Le lierre est une plante dont la réputation est souvent injustement ternie par des idées reçues. Certains pourraient penser que le lierre est une plante envahissante, parasite. Il n’en est rien ! Le lierre est en fait une liane à la croissance rapide, dont le feuillage persistant crée rapidement un brise-vue efficace. Membre de la famille des Araliacées, le lierre est prolifique, il en existe des dizaines d’espèces et des centaines de variétés. Originaire d’Europe et d’Asie, Hedera, le lierre, habille les paysages de l’hémisphère Nord depuis plusieurs siècles. Ses grandes lianes couvertes de feuilles plus ou moins découpées, plus ou moins grandes, de toutes sortes de vert ou encore panachées, grimpent et rampent, s’attachent au support qu’elles colonisent grâce à de petites racines crampons.

Principes fondamentaux de l'espacement lors de la plantation
La question de l’espacement entre les différents plants de lierre est cruciale pour obtenir un résultat esthétique et éviter une compétition inutile entre les sujets. En ce qui concerne l’espacement entre les différents plants de lierre, cela varie selon l’espèce plantée. Si l’objectif est de créer un tapis végétal dense ou une couverture murale rapide, il convient d’adapter la densité de plantation à la vigueur naturelle du cultivar choisi.
Pour les variétés vigoureuses comme le lierre de Colchide (Hedera colchica) ou le lierre d'Irlande (Hedera hibernica), qui peuvent atteindre des dimensions importantes, un espacement de 60 à 80 centimètres entre chaque pied est généralement suffisant pour permettre aux lianes de se rejoindre sans s'étouffer. Pour des variétés plus compactes ou des cultivars nains comme Hedera helix ‘Kolibri’, un espacement réduit de 30 à 40 centimètres permet de densifier rapidement les jardinières ou les petits massifs. Le lierre est peu exigeant : il pousse sur tous les sols et s’adapte à tous les climats. Cependant, une densité trop élevée dès la plantation peut entraîner une compétition racinaire précoce dans les sols pauvres, bien que la plante soit globalement très résiliente.
Préparation et techniques de mise en terre
La plantation du lierre est facile. Préparer un trou pas trop profond et y déposer le nouveau plant de lierre. Trempez en premier lieu la motte dans de l’eau pour l’humidifier. Ensuite, creusez un trou deux fois plus volumineux que la motte et déposez-la à l’intérieur. Pour une installation au jardin, préparez un trou 3 fois supérieur au volume de la motte. Placez celle-ci au centre après avoir pris soin de démêler les racines. Rebouchez avec la terre du jardin mélangée à un peu de terreau. Le collet doit affleurer la surface mais ne pas être enterré. Bien tasser la terre. Arrosez généreusement.
Le lierre se met en terre toute l’année, bien que l’automne soit la période idéale pour lui laisser le temps de s’installer avant les chaleurs estivales. Une plantation en fin d’hiver est également envisageable. En pleine terre, le lierre ne requiert aucun entretien si ce n’est peut-être un apport en arrosage la première année en cas de sécheresse forte et prolongée. En pot, prévoyez une couche drainante de billes d’argile au fond et un substrat composé de terre et de terreau. Tassez fortement et arrosez copieusement.
Besoins en eau et fertilisation raisonnée
Le lierre aime les sols bien drainés. Lors d’une culture en pot, la terre a tendance à s’appauvrir rapidement. Le lierre doit être arrosé régulièrement dans les semaines suivant sa plantation au jardin, de sorte à maintenir l’humidité du sol. Une fois qu’il a bien démarré, il faut encore veiller à prévenir tout risque de dessèchement total du sol. Arrosez modérément, mais à intervalles réguliers, le lierre cultivé en bacs sur le balcon et la terrasse ou à l’intérieur. Le lierre ne supporte ni le dessèchement des racines ni l’humidité stagnante prolongés.
Pour un apport suffisant en nutriments, amendez un sol pauvre en y incorporant du compost et notre engrais à libération prolongée pour conifères. Pour les plantes en pot, à l’intérieur ou sur la terrasse, nous conseillons une fertilisation régulière avec notre engrais pour plantes vertes et palmiers. Administrez cet engrais dilué dans l’eau d’arrosage à intervalles de deux semaines. Il faut respecter une phase de dormance hivernale et s’abstenir de fertiliser pendant six à huit semaines. Trop d’intervention est souvent néfaste au lierre : les feuilles noircissent, vous arrosez trop ; les feuilles panachées ne sont plus si panachées que ça, vous fertilisez trop !
Tailler le lierre - Vidéo jardinage | GAMMA Belgique
Gestion de la croissance et taille d'entretien
La croissance du lierre est relativement lente au cours des premières années, de sorte qu’aucune taille d’entretien ou de formation n’est nécessaire durant cette période. Après quelque temps, le lierre a cependant tendance à croître dans tous les sens. Si tel est le cas, il faut impérativement le tailler. Sinon, il se propage de façon incontrôlée et le supprimer devient particulièrement difficile. Les mois de juillet et août constituent la meilleure période pour tailler le lierre en forme, sous réserve d’opérer par temps frais et couvert. Sur les lierres anciens, une taille supplémentaire peut s’avérer nécessaire en octobre ou en avril.
Tailler simplement les tiges qui s’éloignent trop du pied principal. Au-delà du recours à la taille, vous pouvez également orienter le cheminement de votre lierre, le contraindre, en installant un treillage de bois ou de métal. Dans le cas d’un lierre planté près d’un mur, il faut penser à rajeunir le feuillage chaque année, pour éviter une charge trop lourde sur la maçonnerie. Enfin, pour les murs de maison, il ne faut pas oublier de le tailler également chaque année en hauteur, à 50 cm en dessous du toit.
Variétés et spécificités ornementales
C’est qu’Hedera a bien des cultivars à proposer, des lianes élégantes aux feuillages divers, motifs, tailles et teintes variées ! Chaque variété possède ses propres exigences d'espace. Par exemple, Hedera helix ‘Erecta’, une variété qui ne grimpe pas, se dresse avec vigueur et élégance pour former une touffe de 1 m x 1 m à maturité. À l'opposé, le lierre de Colchide (Hedera colchica), avec ses grandes feuilles en forme de cœur, pourra couvrir 12 m, et bien au-delà parfois, en tous sens.
Le lierre est un extraordinaire créateur d’ambiance, couvreur de misère, metteur en scène d’espaces. Il pare un mur disgracieux, habille un sol difficile, sert d’écrin aux floraisons qui le parsèment. Si vous cherchez des variétés pour les petits espaces, Hedera helix ‘Ivalace’ avec ses feuilles à bords ondulés offre un aspect gaufré unique sur un développement limité de 1,50 m en tous sens. Pour les amateurs de feuillages panachés, Hedera helix ‘Goldchild’ est facilement maîtrisable grâce à une taille modeste de 1,50 m x 1,50 m à maturité.

Interactions avec l'environnement et la faune
Le lierre grimpant ou Hedera helix n'est pas une plante parasite comme peuvent le croire certains jardiniers, mais une simple liane. Ses petits crampons agrippants qu'il produit le long de ses tiges sont destinés à s'agripper aux supports. Ils n'ont aucune fonction absorbante et ne pompent donc pas leur hôte aux dépens de celui-ci. Cependant, le lierre peut aussi devenir étouffant pour les végétaux qui l’entourent et qu’il recouvre. Ne le laissez pas envahir un jeune arbre car il prendrait le dessus. Par contre, il sera un bon compagnon pour des arbres adultes qu’il protègera du froid, d’une humidité excessive ou au contraire d’un soleil trop brûlant.
Le lierre est une plante mellifère d'automne. La floraison intervient très tardivement à l’automne, entre octobre et novembre. Bien que les fleurs soient plutôt discrètes au milieu de cette immensité de feuilles, elles sont essentielles pour les insectes butineurs. Puis, le lierre se couvre de baies allant du vert au bleu nuit. Tout au long de l’hiver, les oiseaux se régalent de ses gourmandises bienvenues et la petite faune trouve refuge dans son feuillage persistant. Prenez garde, par contre, à ne pas ingurgiter ses fruits, toxiques pour l’humain et certains animaux domestiques.
Protection et santé de la plante
Au jardin, l’hivernage du lierre ne pose aucun problème et ne nécessite aucune mesure spécifique. Les plantes hivernées en pot ou en bac à l’extérieur doivent être protégées du rayonnement solaire intense. C’est particulièrement le cas des jeunes sujets. Très en osmose avec la Terre et son environnement immédiat, cette espèce sauvage est globalement résistante aux maladies et aux ravageurs. Si araignées et cochenilles tentent une invasion, aérez votre sujet et débarrassez-vous des parties infestées. Invitez coccinelles et chrysopes. En dernier recours, pulvérisez du savon noir.
Quant au dessèchement du feuillage, ne cherchez pas à l’attribuer forcément à une maladie. Il est le plus souvent le résultat d’une exposition trop importante au soleil ardent. Si le lierre est une plante médicinale utilisée depuis des milliers d’années, il serait imprudent de tenter d’en préparer des potions ou des tisanes sans l’avis d’un spécialiste. En effet, le lierre contient des saponines, substances toxiques qui génèrent des malaises et de violents vomissements. La sagesse du jardinier consiste à respecter cette liane vigoureuse, à lui offrir un espace adapté à sa variété, et à profiter de sa capacité unique à transformer un espace délaissé en un refuge vivant et structuré.
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