La culture de la tomate est une activité gratifiante, mais elle exige une vigilance constante. Très appréciée pour son goût acidulé, la tomate est l’une des stars des potagers. Malheureusement, elle est sujette à de nombreuses maladies pas toujours faciles à soigner, surtout si on attend trop longtemps avant de s’en préoccuper. Si possible cultivez vos tomates en serre, cela limitera fortement les risques, néanmoins il est tout à fait possible de cultiver des tomates en pleine terre en Belgique et dans le nord de la France en suivant quelques conseils. Choisissez des variétés le plus adapté possible à votre climat.

Les troubles physiologiques et carences : comprendre avant d'agir
La période de maturation des tomates est souvent accompagnée par le jaunissement et le séchage des feuilles. Il peut y avoir plusieurs raisons à cela. Ce n'est qu'après avoir compris les vraies raisons que vous pouvez agir.
La nécrose apicale (le "cul noir")
Ce phénomène, identifiable par une lésion brune ou noire à la base de la tomate, n'est pas, en soi, une maladie mais le résultat d'une carence en calcium du plant de tomate. Le calcium joue un rôle crucial dans le développement sain des plantes. Souvent, les fruits des deux premières grappes sont les plus touchés par la pourriture apicale. Des carences momentanées en calcium peuvent survenir à la suite d'une croissance rapide des plants, souvent stimulée par une fertilisation excessive qui favorise un développement végétatif luxuriant.
- Solutions : L'irrégularité de l'humidité dans le sol peut perturber l'absorption du calcium par la plante. Arrosage régulier : veillez à ce que les besoins en eau des jeunes plants soient couverts de manière régulière. Pour ce faire, il est possible de pailler le sol puis d’arroser les plants de tomates régulièrement afin de conserver une certaine humidité de manière constante. Vous pouvez corriger la carence en ajoutant du calcium à l'eau d'arrosage. Évitez les excès d’engrais azoté qui peuvent perturber l’absorption du calcium.
La chlorose
La Chlorose, du grec "chloros" signifiant "jaune-vert", est une condition physiologique affectant les plantes. Elle se manifeste par une décoloration progressive des feuilles, souvent due à une carence en fer, particulièrement dans les sols calcaires. Cette carence entrave la production de chlorophylle. Si le problème est dû à un sol trop calcaire, abaissez le pH du sol et utilisez des chélates de fer solubles dans l'eau. Une dose de 10 à 25g pour 100 litres d'eau est recommandée pour atteindre la zone racinaire.
L'éclatement des fruits
S’il ne s’agit pas d’une maladie à proprement parler, l’éclatement des tomates est toutefois bien dommageable. Le phénomène se traduit par l’apparition d’une large fissure qui zèbre la peau de la tomate. Cela se produit généralement lorsque les fruits sont presque arrivés à maturité et heureusement parce qu’il faut rapidement les récolter pour éviter que les moisissures ne s’installent dans les fissures. L’éclatement de la tomate se produit lorsqu’elle est exposée à un fort afflux d’eau soudain après un épisode de sécheresse.
Variétés, arrosage et mildiou...Comment gérer ses tomates l'été ?
Les maladies fongiques : le défi de l'humidité
Les champignons sont des ennemis redoutables des tomates, en particulier en cas d'humidité excessive.
Le mildiou
En matière de maladies qui peuvent toucher les plants de tomates, le mildiou est particulièrement redouté. En effet, le champignon qui la provoque, le Phytophthora infestans, peut détruire une récolte en seulement quelques jours. D’abord, le bord des feuilles se couvre de taches de couleur vert foncé qui deviennent grises puis brunes. Cela s’étend ensuite aux tiges et aux tomates elles-mêmes qui sont brunes et bosselées lorsqu’elles sont totalement infectées. En prévention, il est possible de traiter les plants de tomates avec du purin d’orties ainsi que de la décoction de consoude ou de prêle. Si la maladie s’installe déjà mais débute seulement, un fongicide à base de cuivre ou de la bouillie bordelaise peuvent être efficaces. Si le mildiou est déjà étendu, il n’existe malheureusement pas de traitement curatif : il faut tout arracher !
Le botrytis (pourriture grise)
Le botrytis est une maladie causée par un champignon microscopique, le Botrytis cinerea. Les tiges, les feuilles, puis les fruits sont progressivement recouverts de larges taches brunes qui deviennent ensuite de la moisissure. Le botrytis se développe par temps doux et humide. En prévention, il faut faire circuler l’air au maximum en aérant les serres, en espaçant les plants dans le potager ou encore en taillant les tiges pour éviter qu’elles ne s’enchevêtrent.
L'oïdium de la tomate
Aussi appelée maladie du blanc, l’oïdium couvre de poudre blanche les feuilles et les tiges. Sous l’effet de la maladie, les feuilles se déforment et sèchent. Pour lutter contre le champignon responsable, le Pseudoidium neolycopersici, il convient de supprimer le plus rapidement possible les parties touchées. Veiller à ne pas arroser les feuilles peut également être un bon moyen d’éviter l’apparition de l’oïdium. Si la maladie est déjà installée, pulvériser du soufre est un traitement efficace.
L'alternariose et la tache septorienne
L’alternariose se repère par l’apparition de petites taches jaunes sur les feuilles, très définies, qui deviennent rapidement marron foncé. Elle est causée par Alternaria solani. La tache septorienne, quant à elle, se matérialise par l'apparition de taches circulaires grises avec des points noirs en leur centre. Dans les deux cas, il faut couper et brûler les parties atteintes et ramasser les feuilles tombées au sol, car le champignon peut y passer l'hiver.

Les maladies virales et parasitaires
La mosaïque du tabac (TMV)
La mosaïque du tabac est une maladie virale courante causée par un virus du genre Tobamovirus. Cette maladie virale est transmise par le contact avec des plantes infectées, les outils de jardinage ou les mains sales. Les symptômes sont l’apparition de taches jaunes de formes irrégulières sur les feuilles formant des motifs en mosaïque caractéristiques. Il y a peu de traitements contre les maladies virales, il est donc judicieux d’agir en amont en achetant des variétés tolérantes.
Le tétranyque tisserand
Le tétranyque tisserand vit généralement à l’abri sous les feuilles où il tisse ses toiles. La face externe des feuilles porte de minuscules et très nombreux points jaunes. Pour prévenir au mieux ce ravageur, diversifiez au maximum les plantes au jardin potager et observez toujours attentivement vos plants afin de repérer, le plus vite possible, tout problème.
Stratégies de prévention et bonnes pratiques
La culture de la tomate n’est pas si simple qu’on le croit souvent. Certes elle donne facilement et en quantité, mais il est en fait assez difficile de lui éviter toute maladie ou toute agression.
- Gestion de l'arrosage : Un arrosage au pied, idéalement avec un système d’irrigation goutte à goutte, est recommandé pour prévenir les maladies fongiques. Il permet la distribution régulière d'eau en évitant les chocs hydriques.
- Hygiène du jardin : Les maladies peuvent se propager d’une plante à l’autre par l’intermédiaire d’outils sales. Dès l’apparition des premiers symptômes, éliminez les feuilles ou fruits touchés pour éviter la propagation.
- Choix variétal : Opter pour des variétés résistantes au mildiou ou aux virus permet de réduire considérablement les risques de maladies. Les tomates hybrides peuvent être plus résistantes à certaines maladies que les variétés non hybrides, car elles sont souvent sélectionnées pour leur résistance. Cependant, il est important de noter que les maladies peuvent muter.
- Amendements naturels : Le purin d'ortie est bien connu des jardiniers. Il est également possible de faire un thé de compost afin de donner un coup de boost de temps en temps à vos pieds de tomates. Il vous suffit de mélanger du compost bien mûr dans un grand volume d'eau, le laisser infuser 48h au minimum et arroser avec ce thé.
En résumé, la prévention des maladies des tomates repose sur un ensemble de bonnes pratiques : un sol sain, un arrosage maîtrisé, des apports nutritifs équilibrés et une surveillance régulière. En adoptant ces méthodes, il est possible de protéger efficacement ses plants et d'obtenir une récolte abondante.