La permaculture, concept de plus en plus populaire, invite à une approche holistique du jardinage, en harmonie avec la nature et les besoins humains. Elle prône un équilibre délicat entre ces deux dimensions. Appliquer ses principes à un potager surélevé permet de créer un espace de culture durable, productif et facile à entretenir. Ce guide explore les étapes clés pour concevoir, construire et entretenir un tel potager, en s'appuyant sur les principes fondamentaux de la permaculture.

Qu'est-ce que la permaculture ? Une approche respectueuse et équilibrée
La permaculture est une démarche qui vise à respecter la nature, les besoins humains, et à garder un équilibre entre les deux. Loin de se limiter au simple jardinage, elle concerne l'ensemble du système qui régit la vie, cherchant à intégrer nos activités humaines avec les écosystèmes sans les détruire. Elle peut être définie comme le partage équilibré et harmonieux entre l'être humain et la nature, dans un cadre de respect de l'environnement et de ses cycles.
Les éthiques de permaculture, souvent résumées par l'expression « prendre soin de », placent le permaculteur dans un rôle interventionniste. Cependant, il est important de se demander si la terre a réellement besoin de nous. En permaculture, on cherche à limiter autant que possible l'intervention humaine, reconnaissant que la nature donne la vie. Nous tentons simplement de lui apporter des mélanges organiques qui favorisent le développement d'une terre riche en nutriments, autrement dit d'une terre bien vivante et fertile.
Parmi les principes de permaculture, on retrouve l'adaptation au contexte de chacun. Que l'on dispose d'une surface réduite en zone péri-urbaine ou d'un grand terrain, les stratégies doivent être ajustées. Un petit potager facile à entretenir peut ainsi être un excellent point de départ pour expérimenter ces principes.
Cours de Permaculture "les bases"
Les avantages du potager surélevé en permaculture
Le jardinage en potager surélevé est une méthode qui séduit de plus en plus de jardiniers passionnés et de personnes en quête de solutions pratiques et durables pour cultiver leur propre nourriture. En effet, les potagers surélevés offrent de nombreux avantages en termes de praticité, d’esthétique et d’efficience, surtout lorsqu'ils sont conçus selon les principes de la permaculture.
Un des avantages majeurs est l'amélioration de la structure du sol. Les sols lourds, argileux ou trop sableux peuvent poser des problèmes pour le jardinage. Un carré potager surélevé permet de créer un sol optimal en ajoutant des matériaux riches en nutriments et en facilitant le drainage. Cela est particulièrement pertinent si la terre naturelle de votre jardin est extrêmement caillouteuse et pauvre, rendant difficile la pousse de légumes.
La facilité d'accès est un autre atout considérable. Un potager surélevé est généralement placé à une hauteur idéale, ce qui évite de devoir se pencher ou de marcher sur la terre. Cette particularité est précieuse pour les personnes ayant des problèmes de dos ou souhaitant jardiner plus confortablement.
De plus, la gestion de l'eau est améliorée dans les potagers surélevés. L'eau reste mieux retenue et le drainage est plus efficace, ce qui permet de limiter l'évaporation excessive et de réduire le risque de racines noyées.
La réduction du tassement du sol est un bénéfice écologique notable. L'une des plus grandes difficultés dans un jardin traditionnel est le tassement du sol dû au passage des jardiniers. Dans un potager surélevé, il est possible d'éviter ce problème en travaillant sur la terre à l'extérieur du bac. Cela protège la vie du sol, essentielle en permaculture.
Enfin, un potager surélevé peut être conçu de manière esthétique, ajoutant une touche décorative à votre jardin tout en étant fonctionnel. Il offre une grande flexibilité de conception et d'exploitation, permettant de récolter des légumes frais toute l'année sur peu d'espace.
La phase de design (conception) : planifier un potager durable
La planification est une étape cruciale en permaculture. Il n'y a pas de jardin en permaculture sans un minimum de design (ou conception) préalable. Cela commence par se poser la question de ce que l'on voudra obtenir avec ce futur potager. Pour un potager d'exemple pour des publications, un terrain d'expérimentation pour des techniques innovantes, ou pour cultiver des légumes qui ne poussent pas bien dans d'autres parcelles, les objectifs doivent être clairs.
Observer et analyser son environnement
La permaculture nous incite à réapprendre à observer et comprendre son environnement. Avant d’installer un potager surélevé, il est important d’observer son environnement pour comprendre les conditions climatiques, les ressources disponibles (comme l’eau ou les matériaux pour le remplissage) et les besoins des plantes que l’on souhaite cultiver. Un plan du terrain permet de repérer les zones d'ombre, cruciales pour le choix de l'emplacement.
Il faut ensuite choisir l'emplacement le plus ensoleillé possible pour que les légumes se développent au mieux, et pas trop près d'arbres ou d'arbustes pour éviter que leurs racines ne viennent coloniser le potager par en-dessous. L'orientation de votre potager est un facteur déterminant pour la réussite de vos cultures. Elle doit être prise en compte lors de la planification et de la conception de votre espace de culture. Le potager est orienté Nord-Sud afin que les végétaux puissent bénéficier au mieux de la lumière.

Si vous avez peu de choix ou un espace limité, privilégiez autant que possible un endroit ensoleillé. N'oubliez pas non plus de réfléchir à l'emplacement des plantes vivaces que vous souhaitez cultiver à l'avenir. De manière générale, on installe le potager dans l'endroit le mieux exposé du jardin. Le soleil fait partie des clés de fertilité d'un jardin productif. Il est également important de faire attention à l'exposition en hiver si vous souhaitez avoir des récoltes toute l'année.
Lors de la planification de votre potager, observez attentivement la trajectoire du soleil. Identifiez ensuite les zones qui reçoivent le plus de lumière tout au long de la journée. En maximisant l’ensoleillement de votre potager, vous favoriserez la croissance vigoureuse des plantes. L’orientation du potager joue un rôle crucial ; pensez à mettre les plantes aériennes au nord des cultures plus basses.
Si vous hésitez entre plusieurs zones suffisamment ensoleillées, comparez les températures nocturnes de ces différents emplacements. Sur un terrain, il est possible d’observer des zones où des poches de froid se forment la nuit. Puisque la survie d’une plante peut dépendre de quelques degrés, il est intéressant d’identifier ces zones à l'aide de thermomètres mini-maxi.
Durant l’été, les chaleurs peuvent rapidement devenir écrasantes. Le raisonnement s’inverse alors et on recherche l’ombre et la fraîcheur pour nos légumes. Vous pouvez protéger vos cultures en créant des zones d’ombre à la demande, par exemple en plantant des végétaux à haute tige à proximité (sorgho, maïs, haricots) ou en plaçant une cagette pour offrir une ombre tamisée après le repiquage.
La culture sous les arbres, idéalement des essences locales, offre plusieurs avantages. Les arbres, surtout les plus vieux, diffusent des mycorhizes dans le sol et créent un microclimat plus humide. Les mycorhizes jouent un rôle essentiel dans la fertilité de votre sol en décomposant la matière organique et en nourrissant vos plantes. Cependant, il est préférable de ne pas installer votre potager sous un vieux chêne en raison de la compétition racinaire et du manque de soleil. Optez plutôt pour des arbres fruitiers basse-tige, en respectant un certain espacement pour ne pas envahir les plates-bandes.
Le vent peut prévenir certaines maladies, surtout dans les climats humides. Si votre terrain est venteux, créez des haies pour casser le vent. Une haie bien dense peut filtrer le vent sur une distance de 6 à 9 fois sa hauteur, augmentant les rendements et économisant l'eau, l'énergie et le temps. Privilégiez des haies composées de diverses espèces pour attirer les auxiliaires de culture.
Le zonage en permaculture
Le zonage en permaculture est une approche pour organiser et optimiser l’espace en fonction de la fréquence d’utilisation et des besoins spécifiques de chaque zone. Il s’agit d’organiser son terrain en différentes zones, de la zone 0 (généralement la maison) à la zone 5 (celle laissée à la nature sauvage). Cette méthode facilite la gestion efficace du temps et de l’énergie, tout en améliorant l’utilisation des ressources disponibles.
Le zonage vise à réduire les déplacements et les efforts inutiles en plaçant les éléments nécessitant une attention plus fréquente près de l’habitation. En revanche, les zones laissées à la nature sauvage, qui ne nécessitent qu’une visite occasionnelle pour l’observation, peuvent être situées plus loin. La maison et ses aménagements offrent également des micro-climats intéressants. Au pied des murs de la maison, la chaleur est plus intense et moins variable entre le jour et la nuit, ce qui est propice aux cultures primeurs ou aux plantes frileuses.
Favoriser la biodiversité
Promouvoir la biodiversité est essentiel pour un potager sain et sans pesticides. Les insectes auxiliaires sont un véritable traitement bio du jardin. Intégrez des espaces pour la biodiversité dès la création du design du jardin, en cultivant des zones dédiées avec des plantes vivaces attirant les auxiliaires, en ayant des floraisons variées et étalées sur l’année pour nourrir les pollinisateurs.
Laissez certaines zones du jardin à la biodiversité en ne tondant pas quelques mètres carrés ou en pratiquant une fauche annuelle en laissant des « corridors écologiques ». Augmentez la densité des plantes dans votre potager pour créer un environnement propice aux auxiliaires. Installez des nichoirs pour attirer les oiseaux, grands consommateurs d'insectes, et des perchoirs pour les chouettes ou les buses afin qu'elles chassent les rongeurs. Créez des mares ou des points d’eau pour attirer batraciens et insectes amphibiens.
Créez des niches écologiques en faisant des tas de pierres, de bois morts, de brindilles, de compost. Ces « patchs » réguliers dans le jardin limiteront les déplacements des auxiliaires pour trouver à manger sur vos planches de culture. Pensez également aux effets de lisière (écotones), zones de transition riches en biodiversité, en créant des écotones partout dans votre design.

Les 8 étapes clés pour faire son jardin en permaculture
Pour un design réussi, voici un résumé des 8 étapes clés :
- Posez vos objectifs : que voulez-vous obtenir de votre jardin ?
- Observer et analyser votre site pour intégrer à votre plan les connexions entre les éléments essentiels de votre système.
- Valoriser la diversité dans votre écosystème pour augmenter les interactions productives entre les êtres vivants.
- Planifier l’efficacité énergétique en définissant vos zones d’activités pour vous faciliter la vie et économiser du temps et de l’énergie.
- Imiter la nature : c'est le modèle ultime de permaculture. Reproduisez une forêt comestible avec ses différentes strates.
- Faire en sorte que chaque élément de votre système remplisse plusieurs fonctions, et que chaque fonction soit remplie par plusieurs éléments.
- Recueillir et stocker l’énergie : par exemple, installer des cuves de récupération d’eau de pluie au niveau des descentes de gouttières.
- Maintenir un sol vivant : valorisez les micro-organismes et ne travaillez pas le sol une fois mis en place.

Construction du potager surélevé : de la théorie à la pratique
Une fois le design établi, l'automne est le meilleur moment pour créer de nouvelles parcelles de cultures, car la terre aura tout l'hiver pour se bonifier.
Choix du type de potager surélevé : fond ouvert ou fermé
Il existe deux grandes catégories de potagers surélevés : ceux à fond ouvert et ceux à fond fermé.
Un potager surélevé à fond ouvert est un bac de culture sans fond, posé directement sur le sol naturel. Cette configuration permet aux racines des plantes de pénétrer dans le sol situé en dessous du bac, favorisant ainsi un échange de nutriments, d’eau et de micro-organismes. Un potager surélevé à fond ouvert n’est pas plus adapté aux sols riches qu’aux sols pauvres, à condition que la hauteur du bac soit d’au moins 40 cm. Cela permet une meilleure fertilité à long terme grâce au sol sous-jacent et une excellente gestion de l’humidité et du drainage. Il requiert un entretien régulier pour surveiller les niveaux de compost et de matière organique, surtout au début, et un coût initial en compost.
Les potagers surélevés à fond fermé sont totalement séparés du sol sous-jacent par un fond solide. Ce type de potager est particulièrement adapté lorsque le sol sous-jacent est de mauvaise qualité, pollué ou difficilement cultivable. Il offre un contrôle total des conditions de culture à l’intérieur du bac et est une solution pour les sols inadaptés. Cependant, il nécessite de prévoir des solutions de drainage dans le bac et un entretien et apport constant en compost. Dans un bac hors sol, il est crucial de recréer un écosystème fonctionnel en utilisant des matériaux organiques qui se décomposent naturellement pour enrichir le substrat. La méthode des jardinières autonomes ou "wicking beds" est particulièrement efficace, reposant sur un système de drainage et d’irrigation capillaire.
Préparation du terrain et décaissement
La première étape consiste à marquer l'emplacement du rectangle du potager avec des piquets et une cordelette. Si de l'herbe est présente, décapez-la pour faire apparaître la terre. Ces plaques d'herbe pourront être réutilisées.
Ensuite, vient le décaissement de la terre végétale. Pour un sol très caillouteux et pauvre, il est nécessaire de décaisser la terre et de la tamiser, puis de l'enrichir généreusement avec de la matière organique. Si votre terre est déjà correcte, il vaut mieux garder votre énergie pour autre chose. Le seul moment où l'on peut se permettre de chambouler le sol, c'est à la création du potager, afin de mettre en place toutes les conditions pour avoir un sol extrêmement vivant.
Dans certains cas, il ne faut surtout PAS décaisser la terre. Si le sol est très compact ou très argileux et que l’eau stagne longtemps après la pluie, le décaissement ne gagnera rien, car l’eau va occuper l’espace qui serait normalement aéré et les micro-organismes décomposeurs ne pourront pas faire leur travail, risquant ainsi de bloquer le sol. Dans ce cas, il serait plus avantageux de décaisser les allées pour récupérer de la terre végétale et remplir le potager, qui se trouvera ainsi légèrement surélevé et bénéficiera d'un meilleur drainage. Idéalement, décaisser sur 25 à 30 cm de profondeur.
Choix et mise en place des bordures
Pour respecter le principe de la permaculture d'avoir un sol vivant, le potager sera obligatoirement entouré d'une bordure. Cela empêche le jardinier de mettre les pieds dedans, évitant ainsi le tassement, néfaste pour le sol. Une fois la terre mise en place, elle ne sera plus du tout travaillée, afin de ne pas déranger les vers de terre et les micro-organismes qui y habitent.
Le choix des matériaux pour les bordures est vaste : planches de bois, bordures en béton, pierres sèches, briques, etc. Chacun peut choisir selon ses convictions et ce qu'il a sous la main. Pour suivre le principe de la permaculture qui est de recycler le plus possible, on peut récupérer beaucoup de matériaux.

Options de construction des bordures :
- Bacs rectangulaires en bois : nécessitent des planches, des vis et éventuellement des piquets de bois pour stabiliser les longs côtés. Utilisez du bois naturellement imputrescible, traité à haute température ou par autoclave (avec des précautions pour le contact avec la terre). Protégez les planches et poteaux avec une bâche imperméable sur le pourtour intérieur pour les séparer de la terre, mais pas au fond.
- Versions aux formes originales : potagers en L, en U, etc. Le principe de base reste valable, il suffit d'adapter les dimensions des éléments.
- Version avec des planches verticales : les planches sont vissées sur des poteaux verticaux aux coins et comme piliers intermédiaires.
- Version sur pieds : pour jardiner sans se baisser et protéger les cultures des animaux. Un fond solide est nécessaire, soit en planches avec des espaces pour le drainage, soit avec une toile de plantation ou une bâche imperméable percée.
- Version en poutres de bois : nécessite des poutres de 15x15cm. Creusez une tranchée de 15cm, remplissez de 5cm de gravier pour l'assise et le drainage. Percez des trous et enfoncez des barres d'armature pour fixer les rangées de poutres. Ajoutez des trous de drainage horizontaux et un rebord si désiré.
- Version en rondins de bois : une variante des poutres, avec des rondins rabotés pour la stabilité, superposés et vissés.
- En bois et en métal : combine le bois et des plaques métalliques. Pour une meilleure finition, on peut remplacer les poteaux en bois par deux planches fixées en L pour masquer les jointures des plaques métalliques, ou ajouter un cadre en bois autour des plaques.
Il est important de s'assurer que les protections (toile de plantation, grillage fin) ne bloquent pas la croissance des légumes racines et que l'eau puisse s'écouler pour éviter le pourrissement.
Le remplissage du potager surélevé : créer un sol vivant
Le remplissage du potager surélevé est une étape cruciale, aussi importante que la construction elle-même. C’est l’opportunité de créer un sol riche et fertile, capable de soutenir la croissance de vos cultures tout au long de la saison, en respectant les principes de la permaculture pour un sol autonome en nutriments et en eau.
Méthode Hugelkultur : l'approche forestière
Pour les potagers surélevés d'une hauteur supérieure à 40 cm (idéalement 80 cm pour une utilisation debout), la méthode de remplissage Hugelkultur est particulièrement adaptée. L'objectif est de créer un sol constitué de déchets organiques afin de copier ce qui se passe en forêt, le « saint Graal du jardinier » : un sol riche, souple, retenant l'humidité et capable d'encaisser de gros orages sans perdre sa fertilité.

Pour cela, il suffit d’empiler des déchets organiques de différentes natures, en commençant par les plus gros dans le fond :
- Bûches de bois en décomposition : C'est la fondation de votre bac surélevé. Utilisez de préférence des bûches qui ont commencé leur processus de décomposition (« pourries ») pour ensemencer le substrat avec une faune utile. Évitez le bois de cèdre, de noyer et de conifères. N’hésitez pas à utiliser de très grosses bûches qui mettront des années à se décomposer, constituant une excellente réserve de nutriments sur le long terme.
- Couche de déchets verts : Sur les bûches, déposez une couche de déchets verts, riches en azote (tontes de pelouse, feuilles vertes, restes de cuisine).
- Matériaux grossiers et matière organique en décomposition : Continuez à remplir avec des branches, du bois mort, des souches, des feuilles mortes, de l'herbe coupée, et des matières organiques qui se décomposeront lentement. Les différentes couches s'empilent horizontalement.
- Terre végétale et compost : Pour les dernières couches, utilisez des déchets de petits calibres. Recouvrez enfin avec la meilleure terre de votre jardin, mélangée si besoin à une bonne proportion de compost. N’hésitez pas à faire une grosse butte de terre qui dépasse largement le niveau des planches, car l’ensemble va considérablement se tasser (une baisse de 20 cm après une saison est courante). Complétez le niveau de terre manquant lorsque le tassement se produit.
Les avantages du remplissage Hugelkultur sont nombreux : un sol autonome en nutriments et en eau, qui se fertilise grâce aux micro-organismes et vers de terre.
Les inconvénients possibles sont le tassement inévitable et le risque d'installation de rongeurs dans le fond du bac. Pour les premières années, il est conseillé d'éviter de cultiver des légumes racines.
Le remplissage classique pour petits potagers
Le remplissage classique est une méthode simple et rapide, principalement recommandée pour les carrés de potager surélevés de moins de 40 cm. Elle consiste à remplir le bac avec un mélange de terreau et de compost, sans ajouter de couches supplémentaires de matières organiques.
- Fond anti-indésirable : Commencez par placer une couche de carton épais pour étouffer les herbes indésirables.
- Mélange terreau/compost : Remplissez ensuite le potager avec un mélange composé de 60 % de terreau et 40 % de compost. Ce ratio permet d’avoir une bonne rétention d’eau tout en fournissant les nutriments nécessaires aux plantes.
- Mélange terre/compost : Vous pouvez aussi utiliser la terre de votre jardin pour réduire le coût du remplissage, en la mélangeant avec du compost. Il est crucial de démarrer ses premières cultures avec un terreau de qualité.
L'expérimentation du bois broyé
Une expérience intéressante consiste à remplir un potager surélevé uniquement avec du bois broyé, idéalement un « tout-venant » avec une grande proportion de bois mort (sans utiliser le terme BRF pour un mélange moins sélectionné).
Le paillage et la culture en lasagne
Le paillage en permaculture est essentiel. Il permet de protéger la microfaune et son cortège de bactéries, champignons et autres arthropodes du gel, du soleil, du dessèchement et de l’érosion. Il accélère le réchauffement du sol, économise beaucoup de travail et d'eau, et produit un excellent sol pour des légumes, herbes et salades succulents.
La culture en lasagne est une méthode de remplissage courante, consistant en une juxtaposition de couches d’éléments riches en carbone (foin, feuilles sèches, mulch) et d’éléments riches en azote (tonte de pelouse, déchets de cuisines, feuilles vertes, compost). Cette méthode est conçue pour rester en place pendant des années.

Attention à la faim d'azote
Un piège courant dans le remplissage des bacs est la « faim d’azote ». Certains matériaux organiques, en se décomposant, peuvent consommer l'azote du sol, le rendant indisponible pour les plantes. Il est important d'équilibrer les apports en matière riche en carbone et en azote, et d'ajouter du compost bien mûr.
L'entretien et la gestion d'un potager surélevé en permaculture
Un potager productif, ça se conçoit. Ne jardinez plus au hasard. La permaculture cherche à éviter les pratiques trop coûteuses en travail, quitte à obtenir un rendement plus faible ou à prendre plus de temps pour obtenir un résultat.
Le non-travail du sol
L'une des pierres angulaires de la permaculture est le non-travail du sol. Une fois la terre mise en place, elle ne sera plus du tout travaillée, afin de ne pas déranger les vers de terre et les micro-organismes qui y habitent. Pour qu’un sol soit fertile, il doit être vivant ! Pour favoriser le développement de la vie dans votre sol, il faut le nourrir, ou plutôt nourrir les millions de micro-organismes qui le peuplent et en font la richesse. Le paillis végétal en automne est le plus intéressant, car il apporte des éléments nutritifs à la microfaune et au sol et va améliorer votre fertilité et donc votre rendement.
Associations de légumes et rotation des cultures
En permaculture, on essaie un maximum d’adapter la culture de certains légumes plutôt que d’autres, en fonction de la nature du sol. Un plan permet de choisir les légumes qui s’associent à la perfection et d'éviter les combinaisons à éviter absolument. On entend souvent dire « le poireau préfère les fraises » ou bien « la carotte et l’oignon se protègent de leur mouche ». Les parasites survivent d’une année sur l’autre sur leur espèce de prédilection, mais sont freinés dans leur développement s’ils ne retrouvent plus leur plante hôte à la saison suivante.
Pour gérer ses potagers en carrés, il est conseillé d’appliquer le principe de rotation des cultures. Cette technique, qui résulte de l’observation des paysans au fil des siècles et est expliquée par la science, consiste à gérer la succession des cultures sur un même emplacement au fil des saisons en variant les variétés cultivées. Tous les légumes n’ont pas les mêmes besoins nutritifs : certains sont très gourmands alors que d’autres se satisfont de peu. Cultiver plusieurs années de suite le même légume au même endroit va appauvrir le sol, spécialement en un élément particulier. La rotation des cultures permet d’atténuer cet appauvrissement. Enfin, tous les légumes n’exploitent pas les mêmes couches du sol : certains ont des systèmes racinaires profonds (carottes), d’autres superficiels (mâche).
Gestion de l'eau
Une bonne gestion de l'eau est cruciale. Récupérer son eau de pluie est une excellente pratique. Dans les potagers surélevés, l’eau reste mieux retenue et le drainage est plus efficace, ce qui permet de limiter l’évaporation excessive et de réduire le risque de racines noyées. L'installation d'un système d'irrigation par goutte-à-goutte peut simplifier l'arrosage.
Le compost : transformer les déchets en ressources
Avec le compost, transformez vos déchets en ressources. Le compost est un élément clé pour nourrir le sol vivant du potager surélevé. Cela s'inscrit pleinement dans le principe de l'utilisation des ressources locales : le compost des plateformes locales, le broyat de bois ou les déchets verts disponibles autour de chez soi (comme des vieilles bûches en décomposition) sont des ressources idéales pour remplir les bacs.
Les équipements pour optimiser son potager
Il est possible de créer ou d’installer divers équipements afin d’adapter vos potagers en carré aux besoins de vos cultures.
- Serre/châssis : pour protéger les semis ou prolonger les saisons de culture. On peut les construire avec des tubes PVC pour une structure amovible.
- L'irrigation : un système goutte-à-goutte sur la terre entre les plantations est très efficace.
- Les roues : si le potager est sur une terrasse et doit être déplacé, des roues sous les poteaux en bois sont une solution pratique.
Cours de Permaculture "les bases"
Durabilité des matériaux et longévité du potager
Pour que le potager surélevé soit durable, le choix des matériaux pour les bacs est primordial. Le bois, même traité ou imputrescible, s’abîmera au fil du temps en étant en contact permanent avec l’humidité de la terre. Il est conseillé de protéger les planches et les poteaux en plaçant une bâche imperméable sur le pourtour intérieur pour les séparer de la terre, mais surtout pas au fond, ce qui bloquerait l’écoulement de l’eau. Cela permet d’éviter, par la même occasion, que les produits chimiques utilisés pour le traitement du bois autoclave ne « polluent » la terre.
Des matériaux comme l'aluminium sont idéaux pour une utilisation durable dans le jardin, ne rouillant pas et ne nécessitant pas d'entretien. Des bacs en acier rouillé, symbole du design industriel, peuvent également être très résistants. Des modèles en bois massif très résistant, fabriqués depuis de nombreuses années, sont également conseillés pour la culture en permaculture.
Le potager surélevé en permaculture est un formidable outil pédagogique pour faire du jardinage, notamment à l'école. Ce moment passé avec les enfants à l’extérieur est une source de bienfaits et d’apprentissage, leur permettant de découvrir les légumes sains et bons qui poussent dans un potager.

tags: #potager #sureleve #design #permaculture