Le Guide Complet de l'Entretien et de la Culture des Plantes Grasses en Pot avec Tronc

Composition de plantes grasses variées en pots

L'engouement pour ces drôles de plantes aux allures particulières est sans cesse grandissant. Tout à coup, tout le monde veut posséder son petit arrangement de succulentes ou son terrarium de verre. Dodues, effilées, piquantes ou érigées, elles permettent de créer des associations végétales originales et décoratives. Et que dire de leur incomparable facilité d’entretien et de leur étonnante capacité d’adaptation climatique. Mais attention, bien qu’elles semblent robustes, les plantes succulentes (aussi appelées plantes grasses) et les cactus peuvent rapidement dépérir si certaines de leurs exigences culturales ne sont pas au rendez-vous. Ce guide a été conçu pour vous accompagner de vos premiers gestes jusqu’à une maîtrise réelle de la culture des plantes succulentes.

Le terme « plante grasse » est le nom populaire donné aux plantes succulentes. En réalité, ces végétaux ne contiennent aucune graisse. Le mot « succulente » vient du latin succulentus, qui signifie « plein de suc ». Les plantes succulentes sont des végétaux capables de stocker l’eau dans leurs feuilles, leurs tiges ou leurs racines, sous forme d’une sève épaisse et mucilagineuse. Ceci leur permet de survivre dans des environnements arides. Visuellement, elles ont souvent des tissus épais et charnus. On y trouve les bien connues Aloe vera, Echeveria et Crassula.

Botaniquement parlant, les cactées font partie des plantes grasses, mais par convention, on n’inclut que les plantes sans épines dans les succulentes. Du côté des cactus, on retrouve toutes les plantes de la famille des Cactaceae. Tous les cactus sont des succulentes, mais toutes les succulentes ne sont pas des cactus. Ces derniers possèdent des épines, ce qui les distingue des autres succulentes. On pense, par exemple, au très représentatif Opuntia, le figuier de Barbarie ou encore le coussin de belle-mère.

Cactus / Plantes grasses comment faire la différence

Les Exigences Fondamentales pour des Plantes Grasses Épanouies

Les plantes grasses, qu'elles soient en pleine terre ou en pot, ont des besoins similaires car elles sont adaptées à des milieux arides, mais il y a tout de même quelques nuances à prendre en compte. La majeure partie des soucis des succulentes provient de conditions de culture inadaptées.

Le Substrat Idéal : Drainage et Porosité

Drainant et poreux, voici les caractéristiques principales du substrat recommandé pour un développement optimal. L’eau doit y circuler rapidement et librement sans risque de stagnation. La plupart des mélanges commerciaux spécialement conçus pour la culture des cactus et plantes grasses possèdent les propriétés recherchées. Le terreau « spécial cactus et succulentes » est parfait !

Le terreau universel vendu en jardinerie est trop riche, trop compact et retient trop d’eau pour des succulentes. La formule la plus simple et la plus fiable pour un débutant est un mélange à parts égales de trois composants : un tiers de terreau de feuilles bien décomposé (ou de terreau horticole de qualité), un tiers de sable de rivière grossier (granulométrie de deux à cinq millimètres, jamais de sable fin de plage) et un tiers de matériau drainant minéral - pouzzolane, pumice ou perlite. Les cultivateurs expérimentés utilisent souvent des substrats quasi entièrement minéraux, composés de pumice, d’akadama (une argile granuleuse japonaise utilisée en bonsaï) et de zéolithe. Ces mélanges drainent parfaitement, ne se compactent pas avec le temps et permettent un contrôle précis de l’arrosage.

Pour les espèces de grande taille cultivées en pleine terre, comme les agaves, les yuccas ou les oponces, le sol du jardin peut convenir s’il est naturellement drainant - sableux, caillouteux ou rocheux. Pour la plantation en pleine terre (en climat doux donc), creusez un trou plus large que la motte et préparez un substrat léger (pouzzolane / sable / terreau universel).

Exemple de substrat drainant pour succulentes

Le Choix du Pot : L'Importance du Drainage

Le pot idéal pour une plante grasse est percé au fond - c’est une condition non négociable. Sans trou de drainage, l’eau stagne au fond et les racines finissent par pourrir, même avec un arrosage prudent. Aucune couche de graviers au fond du pot ne remplace un trou de drainage.

En règle générale, les succulentes et les cactées préfèrent être à l’étroit dans leur pot. Les pots en terre cuite sont les meilleurs alliés des succulentes : poreux, ils permettent au substrat de sécher plus rapidement et offrent une bonne stabilité grâce à leur poids. Qu’il soit en plastique ou en grès (préférable pour prévenir les risques de pourritures racinaires), le contenant choisi doit posséder un ou plusieurs trous de drainage. Un pot aux parois basses convient parfaitement aux cactus tandis que les succulents affectionnent les pots de dimension standard. Les pots en plastique sont plus légers et retiennent davantage l’humidité, ce qui impose d’espacer les arrosages. La taille du pot a aussi son importance. Un pot trop grand par rapport à la taille de la plante contient un excès de substrat qui reste humide trop longtemps.

Pour planter en pot, il existe des substrats spécial cactées et plantes grasses, à la fois légers et suffisamment nourrissants. Disposez un fond épais de billes d’argile ou de matériel drainant au fond du pot, ajoutez le substrat drainant et disposez précautionneusement les plantes. Si besoin, coupez les racines les plus abîmées.

Lumière et Température : Trouver le Juste Équilibre

C’est le facteur le plus déterminant et le plus souvent sous-estimé. La majorité des plantes succulentes sont originaires de régions ensoleillées et ont besoin d’une lumière abondante pour se développer correctement. Une plante grasse privée de lumière ne meurt pas immédiatement - elle s’étiole. Sa tige s’allonge de manière anormale, ses feuilles s’espacent, ses couleurs pâlissent. L’étiolement est la conséquence la plus visible d’un manque de luminosité.

Contrairement à la croyance populaire, une chaleur et une exposition lumineuse trop intense peuvent causer des dommages irréversibles à certaines d’entre elles. Optez plutôt pour une orientation est ou ouest (selon la plante) et pour des températures entre 25° et 30° C le jour et 10° et 15° C la nuit. Dehors en été, une exposition mi-ombragée leur convient parfaitement bien que les cactus aiment se dorer au soleil.

Si vous cultivez vos plantes grasses à l’intérieur, placez-les le plus près possible d’une fenêtre bien exposée. Une fenêtre orientée au sud est idéale. Une orientation est ou ouest convient aussi, à condition que la plante reçoive au moins quatre à cinq heures de lumière directe par jour. Attention toutefois aux fenêtres orientées plein sud en été : le verre peut amplifier la chaleur et provoquer des brûlures. L'été, le verre fait loupe, et vos cactées risqueraient de brûler. Peu de plantes succulentes ne résistent pas au soleil.

Plante grasse près d'une fenêtre lumineuse

Si la faible luminosité de votre intérieur vous interdit apparemment la culture passionnante de ces plantes, ne renoncez pas pour autant. Si la luminosité naturelle est insuffisante - appartement sombre, pièce orientée au nord - il est possible d’utiliser un éclairage horticole à LED. En extérieur, la plupart des succulentes apprécient le plein soleil. Cependant, une plante qui vient de quitter un intérieur ou une serre ne doit jamais être placée brutalement au soleil direct. Le passage doit être progressif, sur deux à trois semaines, en commençant par un emplacement à mi-ombre. C’est particulièrement important au printemps, lorsque le rayonnement solaire s’intensifie après l’hiver. Sortir les plantes au soleil brutalement, la transition intérieur-extérieur doit être progressive.

Certaines espèces supportent mieux la mi-ombre que d’autres. Les aloès tolèrent un ombrage partiel. Les Aeonium, originaires des îles Canaries, préfèrent même une ombre légère en été pour éviter d’entrer en dormance prématurée.

Côté température, la plupart de toutes les plantes grasses supportent bien la chaleur. En hiver, préférez les garder au frais et au sec. Une température comprise entre 5 et 15°C est idéale, surtout pour les cactées. Certaines succulentes rustiques tolèrent le gel (comme Sempervivum), mais beaucoup ne le supportent pas. Soyez vigilants sur la rusticité de vos végétaux si vous voulez les cultiver en extérieur.

L'Arrosage : La Règle d'Or du "Mieux Vaut Pas Assez que Trop"

L’excès d’eau est la première cause de mortalité des plantes grasses en culture. Comprendre quand et comment arroser est la compétence la plus importante que vous puissiez acquérir. Attendez que le substrat soit sec en profondeur avant d’arroser à nouveau. Ne vous fiez pas à la surface : enfoncez un doigt dans le substrat sur deux à trois centimètres, ou utilisez un pic en bois (un bâtonnet de brochette fait l’affaire). S’il ressort humide ou si de la terre y adhère, n’arrosez pas. Dans le doute, n’arrosez pas. Une succulente déshydratée se rattrape en quelques arrosages. L'arrosage reste modéré tout au long de l'année.

Arrosage d'une plante grasse en pot

Comme toutes les plantes, les plantes grasses et les cactées ont besoin d’eau. En été, des arrosages profonds (pas juste quelques gouttes) et fréquents avec une eau tempérée (température ambiante) sont recommandés. Il ne faut pas attendre que les feuilles se rabougrissent avant d’arroser, mais il faut toutefois laisser le terreau s’assécher presque complètement entre les arrosages. Lorsque vous arrosez, faites-le généreusement : l’eau doit traverser tout le substrat et s’écouler par les trous de drainage. La fréquence d’arrosage varie considérablement selon la saison.

Au printemps et en été, période de croissance active pour la majorité des succulentes, un arrosage tous les sept à dix jours est un repère courant - mais il dépend de la température, de la taille du pot, du substrat et de l’espèce. En automne, espacez les arrosages à une fois toutes les deux à trois semaines. En hiver, la plupart des succulentes entrent en dormance et leurs besoins en eau sont presque nuls. En hiver, il vous faudra réduire la fréquence des arrosages (sans les arrêter complètement) afin de prévenir la pourriture des racines. Pour les cactées, l’arrosage doit être encore plus sobre avec un arrêt complet de novembre à février. Sinon, vous risquez le pourrissement des racines et donc de la plante.

Certaines espèces font exception à ce calendrier. Les Aeonium, les Senecio et plusieurs Lithops ont un cycle de croissance hivernal : ils poussent en automne et en hiver, et entrent en repos estival. Pour ces espèces, le rythme d’arrosage est inversé.

L’eau du robinet convient dans la plupart des cas. Cependant, si votre eau est très calcaire, elle peut laisser des dépôts blancs sur le substrat et les feuilles, et modifier progressivement le pH du sol. L’eau de pluie est idéale pour les succulentes. Si vous utilisez l’eau du robinet, laissez-la reposer vingt-quatre heures dans un arrosoir ouvert pour permettre au chlore de s’évaporer. Évitez de mouiller le cœur ou la base de la plante, et arrosez lentement, près des bords du pot. Pour ne pas laisser de l’eau résiduelle dans les rosettes (responsables de pourriture), la solution la plus simple est d’arroser par le pied en bassinant les plantes pendant quelques heures. N’oubliez pas de bien évacuer le surplus ensuite.

La Fertilisation : Avec Modération et au Bon Moment

Les plantes succulentes poussent naturellement dans des sols pauvres. Leurs besoins en éléments nutritifs sont donc modestes comparés à ceux de la plupart des plantes ornementales. Apportez de l’engrais uniquement pendant la période de croissance active, c’est-à-dire du printemps au début de l’automne pour la majorité des espèces. Ne fertilisez jamais en hiver, lorsque les plantes sont en dormance. En hiver, aucun ajout d’engrais n’est recommandé puisque vos plantes entrent en repos. Une fertilisation trop abondante ou trop riche en azote fragilise les plants et les rendent plus vulnérables aux maladies et aux ravageurs.

Une fois par mois en période de croissance active, soit de mai à août, des apports d’engrais riches en potassium et en phosphore (un engrais pour tomate fera l’affaire) favoriseront leur bon développement. Un engrais liquide pour cactées et plantes grasses, dilué à la moitié de la dose recommandée par le fabricant, est le choix le plus sûr. Ces engrais sont formulés avec un ratio NPK adapté : pauvre en azote (N), équilibré en phosphore (P) et riche en potassium (K). Le potassium renforce les tissus, favorise la floraison et améliore la résistance au froid. Les cultivateurs avancés utilisent parfois des engrais à libération lente incorporés au substrat lors du rempotage.

Cactus / Plantes grasses comment faire la différence

Entretien Spécifique et Multiplication

Le Rempotage : Un Geste Crucial pour la Croissance

Le rempotage se fait de préférence au printemps, au début de la période de croissance. Pour rempoter, dépotez la plante avec précaution, retirez l’ancien substrat en secouant doucement les racines et inspectez l’état racinaire. Supprimez les racines mortes ou pourries à l’aide d’un sécateur propre. Laissez la plante à l’air libre pendant un à deux jours pour que les éventuelles blessures racinaires cicatrisent, puis installez-la dans son nouveau pot avec du substrat frais. Pour dépoter sans briser le récipient, retournez le pot en maintenant la terre avec les doigts. Posez la motte sur une table, protégée d'un plastique, et coupez les racines sèches ou abîmées. Dans le nouveau pot, préalablement mis à tremper pendant quelques heures, placez au fond une bonne couche drainante : c'est essentiel ! Utilisez pour cela du sable grossier ou des billes d'argile expansée, sur environ 3 cm de hauteur. Mettez ensuite un peu de sable fin, puis un peu de la terre à cactées. Posez ensuite la cactée dans son nouveau pot, en la tenant toujours avec le papier journal. Terminez par une petite couche de gravier, qui empêche le durcissement et le dessèchement de la terre. Important : n'arrosez pas les plantes grasses ni les cactus que vous venez de rempoter : placez-les dans un endroit ombragé et chaud, et patientez au moins deux jours avant de les humecter. Cela est nécessaire, car il y a toujours des racines endommagées lors d'un rempotage : en arrosant tout de suite après, elles risqueraient de pourrir. Rempotez tous les trois ou quatre ans.

Le Nettoyage et la Taille

Nettoyez les feuilles avec un chiffon humide. Tournez la plante sur elle-même régulièrement pour une croissance symétrique. Supprimez les feuilles ou branches mortes. Le végétal supporte bien la taille. Les amateurs de bonsaï pratiquent au printemps ou au début de l'été. Pour les débarrasser de la poussière, utilisez une brosse à poils souples, par exemple une brosse à dents usagée. Ne prenez pas une brosse à poils durs, car elle risquerait d'arracher les aiguillons ou les poils des cactus.

La Multiplication : Un Plaisir à la Portée de Tous

L’un des plaisirs de la culture des succulentes est la facilité avec laquelle on peut les multiplier.

Par Bouturage de Feuille

C’est la méthode la plus simple et la plus accessible. Elle fonctionne particulièrement bien avec les Echeveria, les Sedum, les Crassula et les Kalanchoe. Détachez délicatement une feuille saine de la plante mère en effectuant un mouvement latéral net - la base de la feuille doit être intacte, sans déchirure. Laissez la feuille sécher à l’air libre pendant deux à trois jours, jusqu’à ce que la plaie forme un cal cicatriciel. Posez ensuite la feuille à plat sur un substrat légèrement humide. En quelques semaines, de petites racines et un bourgeon apparaîtront à la base de la feuille.

Par Bouturage de Tige

Pour les espèces arbustives ou rampantes - Crassula, Senecio, Euphorbia, Aeonium - le bouturage de tige est plus rapide. Coupez un segment de tige de cinq à dix centimètres avec un outil propre et tranchant. Laissez la bouture sécher quelques jours pour que la coupe cicatrise, puis plantez-la dans un substrat drainant. L’enracinement prend généralement deux à quatre semaines.

Par Rejets

De nombreuses succulentes produisent naturellement des rejets (ou « bébés ») à leur base ou sur des stolons. C’est le cas des Sempervivum, de nombreux Aloe, des Agave et des Haworthia. Il suffit de détacher le rejet lorsqu’il a atteint quelques centimètres de diamètre, de laisser sécher la plaie un jour ou deux, puis de le planter individuellement.

Par Semis

Le semis est la méthode la plus lente mais aussi la plus passionnante pour les collectionneurs. Il permet d’obtenir des espèces rares, introuvables dans le commerce horticole. Les graines de cactus et de succulentes germent généralement bien sur un substrat minéral maintenu humide sous une chaleur de 25 à 30 °C. La patience est de mise : les plantules sont minuscules et leur croissance est très lente pendant la première année.

Différentes méthodes de multiplication des plantes grasses

Problèmes Courants et Solutions

Les plantes succulentes sont globalement robustes, mais elles ne sont pas à l’abri de quelques problèmes récurrents.

La Pourriture : L'Ennemi Numéro Un

La pourriture est l’ennemi numéro un. Elle est causée par des champignons du sol - principalement Fusarium, Phytophthora et Pythium - qui prolifèrent dans un substrat trop humide et mal drainé. La pourriture se manifeste par un ramollissement des tissus à la base de la tige ou des racines, souvent accompagné d’un noircissement. L'humidité excessive, un mal bien trop souvent constaté, peut entraîner un ramollissement des tissus ou le développement de la pourriture grise, connue sous le nom de botrytis. Lorsque la pourriture est détectée tôt, il est parfois possible de sauver la plante en coupant largement au-dessus de la zone atteinte avec un outil stérilisé, puis en laissant sécher la coupe avant de tenter un bouturage dans un substrat neuf et sec.

Les Ravageurs : Cochenilles et Acariens

Les cochenilles farineuses et les acariens sont les parasites les plus fréquents des succulentes. Les cochenilles farineuses se présentent comme de petits amas cotonneux blancs à l’aisselle des feuilles ou sur les racines. Les cochenilles à bouclier forment de petites écailles brunes collées sur les tiges et les feuilles. En cas d’infestation légère, un nettoyage à l’alcool isopropylique appliqué au pinceau ou au coton-tige suffit. Pour les infestations plus sévères, un traitement à base d’huile de neem ou d’huile blanche minérale est efficace. Les pucerons s’attaquent occasionnellement aux hampes florales et aux jeunes pousses. Un jet d’eau suffit souvent à les déloger. Les araignées rouges, une autre forme de nuisible, peuvent se manifester dans des conditions de chaleur et de sécheresse excessives, identifiables par de petites toiles sur les cactus. Ils prolifèrent en atmosphère chaude et sèche. Dans les espaces intérieurs, les cochenilles, qu'elles soient à bouclier ou farineuses, sont les parasites les plus courants. Elles prospèrent dans les milieux chauds et peu ventilés. Si vous constatez une infestation sévère, alors n'attendez pas et optez pour un insecticide écologique à base d'huile de colza.

Autres Problèmes : Brûlures et Brunissement

Les feuilles rougissent ? Gare aux coups de soleil ! Déplacez-les à l’ombre quelque temps. Une exposition soudaine à un ensoleillement intense ou un excès de lumière peut causer des brûlures sur les cactus. Manque ou excès d’arrosage et luminosité peu adaptée, ces deux causes sont responsables du brunissement des feuilles ou d’un affaiblissement général. Si vos plantes brunissent, il s’agit probablement d’un excès d’eau. Au contraire, si elles sèchent, elles ont besoin d’être hydratées rapidement.

Cactus / Plantes grasses comment faire la différence

La Culture en Intérieur et en Extérieur

Culture en Intérieur : Un Défi Lumineux

La culture en intérieur est le premier contact que la plupart des gens ont avec les plantes grasses. Le défi principal est la lumière. Un intérieur, même lumineux, offre une intensité lumineuse bien inférieure à l’extérieur. Placez vos plantes le plus près possible de la fenêtre la plus lumineuse. Les espèces les mieux adaptées à l’intérieur sont celles qui tolèrent naturellement une lumière modérée : Haworthia, Gasteria, Sansevieria, certains Aloe de petite taille, Rhipsalis (cactus épiphytes de forêt tropicale) et plusieurs Crassula.

L’arrosage en intérieur doit être encore plus prudent qu’en extérieur. L’évaporation est moindre, la lumière plus faible (donc la photosynthèse et la consommation d’eau aussi) et l’air est souvent stagnant. L’air stagnant favorise les champignons et les parasites. Cet élément a presque autant d'importance que la luminosité. Les plantes succulentes sont des végétaux de grand air, qui souffrent terriblement dans une atmosphère confinée. Attention : Ne pas les exposer aux courants d'air froid, surtout durant l'hiver, période de repos de la plupart de ces plantes.

Culture en Extérieur : Un Environnement Naturel

La culture en extérieur est, pour la plupart des succulentes, le mode de vie le plus naturel et le plus gratifiant.

En pleine terre : Rocailles et Jardins Méditerranéens

La rocaille sèche est l’écrin idéal pour les succulentes rustiques. Construite sur un sol drainant, exposée au sud ou au sud-ouest, elle permet de cultiver un large éventail d’espèces : Sempervivum, Sedum, Delosperma, Opuntia rustiques, Yucca et Agave résistants au gel. Les pierres emmagasinent la chaleur le jour et la restituent la nuit, créant un microclimat favorable.

La résistance au froid est extrêmement variable d’une espèce à l’autre. Contrairement à une idée reçue, toutes les plantes grasses ne sont pas frileuses. Plusieurs genres de succulentes sont parfaitement rustiques en France métropolitaine et peuvent rester en pleine terre toute l’année, même dans les régions à hivers froids. Les Sempervivum (joubarbes) sont les championnes incontestées de la rusticité : elles supportent des températures inférieures à -20 °C sans protection. Les Sedum rustiques (comme Sedum acre, Sedum spurium ou Sedum spectabile) résistent également à des froids intenses. Certains cactus du genre Opuntia d’altitude, originaires des montagnes Rocheuses, tolèrent jusqu’à -25 °C.

À l’opposé, de nombreuses succulentes populaires en intérieur ne tolèrent pas la moindre gelée. C’est le cas de la majorité des Echeveria, des Kalanchoe, des Adenium (roses du désert), des Pachypodium et des Euphorbia tropicales. Pour ces espèces, la température minimale hivernale se situe entre 5 et 10 °C. Les cactées et les plantes grasses capables de résister à des températures en dessous de zéro sont rares. En revanche, les plantes succulentes, dans 90 % des cas, sont gélives, c'est-à-dire qu'elles meurent dès que le thermomètre avoisine zéro degré. Elles supportent sans sourciller les plus fortes températures estivales, mais doivent impérativement être abritées du gel l'hiver.

Un point crucial souvent oublié : c’est la combinaison froid et humidité qui tue les succulentes, plus que le froid seul. Un agave capable de survivre à -12 °C en sol sec et drainé mourra à -5 °C dans un sol gorgé d’eau. C’est pourquoi la protection hivernale la plus efficace n’est pas un voile d’hivernage - c’est un sol drainant et une protection contre la pluie. Étant donné que les précipitations sont fréquentes en automne/hiver dans de nombreuses régions, il est vital de les protéger avec une bâche ou de les mettre à l'abri. Il est cependant essentiel d'éviter les zones où l'eau a tendance à s'accumuler, comme au bas d'une pente ou sous une gouttière.

Rocaille de plantes grasses en extérieur

En pot à l'extérieur

La culture en pot à l’extérieur offre l’avantage de pouvoir rentrer les plantes en cas de gel. Utilisez des contenants larges et peu profonds pour les compositions de succulentes, ou des pots individuels pour les spécimens de collection. Si vous les plantez en pot, vous pouvez tout à fait associer plusieurs succulentes pour faire un tableau végétal charmant.

Le Terrarium : Un Microclimat Contrôlé

Dans un terrarium, il y a création d’un microclimat qui permet une culture sous atmosphère contrôlée. L’eau d’arrosage est constamment recyclée. Lorsqu’elle s’évapore, il y a alors une condensation qui se forme sur les parois du récipient de verre. Cette humidité (condensation, évapotranspiration) créée par l’eau contenue dans les plantes et dans le sol glisse le long des parois et retourne vers les racines qui l’absorbent rapidement, c’est pourquoi la culture en contenant de verre ne requiert que très peu d’arrosage.

Conception d'un Terrarium

Pour la conception de votre terrarium, voici les étapes à suivre :

  1. Choisissez un contenant de verre avec couvercle.
  2. Déposez environ 1 cm de pierres miniatures au fond du récipient.
  3. Ajoutez quelques morceaux de charbon de bois horticole sur la pierre.
  4. Ajoutez le terreau préalablement humidifié, suffisamment pour bien planter vos végétaux.
  5. Effectuez vos plantations (réduire la motte si nécessaire).
  6. Personnalisez à l’aide de pierres décoratives, de mousse et d’objets miniatures.
  7. Nettoyez le verre avec un pinceau.
  8. Fermez hermétiquement votre récipient.

Il est possible qu’il y ait condensation les premiers jours, ouvrez légèrement votre contenant jusqu’à ce que celle-ci soit disparue (quelques heures) puis refermez.

Schéma de la structure d'un terrarium

Focus sur Quelques Variétés de Plantes Grasses à Tronc

Les plantes grasses sont faciles à vivre et ne vous solliciteront que très peu, quelle que soit la variété : Crassula, Echeveria, Sedum, Haworthia, Senecio, etc. Un peu d’eau, de lumière, de soins et surtout beaucoup d’amour : voilà ce dont ont besoin vos petits protégés ! Elles sont donc idéales pour les amateurs de plantes n’ayant pas la main verte.

Zoom sur la Crassula (Arbre de Jade)

La crassula (Crassula Ovata), originaire d'Afrique du Sud, qu’on appelle aussi Arbre de jade, ou plante de l’argent, et même plante porte-bonheur est une succulente vivace, parfois arbustive. On adore ses feuilles ovales, épaisses, d’un vert brillant souvent bordées de rouge. Les tiges sont épaisses et donnent un aspect de petit tronc. La plante donne des fleurs blanches à roses en forme d’étoiles, en hiver mais cela reste rare en intérieur. En effet, les conditions ne sont pas souvent réunies.

La crassula a besoin de beaucoup de lumière pour rester compacte et colorée. Le plein soleil est toléré mais il faut l’acclimater progressivement. En pot en intérieur, positionnez-la proche d’une fenêtre bien exposée. Côté arrosage, de mars à octobre, apportez de l’eau lorsque le substrat est bien sec. De novembre à février, un peu d’eau une fois par mois est suffisant. Si la plante reçoit trop d’eau, les feuilles deviennent molles et les racines pourrissent. Un substrat drainant et un pot percé sont pertinents. Rempotez tous les 3 ans. La température idéale est comprise entre 18 et 24°C. La plante peut vivre dehors l’été, mais les nuits sous 8°C et le gel lui sont fatales. Un repos hivernal au frais entre 10 et 15°C au sec est conseillé de novembre à février. Nettoyez les feuilles avec un chiffon humide. Tournez la plante sur elle-même régulièrement pour une croissance symétrique. Supprimez les feuilles ou branches mortes. Le végétal supporte bien la taille. Les amateurs de bonsaï pratiquent au printemps ou au début de l'été.

Crassula Ovata (Arbre de Jade) en pot

Zoom sur le Coussin de Belle-Mère (Echinocactus grusonii)

Le coussin de belle-mère (Echinocactus grusonii), appelé le cactus hérisson, est originaire du Mexique, des zones semi-désertiques. Sa croissance est lente et il possède de longues épines, jaunâtres, rigides et très piquantes. La floraison de fleurs jaunes, en couronne au sommet, intervient uniquement chez les spécimens adultes de 15 ans et plus. Il lui faut le plus d’ensoleillement possible, en intérieur comme en extérieur. S’il résiste bien à la chaleur même au-delà de 35°C, par contre, il supporte le froid seulement jusqu’à 5°C au risque de dépérir s'il gèle. En été, l’arrosage est très modéré, tous les 15 jours environ quand le substrat est sec. En hiver, apportez un peu d’eau tous les 2 mois. Le substrat drainant et le pot percé aident à le maintenir en forme !

Autres Variétés Notables

  • Sanseveria : la « langue de belle-mère » est une plante classique de nos intérieurs, avec ses grandes feuilles érigées, pointues, panachées ou non. Elle peut aussi être placée en jardinière.
  • Aloe vera : médicinal, l’aloe vera contient un suc qui peut guérir les coups de soleil. À cultiver en pot en intérieur.
  • Haworthia : joliment nervurée, la rosette de feuilles de l’Haworthia est très jolie en coupe en intérieur.
  • Echeveria : ce sosie de la joubarbe, mais en intérieur, se décline en multiples teintes et formes de rosettes. Charmante en composition dans une coupe.
  • Euphorbe : dans la grande famille des Euphorbia, on trouve aussi des plantes succulentes. Ainsi, E. ingens imite à la perfection un cactus dressé.
  • Kalanchoé : le K. blossfeldiana est la plus connue des succulentes, avec ses feuilles charnues et ses petites fleurs colorées. Mais il existe bien d’autres genres de kalanchoé, à cultiver de préférence sous abri ou en intérieur.
  • Schlumbergera : le cactus de Noël combine un feuillage succulent, un port retombant et une floraison opulente en hiver.
  • Portulacaria : étonnante, cette plante grasse d’intérieur ressemble à un petit arbre aux feuilles charnues.
  • Delosperma : le faux pourpier est une vraie réussite dans les massifs méditerranéens, où il recouvrira de sa belle floraison les coins les plus ensoleillés du jardin.
  • Joubarbe : le sempervivum est un petit artichaut sans souci au jardin, qui se plaira en bac ou dans une rocaille.
  • Sedum : l’orpin, son autre nom, se présente sous deux formes : une forme tapissante, qui fleurit en été, idéale sur les toits et rocailles, et une forme érigée à la floraison tardive qui aime les massifs secs. Toutes deux sont très rustiques. Vous trouverez aussi un Sedum morganianum, une plante d’intérieur retombante très déco.
  • Aeonium : plante aux allures de petit artichaut, qui peut aussi ressembler à un petit arbre.
  • Agave : les agaves présentent des rosettes de feuilles acérées aux coloris variés. Leur floraison est souvent spectaculaire.

Cactus / Plantes grasses comment faire la différence

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