Guide complet sur les plantes succulentes : adaptation, diversité et culture

Les plantes succulentes, autrefois appelées plantes grasses, ont la particularité de pousser dans des zones sèches où l’eau manque une partie de l’année. Pour lutter contre ce manque d’eau, elles ont développé diverses stratégies. Les plantes succulentes regroupent les cactus, famille des Cactaceae et bien d’autres plantes de diverses familles : Euphorbiaceae, Apocynaceae, Crassulaceae, etc.

Diversité des formes et habitats des plantes succulentes dans leur milieu naturel

Les stratégies de survie en milieu aride

Les plantes qui se développent sur des sols carencés en eau sont appelées des xérophytes ou plantes xérophiles. Elles se maintiennent vivantes dans des conditions arides grâce à des modalités leur permettant soit d’éviter la déshydratation soit de la supporter. Un grand développement de l’appareil souterrain (racines), en profondeur, latéralement, dans les différentes directions, permet une bonne absorption de l’eau. Certaines plantes possèdent des racines descendant jusqu’à 50 mètres de profondeur pour puiser l’eau dans les nappes phréatiques. D’autres, des cactus par exemple, développent des racines à faible profondeur mais s’étendant sur une large superficie, ce qui leur permet de capter facilement l’eau des rares pluies.

D’autres moyens de lutter contre les pertes en eau par évapo-transpiration sont le développement d’une abondante pilosité, la cutinisation (épaississement de l’épiderme) des feuilles, la réduction de la surface foliaire, l’absence de feuilles, réduites à des épines, la protection des stomates (présents en nombre réduit) enchâssés dans l’épiderme foliaire, et leur fermeture en journée, l’enroulement des feuilles et parfois aussi leur chute en cas d’importante sécheresse, l’élévation de la force de succion des poils absorbants. Les réserves aquifères deviennent importantes avec le développement de phénomène de succulence : l’eau est stockée dans des tissus situés dans les feuilles, les tiges ou les racines.

Le phénomène de succulence : anatomie du stockage

Les plantes succulentes sont caractérisées par des feuilles, des tiges ou des racines susceptibles d’accumuler de l’eau et faisant ainsi office de réservoir. L’eau, sous forme de solution (mélange d’eau et de substances minérales et organiques solubles) s’accumule dans les vacuoles de grandes cellules situées sous le parenchyme superficiel.

Chez les espèces à feuilles succulentes, les réserves d’eau sont contenues dans les feuilles qui sont développées et charnues. On trouve ce type biologique chez les agaves, les aloès, les Crassula, les Echeveria ou les Lithops par exemple. Chez les espèces à tiges succulentes, les tissus charnus sont situés dans les tiges. La tige est verte, au moins chez les jeunes sujets, donc chlorophyllienne et siège de la photosynthèse. Les feuilles sont souvent absentes ou de petite taille, caduques ou persistantes, ou encore transformées en épines. Ce type biologique est courant dans les familles des Cactaceae et des Euphorbiaceae. Chez les Cactaceae, on trouve des plantes céréiformes de plusieurs mètres de hauteur et des plantes globulaires de taille variable, petites chez les Mammillaria ou de grande taille chez les Echinocactus et les Ferocactus.

Les espèces caudiciformes sont caractérisées par un organe de stockage situé souvent à la base de la plante et qui correspond à la racine, à la tige ou aux deux à la fois. Les plantes à caudex sont de taille variable : ce sont des arbres, comme les baobabs, ou des plantes de taille moyenne à petite, dont le caudex est aérien ou souterrain, comme les Adenium et Pachypodium (famille des Apocynaceae), les Adenia (famille des Passifloraceae) ou encore les Cyphostemma (famille des Vitaceae).

Schéma illustrant le stockage d'eau dans les tissus foliaires, caulinaires et racinaires

Adaptations florales et économie de ressources

Les fleurs aussi participent à l’économie de l’eau. Les fleurs diurnes sont alors en général de petite taille et leur floraison est brève, allant d’une à trois journées, ce qui limite les pertes en eau. Chez certaines espèces, les fleurs sont de grande taille, chez les Echinopsis (y compris Trichocereus) ou les Selenicereus par exemple, et dans ce cas, la floraison est nocturne, ne dure qu’une seule nuit, limitant également les pertes en eau. Dans d’autres cas, chez les Stapéliées ou certains Kalanchoe (Kalanchoe linearifolia), la floraison dure plusieurs jours mais les pétales sont charnus et succulents : un autre exemple de xéromorphisme.

La famille des Cactaceae : classification et morphologie

Le terme cactus a été utilisé pour la première fois comme nom de genre par Karl Von Linné, dans sa classification binominale en 1753 (Species Plantarum), toujours en vigueur. Aujourd’hui, le terme cactus est seulement utilisé comme terme générique. On dénombre actuellement environ 2 500 espèces réparties en 124 genres. Cette famille est répandue dans le Nouveau Monde, sauf une seule espèce à répartition subtropicale, le Rhipsalis baccifera.

Un cactus est une plante vivace, de taille variable, de quelques dizaines de millimètres à plus de dix mètres de hauteur. Les tiges sont succulentes, chlorophylliennes et recouvertes de côtes ou de tubercules disposés en spirale ou en ligne droite. La plupart des cactus sont pourvus d’épines prenant naissance sur des coussinets plus ou moins duveteux appelés aréoles, qui peuvent être considérées comme des rameaux latéraux atrophiés.

Les cactus peuvent être regroupés en cinq types morphologiques :

  1. Cactus primitifs : Peu ou pas succulents, ils ont gardé l’aspect de plantes classiques (arbres ou arbustes), portant de vraies feuilles (Pereskia, Pereskiopsis).
  2. Oponces : Plantes formées de raquettes (cladodes), de tiges cylindriques ou contractées en boules, munies de petites feuilles caduques et de glochides (épines crochues).
  3. Cactus colonnaires : Tiges d’un diamètre variable, allongées, dressées, parfois rampantes, avec des aréoles sur les côtes.
  4. Cactus globulaires : Tiges en forme de boules avec aréoles sur côtes ou mamelons spiralés.
  5. Cactus épiphytes : Tiges aplaties et peu succulentes, adaptées aux zones forestières moins sèches.

10 CACTUS d'INTÉRIEUR 🌵 (Noms et Entretiens)

Entretien : des principes pour réussir la culture

La plupart des espèces demandent un endroit bien éclairé, mais pas une exposition plein sud, pouvant entraîner des brûlures de l’épiderme. En appartement, une fenêtre à l’ouest ou à l’est est bienvenue. En été, de mai à début octobre, les plantes peuvent être sorties sur un balcon ou dans le jardin, à l’abri des fortes pluies. En hiver, il convient de protéger ces plantes du froid, la plupart tolérant 10 °C.

Il faut arroser tous les sept à dix jours pendant la saison de végétation, de mars à octobre, en mouillant bien la motte, en veillant bien à laisser la terre de surface sécher entre deux arrosages. Pendant l’hiver, à 20 °C, arroser légèrement tous les quinze jours. À une température inférieure à 12 °C, il ne faut pas arroser, ou très peu. Le mélange doit être bien poreux : un tiers mélange de terreau de feuilles, un tiers de sable de rivière et un tiers de gravier de quartz ou pouzzolane.

Succulentes retombantes et originales pour l'intérieur

Les plantes grasses - qu’on aimera plutôt appeler succulentes, “riches en sèves” tant leur feuillage charnu regorge de promesses - ont tout à offrir. Les épiphyllums et les rhipsalis sont deux grands genres de cactées épiphytes qui proposent de nombreuses variétés retombantes non piquantes.

Le cactus-gui (Rhipsalis cassutha) impressionne par ses tiges fines pouvant atteindre 2 m de long, tandis que le cactus-jonc (Rhipsalis pilocarpa) offre des tiges segmentées recouvertes de poils blancs. Le schlumbergera, ou cactus de Noël, est composé d’une suite de tronçons aplatis avec des fleurs aux couleurs variées.

D'autres plantes succulentes apportent une esthétique unique :

  • Ceropegia woodii : La “chaîne des cœurs” avec ses feuilles cordiformes en cascade.
  • Senecio rowleyanus : Le “collier de perles” avec ses feuilles sphériques sur tiges fines.
  • Pilea peperomioides : La “plante à monnaie chinoise” aux feuilles rondes et charnues.
  • Tradescantia navicularis : Ses feuilles imbriquées en forme de bateau.
  • Hoya : La “fleur de porcelaine” aux fleurs étoilées et parfumées.
  • Sedum : L’orpin de Morgane, bijou de complexité avec ses tiges tortueuses.
  • Echeveria : La “Dame peinte” et ses rosettes rappelant l’artichaut.

Cas particulier : les Tillandsias ou "filles de l'air"

Drôles de zèbres que les tillandsias ! Pratiquement sans racines, ces filles de l'air aux feuilles d'argent et aux fleurs étonnantes n'ont pas besoin de terreau. Les tillandsias, de la famille des Broméliacées, sont des plantes épiphytes : elles poussent naturellement en s'accrochant sur des arbres, des roches, des falaises ou des cactus.

Pour se nourrir, les tillandsias utilisent la surface très spéciale de leurs feuilles, constituée d'un revêtement d'écailles microscopiques, appelées trichomes. Ils sont capables d'absorber l'humidité ambiante, dans laquelle ils puisent également les sels minéraux nécessaires à leur épanouissement. L'idéal est de les fixer avec du fil de fer très souple ou du raphia sur des plaques de liège ou sur des branches.

Multiplication et entretien courant

Pour le rempotage, préférez le début du printemps. Pour le bouturage, prélevez un bout de tige ou une feuille avec un outil désinfecté. Laissez sécher le segment durant trois jours puis plantez la base sans trop l’enfoncer dans un substrat très drainant (1/4 de terreau et 3/4 de sable).

Pour les Aeonium, le bouturage par tige se fait plutôt vers avril. Il est important de noter que chez de nombreuses espèces d'Aeonium, la rosette ayant fleuri périt peu après par épuisement. La gestion de l'arrosage reste le point crucial : toujours attendre que le substrat soit bien sec avant d’arroser de nouveau. Si le contenant est percé, préférez un bassinage plutôt qu’un arrosage par le haut pour que la plante absorbe seulement ce dont elle a réellement besoin.

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