La production de semences constitue un pilier fondamental de l'agriculture, conditionnant la performance et la durabilité des exploitations. La question des rendements est au cœur des préoccupations des agriculteurs et des filières, influencée par une multitude de facteurs allant des conditions climatiques aux pratiques culturales, en passant par les avancées génétiques. Cet article propose une exploration approfondie des rendements observés et attendus pour les principales cultures, en soulignant les défis et les innovations qui façonnent ce secteur vital.
Le Blé Tendre : Qualité et Rendements Satisfaisants face aux Marchés Variés
La récolte de blé tendre en 2025 a renoué avec un niveau de production satisfaisant, estimé à 33,1 Mt, ce qui représente une progression de 4 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années (2020-2024). Cette performance est attribuable à de bons rendements à l’échelle du territoire, avec une moyenne nationale de 73,7 q/ha, soit une hausse de plus de 6 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les moissons étaient terminées sur une large partie du pays dès la mi-juillet, en avance par rapport aux cinq dernières années.

Malgré des surfaces cultivées en hausse par rapport à 2024, elles restent néanmoins en retrait de 2 % par rapport à la moyenne 2020-2024. Les teneurs en protéines moyennes sont généralement comprises entre 10,5 et 11,5 %, suivant un axe croissant Ouest-Est. Cependant, l’absence de pluie au moment du dernier apport d’azote n’a pas toujours permis une valorisation totale de cet apport, selon le bassin de production. De plus, l’effet dilution a pu influer sur ces teneurs, conséquence des rendements élevés. Grâce au temps sec et ensoleillé lors du remplissage des grains, ainsi qu'aux bonnes conditions climatiques qui ont prévalu lors des récoltes, les poids spécifiques (PS) sont majoritairement élevés, avec des moyennes régionales oscillant entre 77 et 80 kg/hl. Il est à noter que les pluies récentes sur les secteurs non encore achevés en zone nord pourraient pénaliser ces bons niveaux de PS dans certaines parcelles. Les indices de chute de Hagberg, très dépendants des conditions climatiques en fin de cycle, sont majoritairement bons.
Le Blé Dur : Des Rendements et une Qualité au Rendez-vous
En 2025, la production de blé dur est estimée à moins de 1,3 Mt, ce qui représente une hausse de 3 % par rapport à l’an passé, tout en restant inférieure de 7 % à la moyenne quinquennale. Les bons rendements observés cet été dans la quasi-totalité des bassins de production ont permis de compenser la baisse des surfaces, qui a diminué de 13 % par rapport à la moyenne 2020-2024.
Concernant la qualité technologique, les teneurs en protéines sont en léger retrait par rapport aux années précédentes, mais devraient néanmoins satisfaire les attentes des utilisateurs dans la plupart des cas. L’absence de pluies en fin de cycle a limité le mitadinage. Le taux de grains mouchetés devrait être restreint, permettant de s’adapter à tous les cahiers des charges. Après plusieurs campagnes jugées décevantes, les poids spécifiques sont généralement bons à très bons, avec des moyennes régionales situées entre 78 et 80 kg/hl.
Les Orges d’Hiver et de Printemps : Une Qualité Optimale pour Tous les Usages, Y Compris Brassicoles
Les surfaces en orges d’hiver sont proches de celles de l’an passé, s’établissant à 1,2 Mha, soit un recul de 5 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les conditions climatiques peu pluvieuses du printemps ont contribué à limiter le développement des maladies. De plus, la précocité des cultures a permis d’esquiver les fortes chaleurs de juin. Tous ces facteurs ont favorisé un bon remplissage des grains, se traduisant par des rendements supérieurs à la moyenne des cinq dernières campagnes, avec une progression de 12 %. La production d’orge d’hiver est ainsi estimée à 8,4 Mt, soit une augmentation de 6 % par rapport à la moyenne 2020-2024.

Du côté de la qualité, les teneurs en protéines oscillent entre 9,5 et 10,5 % sur une large partie du territoire, des valeurs qui répondent aux standards requis pour le débouché brassicole. Les poids spécifiques et les calibrages sont généralement bons, voire très bons. La production 2025 d’orge de printemps est, quant à elle, estimée à 3,5 Mt, en hausse de 13 % par rapport à la moyenne 2020-2024. Cette croissance est le résultat d’une augmentation significative des surfaces (+3 %) et de bons rendements à l’échelle des bassins de production, malgré des scores hétérogènes selon les parcelles. La qualité de la récolte devrait satisfaire les exigences du marché brassicole : les teneurs moyennes en protéines sont comprises entre 9,8 et 10,8 %, selon les bassins de production, et les poids spécifiques ainsi que les calibrages sont excellents.
Le Colza : Une Production en Hausse et une Teneur en Huile Remarquable
Avec 1,26 Mha semés, les surfaces de colza sont en léger retrait par rapport à 2024. Le rendement moyen national est estimé à plus de 35 q/ha, se situant au-dessus de la moyenne quinquennale, pour une production avoisinant les 4,5 Mt. Cette quantité assure un bon approvisionnement de la trituration nationale. Le printemps doux et ensoleillé a en effet permis une bonne floraison et un remplissage efficace des graines. La qualité des graines est remarquable, affichant une teneur en huile de plus de 45 %, en nette hausse par rapport à 2024. Pour la majorité des récoltes effectuées avant le 15 juillet, la teneur en eau des graines varie dans une fourchette basse de 6 à 7 %.
Les Protéagineux : Bons Rendements et Qualité Satisfaisante
Les surfaces en pois protéagineux purs restent modestes (98 000 ha). Cependant, la campagne 2025 affiche des rendements satisfaisants aussi bien pour les pois d’hiver que pour les pois de printemps. Ces résultats contribuent à la diversité des productions agricoles et à l'autonomie protéique.
Comprendre les Composantes du Rendement du Blé à l'Hectare
Le rendement du blé à l'hectare en France atteint en moyenne 64 à 74 q/ha selon les années. Il dépend de trois composantes fondamentales : le nombre d'épis par m², le nombre de grains par épi et le poids de mille grains (PMG). Comprendre ces facteurs est essentiel pour anticiper la production et ajuster les pratiques culturales.

Le rendement du blé varie fortement en fonction des conditions climatiques et des régions. En 2024, la France a enregistré un rendement moyen de 64 q/ha, soit une baisse de 13 % par rapport à 2023 (ARVALIS, 2024). La production française de blé tendre a chuté à 29,7 millions de tonnes en 2024. Cette baisse s'explique par des surfaces réduites (4,2 millions d'hectares) et des rendements affectés par les excès d'eau. La connaissance des composantes du rendement aide à identifier les leviers d'amélioration sur chaque exploitation.
Le rendement du blé se calcule par la multiplication de ces trois facteurs : épis/m² × grains/épi × PMG. Chaque composante se construit à une étape précise du cycle cultural :
- Nombre d'épis par m² : Cette composante se détermine entre le semis et la montaison. Elle dépend de la densité de semis et du tallage. Un objectif de 500 à 600 épis/m² garantit un bon potentiel de rendement.
- Nombre de grains par épi : Le nombre de grains par épi se fixe entre la montaison et la floraison. Il varie généralement entre 30 et 50 grains selon les variétés. Les stress hydriques ou thermiques à ce stade peuvent réduire ce potentiel.
- Poids de mille grains (PMG) : Le PMG se constitue pendant le remplissage du grain. Il oscille entre 40 et 50 g en conditions normales. Des températures élevées ou un déficit hydrique peuvent raccourcir cette phase et donc réduire le PMG.
| Composante | Période de formation | Valeur cible |
|---|---|---|
| Épis/m² | Semis → Montaison | 500-600 épis |
| Grains/épi | Montaison → Floraison | 30-50 grains |
| PMG | Floraison → Maturité | 40-50 g |
Rendements Moyens du Blé en France et Disparités Régionales
Le rendement moyen national du blé oscille entre 64 et 74 q/ha selon les années. En 2024, il a atteint 64 q/ha, contre 73,7 q/ha en 2023. Des disparités régionales significatives sont observées. Les Hauts-de-France, la Normandie et l'Île-de-France dominent le classement national. En 2024, les Hauts-de-France ont atteint 79 q/ha malgré la baisse générale. À l'inverse, les Pays de la Loire ont subi une chute de 22,7 % de leur rendement. Pour maximiser le rendement, le choix de variétés adaptées au contexte pédoclimatique est crucial.
Facteurs Limitants du Rendement du Blé à l'Hectare
Les facteurs climatiques et agronomiques impactent directement chaque composante du rendement. Identifier ces contraintes permet d'anticiper et d'adapter les interventions.
Facteurs Climatiques
- Excès d'eau : En 2024, les précipitations ont dépassé de 40 % la moyenne des 20 dernières années (ARVALIS), affectant négativement le rendement.
- Déficit de rayonnement : Une baisse de 7 à 15 % du rayonnement solaire affecte la photosynthèse, processus vital pour la croissance.
- Températures excessives : Des pics de chaleur pendant le remplissage des grains réduisent le PMG.
Facteurs Agronomiques
- Densité de semis inadaptée : Une densité de semis non optimale peut limiter le nombre d'épis par m².
- Pression des adventices et maladies : La compétition des adventices pour les ressources et les maladies peuvent affaiblir les cultures.
- Carences nutritionnelles : Un manque d'éléments essentiels comme l'azote ou le soufre peut entraver le développement des plantes.
- Structure de sol dégradée : Une mauvaise structure du sol peut affecter l'enracinement et l'accès à l'eau et aux nutriments.
Pour estimer le rendement avant récolte, il est recommandé de réaliser des prélèvements au champ environ 15 jours avant la récolte.
Évolution Historique du Rendement du Blé à l'Hectare
Le rendement du blé a connu une progression spectaculaire, multiplié par sept en 150 ans. Cette évolution résulte des avancées génétiques et des pratiques agronomiques modernes.
Selon l'Académie d'Agriculture de France (2024) :
- Avant 1850 : Rendements faibles, entre 8 et 10 q/ha.
- Avant 1945 : Légère progression, atteignant 12 à 14 q/ha.
- 1995 : Augmentation significative, dépassant les 70 q/ha.
- Depuis 2000 : Stagnation autour de 70-75 q/ha.
Le ralentissement récent s'explique par la réduction des intrants et les aléas climatiques croissants. Le changement climatique représente désormais un facteur limitant majeur.
Le Rendement Agricole : Un Indicateur de Performance et de Rentabilité
Le rendement agricole mesure la quantité de production végétale récoltée sur une surface donnée. Cet indicateur est essentiel pour l’exploitant agricole, car il conditionne directement la rentabilité économique de son activité. Un rendement élevé est souvent synonyme de revenus plus importants. Cependant, il n’est pas le seul critère à considérer. Dans le contexte actuel de transition énergétique et de changement climatique, la notion de rendement agricole évolue. Il ne s’agit plus seulement de produire plus, mais de produire mieux et de manière plus résiliente.
L'Évolution du Rendement Agricole à Travers l'Histoire
Jusqu’au XIXe siècle, les rendements étaient faibles et très dépendants des aléas climatiques. En France, le rendement du blé dépassait rarement les 10 quintaux par hectare (qx/ha). La Révolution Verte, au XXe siècle, a marqué une explosion des rendements grâce à l’utilisation massive d’engrais azotés et de produits phytosanitaires. Les rendements du blé en France ont ainsi été multipliés par 5 à 7, atteignant en moyenne 70-80 qx/ha aujourd’hui.
L’ère actuelle et les défis : depuis les années 2000, on observe une stagnation, voire une légère érosion des rendements pour certaines cultures majeures. Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs : le changement climatique (sécheresses, canicules), la dégradation de la qualité des sols et la nécessité de réduire l’usage des intrants chimiques pour des raisons environnementales. L’enjeu est désormais de développer une agriculture durable et résiliente, capable de concilier productivité et écologie. L’optimisation du rendement ne se limite plus à l’ajout d’intrants.
L'Agrivoltaïsme : Une Solution Innovante pour la Résilience des Rendements
Des solutions innovantes comme l’agrivoltaïsme, que UNITe développe, prennent tout leur sens. L’agrivoltaïsme consiste à installer des panneaux photovoltaïques sur une parcelle agricole, au-dessus des cultures.

Imaginons un propriétaire foncier ou un exploitant agricole dans le sud de la France qui cultive des cultures sensibles au soleil et à la grêle. Les panneaux solaires agissent comme un bouclier, protégeant les cultures des excès de soleil (réduction du stress hydrique), du gel ou de la grêle. Cette protection climatique peut maintenir ou même augmenter le rendement pour les cultures qui apprécient l’ombre (maraîchage, certaines vignes). De plus, l’exploitant perçoit un revenu complémentaire grâce à la location de son terrain pour la production d’électricité verte, sans sacrifier sa production agricole, offrant ainsi une diversification des revenus.
Le rendement varie énormément selon les cultures. Pour le blé tendre, la moyenne française se situe autour de 75 quintaux/hectare (qx/ha). Pour le maïs grain, elle est d’environ 90 qx/ha. Un rendement élevé n'est pas nécessairement un bon signe en soi. Un rendement très élevé obtenu grâce à une utilisation excessive d’engrais et de pesticides peut dégrader la qualité du sol et de l’eau à long terme, et donc nuire à la durabilité de l’exploitation. Une collectivité locale peut jouer un rôle moteur en facilitant l’installation de projets innovants comme l'agrivoltaïsme, contribuant ainsi à l'amélioration du rendement agricole sur son territoire.
Le Maïs Grain : Impacts de la Canicule et Disparités Régionales en 2025
La production française de maïs grain affiche une baisse significative de près de 10% par rapport à 2024. Cette diminution est une conséquence directe de la canicule estivale qui a particulièrement affecté le Sud-Ouest du pays. Les rendements sont fortement impactés sur les parcelles non irriguées. La récolte de maïs grain 2025 s'achève avec une nette avance par rapport à l’an dernier. À fin octobre, 90% des surfaces cultivées étaient déjà récoltées, contre seulement 55% en 2024. Selon l’observatoire de FranceAgriMer Céré’Obs, la date médiane du stade de récolte du maïs cette année présente une avance de 22 jours par rapport à l’année dernière et une avance de 2 jours par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
La production nationale, semences comprises, est estimée à 13,4 millions de tonnes, en recul de 10% par rapport à 2024, selon les dernières données du service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste). Le rendement moyen du maïs grain (hors semences) s'établit à 85,9 quintaux par hectare, soit une baisse de 10% comparé aux 95,5 q/ha de l'année précédente.
Cette diminution des rendements touche presque toutes les régions françaises, à l'exception du nord et de l'est du pays. Le grand Sud-Ouest est particulièrement affecté avec des baisses de rendement de 23% en Occitanie et 16% en Nouvelle-Aquitaine. Les Pays de la Loire (-26%), l'Auvergne-Rhône-Alpes (-18%) et le Centre-Val de Loire (-10%) subissent également de fortes diminutions. Dans ces cinq régions touchées par la canicule estivale, le rendement moyen atteint à peine 78 q/ha, soit un recul de plus de 14 q/ha par rapport à la moyenne 2020-2024. La situation est encore plus critique pour les parcelles non irriguées de ces territoires, où la perte de rendement frôle les 20 q/ha.
En revanche, dans le reste du territoire français, les performances sont meilleures avec un rendement moyen de 99 q/ha, supérieur de 6 q/ha à la moyenne quinquennale. Cette différence est encore plus marquée pour les parcelles non irriguées de ces régions, qui affichent un rendement de 95,4 q/ha, soit plus de 7 q/ha au-dessus de la moyenne 2020-2024. Le rendement du sorgho est également revu à la baisse, à 45,4 q/ha (-2,2 q/ha par rapport à l’estimation précédente), portant sa production à 0,29 Mt, en forte baisse sur un an (-36%) et à un niveau inférieur de 20% à la moyenne 2020-2024. Au niveau européen, les perspectives se sont également dégradées pour les cultures d'été.
Optimisation des Pratiques Culturales pour le Maïs
La préparation du sol avant le semis est une étape essentielle pour favoriser la levée et le développement de la plante. Le maïs possède un système racinaire superficiel, ainsi la préparation du sol doit permettre un bon enracinement de la plante. Une structuration homogène, sans obstacles ni zones creuses, va favoriser le réchauffement du sol, garantir une levée rapide et harmonisée, et permettre un enracinement plus profond de la plante qui sera en mesure de puiser les éléments nécessaires à son développement. Le maïs est semé en lignes espacées de 75 cm environ pour le bon ensoleillement des plantes, avec une graine tous les 13 cm sur la rangée pour le développement racinaire. La profondeur de semis optimale se situe entre 4 et 5 cm. Plus près de la surface, la graine serait davantage exposée aux attaques d’oiseaux et risquerait de ne pas germer en cas de conditions climatiques sèches les jours suivant le semis. Le semis est une étape très importante car la levée doit être rapide et homogène afin de garantir un bon départ pour la culture.
LES PRATIQUES CULTURALES DU MAÏS: 3ème Etape le désherbage et la fertilisation
C’est en été que l’évapotranspiration est maximale. Pour le maïs, il faut éviter les stress hydriques aux stades de la floraison et du développement des fleurs fécondées. En 2020, d’après le ministère de la Transition écologique, les usages agricoles ont représenté 11 % de l’eau prélevée en France, dont la presque totalité (92 %) dédiée à l’irrigation. Le maïs représente à lui seul 38 % des surfaces irriguées. Des progrès constants sont réalisés pour réduire la consommation en eau. En sélectionnant les variétés, les chercheurs renforcent la tolérance au stress hydrique au moment critique de la fécondation. Le maïs est également très résistant au stress hydrique en fin de cycle. Grâce à son métabolisme particulier, à l’efficacité de sa photosynthèse et à sa faculté à limiter la transpiration et les pertes d’eau, le maïs est une plante qui utilise efficacement l’eau.
Le désherbage du maïs peut être mécanique, chimique, ou une combinaison des deux méthodes. Pour une bonne efficacité, le désherbage chimique doit intervenir lorsque les adventices sont en début de développement, et prendre en compte le stade du maïs pour éviter tout problème de phytotoxicité.
Gestion des Ravageurs du Maïs
Plusieurs ravageurs du maïs peuvent affecter la plante au cours de son cycle de développement. Les ravageurs du maïs, insectes ou maladies, peuvent affecter le développement de la plante depuis le semis jusqu’à la récolte.
- Lutte biologique : Les trichogrammes sont des insectes dont les femelles pondent dans les œufs de la pyrale, en tuant l’hôte lors du développement de la larve de trichogramme.
- Lutte biotechnologique : L’utilisation de variétés de maïs génétiquement modifiées (maïs Bt) induit la production par la plante d’une protéine toxique pour la pyrale.
Le taupin (Agriotes lineatus) est le ravageur du sol le plus fréquent. C’est un coléoptère dont la larve particulièrement vorace occasionne des dégâts importants dans les cultures de maïs. La larve se développe pendant plusieurs années, avant que les adultes émergent au bout de la 6e année. Les dégâts sont essentiellement causés par la larve du taupin : elle consomme notamment les grains du maïs mais aussi les racines et les jeunes plants de maïs. Les larves remontent vers la surface du sol lorsque les conditions sont humides, propices aux attaques sur les plantes. Il n’existe pas de traitement curatif efficace contre les taupins ; la protection des cultures repose uniquement sur la prévention.
La chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica virgifera virgifera) est un coléoptère dont les larves présentes dans le sol se nourrissent des racines du maïs. Lors d’une forte infestation, les conséquences peuvent être importantes avec une baisse du rendement causé par un déficit nutritionnel, et un risque accru de verse des plantes du fait de l’affaiblissement de l’ancrage racinaire. Même si les principaux dégâts sont occasionnés par les larves, les insectes adultes peuvent consommer le feuillage ou les soies du maïs. La lutte biotechnologique, notamment le maïs Bt génétiquement modifié, est résistante à la chrysomèle du maïs.
La noctuelle du maïs (Sesamia vuetaria), aussi appelée sésamie, est un papillon nocturne dont la chenille et la nymphe provoquent des dégâts sur les pieds et les épis du maïs. Le cycle de développement de la noctuelle comprend 2 à 3 générations par an.
La Récolte et la Conservation du Maïs
La date de récolte est très dépendante des conditions climatiques et de l’ensoleillement, de la variété, de la localisation géographique, de la disponibilité du matériel (séchoir, ensileuse…). En général, la phase de récolte commence au début du mois d’octobre et s’achève à la fin du mois de novembre. En effet, une récolte précoce permet de travailler dans les champs dans de bonnes conditions climatiques, mais le séchage des grains de maïs sera plus coûteux. À l’inverse, une récolte plus tardive avec un taux d’humidité correct du grain sera réalisée dans des conditions plus humides avec un risque de tassement du sol. Par ailleurs, une récolte trop tardive augmente les risques de fusariose (champignon à l’origine de la production de mycotoxines), de verse et de casse d’épis.
Le maïs fourrage se récolte un peu plus précocement quand la plante est encore verte et les grains pas encore mûrs. L’objectif est d’aboutir à un bon compromis entre digestibilité par les animaux, qualité de conservation du fourrage et taux d’amidon. La principale difficulté pour l’agriculteur consiste à définir la date de récolte optimale, notamment grâce à l’observation du taux d’amidon dans le grain et au suivi du cumul des températures. Si le fourrage est trop sec, le stockage sous forme d’ensilage sera moins tassé, avec un renouvellement de l’air plus important : la présence d’oxygène entraînera une éventuelle dégradation des sucres. Si la récolte est plus humide, des jus peuvent s’écouler ; ils sont synonymes de perte de sucres par lessivage. Une fois la date déterminée, le maïs est récolté avec une ensileuse qui hache les plantes entières.
Le séchage des grains à l’air chaud permet d’augmenter la durée de conservation. Deux modes de conservation du maïs humide co-existent : le maïs broyé conservé sous forme ensilée, et le maïs entier inerté. Le maïs fourrage haché lors de la récolte est stocké puis tassé dans des silos, avant d’être recouvert par une bâche imperméable permettant sa fermentation en condition anaérobie pour sa conservation. L’absence d’oxygène dans le silo est nécessaire pour que les fermentations se déroulent correctement. L’ensilage est une méthode naturelle de conservation des fourrages sur l’exploitation, mettant en œuvre des bactéries qui transforment, en milieu humide et en absence d’oxygène, des glucides solubles en acide lactique.
La Production de Semences et la Rémunération des Multiplicateurs
La rémunération du travail des producteurs de semences, malmenée depuis trois ans, retrouve des couleurs. Mieux, cela devrait se poursuivre, au moins sur la campagne suivante, principalement en raison de la flambée des cours des matières premières agricoles. Ainsi, pour 2021, la marge brute d’un maïs semence a augmenté de plus de 30 % par rapport à 2020. Elle a atteint 2 710 €/ha, contre 2 038 €/ha, selon les chiffres publiés par la chambre d’agriculture des Landes, établis à partir d’un échantillon d’exploitations du département. Par rapport à la moyenne 2016-2020, la progression est de 25 %. Pour la récolte à venir, la hausse des charges fait toutefois craindre une nouvelle inversion des rémunérations pour certains. « Les prix des engrais et du GNR ont été multipliés par deux. L’enjeu est donc de pérenniser les rémunérations afin de soutenir les investissements et attirer de nouveaux producteurs. Car pour l’instant, si les surfaces augmentent sensiblement (+ 6 % en 2020), le nombre de producteurs ne cesse de baisser.
« Les agriculteurs sont de moins en moins intéressés par la production de semences », observe Romain Filiol, animateur à l’Anamso, l’association des producteurs de semences d’oléagineux. « Nous espérons que la revalorisation des prix va arrêter l’hémorragie. En production de semences, les contraintes de production sont de plus en plus fortes et les impasses techniques font grimper les charges », rappelle Romain Filiol. Le durcissement de la réglementation phyto incite par exemple un grand nombre d’agriculteurs à s’équiper de bineuses pour désherber sans produits phyto. Même si le rebond de la rentabilité apporte de l’oxygène, le sujet de la répartition de la valeur au sein de la filière production de semences suscite des tensions. « La balance commerciale des semences de maïs françaises est la meilleure de ces dernières années, avec une hausse des exportations de 5 %. Donc la valeur y est, le problème est au niveau de sa répartition », a lancé Pierre Vincens, représentant des agriculteurs multiplicateurs.
Pour la filière maïs, un audit a été réalisé pour objectiver l’évolution de la répartition de la valeur au fil des ans. Selon plusieurs acteurs, celle-ci se serait concentrée au niveau de la distribution. Ces discussions vont s’ouvrir au sein de Semae, l’interprofession des semences et plants (ex-Gnis). « L’un des objectifs de la filière est d’avoir autant de transparence que possible sur les prix, explique son directeur, Jean-Marc Bournigal. Il faut prendre en compte la totalité des éléments, comme la différence de marge entre la production de semences et les cultures de consommation, mais les situations sont très diverses entre les espèces et entre les zones, ce n’est donc pas facile à appréhender. » Pour le maïs, par exemple, les tensions se cristallisent dans la vallée du Rhône, où le coût de l’eau d’irrigation est élevé, ce qui grève les marges. Pour mener à bien ces échanges, « la capacité de négociation des acteurs est un aspect important, estime Jean-Marc Bournigal. L’organisation des agriculteurs multiplicateurs, par exemple à travers la construction d’organisations de producteurs, est un axe de réflexion ».
La Sélection Variétale et la Répartition du Rendement
Le rendement est l’un des principaux critères de sélection variétale, et les différences entre les variétés sont parfois importantes. Mais le rendement est également impacté par de nombreux éléments comme la météo, la fertilisation, le type de sol, etc. Ce potentiel de production est notamment étudié lors des essais d’inscriptions par le GEVES (Groupement d’Étude des Variétés Et des Semences). Le rendement annuel est évalué pour chaque variété. On distingue les premières coupes, les coupes d’été et les coupes d’automne (répartition du rendement).
L’idéal est d’avoir la meilleure répartition possible du rendement sur l’année. Le rendement d’été/automne exprime la capacité à pousser en période sèche et aussi en croissance d’arrière-saison, et est généralement lié à une bonne tolérance aux maladies. Ce rendement d’été/automne a été particulièrement travaillé par les sélectionneurs. En moyenne sur les différentes espèces, il est considéré que le rendement de printemps contribue pour les 2/3 du rendement annuel. Même si de nombreux facteurs influencent le rendement, choisir une variété à bon potentiel est un premier axe pour tendre vers plus d’autonomie fourragère.
Processus d'Hybridation et Contrôle de la Stérilité des Fleurs
Chaque agriculteur multiplicateur reçoit la quantité nécessaire en semences de bases de chacun des parents. Peu de temps avant la période favorable au traitement de stérilisation, l'agriculteur reçoit la quantité de CROISOR® correspondant à sa surface de porte-graine à traiter. La date de traitement est déterminée en fonction du stade physiologique des plantes. Au moment de la floraison, les fleurs du porte-graine, qui ne contiennent pas de pollen fécondant, s'ouvrent. S'il n'y a pas de pollen, la fleur reste vide et ne produira pas de grain. Selon les croisements et les conditions de l'année, la pollinisation croisée est plus ou moins complète. Pour être commercialisés comme hybrides, la réglementation exige qu’au moins 90% des grains récoltés soient le fruit de la fécondation croisée et non pas d'une autofécondation.
La réussite du traitement est d'abord contrôlée par l'observation visuelle d'une décoloration partielle de la plante (réaction de défense de la plante se traduisant par une perte de glaucescence des feuilles) et par un tassement des entre-nœuds (l'agent d'hybridation est aussi un régulateur de croissance). L'épreuve de vérité est la mesure du nombre de grains éventuellement présents sur les épis traités mais préservés d'une pollinisation : des cages couvertes d'un filet perméable à l'air et à l'eau mais imperméable au pollen sont disposées à intervalles réguliers dans les bandes traitées. Après pollinisation, on retire les filets. Si les épis ne contiennent pas de grain, c'est le signe qu'ils étaient bien stériles.
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