de Barbarie, qu'il n'aurait jamais vus de son vivant. En effet, à l'exception de l'olivier, de la vigne et du blé, autochtones très tôt en place, la plupart des plantes que l'on croit méditerranéennes sont nées loin de la mer.

Marseille: dans les calanques, des solutions contre les plantes envahissantes | AFP Reportage

La Faune Terrestre : Une Richesse Adaptée à un Milieu Aride

La faune terrestre des Calanques est aussi diverse que surprenante, avec de nombreuses espèces adaptées au climat aride et aux spécificités de ce milieu rocheux.

Invertébrés : Des Adaptations Remarquables

Beaucoup d'invertébrés se sont très bien adaptés au climat aride des Calanques. On y trouve de nombreux insectes, araignées et oiseaux en tous genres. Parmi eux, les reptiles sont nombreux, mais ils savent se faire discrets, se cachant sous les rochers ou dans le sol pour éviter la brûlure du soleil et se protéger de la chaleur écrasante.

Le grand capricorne est l'un des plus grands coléoptères d'Europe. On le rencontre principalement dans le sud de la France, étant plus rare dans les autres régions. Son corps peut mesurer jusqu'à 60 mm, et ses antennes peuvent atteindre 80 mm chez le mâle, qui a au contraire des antennes plus courtes que son corps. Ce coléoptère, dont les larves vivent dans les chênes centenaires, est protégé en France.

Le scorpion jaune, également appelé scorpion languedocien, est le plus grand scorpion d'Europe. Il mesure entre 6 et 8 cm, du bout des pinces jusqu'à l'extrémité de la queue. La femelle est généralement plus grande que le mâle. Sa piqûre, bien que très douloureuse, n'est pas dangereuse pour l'homme, sauf en cas d'allergie. On le rencontre sur tout le pourtour de la mer Méditerranée, mais pas dans les Calanques.

La scolopendre, un grand arthropode de la famille des Chilopodes, peut mesurer jusqu'à 20 cm de long. Sa rencontre peut s'avérer très dangereuse, car sa morsure est venimeuse et peut provoquer une nécrose cutanée autour de la morsure.

Les Calanques abritent de nombreux papillons et surtout de micro-papillons. Le climat y est moins rude que dans certaines régions, ce qui favorise leur développement.

Reptiles et Batraciens : Des Habitants Discrets

Les paysages des Calanques attirent des espèces très diverses, et les falaises sont idéales pour que ces petits animaux s'abritent du soleil. Bien qu'il y ait peu de batraciens dans les Calanques, le milieu étant peu favorable à leur développement, on y dénombre trois types de couleuvres bien distincts et inoffensifs qui peuvent atteindre une longueur de 2 mètres. Tous les batraciens que l'on rencontre dans les Calanques sont protégés.

Le lézard ocellé est l'une des sept espèces de reptiles menacées d'extinction en France, ce qui en fait une espèce remarquable. Il s'agit du plus grand lézard d'Europe, et des fossiles attestent de son existence il y a déjà 2,3 millions d'années. Sa taille est en général comprise entre 55 et 70 cm, et sa queue est relativement longue. Son corps est trapu, constellé de petites protubérances, et sa couleur varie en fonction de la chaleur : plus il fait chaud, plus sa peau tirera sur le brun foncé ; quand il fait froid, il est beige clair. Il affectionne les milieux rocailleux, exposés au soleil et à l'abri du vent. Ce lézard, constellé de points clairs, a une activité diurne, le rendant facilement repérable et préhensible. Il se nourrit principalement d'insectes.

La tortue d'Hermann présente dans les Calanques est la seule tortue terrestre de France. Cette sous-espèce occidentale est la plus petite, elle mesure entre 18 et 20 cm, et sa carapace est parsemée de taches brunes très foncées. Elle est également considérée comme une sous-espèce « en danger » et est la plus menacée, avec des populations en Italie ou en Corse. De mi-novembre à mi-mars, elles hibernent. Les tortues vivent longtemps, généralement entre 60 et 80 ans en captivité.

Lézard ocellé sur une roche des Calanques

Mammifères : Des Habitants des Grottes et des Garrigues

Les mammifères sont nombreux dans les Calanques, avec des espèces appréciées comme les musaraignes, les mulots, les fouines ou les rats noirs.

La musaraigne étrusque est la plus petite espèce de mammifère connue au monde, pesant seulement 2 grammes à l'âge adulte et mesurant environ 4 centimètres. Cet animal a une activité essentiellement nocturne et est monogame.

Le mulot, quant à lui, creuse des galeries dures qui peuvent atteindre 3, voire 4 mètres de profondeur. Son espérance de vie est d'environ 15 ans.

La fouine, dont la forme de la tête rappelle celles des espèces canines, utilise les falaises et leurs fissures pour s'abriter. Sa mauvaise réputation auprès des agriculteurs et des chasseurs tient à son alimentation, car elle aime manger des fruits et des baies. La fouine peut également être porteuse du virus de la rage.

Le lérot, de la famille des Myoxidae, est un rongeur nocturne avec une longue queue dont la longueur est comprise entre 9 et 15 cm. Il pèse en moyenne entre 60 et 120 g. Les crevasses rocheuses conviennent également aux lérots, que l'on peut rencontrer dans les vergers ou les greniers abandonnés. Le lérot vit essentiellement la nuit, et son régime alimentaire est constitué de proies animales, mais il peut également s'attaquer à ses semblables quand la faim se fait sentir, ainsi qu'à des œufs d'oiseaux ou à de jeunes oiseaux nocturnes. Cette espèce est en forte régression et est considérée comme grandement menacée en raison de la destruction de son habitat naturel et du phénomène de pollution lumineuse qui le gêne la nuit.

Les chauves-souris, dont certaines espèces sont considérées comme en voie de disparition, trouvent un abri idéal dans les nombreuses grottes des Calanques. Elles aiment s'y blottir et se nourrissent d'insectes. Le grand rhinolophe est une chauve-souris au faciès étonnant. Bien qu'on n'en voie quasiment plus, quelques espèces de chauves-souris vivent en nombre dans les Calanques.

Marseille: dans les calanques, des solutions contre les plantes envahissantes | AFP Reportage

L'Avifaune : Un Ballet Aérien au-dessus des Falaises

Les Calanques sont le lieu de vie de nombreux oiseaux, qu'ils soient de passage ou résidents permanents.

Oiseaux Terrestres : Habitués de la Garrigue

Parmi les espèces terrestres, on peut observer le bruant zizi, l'ortolan ou les fauvettes, ainsi que le traquet pâtre et le serin cini. Le grand-duc, le faucon pèlerin, la chouette chevêche s'élancent dans les espaces ouverts.

L'aigle de Bonelli est un oiseau de la famille des Accipitridae, présent en Méditerranée et en Asie. Son envergure peut atteindre 170 cm, et sa tache blanche qui orne le plumage de son dos et s'élargit avec l'âge contraste grandement avec la couleur sombre de ses ailes. Il est souvent observé dans les vallées et les plaines en hiver. La présence de l'aigle de Bonelli dans les Calanques remonte à plus de 200 000 ans. Cet oiseau, en voie de disparition, est l'un des rapaces les plus menacés de France. Seuls quelques couples subsistent, dont l'un vit dans le Parc National des Calanques. La destruction de son habitat et les activités humaines dérangent son mode de vie, entraînant une forte mortalité.

Le Hibou grand-duc est une des espèces de rapaces nocturnes les plus puissantes d'Europe. Très répandu en Europe et en Asie centrale et orientale, il atteint en moyenne 65 à 75 cm de haut et son envergure va jusqu'à 170 cm, le rendant facilement reconnaissable en vol. Sur le dessous de ses ailes, de petites lignes de la même couleur que son plumage sont visibles, et le duvet de ses plumes rend son vol très silencieux. Ce grand prédateur se nourrit d'oiseaux (marins ou non), d'hérissons, et même d'autres rapaces. Dans la nature, le Hibou Grand-Duc a une espérance de vie d'une vingtaine d'années. Autrefois pourchassé en Europe par superstition, et cloué aux portes des granges pour recevoir une protection divine, il est aujourd'hui mieux connu pour son importance écologique et agronomique, en tant que puissant poison contre les rongeurs.

La chouette chevêche, de la famille des strigidés, est une petite chouette aux yeux jaunes qui lui donnent un air sévère. Son plumage brun est constellé de taches blanches. Son cri, clair et bref, est facilement reconnaissable. On peut observer cette chouette de jour comme de nuit, dans les vergers qu'elle affectionne, et elle a acquis le surnom de chouette des pommiers à force d'y installer ses nids. Cette chouette tient son nom de la déesse grecque Athéna, dont elle était l'emblème. Sa durée de vie est d'environ 9 ans dans la nature. Le nombre de chouettes chevêches a fortement diminué au cours du XXème siècle en raison de la destruction de son habitat et de l'utilisation de pesticides.

Le faucon pèlerin est le vertébré le plus rapide au monde (il peut atteindre une vitesse de 400 km/h en piqué, mais sa vitesse de vol est généralement comprise entre 130 et 184 km/h). Il est présent sur tous les continents (sauf l'Antarctique). Il a toujours été admiré par les hommes, qui pratiquaient sa capture et son élevage dès le Moyen-Âge. Son dos est gris foncé, son ventre de couleur crème est orné de dessins noirs. Ses joues sont blanches et une tache noire surmonte son bec court et recourbé dès la base. La femelle est généralement plus grande que le mâle et peut atteindre jusqu'à 54 cm de hauteur et 113 cm d'envergure. Le faucon pèlerin affectionne les falaises et les rochers de bord de mer, mais on en trouve cependant de plus en plus en zone urbaine, sur de hauts immeubles. Il ne vit pas en groupe et évite la présence de congénères les plus proches afin de garder un territoire nourricier suffisant. Il se nourrit exclusivement d'oiseaux plus ou moins gros et attaque parfois des petits mammifères terrestres. Le faucon pèlerin est un animal très représenté dans les religions et les mythologies, notamment dans l'Égypte Ancienne où il était une représentation du Dieu-Roi Horus. Dans la nature, les faucons pèlerins ont une espérance de vie de 15 ans en moyenne. Leur nombre a fortement diminué en Europe et aux États-Unis, souvent considérés comme nuisibles, mais sont à nouveau en expansion en Europe et en Amérique du Nord grâce à une protection intégrale depuis 1976. En Europe, il fait l'objet d'une protection maximale. Le nombre d'individus, n'est pas menacé, bien que certaines zones n'en abritent plus que quelques couples.

Oiseaux Marins : Maîtres des Mers et des Côtes

Le cormoran huppé est un habitant des côtes rocheuses.

Le puffin cendré, de la famille des Procellariidae, est un oiseau de mer relativement grand, avec une envergure de 100 à 110 cm. Son dos est brun-grisâtre, tandis que ses extrémités d'ailes et de queue sont presque noires. Le dessous de ses ailes et son ventre sont blancs. Le puffin cendré a une activité essentiellement nocturne. Il se nourrit d'organismes marins tels que des poissons ou des crustacés, qu'il capture en plein vol en plongeant son bec dans l'eau. Les hommes n'ont pas à l'égard du puffin cendré une attitude protectrice, ils sont chassés pour être consommés, et la dégradation de ses lieux de nidation a fait diminuer le nombre de ses représentants, et ce déclin persiste en Espagne et en Italie.

L'océanite tempête, de la famille des Hydrobatidae, aussi appelé Pétrel tempête, est le plus petit représentant du genre Hydrobates, avec une envergure de 36 à 39 cm. Son plumage est entièrement noir, mais une ligne blanche traverse le dessous de son aile. Il a la particularité de voler très près de la mer, donnant l'impression qu'il court sur l'eau. L'océanite tempête apparaît en cas de violente tempête, ou lorsque le vent se lève, car leur coque leur offre une protection face au vent. Une croyance le décrit comme annonceur de tempête, d'où le nom d'océanite tempête. L'océanite tempête reste toujours en mer et ne revient à terre que pour se reproduire, installant son nid dans les îles rocheuses et les falaises donnant sur la mer. Le record actuel de longévité de cet oiseau est de près de 34 ans. Les populations d'océanites tempêtes en Méditerranée ont connu une chute importante ces dernières années, principalement en raison de la destruction des îles sur lesquelles elles nichent.

Le goéland leucophée est l'espèce d'oiseau de mer la plus présente dans le massif des Calanques, et sa population ne cesse d'augmenter (environ 10% par an). Sa taille est souvent comprise entre 56 et 68 cm, et son envergure va de 140 à 155 cm. Son dos et ses ailes sont gris, tandis que sa queue et son ventre sont blancs. Sa tête a également une teinte blanche. Il installe ses nids dans des creux formés dans le sable. Son augmentation rapide est due à ses habitudes alimentaires, car il se nourrit des rejets des bateaux de pêche industrielle.

Cormoran huppé sur un rocher au bord de la mer

La Vie Marine : Un Monde Sous-Marin Exubérant

On ne peut évoquer la faune des Calanques sans parler des animaux marins. La mer recèle en effet de très divers organismes vivants, et la vie foisonne à ses abords. Des espaces ouverts à de nombreux poissons et autres mammifères marins, des profondeurs de 1000m ! La vie sous-marine varie toutefois selon la pénétration de la lumière du soleil, et la Méditerranée ne laisse pas passer la lumière des Calanques jusqu'à 100m de fond. La posidonie, véritable poumon de la Méditerranée, prolifère près de la surface, et, comme sur terre, l'abondance de la flore permet la diversité de la faune, fournissant ainsi abri et nourriture à de nombreuses espèces. Cependant, l'accroissement estival croissant, qui va de pair avec l'augmentation des rejets et de la navigation de plaisance, met en péril cet équilibre fragile.

La faune des Calanques compte 40 espèces animales maritimes protégées.

Poissons : Des Joyaux des Profondeurs

Le mérou brun, de la famille des Serranidae, est une espèce protégée dont la taille peut atteindre 1 mètre de long et le poids 10 kg. Il se nourrit de calmars et de poulpes, et son sexe est déterminé à sa naissance. Le mérou est de nature solitaire et vit généralement entre 10 et 50 mètres de profondeur. C'est un poisson très apprécié des plongeurs et des photographes. Peu farouche, cet animal se laisse facilement prendre au piège des pêcheurs, et la surpêche a bien failli le faire disparaître des Calanques.

L'hippocampe tacheté, connu sous le nom d'hippocampe moucheté, est une autre espèce protégée. Il peut atteindre une longueur de 15 cm. Son corps, piqueté de taches blanches, n'a pas les habituelles écailles des poissons, mais une peau qui se tend sur une série de plaques osseuses. Sa tête reste ainsi verticale, et sa longueur peut atteindre la moitié de la longueur de sa tête. L'hippocampe tacheté passe la majeure partie de son temps dans les herbiers de posidonie, se déplaçant en agitant sa nageoire dorsale ou en rampant avec sa queue. On le trouve en Méditerranée jusqu'à des profondeurs de 30 à 40 m. Il se nourrit d'organismes planctoniques, principalement des copépodes et des petits crustacés.

La dorade royale, de la famille des Sparidae, peut atteindre 1 mètre de long. Son corps est de couleur argentée, avec des reflets bleus et roses sur la partie dorsale. Sa tête est massive, surmontée d'un front presque droit. Elle peut descendre jusqu'à 200 mètres de profondeur. C'est un grand prédateur, chassant dans les fonds sous-marins rocheux. Un banc de plus de 100 individus a pu être observé en juillet 2007.

Mammifères Marins : Les Géants des Mers

Le phoque moine de Méditerranée, appartenant à la classe des pinnipèdes, est une espèce en danger critique d'extinction. Un mâle adulte peut peser entre 200 et 400 kg. Sa peau lisse est entièrement grise. Autrefois présent sur les côtes méditerranéennes et dans l'Atlantique, notamment à Madère, il a presque disparu du pourtour méditerranéen en raison de la chasse intensive et de la destruction de son habitat. Il n'en reste plus qu'une centaine d'individus dans la Méditerranée, et des efforts de conservation sont en cours, notamment autour de la Corse.

Le grand dauphin, ou tursiops, est un mammifère marin protégé. Il existe deux types de grands dauphins : l'un vit au grand large et autour des îles océaniques, le second est sédentaire et habite les eaux côtières. Le corps du dauphin est coloré de nuances de gris sur le dos et de blanc sur le ventre. Il mesure en moyenne entre 2 et 4 mètres et pèse entre 150 et 400 kg, le mâle étant plus grand que la femelle. Les dauphins océaniques sont plus robustes que ceux du littoral. Les grands dauphins vivent en groupe, avec en général 1 à 5 de leurs camarades. Les groupes sont généralement constitués par les femelles et leurs petits, occasionnellement rejoints par les mâles. Les dauphins peuvent également cohabiter avec d'autres cétacés. Cet animal a la réputation d'être très intelligent. Son cerveau est comparable à celui d'un homme. Il peut élaborer une fuite complexe lorsqu'il se sent menacé et a un sens de l'ouïe très développé. Pour chasser, les dauphins utilisent l'écholocation, en émettant des ultrasons. Leur régime alimentaire est composé de poissons et de céphalopodes. Ils n'hésitent pas à s'approcher des navires de pêche pour espérer récolter quelques poissons. Les mâles vivent jusqu'à 30 ans environ, et les femelles atteignent en général l'âge de 40 ans. En Méditerranée, la taille de sa population décroît.

Dauphins nageant dans la mer des Calanques

Crustacés et Coraux : La Richesse des Fonds Marins

La cigale de mer est un crustacé de la famille des Scyllaridés. Leur carapace est plus aplatie que celle des langoustes, et leurs pinces et leurs antennes sont courtes et larges. Elles se nourrissent principalement d'isopodes. La petite cigale atteint rarement plus de 12 cm de longueur et vit à des profondeurs de 5 à 30 m, où on la trouve dans les zones côtières accidentées et dans les herbiers. Dans l'Atlantique, elle peut même s'installer à 100 m de profondeur. La grande cigale peut mesurer jusqu'à 45 cm de long et préfère les fonds sableux. La surpêche a entraîné la raréfaction de la grande cigale en Méditerranée française.

Le corail rouge, symbole de la Méditerranée, doit sa couleur rouge à orange à son squelette calcaire. Il existe également du corail rouge dont la teinte est plus rosée. Le corail rouge ressemble à un arbuste, il forme en effet des colonies arborescentes, ramifiées de toutes parts, et les spécimens matures mesurent en général entre 5 et 20 cm. Sa croissance est lente (entre 3 et 8 mm par an). On le trouve dans des grottes ou dans les profondeurs rocheuses, de 2 à 200 mètres de profondeur. Les filaments urticants autour de sa bouche lui servent à prélever sa nourriture dans le plancton : œufs, larves, petits crustacés. Le corail rouge a besoin d'une température moyenne de 15°C. Son existence en Méditerranée connaît donc ses limites. La pêche intensive et les corailleurs toujours plus performants l'ont rendu assez rare. Le corail rouge est protégé en France depuis 2011, et sa pêche est interdite jusqu'à 50 m de profondeur.

La grande nacre est l'un des plus grands coquillages du monde. Elle peut atteindre 1 mètre de long. On la trouve dans les fonds sableux, souvent recouverte d'herbiers de posidonie. On la trouvait autrefois très facilement sur le littoral français, mais les prélèvements massifs pour la fabrication d'objets originaux l'ont presque complètement décimé.

Le faux corail, ou dentelle de Neptune, est un organisme marin qui a l'aspect d'une dentelle et est composé de nombreux individus (les zoécies). Il se développe dans les endroits ombragés, de la surface à 50 m de profondeur.

Marseille: dans les calanques, des solutions contre les plantes envahissantes | AFP Reportage

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