Découvrir des pucerons sur ses plantes peut être exaspérant. En effet, ces petites bêtes affaiblissent les végétaux et les rendent plus sensibles aux maladies : les feuilles se déforment, se dessèchent et tombent. Fort heureusement, des solutions naturelles et rudement efficaces existent pour retrouver des plantes d'intérieur saines. Très présents dans le jardin, les pucerons peuvent aussi s'installer sur vos plantes d'intérieur. Comment ? Si vous les avez mises à l'extérieur (par exemple sur le balcon), mais aussi même si elles ne sont jamais sorties de chez vous ! Ils maîtrisent à la perfection l'art de se faufiler. De plus, il en existe plus d'une centaine d'espèces différentes !

Identification : Comment reconnaître les pucerons noirs ?
Alors, comment être sûr·e qu'il s'agit de pucerons ? Les pucerons sont de petits insectes piqueurs-suceurs très fréquents sur les balcons et dans les jardins. Ils se regroupent souvent en colonies sur les jeunes pousses et le revers des feuilles. En se nourrissant de la sève, ils affaiblissent la plante, provoquent des feuilles déformées ou jaunissantes et sécrètent un miellat collant. Les pucerons sont de petits insectes de forme ovale ou légèrement piriforme, mesurant généralement entre 1 et 4 mm. Ils sont visibles à l’œil nu et peuvent être noirs, bruns, gris, verts ou jaunâtres.
Les pucerons noirs sont particulièrement visibles sur les plantes en raison de leur couleur sombre. L’une des espèces les plus connues est le puceron noir de la fève, fréquemment observé sur les fèves, les haricots, mais aussi sur de nombreuses plantes ornementales. Ils forment souvent des colonies denses sur les tiges et les jeunes pousses, où ils se nourrissent activement de la sève. D'autres indices peuvent également vous mener sur leur piste : comme beaucoup d'insectes, ces invités indésirables possèdent un exosquelette. Autre cas de figure, si des moisissures foncées apparaissent. La présence de pucerons s’accompagne fréquemment d’un dépôt collant appelé miellat sur les feuilles ou le sol, parfois suivi d’une couche noirâtre (fumagine).
Les conséquences pour vos plantes
En plus d'être inesthétiques, ils peuvent aussi causer des dommages plus ou moins importants, et ce, en très peu de temps. En effet, les pucerons prolifèrent rapidement et n'hésitent pas à changer de crémerie pour se nourrir. En se gavant de sève, ils affaiblissent les plantes. Les plus fragiles d'entre elles peuvent ainsi avoir du mal à pousser, se déformer, et même mourir. Ils peuvent également leur transmettre virus et maladies, ce qui peut avoir une répercussion catastrophique sur la santé des végétaux.

Lorsque les feuilles sont abîmées ou recouvertes de miellat, leur capacité à capter la lumière diminue. On remarque une baisse de la photosynthèse, une diminution de la production d’énergie et un ralentissement global du développement. Les pucerons sont également des vecteurs de virus végétaux. En passant d’une plante à l’autre, ils peuvent transmettre des maladies telles que le virus de la mosaïque.
Stratégies de lutte naturelle et remèdes maison
Heureusement, il existe des techniques naturelles et très efficaces pour éradiquer ces nuisibles, sans le moindre insecticide chimique.
Solutions à base de produits ménagers
- Le marc de café : Vos matins débutent toujours par une tasse de café ? Ne jetez pas le marc resté dans le filtre de votre cafetière ! Aussi dégraissant que nettoyant, il repousse aussi à merveille les pucerons (et les fourmis !). Simple d'utilisation, il vous suffit d'en déposer trois à quatre cuillères à soupe au pied de vos plantes.
- Le savon noir : C’est l’arme absolue des trucs et astuces de grand-mère. À raison d’une cuillère à café par litre de savon noir liquide, son action insecticide de contact paralyse la fonction respiratoire de l’insecte ravageur. Pratiquez la pulvérisation en fin d’après-midi à une température maximum de 20°, pour éviter que le soleil ne brûle les feuilles.
- L’ail : Faites bouillir un litre d’eau avant d’y plonger deux gousses d’ail et de laisser macérer l’ensemble pendant une nuit. Au matin, filtrez votre décoction afin d’obtenir votre répulsif maison ! À l’aide d’un vaporisateur, pulvérisez le mélange sur les plantes atteintes.
- Le bicarbonate de soude : Il vous faudra en mélanger une cuillère à café à un litre d’eau savonneuse. On ajoute aussi 20 ml d’un corps gras (huile d'amande, de colza, d'olive…) pour une adhérence accrue du mélange.
- Le lait de vache : L’astuce en plus : les pucerons détestent le lait de vache ! Il est judicieux de mélanger quatre doses d’eau à une dose de lait puis de vaporiser cette solution sous les feuilles des plantes à risque.
Tuto jardin: Utilisation du savon noir comme insecticide
La lutte biologique par les auxiliaires
Pour un contrôle efficace et durable, la lutte biologique avec des prédateurs naturels reste la meilleure option. En cas de présence de pucerons, nettoyez d'abord les plantes infestées avec du savon pour plantes comme traitement préparatoire. Une fois que le liquide est sec, introduisez des larves de chrysopes Carna et/ou des larves de coccinelles Puncta. Les coccinelles, au stade larvaire et au stade adulte, sont les plus connues et sont de grosses consommatrices de pucerons de toutes espèces. On trouve aussi la chrysope, la Demoiselle aux yeux d’or, dont les larves ont comme proie favorite les pucerons. Les syrphes sont aussi, au stade larvaire, de très grands prédateurs de pucerons.
Prévention : Adopter les bons réflexes
Pour éviter d'avoir à traiter encore et encore vos plantes, rien ne vaut la prévention. Adoptez quelques bonnes pratiques afin de limiter les invasions :
- Quarantaine : Une nouvelle plante à ajouter à votre intérieur ? Inspectez-la minutieusement et laissez-la en "quarantaine" plusieurs jours.
- Soins adaptés : Prendre soin de ses plantes en fonction de leurs besoins et de leurs spécificités, notamment concernant l'arrosage.
- Nettoyage : Nettoyer régulièrement les feuilles mortes et les fleurs fanées.
- Plantes insectifuges : Certaines plantes jouent un rôle insectifuge, en les faisant fuir. C’est le cas de la lavande, de l’aneth, du basilic, la ciboulette, la menthe et le thym.
- Gestion des fourmis : Les fourmis protègent les colonies de pucerons contre leurs prédateurs. En limitant l'accès des fourmis à vos plantes, vous aidez les insectes auxiliaires à faire leur travail.

Il est important d’agir dès que les premiers pucerons apparaissent, car ils se reproduisent très rapidement. Le printemps et l’été, lorsque les températures sont douces à chaudes, sont des périodes critiques où la majorité des individus sont des femelles qui se reproduisent par parthénogenèse. Ce mode de reproduction « en clonage » permet aux jeunes pucerons de commencer immédiatement à se nourrir de la sève et d’accélérer considérablement la formation de colonies.
Si vous êtes victime d’une énorme attaque de pucerons, c’est souvent car vous aurez trop fertilisé vos plantes, notamment avec des matières azotées comme l’urine. Une plante trop riche en azote produit des pousses tendres dont les pucerons raffolent. En gérant mieux l'apport en nutriments et en favorisant la biodiversité autour de vos plantes, vous créez un écosystème équilibré où les pucerons ne seront plus qu'un mauvais souvenir.