Le BRF et la culture des pommes de terre : entre promesses et réalités du jardin naturel

Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) est une technique de jardinage qui suscite un vif intérêt pour son approche naturelle d'enrichissement des sols. En imitant la nature, le BRF vise à améliorer la fertilité du sol, la formation d'un humus stable et la stimulation de la biodiversité. Cette méthode consiste à broyer de jeunes branches feuillues, riches en minéraux et substances organiques, pour les épandre sur le sol, de préférence en surface. Bien qu'il soit présenté comme une "révolution douce" pour le jardin, son application, notamment pour des cultures spécifiques comme les pommes de terre, peut s'accompagner de défis et de résultats variés, comme en témoignent de nombreuses expériences de jardiniers.

Schéma de décomposition du BRF dans le sol

Qu'est-ce que le BRF et pourquoi l'adopter au jardin ?

Le Bois Raméal Fragmenté est un broyat de jeunes branches feuillues, généralement d'un diamètre inférieur à 7 cm. Ces rameaux sont particulièrement riches, contenant 75 % de minéraux, des protéines, des acides aminés et des catalyseurs naturels. L'utilisation des BRF est apparue dans les années 70 au Québec, où sa capacité de restauration des sols a été largement prouvée en utilisant des arbres caduques.

Étendu sur le sol, le BRF agit comme un stimulateur d'activité biologique. Il favorise la multiplication des micro-organismes et de la pédofaune, réduisant ainsi les besoins en arrosage et en fertilisation chimique. Le sol devient plus aéré, mieux drainé et capable de retenir l'eau et les nutriments, ce qui se traduit par une amélioration significative de sa structure. Avec un sol noir, grumeleux et riche en humus, les cultures potagères et fruitières se développent plus sainement et avec des rendements accrus. Ce processus de décomposition favorise le développement d'un réseau de mycélium, comparable à celui des sols forestiers, ce qui est essentiel pour la transformation de la matière organique.

Les multiples avantages du Bois Raméal Fragmenté pour le sol et les cultures

Le BRF apporte de nombreux bénéfices qui en font un indispensable du jardin au naturel et en permaculture :

  • Amélioration de l'humus et fertilité naturelle : Le BRF accélère la constitution d'un humus de qualité. En 10 ans, le taux d'humus peut augmenter de 1 %, là où il faudrait 50 ans avec du compost classique ou 80 ans avec du fumier. Cet humus sert de réserve nutritive durable, ce qui réduit, voire supprime, le besoin de fertilisation supplémentaire. L'humus est la couche supérieure du sol créée, entretenue et modifiée par la décomposition de la matière organique, principalement par l'action combinée des animaux, des bactéries et des champignons du sol.
  • Réduction de l'arrosage et meilleure santé des plantes : Le paillage de BRF limite l'évaporation et retient efficacement l'humidité, ce qui permet de garder la terre humide deux fois plus longtemps. Cela réduit le lessivage des éléments nutritifs. Les légumes ont plus de goût et sont moins sensibles aux maladies, ce qui est un bon moyen de garder les plantes en bonne santé.
  • Augmentation des rendements et réduction du travail : Le BRF peut entraîner des rendements supérieurs (2 à 7 fois plus dans certaines cultures). Il permet également de ne pas travailler le sol, de réduire le désherbage et de diminuer les traitements chimiques. Les plantations restent bien propres. De plus, il favorise la multiplication de la faune du sol et l'enrichissement global de l'écosystème du jardin.
  • Protection du sol : Le BRF nourrit, garde les plantations bien propres et élimine le travail de la terre. Les vers de terre et autres petits animaux travaillent pour nous, transformant la matière et la rendant disponible pour les plantes.

Choix des branches et essences pour un BRF efficace

Pour produire votre Bois Raméal Fragmenté, il est recommandé d'utiliser les résidus de taille de vos arbres et arbustes d'ornement et fruitiers. On privilégie les jeunes branches déjà ligneuses, de feuillus, avec un diamètre inférieur à 7 cm. Cependant, l'utilisation d'un grand nombre de genres de plantes différents est préférable, avec un minimum de conifères. En effet, certaines plantes sont des désherbants naturels (comme le romarin), d'autres apportent des "hormones de croissance" (comme le saule), tandis que les conifères acidifient les sols.

Différents types de branches utilisables pour le BRF

Il est possible d'utiliser des branchages de conifères, mais il faut les mélanger avec des essences de feuillus, dans une proportion inférieure à 20 % du total. Les essences à croissance rapide, comme le saule ou le peuplier, ont un effet moins durable que les bois durs, comme le chêne.

Broyage et stockage : les étapes clés

Le broyage des branches doit être effectué avec un broyeur adapté, de préférence en automne ou en hiver. Le broyat doit ensuite être stocké à l'air libre, à l'abri d'une humidité excessive, avant l'épandage. Investir dans un broyeur qui durera plusieurs années pour produire son propre BRF est une solution rentable, car cela permet d'avoir une terre réellement fertile (minéraux + matière organique) plutôt que de se ruiner avec des engrais chimiques NPK qui seront lessivés à la prochaine averse.

À défaut de broyat fait maison, il est possible d'utiliser les résidus de tailles ou d'élagage de forestiers, d'élagueurs ou des collectivités locales. Cependant, ces matériaux ne sont pas toujours garantis issus de tailles de jeunes branches et peuvent donc être plus difficilement assimilés par la terre. Certaines mairies proposent même de mettre à disposition la broyeuse municipale. Il est également possible d'acheter du broyat dans une scierie, mais là encore, la garantie de la qualité et de la provenance exacte des branches n'est pas toujours assurée. Les élagueurs cherchent parfois à se débarrasser de leur broyat plutôt que de le déposer en déchetterie car ils doivent payer, mais on n'a pas de garantie sur le mélange reçu, qui est souvent composé de diverses essences et peut contenir des branches de plus de 7 cm.

Le BRF Bois raméal fragmenté

Utiliser le BRF au potager : paillage ou enfouissement ? Le défi de la faim d'azote

Avant d'intégrer concrètement le Bois Raméal Fragmenté dans le jardin, il est essentiel de comprendre la "faim d'azote", le principal problème rencontré avec l'utilisation de ce broyat. La faim d'azote est la conséquence de la concurrence entre les besoins en azote pour la décomposition des matières organiques et les besoins en azote des plantes cultivées. Concrètement, les micro-organismes, normalement chargés de mettre les éléments minéraux présents dans le sol à disposition des plantes, sont accaparés par la décomposition des matières organiques ligneuses, rendant l'azote indisponible pour les cultures.

Des apports massifs de BRF peuvent entraîner cette faim d'azote, ce qui a conduit certains jardiniers et agronomes à s'opposer à son utilisation. La littérature existante sur le sujet préconisait en général d'incorporer le broyat dans le sol, même superficiellement (5 à 15 cm de profondeur) avec une griffe. Cependant, un matériau ligneux, surtout dans une terre lourde et froide, ne peut se décomposer correctement faute d'oxygène, ce qui entraîne vraisemblablement une faim d'azote durable. Des essais personnels ont montré que le Bois Raméal Fragmenté enfoui engendre de nombreux problèmes, le broyat se décomposant très mal.

L'exemple de la forêt : une leçon de nature

Dans une forêt, les branches tombent à terre et se décomposent naturellement en surface. Incorporer un tel broyat est donc probablement une erreur. Les conclusions d'expérimentations sont très claires :

  • Apporté en couverture, soit à l'automne, soit en paillage lorsque les cultures sont déjà en place et le sol réchauffé, le Bois Raméal Fragmenté est très bénéfique pour le sol. La terre devient rapidement noire, grumeleuse et grouillante de vie, avec notamment la présence de nombreux vers de terre.
  • Les cultures se développent généralement parfaitement. Il a été constaté que le mildiou ou l'oïdium sont beaucoup moins fréquents et virulents sur une planche de culture paillée avec du BRF.
  • Le broyat d'acacia semble tenir à distance les limaces, alors que si le BRF est constitué avec d'autres espèces forestières, les mollusques semblent l'apprécier, comme tout autre paillis.

En conséquence, après quelques années d'expérimentations, de nombreux jardiniers utilisent à présent le BRF uniquement en paillage, sans l'incorporer au sol. Il est préférable d'imiter la nature et de laisser le Bois Raméal Fragmenté en surface, sans l'enfouir.

Appliquer le BRF en paillage : éviter la faim d'azote

Un paillage avec des matériaux ligneux, comme le Bois Raméal Fragmenté, peut tout de même entraîner une légère faim d'azote. Cependant, elle ne durera alors que quelques jours à quelques petites semaines, alors qu'elle peut durer plusieurs années lorsque le bois est enfoui. Cette immobilisation de l'azote est particulièrement marquée la première année, ralentissant le développement des végétaux. Dès l'application du BRF sur le sol, les champignons se développent et digèrent le sucre et les protéines, qui sont les molécules les plus faciles à digérer. Ce phénomène libère peu à peu l'azote et le rend au sol. Lorsque les champignons ont tout digéré, ils meurent et libèrent la totalité de l'azote contenu dans le mycélium.

Pour éviter cette "faim d'azote", surtout si la terre est particulièrement froide, il peut être judicieux de faire une culture de légumineuse (trèfle, pois, lupin, luzerne…) la saison précédant l'apport.

Le paillage de BRF sera épandu :

  • Soit à l'automne, rapidement après le broyage.
  • Soit en couverture du sol, au printemps, lorsque la terre est déjà réchauffée. Il vaut mieux éviter de couvrir le sol en hiver, voire en début de printemps, lorsque la terre est encore froide.
  • Soit en paillage de cultures déjà en place. Cette méthode est souvent préférée car les problèmes de limaces et de rongeurs sont alors moindres, et le sol se réchauffera plus facilement.

Si le broyat est épandu tardivement, peu de temps avant la mise en place des cultures, ou en paillage des cultures déjà en place, il est recommandé d'apporter du compost préalablement à l'épandage. Les plantes cultivées auront ainsi à disposition de l'azote rapidement assimilable.

Paillage de BRF autour de jeunes plants

Voici comment procéder pour l'épandage :

  • Épandre le broyat sur 1 ou 2 cm (maximum) d'épaisseur en terres lourdes et jusqu'à 6 cm en terre plus légère, ce qui représente 1 à 6 mètres cubes pour 100 m².
  • Laisser simplement le Bois Raméal Fragmenté en surface.

Dosage du BRF selon le type de sol et la période

Type de solÉpaisseur recommandéeVolume nécessaire pour 100 m²Période idéale d'apportRemarques
Sol lourd (argileux)1-2 cm1 à 2 m³Automne ou printemps (sol réchauffé)Ajouter compost si le BRF est frais pour éviter la faim d'azote.
Sol moyen / limoneux2-4 cm2 à 4 m³Automne ou printempsPeut être combiné avec un paillage de déchets verts.
Sol léger / sableux4-6 cm4 à 6 m³Automne ou printempsSol chaud et bien drainé, paillage efficace pour limiter l'évaporation.

Cultiver sur un BRF : conseils pratiques et retours d'expériences

La technique du BRF étant relativement récente, les avis sont partagés quant à la mise en place des cultures.

Première alternative : apport de BRF tous les ans

Certains jardiniers sèment et plantent directement dans un BRF en première année et apportent un complément en couverture chaque année. Cette approche a pour intérêt de maintenir le sol couvert en permanence. Cependant, la terre peut avoir du mal à assimiler ces apports répétés de matériaux ligneux, surtout en terre lourde ou en climat plutôt froid. Une couche trop épaisse (plus de 5-7 cm) peut créer un effet de fermentation et ralentir la décomposition. Il est préférable de privilégier des couches fines et régulières pour laisser l'air et l'eau circuler.

Deuxième alternative : utilisation sur un cycle de 4 ans

D'autres, y compris certains expérimentateurs, penchent plutôt pour une utilisation évolutive sur plusieurs années :

  • Première année : Planter les plants élevés en pépinière. Certains ont essayé avec du maïs et des courgettes qui n'ont pas bien poussé, tandis que des cassis et groseilliers se sont très bien comportés en hiver avec le BRF et une plantation directe dans la terre non retournée. Des tomates, aubergines, poivrons, piments se sont aussi particulièrement bien comportés, sans maladie et avec des fruits jusqu'en octobre.
  • Deuxième année : Le broyat est en principe déjà en grande partie "digéré" par le sol. Semer alors les grosses graines et recouvrir le semis d'un compost bien mûr. Un paillage avec des matériaux moins ligneux (donc plus faciles à digérer pour le sol) comme du foin, des tontes et des déchets verts du jardin ou de cuisine, peut parfaitement être envisagé. Certains ont ajouté 2 cm de BRF supplémentaire en janvier et constaté des plants superbes. Les framboises ont également bien réagi au BRF, produisant des fruits quasiment sans arrêt jusqu'en octobre.
  • Troisième année : Le BRF est normalement parfaitement décomposé (le substrat est alors bien fin). Semer les petites graines et recouvrir le semis d'un compost bien mûr. Là aussi, il ne faut pas hésiter à pailler avec des matériaux "verts". Une petite couche de BRF peut être ajoutée si celui de l'an passé est tout décomposé. Les plantations de l'an dernier prospèrent bien, sans aucune trace de plantes non désirées.
  • Quatrième année : Laisser éventuellement le sol au repos.
  • Cinquième année : Renouveler la couverture.
  • Sixième année : Planter à nouveau et recommencer le cycle.

Il est à noter que certains jardiniers ont eu des résultats désastreux avec les cultures de pommes de terre avec une couverture de Bois Raméal Fragmenté, que ce soit en première, deuxième ou troisième année après l'apport.

Pommes de terre et BRF : des expériences mitigées

La culture des pommes de terre avec le BRF est un sujet qui divise les jardiniers, notamment ceux qui cherchent l'autosuffisance. Plusieurs techniques ont été testées avec des résultats variables :

  • En serre-tunnel : Une surface de 12 m² a été couverte de 3 cm de BRF pendant l'été. Fin mars, des pommes de terre (Petites nouilles et Lady Felicia) ont été plantées à 10 cm de profondeur après avoir écarté le BRF. Le BRF a été remis en place et recouvert de bâches noires jusqu'à la levée. Deux arrosages abondants ont été effectués pendant le premier mois. Dès que les pommes de terre ont pointé, les bâches ont été écartées pour laisser passer les rames. Entre chaque plant, des tontes de gazon ont été utilisées pour couvrir. Les Petites nouilles ont été récoltées dès le début juin.
  • Sur planches "à la mode de Lespinasse" : 32 mini-parcelles ont été plantées d'un trio de pommes de terre Charlotte cultivées sous cartons de 120 cm sur 50 cm. Ces planches étaient couvertes de BRF mis en place depuis 1, 2 ou 3 années. Avant de planter, le BRF encore en surface a été retiré, puis remis sur les cartons avec une couche de feuilles mortes et de compost. Chacune de ces 4 planches a été mise en culture à 15 jours d'intervalle.
  • Sur une planche du potager : Deux lignes de Charlotte ont été plantées le 3 mai sous 3 cm de BRF broyé en novembre et immédiatement étendu sur le sol. Elles ont été associées à des féveroles et légèrement buttées à la plantation.
  • Sur une nouvelle planche : Préparée pendant 9 mois par une couverture de cartons sous tapis, deux lignes de Désirée ont été buttées de façon traditionnelle et couvertes tous les mois de gazon.

Ces expériences soulignent que le BRF, bien qu'efficace pour de nombreuses cultures, ne garantit pas toujours le succès pour les pommes de terre. Les résultats sont "minables" pour certains, avec des poivrons et tomates ne dépassant pas 30 cm, et une rhubarbe "sub claquante". D'autres, en revanche, ont obtenu des pommes de terre "bien propres" et une production honorable (environ 70% d'une récolte classique).

Le buttage des pommes de terre est une pratique courante, mais son objectif est parfois questionné. Si c'est pour faire enraciner les tiges, la paille ou le BRF ne suffisent pas. Il est probable que le buttage vise simplement à empêcher les tiges de verser, de se casser trop tôt et de compromettre la tubérisation par la suite. Dans ce cas, n'importe quel matériau qui peut tenir les tiges, y compris des tuteurs, pourrait convenir.

Plant de pommes de terre cultivé avec du BRF

Il est intéressant de noter que la "faim d'azote" qui peut affecter les cultures est particulièrement marquée la première année de l'application du BRF. La mobilisation de l'azote a lieu lors de la décomposition de la lignine par les champignons, donc lors de la première année. D'où l'intérêt de mettre en place le BRF tôt en saison (fin d'automne) pour l'incorporer en fin d'hiver : au printemps, le pic du phénomène est donc passé. En paillis sans incorporation, le BRF ne susciterait pas de faim d'azote.

Bonnes pratiques et autres utilisations du BRF au jardin

Pour maximiser les bénéfices du BRF et éviter les désagréments, voici quelques bonnes pratiques à adopter :

  • Ne pas enfouir le BRF : L'étaler en surface permet une décomposition naturelle et évite la faim d'azote durable.
  • Apporter du compost : Surtout si le BRF est frais ou si le sol est pauvre en azote. Évitez de mélanger le BRF directement avec du compost frais sur les semis, car cela peut entraîner un excès d'azote et brûler les jeunes racines. Attendez que le BRF se stabilise ou utilisez-le comme paillage autour des plantes.
  • Éviter les résineux en grande quantité : Ils se décomposent lentement et acidifient le sol. Il est recommandé de ne pas en avoir plus de 20% dans le broyat.
  • Paillage évolutif : Ajouter le BRF progressivement chaque année pour maintenir le sol couvert et fertile.
  • Observation : Surveiller la décomposition, la présence de vers de terre et l'état des cultures pour ajuster l'épaisseur et les apports.
  • Attendre un an avant de cultiver : Pour éviter les déceptions, il est souvent préférable d'attendre un an avant de cultiver une parcelle traitée au BRF. Au bout d'un an, les vers de terre et les petits animaux ont ameubli la terre.
  • En cas de sol argileux : En sol très argileux, le BRF peut ne pas être la solution idéale, car le réchauffement du sol au printemps est plus long si le BRF a été mis en automne et en hiver.
  • Finesse du broyat : Le BRF broyé plutôt fin semble mieux se décomposer.

Autres applications du BRF au jardin

Le BRF ne se limite pas au potager. Il peut être utilisé de diverses manières pour enrichir l'écosystème du jardin :

  • Au verger ou pour vos plantes ornementales : Comme pour le potager, utilisez ce broyat de jeunes branches pour pailler vos différentes cultures. Non seulement il couvrira et protégera le sol, mais en se décomposant, il l'enrichira durablement. Vos fruitiers ou autres plantes ornementales bénéficieront alors d'une nourriture abondante et équilibrée. N'hésitez pas à apporter d'abord une couche de compost. Le BRF est fantastique au jardin d’ornement car, non seulement il nourrit les plantes mais surtout, il rend l’entretien tellement facile. Il n’y a plus aucune mauvaise herbe ou plante adventice. Seul inconvénient, les plantes herbacées qui se ressèment d’année en année risquent d’être étouffées. Il n'est donc pas recommandé d'utiliser le BRF dans les massifs de plantes annuelles.
  • Intégration dans une butte vivante : Le BRF peut constituer la première couche des buttes-lasagnes. Il s'intégrera parfaitement à une butte vivante. Incorporez-le à vos buttes de préférence juste après le broyage. Il chauffera alors parfaitement, activant ainsi le processus de décomposition de la butte.
  • Utilisation dans une couche chaude ou au compost : À défaut de fumier frais de cheval, ce broyat de jeunes branches peut le remplacer avantageusement pour la constitution d'une couche chaude. Mais pour que le Bois Raméal Fragmenté puisse chauffer correctement, il faut absolument utiliser un broyat fraîchement broyé (quelques jours). Le Bois Raméal Fragmenté, étant constitué de jeunes branches, est un matériau plutôt équilibré entre matières azotées et matières carbonées. On estime un rapport carbone/azote (C/N) supérieur à 30 (plus si les branches sont un peu plus âgées). Aussi, de par une teneur en carbone élevée, ce broyat sera bienvenu dans un compost (pour lequel on manque fréquemment de matériaux ligneux, indispensables à la bonne évolution d'un compost).

Le BRF Bois raméal fragmenté

Les limites et défis du BRF

Malgré ses nombreux avantages, le BRF n'est pas une solution universelle et soulève quelques objections qu'il convient de prendre en compte :

  • Question de la gestion des zones boisées : Si le BRF devient une incitation à planter des arbres et des haies, c'est parfait. S'il devient un prétexte à piller les surfaces boisées existantes, c'est une catastrophe. Il est important de considérer les limites de l'utilisation des ressources et les moyens de les accroître.
  • Compatibilité avec certaines cultures : Le BRF réagit généralement très positivement avec les arbres et son utilisation dans les vergers et sur les cultures vivaces semble favorable. Cependant, des arboriculteurs ont signalé que certains parasites pouvaient transiter par le BRF et contaminer les arbres. À l'inverse, l'utilisation du BRF en grandes cultures semble plus délicate, et en tout cas incompatible a priori avec le labour. La question de sa compatibilité avec des techniques de semis direct reste ouverte.
  • Essences utilisables : On sait déjà que les résineux posent problème et qu'il est recommandé de ne pas en avoir plus de 20% dans le broyat. Pour les régions méditerranéennes, il semble aussi que certaines essences fortement aromatiques posent problème.
  • Association avec d'autres amendements : Avec le BRF, un problème de manque d'azote peut éventuellement se poser. Il est sans doute intéressant de l'utiliser avec des déchets azotés, pouvant être des déchets ménagers, des boues d'épuration, des lisiers ou des fumiers.
  • Bilan énergétique : La production de BRF nécessite souvent des broyeurs qui consomment de l'énergie. Cependant, le BRF assure une économie d'énergie s'il permet de supprimer certains travaux des sols fortement consommateurs de pétrole, une réduction de la taille des machines utilisées, une diminution des intrants d'origine fossile et une relocalisation de la production.

Le BRF soulève auprès de certains de ses défenseurs un enthousiasme quasi illimité, confinant parfois à la béatitude. Pourtant, la pratique du BRF n'est pas toujours aussi merveilleuse. Si le sol peut se transformer sous les arbres fruitiers, ces arbres s'épanouir, chasser leurs parasites et donner plus de fruits, le mycélium tant attendu n'est pas toujours au rendez-vous au potager. La surface peut rester croûtée, nécessitant le secours d'un paillage supplémentaire. Seules les plantes mises en place après germination en pépinière y ont survécu. Il ne fait aucun doute que le BRF peut faire des merveilles dans certaines situations, peut-être même dans la plupart, mais il peut aussi, dans certains cas, échouer lamentablement.

Équipement de broyage pour BRF

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