Le Projet "Monbazillac en Fruits" : Une Symphonie Agroforestière entre Vignes et Vergers en Dordogne

Le paysage vallonné et viticole de Monbazillac, en Dordogne, est le théâtre d'une initiative novatrice et profondément enracinée dans les principes du développement durable : le projet "Monbazillac en Fruits". Ce projet environnemental et sociétal, né de la volonté des vignerons et élu fin 2019 par les citoyens de Dordogne dans le cadre du budget participatif du Conseil Départemental, est sur le point de prendre racine, réintroduisant une harmonie ancestrale entre la vigne et l'arbre fruitier. Au-delà de ses ambitions écologiques et productives, la mise en place de ce projet vise à renforcer les relations entre la ville et la campagne, entre les citadins et les viticulteurs, créant ainsi un lien renouvelé et une valorisation mutuelle des territoires et des savoir-faire.

Vignes de Monbazillac avec des arbres fruitiers en bordure

L'Agroforesterie : Un Retour aux Sources Bénéfique pour la Biodiversité et la Résilience Viticole

Le cœur de cette initiative réside dans l'adoption de l'agroforesterie, une technique ancienne d’associer les arbres aux cultures. Si elle est remise au goût du jour, c’est parce qu’elle a largement fait ses preuves depuis l’Antiquité, offrant une multitude de vertus écologiques et agronomiques. La présence d’arbres sur les parcelles possède en effet bien des atouts pour l'écosystème viticole.

Premièrement, elle protège les cultures du vent et des intempéries. Les rangées d'arbres agissent comme des brise-vent naturels, réduisant l'impact des rafales qui peuvent endommager les jeunes pousses de vigne et stresser les plantes, en particulier dans un contexte de changements climatiques où les phénomènes météorologiques extrêmes tendent à s'intensifier. Cette barrière physique contribue à stabiliser le microclimat local, créant des conditions plus favorables à la croissance et à la maturation homogène du raisin. Les arbres peuvent également atténuer les effets des gelées tardives, en emprisonnant la chaleur rayonnée par le sol et en limitant les courants d'air froid.

Deuxièmement, l'agroforesterie renforce les pieds de vigne grâce à l’apport de matière organique dans le sol. Les feuilles mortes qui s’amoncellent sous les arbres forment une litière d’humus remarquablement fertile. Cette matière organique se décompose progressivement, enrichissant le sol en nutriments essentiels et améliorant sa structure. Un sol riche et vivant favorise le développement d'un réseau racinaire plus dense et profond pour la vigne, la rendant plus résiliente face aux périodes de sécheresse et aux maladies. De plus, les arbres aident à maintenir l'humidité du sol, réduisant l'évaporation et la nécessité d'une irrigation excessive. Cet écosystème enrichi soutient également une microfaune et une microflore du sol plus diversifiées, essentielles à la santé et à la fertilité des parcelles.

Enfin, l'un des aspects les plus significatifs est le développement de la biodiversité. Les arbres fruitiers servent d'habitat et de source de nourriture pour une multitude d'espèces animales et végétales. Les oiseaux, par exemple, peuvent y nicher et se nourrir des fruits, mais aussi picorer les parasites du raisin, offrant ainsi un contrôle biologique naturel et réduisant le besoin de traitements phytosanitaires. Les insectes pollinisateurs et auxiliaires trouvent également refuge et ressources dans cet environnement diversifié, contribuant à la santé globale de l'écosystème viticole. Ces arbres en libre-service, qui se situeront près de Pomport, en Dordogne, seront conçus par les vignerons avec des essences anciennes, résistantes aux maladies pour ne pas les traiter. Le tout bénéfice est donc multiple, alliant aspects écologiques, agronomiques et même économiques à long terme. La plantation d'arbres, avec l'agroforesterie, est d'ailleurs identifiée comme une des solutions pour que le vignoble s'adapte aux changements climatiques, qui perturbent les vignes du vignoble de Monbazillac. Selon Anthony Castaing, viticulteur intégré dans ce projet, on a des raisins qui ont des taux très élevés en sucre, donc qui vont donner des vins très riches en alcool alors qu'ils ne sont pas tout à fait mûrs.

L'agroforesterie, qu'est-ce que c'est ? #shorts #apprendrelevin

Le Projet "Monbazillac en Fruits" : Une Initiative Unique et Collaborative

Le projet "Monbazillac en Fruits" est plus qu'une simple plantation d'arbres ; c'est une vision intégrée qui unit tradition et innovation pour un avenir plus durable. Il est qualifié de projet unique en France, à l'initiative de viticulteurs du bordelais, où des arbres fruitiers sont mis en libre-service le long de leurs vignes. L'idée est née de la volonté des vignerons de Monbazillac, qui ont à cœur de défendre les notions de « bien manger » et d’une alimentation à base de produits sains issus de la biodiversité, accessible à tous.

Anthony Castaing, vigneron et désormais maire de Pomport, est l'une des figures clés à l'origine de cette initiative. Avant qu’il soit élu maire, déjà connu pour ses idées foisonnantes, il s’était réuni avec des copains avec une intention claire : « Nous voulions créer un capital sympathie pour les vignerons car c’était l’époque où l’on parlait beaucoup des zones de traitements polémiques. Ça avait créé des tensions. On voulait trouver quelque chose pour restaurer le dialogue, expliquer notre métier, entrer en contact avec les gens qui ne connaissent pas le monde agricole. » C’est en constatant que l’agroforesterie prenait de l’essor qu'il a eu l’idée de planter des arbres fruitiers dans le vignoble de l’appellation. Sans tergiverser plus que ça, les vignerons se sont lancés.

Ce projet se distingue par son caractère ouvert et participatif. Les fruits des arbres seront à disposition gratuitement des Périgourdins, en libre-service. Il sera possible de venir se servir au milieu des rangs de vignes. Ce geste fort de partage et d'accessibilité souligne la dimension sociétale du projet, visant à créer du lien et à sensibiliser le grand public à la richesse du terroir local et aux pratiques agricoles durables. Une signalétique sera mise en place pour se repérer tout au long du parcours, avec le message accueillant : « Monbazillac en Fruits - Servez-vous ! ». Le projet a démarré avec l'engagement d'une vingtaine de collègues vignerons qui ont signé une charte, et ce nombre devrait augmenter. Au total, 33 vignerons de l’appellation Monbazillac vont planter 600 arbres fruitiers près de leurs vignobles. Ces plantations se trouvent en bordure de parcelles de vigne, près de voies ou chemins ruraux. Les vignerons redoublent d’attention et de motivation pour accueillir les visiteurs, voisins ou touristes, et bien sûr les scolaires curieux d’observer la nature et de grandir au rythme de la pousse des arbres.

Panneau

Un Engagement Fort du Territoire et des Citoyens : Soutien Institutionnel et Participatif

L'ancrage territorial et le soutien citoyen ont été des piliers essentiels à la concrétisation du projet "Monbazillac en Fruits". L'initiative a bénéficié d'un financement substantiel et d'un accompagnement structuré, illustrant une synergie réussie entre les acteurs locaux et la population.

Le projet a reçu une subvention de 36 000 euros de la part du Conseil Départemental de la Dordogne. Ce financement a été attribué dans le cadre du budget participatif 2020, grâce au vote des habitants. Le budget participatif, une démarche démocratique innovante, permet aux citoyens de proposer et de choisir des projets d'intérêt général pour leur territoire. L'initiative a été retenue, permettant de financer la quasi-totalité des 35 000 euros nécessaires, principalement pour l’acquisition des arbres et le développement d’un outil de géolocalisation. Ce succès témoigne de l'adhésion du public à une vision d'agriculture plus respectueuse de l'environnement et plus proche des consommateurs. D'autres projets, comme la création d'une section handisport pour Gym Creysse avec une aide de 12 000 euros, ont également vu le jour grâce à ce mécanisme participatif, démontrant le dynamisme local.

Le projet est piloté par la Fabrique des Transitions en Bergeracois. Émanation de VITIREV en bergeracois, la Fabrique des transitions en Bergeracois est l’un des 14 laboratoires d’innovation territoriale créés autour de la transition écologique. Son rôle est crucial : elle assure une fonction de coordination et d'animation auprès d'un consortium d'acteurs locaux. Ce consortium est large et diversifié, incluant l'Interprofession des vins de Bergerac et Duras, la Chambre d’agriculture, les collectivités territoriales, des associations, des banques, et bien d'autres. C’est sur ce principe de collaboration que les Vergers dans les vignes ont vu le jour. La Fabrique des Transitions joue un rôle fédérateur, permettant de mobiliser les compétences et les ressources nécessaires pour transformer l'idée en réalité concrète et durable. VITIREV est le projet proposé par la Région Nouvelle-Aquitaine et retenu par l’État dans le cadre de l’appel à projets « Territoires d’innovation ».

L'implication des écoles de la région est un autre aspect fondamental du projet. Les écoles des 5 communes associées au projet seront associées lors de la plantation. À l'automne 2020, avec la participation des écoles de la région, des plantations sont prévues. Deux arbres seront plantés symboliquement par les enfants dans chaque cour d’école. Fin novembre, les élèves de CM2 de la Ville de Ribérac ont pu planter des arbres de variétés différentes pour l'opération "un arbre pour les CM2", illustrant l'engagement éducatif plus large en Dordogne. Cette démarche pédagogique vise à sensibiliser les jeunes générations à l'importance de la biodiversité, de l'agroécologie et du patrimoine naturel. Un jeu sur l’agro-écologie a d'ailleurs été élaboré en partenariat avec les écoles par des élèves de CM1 et CM2, illustrant la richesse des actions menées par la Fabrique des Transitions. Ces opérations les invitent à respecter la nature et à contribuer à enrichir la biodiversité, en récupérant les noyaux des fruits pour les planter à leur tour et perpétuer le cycle de la vie végétale, soulignent les enseignants. Cette approche intergénérationnelle assure la pérennité du projet et diffuse une culture de respect de l'environnement.

Sélection des Essences et Techniques de Plantation : Un Savoir-Faire Ancestral et Local

La réussite d'un projet agroforestier repose en grande partie sur le choix judicieux des essences végétales et la maîtrise des techniques de plantation. Dans le cadre du projet "Monbazillac en Fruits", une attention particulière a été portée à ces aspects, combinant expertise scientifique et sagesse populaire.

Les variétés plantées seront sélectionnées parmi les espèces les plus robustes, pour éviter les traitements et obtenir les meilleurs fruits, savoureux et authentiques. Pour cela, les vignerons se sont rapprochés des pépiniéristes de la région pour acheter des arbres de "type rustiques", précise Anthony Castaing. Cette démarche de sélection s'est faite en collaboration avec le Conservatoire végétal régional, situé à Montesquieu, près d’Agen. Ce conservatoire met en valeur les essences oubliées depuis quarante ans. L'objectif n'était pas de choisir n'importe quels fruitiers. Anthony Castaing explique : « On ne voulait pas forcément des arbres qui donnent de gros fruits, mais plutôt ceux qui ont du sens chez nous, qui ont existé mais ont disparu, ou alors que nous avons oubliés. » Cette approche vise non seulement à garantir la robustesse des arbres face aux maladies et aux aléas climatiques, mais aussi à sauvegarder un patrimoine régional fruitier souvent méconnu. On trouve ainsi, au fil de la promenade, une grande variété d’essences, parfois anciennes ou en voie de disparition. Les arbres fruitiers donneront donc peut-être un peu moins de fruits, mais de meilleure qualité, sans traitements chimiques.

La plantation des jeunes plants suit des méthodes éprouvées, incluant des gestes traditionnels comme le "pralinage". Anthony Castaing, plant de poirier à la main, explique aux enfants : « Il va falloir le praliner. Ça consiste à tremper les racines dans un mélange de bouse de vache, de terre et d’eau. Enrober les racines de ce pralin, ça va permettre de les cicatriser, favoriser la repousse de nouvelles, et plein de micro-organismes vont entrer en symbiose avec le plant. » Cette technique ancestrale permet de protéger les racines fragiles des jeunes arbres, d'améliorer leur reprise après plantation et de favoriser un développement racinaire sain grâce à l'apport de matière organique et la stimulation de la vie microbienne du sol. En tout, jeudi 17 décembre, ils ont planté deux poiriers et un néflier sur un petit terrain entre leur école et la mairie du village, en collaboration avec les écoliers.

Environ 800 arbres fruitiers seront plantés en Dordogne dans le vignoble de Monbazillac. Si autrefois, il n’était pas rare que les anciens plantent tous les 10 ou 15 rangs de vigne un rang d’arbres fruitiers, ceci étant compliqué à faire de nos jours avec les machines agricoles, il a été choisi de les placer à l’orée des rangs, au bord des chemins de randonnée ou près des petites routes. Les plantations sont prévues pour l’automne 2020. Pour profiter des premiers fruits, il va falloir se montrer patient, nature oblige. L’apparition des fruits - donc de la cueillette - devrait intervenir dans 5 à 10 ans. D’ici là, le chemin est tracé pour une viticulture enrichie et un patrimoine arboricole restauré.

Enfants en train de planter un arbre fruitier

Innovation et Accessibilité : La Digitalisation au Service du Patrimoine

L'intégration des technologies numériques est un élément clé du projet "Monbazillac en Fruits", visant à améliorer l'accessibilité, la connaissance et l'expérience des visiteurs. Cette approche moderne complète parfaitement la démarche agroforestière, en offrant des outils interactifs pour découvrir ce nouveau patrimoine naturel.

Un site internet est en cours de développement où l’on trouvera une géolocalisation de chaque verger. Cette plateforme numérique permettra aux promeneurs de localiser précisément les arbres fruitiers disséminés dans le vignoble. Une application mobile est également en cours de finalisation. Celle-ci permettra de localiser les arbres, d'identifier leurs espèces, et de connaître les périodes de récolte. Cet outil est conçu pour être un véritable guide pour les visiteurs, transformant la promenade en une expérience éducative et interactive. En plus de ces informations pratiques, l'application servira aussi pour des itinéraires de randonnées dans le vignoble. Les vignerons vont se rapprocher des pépiniéristes de la région pour acheter des arbres, mais aussi pour créer un site internet pour géolocaliser ces arbres.

Ces outils digitaux répondent à un besoin concret des randonneurs et des curieux, car, comme le souligne Anthony Castaing, « Cela permettra aux promeneurs de les trouver plus facilement. » L'idée est de faciliter l'accès aux fruits en libre-service, tout en valorisant le patrimoine arboricole et en encourageant l'exploration du territoire. L'application enrichira l'œnotourisme en général, en proposant des parcours thématiques qui combinent découverte des vignobles, dégustation de vins et cueillette de fruits frais. Elle s'inscrit dans la continuité de la "Route des Vins de Bergerac et Duras", un formidable parcours à travers les propriétés viticoles, que vous pouvez sillonner à pied ou à vélo. En digitalisant l'expérience, le projet "Monbazillac en Fruits" offre une nouvelle dimension à la découverte du territoire, rendant l'agriculture plus transparente et interactive pour le grand public.

Interface d'une application de géolocalisation d'arbres fruitiers

Les Vignerons de Monbazillac : Pionniers de la Transition Écologique

Les vignerons de Monbazillac, acteurs centraux du projet "Monbazillac en Fruits", se positionnent en véritables pionniers de la transition écologique dans le secteur viticole. Leur engagement va bien au-delà de la simple plantation d'arbres, il s'inscrit dans une démarche globale de viticulture durable et de responsabilité environnementale.

Ces vignerons ont à cœur de défendre les notions de « bien manger » et d’une alimentation à base de produits sains issus de la biodiversité, accessible à tous. Cette philosophie se traduit par une volonté d'offrir des fruits de qualité, cultivés sans traitements, et de partager les richesses de leur terroir avec le plus grand nombre. En choisissant des essences anciennes et robustes pour leurs plantations fruitières, ils garantissent des fruits sains et savoureux, renforçant ainsi la biodiversité et la résilience de l'écosystème viticole.

Leur engagement se manifeste également à travers leurs pratiques agricoles. Selon les vignerons de Monbazillac, 20% de leurs exploitations sont certifiées Agriculture biologique et Haute valeur environnementale, et 60% sont engagées dans une démarche environnementale. Ces certifications et engagements attestent d'une volonté forte de réduire l'impact écologique de leur activité, de préserver la qualité des sols et de l'eau, et de favoriser la biodiversité au sein de leurs parcelles. La certification Haute Valeur Environnementale (HVE), par exemple, récompense les exploitations qui atteignent des seuils élevés en matière de biodiversité, de stratégie phytosanitaire, de gestion de la fertilisation et de la ressource en eau. Ces démarches montrent une prise de conscience accrue et une action concrète face aux défis environnementaux contemporains.

Le changement climatique est une préoccupation majeure pour les vignerons, comme l'explique Anthony Castaing. Le vignoble de Monbazillac, comme beaucoup d'autres, est confronté à des perturbations qui affectent la qualité et la maturité des raisins. « On a des raisins qui ont des taux très élevés en sucre, donc qui vont donner des vins très riches en alcool alors qu'ils ne sont pas tout à fait mûrs », explique-t-il. Face à ces défis, la plantation d'arbres fruitiers, via l'agroforesterie, est perçue comme une solution concrète pour aider le vignoble à s'adapter. Les arbres contribuent à réguler le microclimat, à améliorer la santé des sols et à favoriser la biodiversité, autant de facteurs qui renforcent la résilience des vignes face aux variations climatiques. Cette adaptation de la viticulture à la demande du grand public, de plus en plus soucieux de l'environnement, est une preuve de la modernité et de la vision d'avenir des vignerons de Monbazillac.

Vignerons de Monbazillac discutant dans un vignoble

Perspectives et Impact Sociétal : Cultiver le Lien Humain et Naturel

Le projet "Monbazillac en Fruits" porte en lui une vision à long terme, celle de cultiver non seulement des fruits, mais aussi des liens, des connaissances et un avenir durable pour le territoire. Ses retombées potentielles s'étendent bien au-delà des parcelles agricoles, touchant aux sphères sociale, éducative et touristique.

L'une des principales perspectives est le renforcement du lien entre la ville et la campagne, entre les citadins et les viticulteurs. Les vignerons se sont montrés enthousiastes à l’idée d’ouvrir leurs parcelles au grand public, malgré la charge de travail et l’engagement supplémentaires que cela représentait. Cette ouverture crée une opportunité unique pour les habitants et les visiteurs de découvrir le travail des vignerons, de comprendre les enjeux de l'agriculture locale et de renouer avec la nature. L’idée est de développer les contacts avec les producteurs, et l’œnotourisme en général, enrichissant l'offre touristique de la région, déjà dotée de la "Route des Vins de Bergerac et Duras". Cet aspect participatif et convivial se manifeste aussi à travers la mise à disposition gratuite des fruits, invitant chacun à une cueillette familiale et respectueuse.

L'impact éducatif est également considérable. L'association des écoles des cinq communes du territoire au projet, notamment lors des plantations, est une démarche essentielle. Les enfants, en plantant symboliquement deux arbres dans chaque cour d’école et en participant à des ateliers comme le pralinage, deviennent des acteurs de la transition écologique. Cette immersion pratique leur permet de comprendre le cycle de la vie végétale, l'importance de la biodiversité et les principes de l'agroécologie. « Cette opération les invite à respecter la nature et à contribuer à enrichir la biodiversité, en récupérant les noyaux des fruits pour les planter à leur tour et perpétuer le cycle de la vie végétale », soulignent les enseignants. Cette éducation par l'action forge des citoyens plus conscients et responsables, capables de prendre soin de leur environnement.

Enfin, le projet contribue à maintenir un équilibre sur ces coteaux touristiques, à quelques kilomètres de Bergerac. Les 33 exploitations, domaines et châteaux engagés dans cette aventure s'assurent non seulement du suivi cultural des arbres, mais aussi de l'accueil des visiteurs. Vignerons de tous horizons, indépendants, coopérateurs, en Agriculture biologique, en Haute valeur environnementale, jeunes et moins jeunes, tous participent à cette dynamique collective. Les exemples foisonnent dans le Bergeracois, tant le champ d’actions est vaste et concerne l’ensemble des forces vives du territoire, qu'il s'agisse des Vergers dans les vignes, des jeux sur l'agro-écologie, ou d'autres initiatives soutenues par la Fabrique des Transitions. Le projet "Monbazillac en Fruits" est ainsi une illustration vivante de la capacité d'un territoire à innover et à s'adapter, en s'appuyant sur ses racines pour construire un avenir florissant et partagé.

Famille cueillant des fruits dans un verger en Dordogne

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