Guide Complet : Comment Tuteurer et Entretenir vos Plantes

Elles ont beau ne pas avoir de nerfs ou de muscles, les plantes parviennent tout de même à se tenir droites. Il arrive parfois qu'elles s'affaissent ou penchent, c'est en général un signal que quelque chose ne va pas. Si une plante reçoit trop d'eau, ses racines risquent de pourrir et elle pourrait s'affaisser. Il arrive aussi qu'elle penche lorsqu'elle manque d'eau. Tâtez la terre pour émettre un diagnostic, vous sentirez directement s'il y a besoin de l'arroser ou de la laisser au sec. Si elle ne reçoit trop ou pas assez de certains nutriments, votre plante pourra faire grise mine. Soyez sûrs d'adapter ses apports en engrais à ses besoins. Examinez les feuilles : sont-elles jaunes ? Ont-elles des taches ? Sont-elles brûlées ? Tous ces symptômes peuvent être le signe d'une carence. Tout comme l'humain se courbe avec les années qui passent, la plante peut ployer sous son propre poids. Par exemple, sous la pression de fruits trop mûrs qui n'ont pas été récoltés ou de fleurs trop lourdes, comme les tournesols géants. Certains parasites peuvent nuire au bon développement de votre plante. Une fois la cause identifiée, prenez les mesures nécessaires. Si votre plante est trop loin de la lumière, rapprochez-la de la fenêtre (sans l'exposer directement aux rayons du soleil qui pourraient la brûler). Vous pouvez également la tourner régulièrement d'un quart de tour pour qu'elle puisse être exposée à la lumière de manière plus équilibrée. Si la terre est trop humide, vérifiez également l'état des racines.

Schéma illustrant les causes d'affaissement d'une plante (manque d'eau, excès d'eau, manque de lumière)

Les fondamentaux du tuteurage

Certaines plantes ont besoin d'un tuteur, comme les plantes à tige souples et longues ou celles qui ont des feuilles, fruits ou fleurs trop lourds. Prenez un bâton en bambou, en bois ou en métal et placez-le contre la tige que vous souhaitez maintenir droite. Attachez-les ensemble grâce à un lien doux, comme du raphia ou un tissu doux. N'utilisez pas de matières qui pourraient couper ou trancher la plante. Certaines plantes apprécient le soutien d'un tuteur en spirale, que l'on peut acheter dans le commerce. Si vous souhaitez guider votre plante autour d'un support, vous pouvez simplement y attacher délicatement sa tige à mesure qu'elle grandit. Selon la nature de la plante, son âge, sa silhouette et sa résistance, mais également les aléas climatiques auxquels elle pourra être exposée, le tuteurage peut s'avérer indispensable. Il sera alors nécessaire de choisir le bon support et la bonne méthode pour l'installer et le faire évoluer. Comment mettre le tuteur adéquat à une plante qui le nécessite ? Suivez le guide ! Et, comme nous le verrons plus loin, il saura s'adapter aux besoins de la plante et du contexte.

Mais à quoi être attentif lorsque l'on installe un tuteur ?

  • À sa solidité, en tout premier lieu, qui devra être adaptée à la vigueur, au poids de la plante tuteurée ;
  • À sa résistance aux aléas climatiques, aux vents, aux averses soutenues ;
  • À sa forme qui devra permettre une adaptation à la nature-même de la plante, à sa silhouette, à sa manière de se développer ;
  • À son esthétisme qui devra s'intégrer sans jurer dans l'aménagement paysager.

Cette dernière fera partie intégrante du dispositif et de son efficacité ; elle répondra, elle aussi, à des contraintes et des besoins bien particuliers. Vous aurez globalement le choix entre : les attaches en fibres naturelles, ficelles et cordelettes en jute ou sisal biodégradables, à renouveler souvent d'une année à l'autre ou un peu plus durables comme le raphia ; les ficelles synthétiques plus durables mais moins écologiques ; les fils en acier gainé ou plastifié, réutilisables, à la fois souples et solides ; les attaches souples et réglables qui évolueront avec la plante sans jamais la blesser, ce qui sera également le cas des ligatures en caoutchouc extensibles ; les anneaux en plastique qui maintiennent en parallèle tuteur et tige ; les clips pour tuteur ou treillage qui se déplacent en un clin d'œil au fil des besoins.

Techniques de tuteurage selon le mode d'accroche

Fort de ces quelques éléments de base, voyons à présent quel système choisir et comment mettre un tuteur en fonction de la plante choisie. En réalité, il y a plusieurs réponses possibles à cette question tant les plantes grimpantes présentent plusieurs modes d'accroche. Parmi les secondes, la passiflore et son incroyable floraison. Ces plantes, généralement plutôt légères, sont dotées de tiges volubiles qui s'enroulent toutes seules autour de leur support. On peut ainsi imaginer qu'elles partiront sans mal à l'assaut d'à peu près tous les types de tuteur sans avoir besoin de système d'attache.

Prenons l'exemple de la vigne vierge, ses ventouses viendront adhérer à n'importe quel support, y compris les surfaces lisses, sans jamais les altérer. Le lierre lui s'attachera solidement à son hôte via des crampons - des racines aériennes en fait - sur la plupart des surfaces à l'exception des supports lisses. Ces deux végétaux seront parfaits pour habiller rapidement un support disgracieux et de grandes surfaces sans qu'il soit nécessaire d'installer de tuteur particulier ou d'attaches.

Introduction aux plantes grimpantes

Conseil Jardiland : le lierre ne mérite pas sa mauvaise réputation. Contrairement à une idée reçue, il ne nuit pas systématiquement à son support, en réalité il n'altère que ce qui l'est déjà, un mur fissuré, un crépi vieillissant. Que vous décidiez de le conduire contre un mur sur un treillis ou le long d'une pergola, votre rosier aura besoin d'un support bien ancré et solide pour accueillir branches charpentières et lianes vigoureuses. Des installations plus spécifiques comme les charmantes gloriettes en fer forgé ou divers modèles de tuteur parapluie permettront des mises en scène d'un romantisme inégalable. À la plantation, installez votre sujet à une quarantaine de centimètre de son tuteur et attachez-le à celui-ci avec des liens souples. Au fur et à mesure de sa croissance et selon le support choisi, vous apporterez de nouvelles attaches souples et réajusterez ou ôterez les existantes.

Soutenir les plantes à floraison XXL

Vous avez composé d'élégant massifs où viendront s'épanouir dahlias et pivoines aux fleurs aussi imposantes qu'élégantes. Il sera nécessaire de tuteurer vos plantations qui plus est si vous avez choisi des variétés hautes et des fleurs doubles. Pour les très grandes variétés (certains dahlias peuvent atteindre 2 m), choisissez pour chaque tige un long tuteur, solide, durable, discret ou encore esthétique pour ne pas nuire à la grande beauté de vos plantes fleuries. Cannes fines de bambou, tiges en osier ou encore tuteurs décoratifs en métal rouillé façon vintage pourront convenir par exemple.

Comment placer le tuteur pour vos plantes fleuries ? Installez ceux-ci dès la plantation, avant même d'enfouir les racines ou les rhizomes, afin de ne pas les blesser. Prévoyez une distance de 4 ou 5 cm entre tuteur et tige et des liens souples, en plastique ou en raphia, que vous attacherez en formant un "8" pour ne pas abîmer le végétal. Pour les variétés de taille moyenne, plantées en touffe, vous pouvez fabriquer une sorte de cage ouverte en grillage ou de colonne en plessis qui viendra enserrer la touffe et lui permettra de conserver un port altier.

L'ancrage des jeunes arbres

Le tuteurage des jeunes arbres permet de faciliter cet ancrage les quelques années suivant la plantation. Choisissez un tuteur solide, épais, un piquet de bon diamètre en bois imputrescible. Dans le cas d'une plantation d'un arbre à racines nues, placez le tuteur dans le trou de plantation en amont à une dizaine de centimètre du tronc. Maintenez-le bien droit et attachez-le au tronc avec des attaches solides mais non blessantes - des liens en caoutchouc ou des colliers en mousse par exemple.

Si vous plantez un arbre en motte, placez le tuteur à l'extérieur de celle-ci afin de ne pas abîmer les racines et inclinez-le légèrement jusqu'à pouvoir y attacher le tronc. Vous pouvez également choisir de planter, cette fois bien droit, deux piquets de chaque côté de la motte. Dans tous les cas, le tuteur doit être bien enfoncé, d'au moins 50 cm pour maintenir correctement le jeune arbre tout au long de sa croissance. Ceci est particulièrement vrai s'il s'agit d'un arbre fruitier ou d'un sujet à feuillaison et floraison dense.

Diagramme montrant l'installation correcte d'un tuteur pour un jeune arbre

Astuce Jardiland : Dans les cas d'un arbre exposé à des vents soutenus ou encore d'un sujet abîmé, proche d'être déraciné, vous pouvez procéder à un haubanage. Il s'agit alors de placer trois points d'attache à 1.50 m du tronc (voire 2 m selon la hauteur de l'arbre), généralement des pieux de fort diamètre enfoncés très largement dans le sol et reliés à l'arbre par des câbles.

Optimisation du potager vertical

Ils sont nombreux à pousser en hauteur. Leur tuteurage est alors nécessaire pour de multiples raisons. Il permet à l'air et à la lumière de circuler. Ceci a un impact direct sur la plante. D'une part, les maladies cryptogamiques, ces champignons néfastes favorisés par l'humidité, ont un terrain moins favorable à leur installation et d'autre part, la plante s'épanouit plus facilement, profite au mieux de son environnement et donc fructifie plus généreusement. Il permet un gain de place considérable en libérant de l'espace au sol pour d'autres cultures qui en plus apprécieront l'ombre du plant et la fraîcheur au pied. Il apporte un confort aux jardinières et jardiniers qui entretiennent et récoltent plus facilement.

Selon l'espèce cultivée, les possibilités de tuteurage seront diverses et variées. Des tuteurs tomate en spirale qui permettent une progression simple du plant et une bonne distribution des fruits sur le pied à la fabrication de tipi tout aussi efficace et très décoratif. De tuteur classique en métal à des systèmes élaborés mélangeant structure en bambou et corde pour grimper. Comment mettre un tuteur à vos plantes du potager ? Pensez vos dispositifs en amont et installez-les autant que possible avant la plantation, là encore pour ne pas abîmer vos cultures. Réajustez régulièrement les attaches. Et si l'aspect ornemental vous importe, vous pourrez joindre l'utile à l'agréable en installant des pergolas, arche ou ombrière dans votre potager. Ces dispositifs vous permettront de cultiver des plantes légumières - lianes feuillues et fleuries de la patate douce, petites courges, etc. - ou fruitières grimpantes - actinidia (liane à kiwi), vigne à raisin, etc. -, d'apporter de la verticalité au paysage et de l'ombre à certains légumes et aromatiques qui la réclament.

La gestion des plantes grasses : au-delà du tuteurage

Nous avons vu comment mettre un tuteur aux diverses plantes ornementales ou potagères. Vos plantations en seront bien évidemment soulagées et consolidées. Les plantes grasses sont très faciles à bouturer à partir de leurs feuilles. Mais vous pouvez tout aussi bien les couper et les bouturer ! J’ai toujours eu quelques réticences à couper mes plantes grasses, prunelles de mes yeux, de peur qu’elles ne reprennent pas. Mais je me suis armée de courage, et j’ai passé le cap ✂️. Suite à un premier test fructueux, on ne m’arrête plus ! Toutes les succulentes que j’ai taillé sont reparties à merveille, et en un rien de temps.

Votre plante s’est étiolée à cause d’un manque de luminosité : donnez-lui un nouveau départ en taillant. Certaines plantes grasses se ramifient naturellement en grandissant, mais ce n’est pas le cas de toutes. En grandissant, un certain nombre de mes succulentes n’avaient plus le look compact et étoffé que j’affectionnais tant. C’est notamment le cas de la plupart de mes echeverias. Au fur et à mesure qu’elles ont grandi (et c’est un processus tout à fait naturel), elles ont laissé voir de plus en plus de tronc, et ont repoussé toujours plus loin leurs rosettes, sans pour autant donner naissance à de nouvelles pousses.

Autant j’aime le port arboré de certaines succulentes comme les crassulas, autant pour les echeverias je ne suis pas super fan, mais c’est une question de goût ! Alors, hop, on s’arme d’un couteau désinfecté et aiguisé pour couper la tête de votre succulente ! J’évite les sécateurs, parce qu’ils ont tendance à écrabouiller la tige. Au moins, avec le couteau, la coupe est propre. Vous pouvez aussi utiliser un fil en nylon solide, qui est parfois plus adapté pour se faufiler dans des petits recoins ! Laissez cicatriser pendant quelques jours à l’air libre. Un cal protecteur se forme rapidement. Une fois bien cicatrisée, replantez la bouture de tête directement en terre. Elle repart sans soucis ! De nouveaux bébés apparaissent sur la tige restée de terre, si c’est pas chouette ça ? 🌱

Photo avant/après d'une Echeveria taillée pour redonner une forme compacte

Pour vous donner un exemple, lorsque j’ai taillé mon echeveria nodulosa, la tige a donné naissance à au moins 5 nouvelles rosettes ! Et lorsque j’ai taillé mon echeveria pearl von nurnberg, j’ai obtenu près de 10 nouveaux départs !! Vous allez ainsi multiplier votre plante de façon exponentielle. Pour des plantes grasses en bonne santé, privilégiez un substrat drainant. Je vous recommande le substrat spécial succulentes et cactées du site Sybotanica par exemple. Voici le résultat pour mon echeveria nodulosa ! On ne va pas se mentir, il était devenu quand même assez vilain avec son cou d’autruche. Je suis bien contente d’avoir retrouvé une rosette bien compacte. Et il m’a fait tellement de nouvelles pousses sur le tronc ! J’ai même une nouvelle ramification sur la rosette. Si mes articles vous sont utiles, n’hésitez pas à me soutenir via ma cagnotte Ulule. Chaque petit don compte !

tags: #plante #grasse #tuteur