
Le pommier (Malus domestica), l'un des arbres fruitiers les plus cultivés au monde, est un atout magnifique pour tout jardin, offrant une splendide floraison printanière et des fruits croquants, acidulés ou sucrés. Cependant, pour profiter de pommes juteuses et saines, une bonne compréhension de sa fertilisation et de son espacement est essentielle. Cet article explore en profondeur comment fertiliser un pommier et à quelle distance le planter, en tenant compte de ses besoins spécifiques et des meilleures pratiques pour un verger productif et résilient.
1. Comprendre les besoins du pommier pour une croissance optimale
Le pommier, originaire d'Asie centrale, s'est adapté à de nombreux climats tempérés, mais il craint les gelées tardives qui peuvent endommager ses fleurs. Pour une bonne fructification, certaines variétés nécessitent une période de froid hivernal (à partir de 600 heures sous 7°C). Il préfère un sol bien drainé, profond et fertile, avec un pH proche de la neutralité, idéalement légèrement acide (6,0-7,0). Il est essentiel d'éviter les terrains trop humides qui peuvent favoriser le développement de maladies racinaires. Le pommier est un arbre fruitier et ornemental à feuillage caduc. Adulte, il peut atteindre 8 m de haut et bénéficie d’une excellente rusticité. Au printemps, des boutons roses annoncent une généreuse floraison blanc pur. Dès l’été, des fruits ronds dont la couleur varie du jaune au rouge en passant par le vert font ployer les branches.
1.1. Les nutriments essentiels et leur rôle
La clé d'un verger fruitier productif est une bonne alimentation. En effet, la fertilisation permet aux arbres fruitiers d'absorber les nutriments nécessaires, maintenant ainsi l'arbre en bonne santé, productif et moins sujet aux maladies. Une fertilisation déficiente diminue les rendements, mais des apports trop importants et mal ciblés peuvent aussi déséquilibrer les arbres en faveur de la croissance au lieu de nourrir les fruits.
- Azote (N) : Au printemps, la croissance des feuilles et des branches nécessite un apport important d’azote, essentiel pour stimuler leur développement. Cependant, un excès d'azote peut favoriser le feuillage au détriment des fruits, et rendre les arbres plus sensibles au gel hivernal. Les arbres en excès d’azote sont aussi plus sensibles au gel hivernal. L’effet d’un excès d’azote sur l’augmentation du point amer n’est pas nécessairement corrigé par des traitements répétés de calcium. Pour les maladies, les arbres en excès d’azote fournissent des acides aminés aux agents pathogènes et produisent moins de mécanismes de défense. Les effets négatifs d’un excès d’azote peuvent débuter tout de suite après la floraison. L’azote disponible à l’arbre tardivement retarde la formation du bourgeon terminal, ce qui augmente les problèmes de tavelure, de feu bactérien et de pucerons, notamment. Les risques de pourriture amère augmentent aussi avec la concentration en azote des fruits. Finalement, l’azote après la récolte peut aggraver les problèmes de chancre européen.
- Phosphore (P) : En été, le phosphore favorise la floraison et le développement des fruits.
- Potassium (K) : L’automne est le moment de renforcer les réserves du pommier pour l’hiver. Le potassium soutient la résistance de l’arbre face aux maladies, au froid et améliore la qualité de ses fruits. Un apport en potasse améliore la qualité des pommes.
- Calcium (Ca) : Le niveau de calcium dans les arbres et les fruits est tributaire de la disponibilité du calcium dans le sol et de la charge fruitière. Les apports de calcium devraient être faits en considérant la cause de la carence. Les apports de calcium peuvent aussi contribuer à prévenir les dommages liés au gel hivernal. De plus, le calcium a aussi un effet contre les maladies. Les arbres bien fournis en calcium sont moins affectés par le feu bactérien. Le chlorure de calcium foliaire (mais pas les autres formes de calcium) réprime en partie la tavelure (feuilles et fruits), le blanc, la suie-moucheture, la pourriture amère, la rouille, Alternaria et les pourritures d’entreposage.
Il est important de noter qu’un sol argileux retiendra mieux les nutriments, alors qu’un sol sableux aura plus souvent besoin de fertilisant.
1.2. Signes de carence ou d'excès de nutriments
Une mauvaise fertilisation des pommiers peut entraîner diverses maladies qui affectent la santé et la productivité des arbres.
- Carence en azote : Peut entraîner une coloration jaunâtre des feuilles.
- Carence en fer : Peut provoquer l'apparition de feuilles jaunes avec des veines vertes.
- Carence en calcium : Peut entraîner l'apparition de taches noires ou brunes sur les fruits.
- Carence en bore : Peut provoquer des déformations ou des fissures sur les fruits.
- Excès d'azote : Peut brûler les racines des arbres, entraîner une croissance excessive des feuilles au détriment de la production de fruits, et favoriser des maladies comme la tavelure.
Il est important de noter que ces signes peuvent également être causés par d'autres facteurs tels que des maladies ou des conditions environnementales défavorables.
2. Fertilisation du pommier : Quand, comment et avec quels engrais
Pour que les fruits soient aussi savoureux que possible, un engrais spécial pour votre arbre fruitier est la réponse. La fertilisation des pommiers est un élément essentiel pour assurer leur croissance saine et la production de pommes juteuses et savoureuses. Les nutriments jouent un rôle crucial dans le développement des arbres et une carence ou un excès peut entraîner des problèmes de croissance et de santé.
2.1. Le bon moment pour fertiliser
Il est préférable de fertiliser votre arbre fruitier au début du printemps. Les mois les plus propices à la fertilisation d'un arbre fruitier se situent au printemps, plus précisément en mars ou en avril. Pendant cette période, les arbres fruitiers peuvent profiter pleinement de tous les nutriments importants, ce qui favorise leur santé et leur productivité. Si votre pommier est déjà âgé, il est conseillé d'appliquer l'engrais encore plus tôt dans l'année. La période de fertilisation dépendra de la région dans laquelle vous vous trouvez et du climat local. En général, il est recommandé de fertiliser les pommiers au début du printemps, juste avant la période de croissance active.
Vous avez également le choix d’utiliser des engrais pommier sur trois périodes :
- Au début du printemps (avant la floraison) : Apportez un engrais riche en azote pour dynamiser la croissance.
- Après la floraison (nouaison) : Vous utiliserez un amendement équilibré pour favoriser le bon développement des fruits.
- En automne (après la récolte) : Vous appliquerez un engrais riche en potassium pour renforcer l’arbre. L’automne est la période idéale pour fertiliser le pommier avec les fumiers, ainsi, ces derniers auront le temps de se décomposer durant l’hiver, et libérer leurs nutriments.
Il est également conseillé d'épandre de la chaux en février pour tous les types d'arbres fruitiers.
2.2. Types d'engrais et leur application
Tous les engrais ne sont pas identiques. Chaque engrais a un rapport différent pour des objectifs différents. Heureusement, pour les arbres fruitiers, il existe différents types d'engrais ! Pour vous garantir des pommes de qualité, plusieurs engrais pour pommier sont disponibles. Ces apports nutritifs favorisent la croissance, la floraison et la fructification de votre arbre fruitier.
2.2.1. Engrais organiques
Les fertilisants organiques sont fabriqués à partir de matières naturelles telles que le compost, le fumier ou les déchets végétaux. Ils sont riches en nutriments essentiels et améliorent la structure du sol. Tout d'abord, les fertilisants organiques sont respectueux de l'environnement. Ils ne contiennent pas de produits chimiques nocifs et contribuent à maintenir l'équilibre naturel du sol. De plus, ils favorisent le développement d'une vie microbienne saine dans le sol, ce qui améliore la disponibilité des nutriments pour les pommiers. L'épandage en surface est idéal pour les engrais organiques tels que les fumiers ou le compost. Épandez-les largement sous la frondaison du pommier à distance du tronc.
- Compost : Riche en matière organique, il améliore la structure du sol et libère lentement les nutriments. Préférez du compost déjà mûr, de couleur foncée. Étalez une couche d’environ 5 à 10 cm autour du pommier, au printemps ou à l’automne.
- Fumier de vache : Le moins fort, il est parfait pour une fertilisation douce et progressive des sols pauvres. Épandez une couche de 5 à 10 cm autour du tronc de l’arbre.
- Fumier de cheval : Le plus chaud et le plus riche en azote. Il est idéal pour les sols qui sont lourds et froids. Il doit être bien décomposé pour éviter les brûlures. À utiliser avec parcimonie.
- Fumier de poule : Une matière puissante à utiliser avec précaution. En le mélangeant avec de la terre et du compost, vous réduirez sa concentration. Épandez-le en petites quantités, en évitant le contact direct avec les racines.
- Algues : Riches en oligo-éléments tels l’iode, le magnésium, le calcium. Elles boostent la croissance et renforcent la résistance aux maladies. Vous pouvez utiliser des algues en poudre, séchées, mélangées à d’autres fumiers ou en extrait liquide. Épandez ces dernières diluées dans l’eau d’arrosage ou directement au sol.
- Corne broyée : Un engrais pour pommier à libération lente. Déposez-la au fond du trou de plantation ou épandez-la en surface. Elle est idéale pour le développement des racines et la croissance des branches.
- Cendres de bois : Riches en potassium et favorisent la fructification du pommier.

2.2.2. Engrais chimiques (NPK de synthèse)
Les engrais NPK de synthèse ont une composition d’azote, de phosphore et de potassium bien équilibrée et calibrée, ils sont donc parfaitement adaptés aux besoins du pommier. L'application d'engrais granulaires autour de la base de l'arbre est la méthode la plus courante. Une autre méthode d'application consiste à utiliser des engrais liquides. Ces engrais peuvent être dilués dans l'eau et pulvérisés directement sur les feuilles et les racines des pommiers. Il est également possible d'appliquer des engrais à libération lente, qui fournissent des nutriments de manière progressive sur une période prolongée.
2.2.3. Fertilisation foliaire spécifique
Pour optimiser la disponibilité de l’azote au bon moment, il faut tenir compte des réserves de l’arbre et fertiliser en conséquence, au moment opportun. Les applications foliaires après la récolte sont possibles, mais les applications tôt au printemps sont les plus efficaces et correspondent au moment où l’arbre en a besoin. Les applications d’azote sous forme d’urée foliaire sont aussi efficaces que le même apport d’azote au sol. L’urée foliaire (et probablement toutes les sources d’azote) ne devrait pas être appliquée sur les arbres déjà en excès d’azote. Cependant, l’urée foliaire appliquée tôt en saison (entre le stade débourrement avancé et le stade calice) est utile à l’arbre et aide même à réprimer la tavelure. Lorsqu’appliquée au moment de la floraison, l’urée a un léger effet d’éclaircissage. L’urée foliaire peut aussi atténuer les dommages de gel, en prévenant la formation de cristaux de glace pendant un épisode de gel printanier léger.
Pour le calcium, les applications foliaires durant l’été sont souvent essentielles pour prévenir le point amer, mais aussi d’autres désordres physiologiques. De toutes les formulations de calcium, le chlorure (CaCl2) est la plus efficace, la moins chère et son usage est permis en production biologique. Le chlorure de calcium devient phytotoxique et cause une brûlure du feuillage si la dose par hectare est excessive ou si les conditions ne sont pas optimales (températures élevées, séchage lent, jeune feuillage). Il est donc possible d’utiliser le chlorure de calcium de façon sécuritaire en ajustant la dose à la baisse, en évitant des mélanges trop agressifs et en s’ajustant aux circonstances, par exemple en attendant la baisse de la température en soirée avant de traiter.
Directives pour les traitements foliaires d’azote :
La stratégie proposée pour optimiser les bénéfices de l’azote consiste à appliquer de l’urée à répétition dès que des feuilles du bouquet sont étalées (stade du débourrement avancé) et jusqu’à maximum 10-14 jours après la chute des pétales à raison de 3 ou 4 kg/ha par application pour un total d’environ 5 ou 6 passages (≃20 kg/ha d’urée au total donne environ 9 unités d’azote). Mélanger l’urée à vos traitements fongicides une fois par semaine est probablement la meilleure approche pour y arriver. En outre, l’urée est compatible en mélange avec le bore, avec le zinc (Zn-EDTA) et avec le chlorure de calcium. Le calcium peut même favoriser l’absorption de l’azote. Aucune forme d’azote ne devrait être appliquée sur les arbres entre le 1er juin (environ 10 jours après calice) et la récolte.
Directives pour les traitements foliaires de chlorure de calcium :
Débutez les applications entre la fin mai et le début juin et continuez jusqu’à la récolte en baissant graduellement la fréquence. Par exemple, chaque semaine en juin (4 applications), chaque 10 jours en juillet (3 applications) et aux deux semaines par la suite (3 applications). Les applications hâtives sont les plus efficaces contre le point amer et les applications tardives apportent les autres bénéfices. La dose usuelle de chlorure de calcium varie selon le moment de l’application et débute à 4 kg/ha, monte à 7 kg/ha, 9 kg/ha et même plus par traitement. Il est toujours préférable d’augmenter le nombre de traitements et diminuer la dose que l’inverse. Un programme entre 30 et 72 kg/ha par saison de la formulation est recommandé (8 à 10 applications) pour un total approximatif entre 8 et 20 kg/ha de calcium par année.
2.3. Erreurs courantes à éviter
Lorsqu'il s'agit de fertiliser les pommiers, il est important d'éviter certaines erreurs courantes qui pourraient nuire à la santé des arbres.
- Sur-fertilisation : L'application excessive d'engrais peut brûler les racines des arbres et entraîner une croissance excessive des feuilles au détriment de la production de fruits. Il est donc important de suivre les recommandations spécifiques du fabricant en matière de dosage et de fréquence d'application des fertilisants.
- Sous-fertilisation : Un manque de nutriments essentiels peut entraîner une croissance ralentie, une faible production de fruits et une vulnérabilité accrue aux maladies et aux ravageurs.
- Mauvais moment d'application : L'application d'azote pendant le mois suivant la floraison peut contribuer à la roussissure sur les fruits. Pendant l’été, les effets négatifs de l’azote sont souvent plus importants que les effets positifs. Les applications d’azote sous forme d’ammonium devraient être évitées parce qu’ils acidifient le sol et nuisent à l’absorption du calcium.
Pommier : Plantation, arrosage, conseils d'entretien
3. L'importance de la distance de plantation et de l'aménagement du verger
Disposer les arbres fruitiers dans un verger demande une certaine stratégie. Non seulement il est important de respecter une distance adéquate entre les arbres, mais également de prendre en compte les orientations et les zones d'ombre. La disposition idéale dépend du climat et du type d’arbre fruitier.
3.1. Espacement des pommiers en fonction du porte-greffe
La distance minimale entre deux arbres fruitiers varie selon le type d’arbre que vous choisissez de planter. Pourquoi cette différence ? Et bien car plus un arbre est grand, plus ses racines se propagent largement ! Ce qui nécessite un espace suffisant pour éviter la concurrence entre les racines des arbres voisins. De plus, une distance correcte permet une meilleure circulation de l’air et de la lumière, et réduit ainsi les risques de maladies fongiques.
Le porte-greffe influence la taille, la productivité et la résistance du pommier.
- Porte-greffes nanifiants (M9, M27) : Idéaux pour les petits jardins, hauteur 2,5 à 3 m, production rapide. Un espacement de 3 à 4 mètres suffit. Ces types d’arbres se développent bien même avec moins de place, tout en produisant une récolte de qualité. Ils facilitent la récolte et conviennent aux cultures en espalier. Il faut cependant faire attention à l’arrosage en été car le système racinaire ne s’implante pas profondément dans le sol. De même, il faudra veiller à l’installer à l’abri des vents forts ou le tuteurer. Mise à fruit très rapide en deux ans. Longévité de l’arbre diminuée à 25 ans.
- Porte-greffes semi-nanifiants (M106, MM111) : Hauteur de 4 à 6 m, bon compromis entre vigueur et fructification. Espacement de 4 à 6 m. Bonne résistance aux maladies et à la sécheresse. Mise à fruit rapide en deux ou trois ans. Les pommes ont un calibre un peu plus gros que sur porte-greffe franc et la longévité peut atteindre 50 ans.
- Porte-greffes standards (franc, M25) : Hauteur de 8 à 10 m, longue durée de vie, résistant aux conditions difficiles, mais mise à fruit plus longue (6 à 8 ans). Espacement de 10 à 12 m. La pomme est de plus petit calibre mais se conserve plus longtemps. Excellente longévité de l’arbre (jusqu’à 100 ans).

3.2. Disposition dans le verger
Si l’objectif est de créer un verger décoratif tout en assurant une récolte abondante, la disposition en quinconce est généralement la plus favorable. Elle permet une meilleure accessibilité et offre aux arbres la possibilité de se développer harmonieusement.
Pour les petits jardins, si la place manque pour planter plusieurs arbres, on peut opter pour des pommiers autofertiles comme 'Braeburn, Cox orange, Golden Delicious' ou 'Granny Smith'.
Le pommier peut être placé dans un verger avec ses congénères, ou dans un jardin, accompagné d’un pommier à fruits décoratifs comme le Malus ‘Evereste’. Celui-ci assurera également sa pollinisation.
3.3. Pollinisation croisée et compatibilité des variétés
Le choix des arbres fruitiers à planter ensemble dans un jardin dépend de plusieurs critères, notamment de la pollinisation croisée. Cela signifie que planter des arbres compatibles est essentiel pour optimiser la production. La plupart des variétés de pommiers ne sont pas autofertiles et ont besoin du pollen d’un autre pommier compatible pour fructifier. Il est recommandé de planter au moins deux variétés différentes à proximité pour assurer une bonne pollinisation.
Pour que les pommiers puissent se polliniser mutuellement, leurs floraisons doivent être simultanées ou suffisamment proches dans le temps. Certaines variétés sont plus adaptées pour polliniser d'autres variétés. Par exemple :
- 'Reine des Reinettes, Granny Smith ou Golden delicious' sont d'excellents pollinisateurs pour de nombreuses variétés.
- 'Elstar' et 'Jonagold' ne sont pas de bons pollinisateurs entre elles car leurs périodes de floraison diffèrent trop l'une de l'autre.
- Les pommiers triploïdes sont de mauvais pollinisateurs car, en raison de leur structure chromosomique particulière, ils ne produisent pas de pollen fertile, ce qui les rend incapables de polliniser d'autres variétés de pommiers efficacement.
Certains cultivars de pommiers sont autofertiles (Braeburn, Cox orange, Golden delicious ou Granny Smith par exemple), ce qui signifie qu'ils sont capables de produire des fruits sans nécessiter une autre variété pour la pollinisation. Cependant, leur rendement sera généralement plus élevé s'ils sont plantés à proximité d'un autre arbre pollinisateur.
Le rôle des insectes pollinisateurs est crucial : les abeilles et autres insectes pollinisateurs jouent un rôle clé dans la fécondation des fleurs. Pour favoriser leur présence, il est conseillé d’installer des plantes mellifères aux alentours et d’éviter les traitements insecticides pendant la floraison.

4. Plantation et entretien général du pommier
Si vous vous demandez quel est le meilleur moment pour planter des arbres fruitiers, c'est pendant les mois d'hiver. Pendant cette période, tout est en sommeil. Cette période de plantation s'étend d'octobre à fin mars. Pendant cette période, les arbres ont tout le loisir de laisser leurs racines s'acclimater au nouveau sol et peuvent commencer à pousser dès le début du printemps. Le pommier (Malus domestica) apprécie un sol frais et bien drainé, ainsi qu’une exposition suffisamment ensoleillée.
4.1. Étapes de plantation
Planter à l'automne ou au début du printemps.
- Creuser un trou large et profond (80 cm minimum), que vous drainerez si nécessaire et enrichirez de matière organique.
- Installer un tuteur si besoin.
- Rebouchez en mélangeant la terre avec du compost.
- Arroser abondamment. Veillez à bien désherber au pied de votre pommier la première année pour éviter la concurrence racinaire.
Vous pouvez également planter le pommier en pot, en choisissant un arbre adapté à ce mode de culture (nain ou colonnaire). Prenez un contenant de 40 cm de diamètre minimum et remplissez-le d’une couche drainante puis de terreau. Arrosez ensuite généreusement. Pour le bon entretien de votre pommier en pot, ne négligez pas l’apport régulier de compost et l’arrosage. Le pommier en pot sera quant à lui surfacé sur 10 cm tous les ans avant un rempotage complet dans un pot d’un diamètre supérieur tous les 5 ans environ.

4.2. Arrosage et paillage
Un arrosage régulier est nécessaire les premières années, et durant les périodes de forte chaleur ou de fructification. Arrosez généreusement le pommier 1 fois par jour après la plantation. Si le temps est particulièrement sec, la grosseur des pommes pourrait en pâtir, arrosez ou mieux paillez le pied pour retenir l’humidité. Le paillage autour du tronc permet de conserver l'humidité du sol et de limiter les adventices.
4.3. Taille du pommier
La taille du pommier se pratique principalement en hiver (février-mars), hors période de gel, pour former, entretenir ou rajeunir l’arbre. La couronne d’un pommier doit toujours rester aérée et claire. Supprimez le vieux bois et les branches poussant vers l’intérieur. Les jeunes sujets (1 à 4 ans) sont taillés pour structurer une charpente équilibrée en conservant un axe et 3-4 charpentières bien réparties. À partir de 4 ans, la taille de fructification vise à stimuler la production en conservant les coursonnes (rameaux courts et fruitiers), en supprimant les gourmands, le bois mort, et en éclaircissant le centre. Une taille en vert peut aussi se faire en été pour limiter la vigueur. Les vieux arbres nécessitent une taille de rajeunissement progressive sur 2 à 3 ans. Une taille bien conduite améliore l’aération, la lumière et la qualité des fruits.
Au printemps, examinez les bourgeons : les plus renflés donneront les fleurs puis les fruits, les plus pointus les feuilles. Pour donner priorité aux premiers, complétez la taille d’hiver par la taille en vert en juillet. Pour cela, taillez les rameaux latéraux à trois yeux et cinq feuilles. La sève est ainsi mieux répartie et la mise à fruit facilitée pour l'an prochain.
Un éclaircissement des fruits évite l’épuisement de l’arbre et augmente la qualité des fruits. Procédez sur des fruits encore jeunes. Ne conservez que les fruits les plus sains, puis ne conservez qu’un à deux fruits par bouquets de fleurs.
Pour tailler vos pommiers, munissez-vous d’outils de taille propres. Cisailles, échenilloirs et sécateurs devront donc au préalable être nettoyés et passés à l’alcool. Cette opération vous permettra d’éviter la propagation des maladies.

5. Maladies et ravageurs du pommier : Prévention et lutte
Comme tout arbre fruitier, le pommier peut être menacé par des maladies ou des parasites. Une mauvaise fertilisation des pommiers peut entraîner diverses maladies qui affectent la santé et la productivité des arbres.
5.1. Maladies courantes
- Tavelure : Les premiers symptômes apparaissent sous forme de taches brunes ou noires, avec des bords bien définis. Ces taches peuvent s'agrandir et se propager, causant une déformation des feuilles, qui peuvent tomber prématurément. Les fruits infectés présentent des taches brunes ou noires, parfois enfoncées, qui rendent le fruit inesthétique et peu appétissant. Les fruits atteints peuvent également se fissurer ou se dessécher. La tavelure du pommier se développe surtout au printemps et en été, pendant les périodes de pluie ou d'humidité élevée. Les spores du champignon sont libérées par les feuilles infectées et se propagent par le vent et les éclaboussures d'eau. La tavelure est une maladie fongique qui affecte les pommiers. Elle se manifeste par l'apparition de taches sombres et rugueuses sur les feuilles, les fruits et les branches de l'arbre. La tavelure peut réduire la qualité des fruits et entraîner une chute prématurée des feuilles. Une mauvaise fertilisation, en particulier un excès d'azote, peut favoriser le développement de la tavelure.
- Prévention et lutte : Pratiquez une taille régulière pour aérer l'arbre et réduire l'humidité autour de ses parties. Des fongicides à base de soufre, de cuivre ou de produits spécifiques contre la tavelure peuvent être appliqués au printemps, avant que les premiers symptômes n'apparaissent. Les traitements doivent être répétés après chaque pluie, car l'eau favorise la dispersion des spores. Le chlorure de calcium foliaire réprime en partie la tavelure.
- Moniliose : La moniliose est une maladie fongique qui touche les fruits à pépins (pommier, poirier) comme à noyau (cerisier, prunier, etc.). Elle provoque la pourriture brune des fruits, qui se momifient sur l’arbre et servent de réservoirs pour les infections futures. Les fruits présentent des taches brunes qui s'étendent rapidement, souvent accompagnées de ronds concentriques de spores beiges (aspect en coussinet). Les fruits pourrissent puis se dessèchent et restent accrochés à l’arbre : ce sont les fruits momifiés.
- Prévention et lutte : Lutte préventive avec la Bouillie bordelaise : à pulvériser en automne (après chute des feuilles) et au printemps (avant floraison). Elle limite les contaminations fongiques. Éliminez également systématiquement les fruits, feuilles et branches touchés.
- Oïdium : L'oïdium se manifeste par l'apparition de taches blanches ou grisâtres sur les jeunes pousses, les feuilles, les fleurs et parfois les fruits. Au début, les feuilles et les jeunes tiges peuvent sembler couvertes de poudre blanche, ce qui donne un aspect farineux. Avec le temps, les tissus touchés se déforment et jaunissent, ce qui nuit à la photosynthèse et peut réduire la production de fruits. Le champignon se développe principalement dans des conditions de chaleur et d'humidité relative faible.
- Prévention et lutte : Veillez à bien espacer les arbres et à pratiquer une taille régulière pour permettre une meilleure circulation de l'air et ainsi limiter l'humidité stagnante qui favorise le développement du champignon. Des traitements à base de fongicides, tels que ceux à base de soufre ou de produits spécifiques contre l'oïdium, peuvent être appliqués en préventif, surtout au printemps, avant le débourrement des bourgeons. Le chlorure de calcium foliaire réprime en partie le blanc.
5.2. Ravageurs
- Carpocapse : Le carpocapse du pommier (Cydia pomonella) est un papillon nocturne dont la larve est l’un des ravageurs les plus redoutés des vergers de pommiers. Cette chenille est à l’origine du fameux "ver dans la pomme", car elle creuse des galeries dans les fruits, les rendant invendables ou non consommables. On observe la présence de petits trous sur les pommes avec des traces brunâtres de déjection (frass). Les fruits tombent prématurément ou pourrissent de l’intérieur.
- Lutte : Les pièges à phéromones, installés dès le printemps, permettent de capturer les mâles et de surveiller les vols pour identifier les périodes critiques d'intervention. Les Nématodes entomopathogènes (Steinernema carpocapsae) doivent être appliqués sur le sol à l’automne ou au printemps pour tuer les larves hivernantes. Prévoyez un piège à phéromones au printemps pour les carpocapses.
- Pucerons : Les pucerons sont des insectes piqueurs-suceurs très courants au verger. Plusieurs espèces peuvent infester les pommiers. Les pucerons provoquent un enroulement et déformation des jeunes feuilles et un ralentissement de la croissance des pousses. La présence de miellat (substance sucrée) attire les fourmis et favorise le développement de la fumagine (champignon noirâtre). Pour le puceron lanigère : amas cotonneux blancs visibles sur les branches, les racines ou le collet.
- Lutte : Il est préférable de favoriser les auxiliaires naturels : coccinelles, syrphes, chrysopes sont de très bons prédateurs de pucerons. Pulvérisé sur les colonies, le savon noir agit par contact en obstruant les voies respiratoires des pucerons.
- Chancre : L’écorce se tache et la branche se nécrose. L’azote après la récolte peut aggraver les problèmes de chancre européen.
- Tétranyques : Les arbres fragilisés par des ravageurs (ex. : acariens) peuvent être plus sensibles aux traitements de chlorure de calcium.
6. Récolte et conservation des pommes
Les pommes se récoltent directement sur l’arbre en tournant légèrement le fruit autour de son pédoncule. Tournez doucement la pomme d’un quart de tour sur elle-même en la soulevant légèrement. Si elle se détache facilement avec son pédoncule, elle est prête à être cueillie. Si vous devez tirer fort ou que le rameau plie, elle n’est pas encore mûre. Celles qui sont tombées au sol doivent être examinées pour éviter toute mauvaise rencontre (guêpe ou ver). Consommez ensuite rapidement les pommes foulées ou faites-en de la compote.
Selon les variétés, la période de récolte s'étend de juillet à novembre.
- Pommes précoces (primeurs) : À consommer rapidement.
- Pommes tardives (de garde) : Conservation de plusieurs mois en cave ou chambre froide. Choisissez des variétés à chair ferme (‘Belchard’, ‘Reinette Grise du Canada’ ou ‘Reinette de Brive’), puis disposez-les queue en bas dans des cagettes ou des caisses en plastique dans un local frais (pas plus de 10 °C). Certains jardiniers préconisent également un stockage dans des caisses de sable ou de tourbe blonde. Prenez garde à ne pas cueillir de fruits gâtés qui risquent de compromettre toute votre récolte et examinez régulièrement vos pommes.
7. Usages et bienfaits des pommes
Les pommes se consomment fraîches, en jus, en compotes, en tartes et en cidre. Riches en fibres, vitamines C et antioxydants, les pommes réduisent le risque de maladies cardiovasculaires et favorisent une bonne digestion. Ne dit-on pas qu’« une pomme par jour éloigne le docteur pour toujours » ?
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