Guide complet : Cultiver des plantes grasses dans des contenants sans drainage

Quand on commence à s’intéresser à la culture des plantes d’intérieur, c’est un des premiers trucs qu’on apprend : ne jamais cultiver une plante directement dans un pot sans trous de drainage. La raison est simple : quand on arrose, on veut que l’excédent d’eau ne sature pas le terreau de la plante, menant éventuellement à l’asphyxie des racines et à la mort de la plante. Mais qu’en est-il de ce magnifique cache-pot, sans trou, à la forme improbable que je meurs d’envie de mettre au centre de mon salon, garni de ma plus belle plante ? Comment éviter que ce pot ne devienne un piège mortel pour mes amies vertes ?

une sélection de cache-pots en céramique élégants sans trous de drainage posés sur une étagère moderne

Les risques réels du pot non percé

Le trou au fond du pot sert à une chose capitale : évacuer l’excès d’eau. Sans cela, les racines baignent dans un terreau détrempé, privé d’oxygène. Résultat : elles pourrissent. C’est la principale cause de mortalité des plantes d’intérieur. Et cela peut arriver très vite, sans signe extérieur immédiat. Dans un pot non percé, un simple arrosage un peu trop généreux peut transformer le substrat en marécage. C’est donc un risque réel, surtout si vous débutez et que vous apprenez encore à doser l’eau correctement.

Le principal problème des pots sans trou est qu’il est dur de juger l’état du terreau. Les trous sont pour le drainage mais laissent également passer l’air, ce qui permet à la majorité des plantes de ne pas rester dans un substrat constamment humides. Si vous êtes séduit par un cache-pot sans drainage, voici quelques précautions pour limiter les dégâts : tapissez le fond du pot avec des billes d’argile, graviers ou tessons de terre cuite ; cela crée une zone tampon entre l’eau et les racines.

Adapter la culture aux contenants décoratifs

Une autre forme improbable : les pots dont le goulot est minuscule ! C’est encore la solution la plus simple. Tous les pots ne sont pas destinés à contenir des plantes. Même moi, je dois constater qu’il y a autre chose dans la vie qu’on peut mettre dans des pots, par exemple des fleurs séchées pour rester dans le thème de la nature. Si le pot n’a pas de trous, vous pouvez rapidement régler ce problème. Si, comme moi, vous n’avez pas le profil débrouillard de ses mains, il est peut-être plus facile de trouver des pots en plastique et de les percer avec une perceuse traditionnelle ou un exacto. J’aime bien recycler des contenants alimentaires de cette façon.

Plutôt que d’y planter un pot troué, remplissez-le d’eau et faites-en votre pot de boutures. On le sait, les boutures aquatiques ne sont pas aussi bonnes que les boutures directement dans la terre… mais la vie n’est pas seulement une question d’efficacité. Pour faire des boutures, l’absence de trous est même un facteur positif.

Choisir ses plantes selon le contenant

Il existe certaines plantes qui ne craignent pas les sols marécageux : citons notamment la plante ombrelle (Cyperus alternifolus) et le lys calla (Zantedeschia). Il existe d’autres plantes qu’on pourrait décrire d’éternelles assoiffées ; elles demandent un terreau constamment humide (mais pas marécageux). L’opération est plus risquée, car il est quand même possible de trop les arroser et de causer la pourriture du terreau ; il est donc avantageux de réunir leurs autres conditions de culture à la lettre. Donc oui, le zantedeschia pousse bien même quand ses racines sont submergées dans l’eau. Ce n’est pas clair si les hybrides, les zantedeschia colorés, ont gardé ces mêmes propriétés. Il faudra peut-être faire un peu d’essai et d’erreurs de côté-là !

Il est beaucoup plus simple d’arroser une plante qui reçoit une lumière abondante : plus elle est au soleil, plus elle pousse vite et donc plus elle s’assèche vite, utilisant beaucoup d’eau. Privilégiez votre plus belle fenêtre, celle orientée sud et sans rideau pour les gens dans l’hémisphère nord, et posez la plante dans son pot sans trou au soleil direct. Conseil : privilégiez alors une plante qui tolère bien la lumière directe. De quelle plante s’agit-il ? Eh bien, la plupart des plantes d’intérieur ! Les seules choses à faire sont de les accoutumer et de surveiller l’augmentation des températures l’été.

diagramme montrant l'emplacement idéal d'une plante près d'une fenêtre orientée sud pour une évaporation optimale

Stratégies pour les plantes grasses en pot fermé

Si vous êtes de ceux qui oublient d’arroser leurs plantes vertes ou qui ont peu de temps à leur consacrer, les plantes grasses sont faites pour vous ! Robustes, peu exigeantes en eau et esthétiques, elles s’adaptent facilement à la vie en intérieur et peuvent survivre dans des conditions très diverses. Cependant, ce type de pot ne convient pas vraiment aux cactus, même si vous mettez des perlites dans le fond. La seule solution pour pouvoir les utiliser est de les trouer.

Si vous choisissez de garnir votre pot sans trou de petites plantes, n’en mettez pas une seule. Par exemple, plutôt que de mettre trois ou quatre boutures de tradescantia, mettez-en deux mille : elles agiront comme une grosse plante et il y aura moins de chance de trop les arroser. Les personnes qui ont des jardinières estivales le savent : il faut les arroser souvent ! C’est certes la chaleur et le soleil qui sont en jeu, mais également la quantité disproportionnelle de plantes pour la taille du pot - et donc la quantité de terreau disponible - qui contribuent à leur sécheresse chronique.

Le terrarium : une alternative maîtrisée

Ces jardins miniatures en bocal que sont les terrariums sont un bel objet de décoration. Pour savoir comment faire un terrarium pour des plantes grasses, suivez le guide ! Il s’agit généralement d’un récipient en verre, qui permet aux végétaux de profiter au mieux de la luminosité ambiante. Privilégiez pour des plantes grasses un contenant avec une ouverture large, afin que l’air y circule facilement. Cela évitera un environnement trop humide.

Le support de culture d’un terrarium est composé de 2 couches principales : la couche de drainage, très importante dans tous les cas et d’autant plus ici pour ces plantes qui sont plus des chameaux que des roseaux ! Elle peut être réalisée avec des graviers, des billes d’argile, de la pouzzolane, du sable… La couche de terre : du terreau pour cactées ou 50 % minimum de sable mélangé à un terreau universel. Amusez-vous à multiplier les couches en alternant les couleurs et les textures pour un bel effet décoratif.

Créer son propre terrarium de plantes !

Entretien et bonnes pratiques

Le drainage est la base d’une plante en bonne santé. Dans l’idéal, privilégiez toujours un pot avec un trou de drainage. Et si vous aimez vraiment votre joli cache-pot, utilisez-le comme simple contenant décoratif. Il suffira d’y glisser un pot plastique perforé, facile à retirer pour vider l’excédent d’eau après l’arrosage.

Vous installerez votre terrarium pour plantes grasses dans un endroit très lumineux mais non exposé directement aux rayons du soleil qui pourraient brûler les végétaux derrière la paroi en verre. Il est judicieux de tourner le pot de temps en temps. En hiver, vous le déménagerez dans un endroit frais. Les plantes grasses, aussi appelées succulentes, n’ont pas besoin de beaucoup d’eau. Un arrosage par mois leur suffit entre le printemps et l’automne. L’hiver, les arrosages sont inutiles. Préférez de l’eau de source, faiblement minéralisée, voire de l’eau de pluie. Utilisez un arrosoir à bec long et très fin pour arroser la surface du gravier, afin de ne pas mouiller les plantes. Le substrat doit être sec lorsque vous arrosez à nouveau, et vérifiez que l’eau en excès ne dépasse pas de la couche de drainage. Si c’est le cas, attendez plus longtemps avant le prochain arrosage et diminuez les quantités apportées.

Sélection de variétés adaptées

Les plantes grasses les plus faciles à réussir incluent :

  • Les Aeonium : Ces plantes en rosettes impressionnantes portées par des tiges dressées, sont originaires des Canaries.
  • Les Cotyledon : Ce sont de petits buissons de 50 à 80 cm d’envergure, à jolies feuilles bleutées en forme de spatules.
  • Les Crassula : Les crassula forment de jolis buissons de 60 cm à 1 m voire plus à un âge très avancé.
  • Les Echeveria : Les Echeveria ressemblent à de petits choux en rosettes très graphiques qui rappellent les joubarbes que l’on trouve en extérieur.
  • Les Kalanchoe : Les Kalanchoe sont des plantes très appréciées, notamment les variétés à feuilles vertes ovales légèrement dentelées et à fleurs de couleurs très variées.
  • Les Agaves : Les Agaves sont aussi des plantes grasses cultivées en pot ou en extérieur pour les plus rustiques.
  • Les Aloe : Les Aloe ou Aloes sont originaires d’Afrique du Sud et de Madagascar. Ils portent des feuilles allongées disposées en spirales sur des tiges multiples.
  • Les Stapelia : Les Stapelia ressemblent à de petites touffes de cactus en cierges dressés, duveteux et sans épines.

infographie comparative des besoins en eau et lumière pour différentes variétés de succulentes

Il existe bien d’autres plantes succulentes à découvrir comme les Sedum et les Delosperma utilisés aussi au jardin, les Pourpiers utilisés en jardinière, les plantes-cailloux et les Haworthias, tous miniatures. Adopter des plantes grasses est une excellente façon d’apporter une touche naturelle et apaisante à votre intérieur, sans nécessiter trop d’efforts. Des classiques comme l’aloé vera ou l’echeveria, aux variétés plus originales, chaque plante grasse offre des formes et des couleurs uniques qui embelliront n'importe quel espace.

En ce qui concerne la plante à feuillage tropical, l’identification est trop vague. Si c’est une espèce qui croît naturellement en hauteur, accrochée à l’écorce des arbres, il est essentiel que l’eau d’arrosage ne s’accumule pas au fond du cache-pot. Les racines risquent de pourrir d’ici quelques semaines. Si c’est une espèce qui pousse au sol dans les régions régulièrement inondées, alors il ne devrait pas y avoir de problèmes. Quoi, qu’il en soit, si la plante montre des signes de difficulté, le rempotage est nécessaire, car votre expérience sera arrivée à sa conclusion.

Mieux vaut ne pas cultiver de plantes dans des pots sans trous. Mais il y a des cas de stricte nécessité, j’en conviens. Vous pouvez alors combiner les trucs : prendre une plante qui tolère les terreaux constamment humides ou les excès d’arrosage, la mettre sous une lumière abondante, prendre une potée un peu trop grosse pour le pot et, bien sûr, choisir une plante que vous connaissez déjà. Donc, comme toujours, on en revient pas mal au syngonium, qui peut supporter les terreaux un peu trop arrosés, le soleil direct quand il est bien arrosé, en plus d’être à l’étroit dans son pot.

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