Guide complet : Utilisation du fumier de lapin pour la culture du poireau

La quête d’un potager autonome et fertile pousse de nombreux jardiniers à valoriser les ressources disponibles sur place. Le fumier de lapin, souvent sous-estimé, constitue une ressource exceptionnelle pour le jardinier amateur souhaitant s'affranchir des engrais du commerce. Si vous avez un petit élevage de lapins à la maison, inutile de courir au centre équestre ou dans une ferme pour remplir des remorques de fumier de cheval. Les apports hebdomadaires fournis par vos animaux seront déjà une excellente source de fertilité.

Schéma illustrant le cycle de recyclage des déchets organiques du jardin vers le clapier et le compost

Les atouts du fumier de lapin au potager

Les fumiers permettent de valoriser un déchet qui devient alors une ressource et une source de fertilité pour nos cultures potagères. Ils sont issus de nos propres animaux. On ne se pose donc pas de questions concernant leur alimentation et la présence de traitements médicaux éventuels. À ce titre, il faut dire que les lapins sont vraiment plus intéressants que les fientes de poules et leur fumier du point de vue quantité. Deux lapins fournissent davantage de fumier hebdomadaire qu’une dizaine de poules ! La combinaison des deux permet de mettre en place une véritable petite usine de recyclage.

Le fumier de lapin est donc excellent pour le potager, il est riche en nutriments et simple à utiliser. Il contient de l’azote, du phosphore, du potassium, des minéraux… Beaucoup de micronutriments ainsi que de nombreux autres oligo-éléments bénéfiques comme le calcium, le magnésium, le zinc, le manganèse, le cuivre, pour n’en nommer que quelques-uns. Son odeur n’est pas trop forte. Ce qui rend son utilisation moins désagréable que certains autres fumiers. Le fumier de lapin est plutôt sec et ne sent pas grand-chese.

Gestion et précautions d'usage

L’utilisation du fumier de lapin au potager semble être un peu controversée. Certains lui reprochent d’être un fumier déséquilibré, riche en azote, mais pauvre en potasse. En réalité, la pauvreté en potasse des déjections de lapin est compensée par celle contenue dans la litière. La documentation sur l’utilisation du fumier de lapin est relativement rare, mais d’après plusieurs sources et l'expérience de nombreux jardiniers, il serait excellent utilisé seul ou mélangé au compost.

Il s’avère tout aussi efficace que du fumier de cheval, de chèvre ou de mouton. Et comme eux, c’est un fumier chaud : il se décompose vite en dégageant beaucoup de chaleur. Mais cela ne dure pas longtemps. Il ne faut donc pas l’utiliser frais en couche épaisse au pied des plantes : il pourrait brûler les racines par la chaleur qu’il dégage. Il est toutefois possible de l’utiliser frais, juste après le nettoyage des clapiers, au pied des plantes les plus gourmandes. Ce sont les terres argileuses qui en profiteront le mieux car il les allège.

👩‍🌾 Comment j'utilise le fumier de lapin au potager ?

Le poireau : une plante exigeante

Le poireau est un légume adapté au climat tempéré. Il a la particularité d’être résistant au froid et peut même survivre en plein hiver. Le goût unique et agréable de ce légume fait de lui un élément essentiel du jardin. Cependant, étant une plante très gourmande, le développement d’une pépinière de poireau nécessite un apport considérable en engrais. Tout d’abord, le poireau nécessite beaucoup d’énergie pour grandir correctement. Ainsi, afin d’évoluer dans les meilleures conditions, il doit être cultivé dans une terre riche en matières organiques décomposées telles que les humus.

Ensuite, comme la plupart des légumes à feuille, le poireau a besoin d’un fertiliseur riche en azote pour faciliter sa croissance. On peut même dire que l’azote doit constituer la base même de la matière organique appliquée à la terre où sera cultivé le poireau. Notez tout de même qu’il est déconseillé de nourrir en excès vos plantes de poireaux. En effet, un excès d’azote sur des légumes peut entrainer l’apparition de la rouille, une maladie cryptogamique. Afin d’éviter ce phénomène, le plus sûr reste de respecter le dosage indiqué par les professionnels.

Techniques de plantation et préparation du sol

Pour favoriser un bon développement des racines, il est essentiel de travailler la terre en profondeur, sur environ 20-30 cm. Il est recommandé d’ajouter une quantité généreuse de compost bien mûr ou de fumier décomposé pour nourrir la plante. Le drainage du sol est également crucial pour éviter que l’eau ne stagne autour des racines. Un sol frais mais non détrempé est idéal. Pour maintenir une bonne humidité sans excès d’eau, un paillage et l’ajout de sable de rivière peuvent être très efficaces.

Avant de planter les poireaux, il est important de les préparer. Cette étape, appelée "habillage", consiste à couper les feuilles des jeunes poireaux d’un tiers à la moitié de leur hauteur. Cela permet de limiter l’évaporation et d’encourager la reprise de la plante. Il faut également raccourcir les racines pour stimuler la formation de nouvelles radicelles. Pour planter les poireaux, il est conseillé de creuser des trous de 10 à 15 cm de profondeur à l’aide d’un plantoir ou d’un transplantoir. Placez les poireaux dans ces trous en veillant à ce que les racines soient bien droites et ne remontent pas vers le haut. Rebouchez ensuite soigneusement pour assurer une bonne fixation.

Infographie montrant les étapes de l'habillage et du repiquage des poireaux

Optimiser la croissance en sol difficile

Le poireau est une plante qui demande des binages fréquents. C’est pour cela qu’il est préférable de faire un bon paillage après le premier binage. Si vous jardinez en sol argileux, dur l'été et collant l'hiver, la patience est de mise. Le poireau met longtemps à grossir. Pour les sols argileux, une technique consiste à couvrir chaque année le jardin de matière organique, sans jamais bêcher, pour créer une couche de terre noire fertile au-dessus de l'argile.

Le pralinage des racines est une technique souvent débattue. Pour le pralin, la bouse de vache est amplement suffisante, et certainement de meilleure qualité que ce que l’on peut trouver en jardinerie. Certains jardiniers utilisent également une décoction de feuilles de rhubarbe ou de tomate pour prévenir les attaques de vers. Le purin d’ortie est souvent cité pour favoriser la croissance foliaire, tandis que le purin de consoude est apprécié pour son apport en potasse, élément dont le poireau est friand.

Vers une routine durable au jardin

Depuis que j’ai des lapins, j’ai adopté une nouvelle routine concernant le recyclage de la matière organique. Plutôt que d’aller directement au compost, mes déchets verts passent d’abord par les poules ou les lapins. Tout ce qui n’a pas été consommé est ensuite récupéré. Je mélange aux déjections et à la litière des animaux, et je mets tout au compost. Moi qui n’aimais pas composter et qui me contentais du compostage de surface, je prends maintenant plaisir à entretenir mon compost.

J’utilise le compost lorsqu’il n’est pas encore mûr à 100% : ça permet de laisser à manger pour la vie du sol. Avec le fumier de lapin, qui est un fumier chaud à décomposition rapide, j’obtiens en quelques semaines un compost de fumier grossier qui grouille de vers. Je peux alors l’épandre directement à la surface de mes planches entre deux cultures pour booster l’activité biologique et le développement des cultures. Cette approche permet de créer un cycle vertueux où les besoins du potager, notamment pour des légumes gourmands comme le poireau, sont comblés par les ressources produites sur place, limitant ainsi le recours aux intrants extérieurs et favorisant une terre vivante et productive.

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