Le Prunier : Identification et Traitement des Petits Insectes et du Miellat

Le prunier, un arbre fruitier apprécié pour ses récoltes généreuses, est malheureusement sujet à de nombreuses maladies et attaques de parasites divers. Champignons, bactéries et virus, pucerons et autres insectes peuvent affaiblir l'arbre, réduire sa productivité et compromettre la qualité des fruits. Pour soigner un prunier malade ou infesté, il est primordial d'appliquer le bon traitement au bon moment pour une efficacité optimale. Tous les pruniers seront soignés de la même façon, qu'il s'agisse du prunier Reine-Claude, Mirabelle ou Quetsche, car il n'existe pas de traitement spécifique pour chaque variété.

Prunier sain et prunier infesté

Identifier les Pucerons : La Menace des Petits Insectes Sucriers

Les pucerons sont des ravageurs sérieux qui affectent une large gamme d'arbres fruitiers, y compris l'abricotier, le cerisier, le poirier et le pommier. Ils sont un peu la terreur du jardinier, et leur apparition prend souvent au dépourvu. Il est donc important de savoir les reconnaître et les observer pour protéger les plantes au mieux, en fonction de chaque situation.

Comment Repérer les Pucerons ?

Les pucerons sont souvent visibles au printemps, agglomérés sur les jeunes pousses encore tendres des plantes. Ils sont plus faciles à repérer lorsqu'ils sont noirs, bruns ou jaunes, mais plus discrets quand ils sont verts ou blanc-vert. La présence de miellat collant sur les feuilles et la tige d'une plante est également un bon indicateur de la présence de pucerons, cochenilles ou aleurodes (mouches blanches). Pour les repérer, il faut observer particulièrement la tige et le dessus et dessous des feuilles. Suivre les fourmis peut aussi aider : la présence de fourmis stationnant pour certaines sur une plante, allant et venant pour d'autres le long d'un tronc ou d'une tige, trahit bien souvent la présence de pucerons sur les parties vertes et tendres de la plante. Les fourmis peuvent aussi mener à des cochenilles dans certains cas.

Feuilles de prunier avec miellat et fumagine

Il faut savoir que certaines fourmis élèvent littéralement des pucerons comme un troupeau et récoltent le miellat, riche en sucres et acides aminés, en frottant leur corps avec leurs antennes. Cette coévolution s'est effectuée sur des millions d'années, pour aboutir à un système gagnant-gagnant entre ces insectes : les fourmis défendent les pucerons et éliminent la plupart du miellat excédentaire qui n'est autre que leurs excréments. Sans cette récolte, la plante serait vite couverte de miellat puis de champignons rendant la vie du puceron impossible sur cette plante. À un stade avancé, le miellat qui s'accumule en excès peut en effet former une pellicule noire sur la plante, le fameux champignon appelé fumagine, empêchant peu à peu les pucerons de s'alimenter, et la plante de réaliser une bonne photosynthèse.

Il est également utile de repérer la coccinelle, friande de pucerons, et dont la larve noire et orangée est encore plus gourmande.

Les Différentes Espèces de Pucerons Affectant le Prunier

Plusieurs espèces de pucerons se relayent sur le prunier au fil de la saison, provoquant des dégâts directs en affaiblissant les arbres et en perturbant leur croissance, mais aussi des dégâts indirects en favorisant le développement de maladies secondaires comme la fumagine.

  • Le puceron farineux du prunier (Hyalopterus pruni) : Les adultes sont verts, mais recouverts d'une substance cireuse blanche poudrée, qui les fait paraître gris à vert clair. Ils hivernent au stade d'œuf à la base des bourgeons floraux et éclosent au printemps, au moment de la floraison des bourgeons. Ces individus sans ailes demeurent dans les arbres et peuvent littéralement "paver" le dessous des feuilles. Les températures plus chaudes de l'été déclenchent l'apparition des adultes ailés, qui se déplacent alors vers des hôtes alternatifs, en particulier les roseaux. Ces individus ailés retournent dans les arbres fruitiers en automne afin d'y pondre leurs œufs, qui y hiverneront. Hyalopterus pruni est originaire du bassin méditerranéen et a été introduit en Amérique du Nord en 1879 où il est devenu un ravageur d'importance. Les hôtes primaires (au printemps et à l'automne) sont des plantes appartenant au genre Prunus, notamment les pruniers cultivés (Reine-Claude, Mirabelle, Quetsche) ainsi que les abricotiers, pêchers, nectariniers et amandiers. Les hôtes secondaires (en été) sont des graminées présentes dans des zones humides, essentiellement des roseaux (Phragmites), de joncs et de molinies.
    • Symptômes spécifiques : Contrairement à de nombreuses espèces, le puceron farineux du prunier ne provoque pas d'enroulement des feuilles, mais leur grand nombre et la grande quantité de sève qu'ils prélèvent vont les faire jaunir et chuter prématurément. L'arbre s'affaiblit, les fruits se développent mal et pourrissent. Un autre signe caractéristique est la présence abondante de miellat qui va recouvrir le feuillage et les fruits, favorisant l'apparition de la fumagine.
  • Le puceron vert du prunier (Brachycaudus helichrysi) : Corps vert tendre, parfois jaunâtre, formes ailées plus sombres avec une tache pigmentée sur l'abdomen. Les jeunes feuilles se crispent nettement et s'enroulent ; les rameaux perdent de la vigueur.
  • Le puceron brun du pêcher / du prunier (Brachycaudus prunicola) : Tête noire brillante, abdomen orangé brunâtre.
  • Le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) : Formes ailées vert taché de noir, thorax sombre ; formes aptères vert clair. Il se trouve sur les pêchers bien sûr, mais aussi sur d'autres Prunus comme l'abricotier ou le prunier, ainsi que sur diverses plantes potagères et ornementales. Ce puceron est aussi attiré par le choux, le colza, mais la moutarde noire a tendance à le repousser.
  • Puceron cendré du pommier / du prunier : de couleur vert poudré de blanc, il se rencontre également sur le colza, les radis, la moutarde, le brocoli, etc.

Les pucerons causent une déformation du feuillage, un retard de croissance et favorisent la fumagine, une maladie secondaire causée par le miellat qu'ils sécrètent. Lorsque les dégâts d'alimentation sont importants, ils affaiblissent les arbres fruitiers, dont la vigueur s'en trouve diminuée. Le miellat est ensuite colonisé par les champignons de la fumagine, qui peuvent recouvrir les surfaces des feuilles comme des fruits. Ceci a pour effet de réduire encore davantage la productivité de l'arbre, et provoque souvent un léger enroulement des feuilles et une teneur plus faible en sucre des fruits, ce qui les rend invendables. Lorsque cela se produit en grands nombres, ce phénomène peut provoquer la chute prématurée des feuilles et l'atrophie des fruits.

Les Autres Ravageurs du Prunier

Outre les pucerons, le prunier est la cible de divers autres insectes et parasites qui nécessitent une surveillance attentive.

Les Cochenilles

De nombreuses cochenilles peuvent s'installer durablement sur le prunier. Elles se fixent sur l'écorce, les jeunes pousses ou le feuillage, d'où elles prélèvent la sève, entraînant un affaiblissement de l'arbre, le développement de nombreux gourmands et le dépérissement de branches. Les fruits peuvent être affectés dans leur taille ou leur poids, et de la fumagine peut apparaître.

  • Cochenille ostréiforme (Diaspidiotus ostreaeformis) : Bouclier rigide rappelant une petite coquille, fixé sur rameaux et écorce. Ses piqûres provoquent déformations, dessèchements successifs et, dans les cas avancés, la mort de portions entières de branches.
  • Cochenille rouge du poirier (Epidiaspis leperii) : Bouclier circulaire clair avec un centre rouge sombre, corps rosé dessous. Les fortes colonies créent des croûtes épaisses sur les branches, entraînant fentes, ralentissement de croissance et dessèchement de rameaux.
  • Lécanium du cornouiller / de la vigne (Parthenolecanium corni) : Cochenille globuleuse brun acajou, brillante.
  • Lécanium du pêcher (Parthenolecanium persicae) : Forme plus allongée, brun rouge, avec une carène médiane bien visible.

Les Vers et Chenilles Fructicoles

Plusieurs lépidoptères et hyménoptères sont responsables de dégâts importants sur les fruits du prunier.

  • L'hoplocampe du prunier (ver du cordonnier) : Un petit hyménoptère qui dépose ses œufs à l'intérieur de la fleur du prunier. La larve blanchâtre à jaunâtre, longue d'environ 10 mm, pénètre dans le fruit, creuse jusqu'au noyau et peut détruire plusieurs prunes successivement, laissant un trou circulaire caractéristique.
  • Le carpocapse des prunes : Ce lépidoptère pond à la surface des prunes. Ce sont les larves qui se nourrissent du fruit, creusant des galeries dans la chair. Les prunes peuvent exsuder de la gomme en réaction à ces perforations. Les fruits attaqués tombent ou bien sont abîmés. À son dernier stade, la larve est rose vif et les galeries à l'intérieur des fruits sont souillées par les excréments.
  • La petite tordeuse des fruits (tordeuse orientale du pêcher) : A un fonctionnement similaire à celui du carpocapse. La larve pénètre dans le fruit par une perforation en spirale (le trou est simple pour le carpocapse), elle est grise à rose clair et rejette ses excréments à l'extérieur du fruit. La larve de ce papillon s'introduit dans les jeunes pousses ou les fruits en formation. Elle commence blanche puis rosit en grandissant. Les jeunes pousses atteintes se flétrissent soudainement et laissent apparaître une perforation près de l'extrémité. Dans les fruits, la tordeuse creuse des galeries qui perturbent leur développement.
  • Le carpocapse de la prune : Ce petit papillon noir gris dépose ses œufs directement sur les fruits. Les chenilles, d'un rouge carmin caractéristique, perforent la peau et progressent vers le noyau en laissant derrière elles de fines déjections. Les fruits touchés tombent bien avant maturité. Une petite goutte de gomme peut parfois apparaître au point d'entrée, signe précoce de l'activité de la larve.

Les Acariens

Ces acariens microscopiques hivernent sous forme d'œufs sur les rameaux. Dès le printemps, leur population augmente rapidement. Ils piquent les cellules du revers des feuilles pour en aspirer le contenu, réduisant la surface photosynthétique et affaiblissant l'arbre.

  • Les araignées rouges : Elles piquent les feuilles, provoquant la chute prématurée de celles-ci et donc un affaiblissement de l'arbre. Avant de tomber, les feuilles peuvent prendre une coloration métallique, jaune ou encore brune, selon l'acarien présent.
  • Les phytoptes : Les phytoptes à galles provoquent le développement de galles à la base des bourgeons, entraînant la déformation des bourgeons et donc des défauts dans le développement de nouveaux rameaux et dans la production de fruits. Les phytoptes libres causent des décolorations sur les feuilles à partir du mois de juin, puis les feuilles brunissent et l'arbre se défeuille très rapidement à partir du haut. Les jeunes pousses se déforment.

Prévention et Traitement Intégré contre les Ravageurs

La prévention est la meilleure arme contre les ravageurs du prunier. Une approche intégrée associant des mesures préventives à des traitements biologiques et, si nécessaire, chimiques, est essentielle pour maintenir la santé de l'arbre et la qualité de la récolte.

Identifier et lutter contre les maladies et ravageurs des pêchers

Mesures Préventives Générales

  • Sélection de variétés résistantes : Choisir des variétés adaptées aux conditions locales et plus résistantes au stress environnemental et aux ravageurs est une première étape cruciale. Arboriverse, spécialiste de la vente en gros de plantes fruitières, propose des plants rigoureusement sélectionnés pour leur robustesse et leur adaptation.
  • Inspection régulière : Inspecter régulièrement les vergers afin de détecter tout signe du ravageur. Le suivi continu des vergers et l'intervention précoce aident à limiter les dégâts et à maintenir la rentabilité des cultures.
  • Encourager la biodiversité : La biodiversité au sein du verger aide à attirer des prédateurs naturels tels que les coccinelles, les chrysopes et les syrphes, qui régulent efficacement les populations de pucerons. L'installation de haies fleuries et de bandes herbeuses attire les insectes bénéfiques qui se nourrissent de pucerons. Ménager une zone sauvage dans le jardin en gardant des herbes hautes fauchées seulement en fin d'été ou à l'automne, des tas de bois, des haies champêtres, favorise la présence d'une grande biodiversité et donc d'insectes auxiliaires gourmands en pucerons.
  • Fertilisation équilibrée : Une fertilisation équilibrée, sans excès d'azote, limite la croissance rapide des jeunes pousses, qui sont particulièrement appréciées par les pucerons. L'excès d'azote favorise la croissance de tissus tendres, particulièrement attractifs pour les pucerons.
  • Entretien du verger :
    • Taille contrôlée : La taille contrôlée, combinée à une fertilisation raisonnable et à la gestion des résidus végétaux, aide à prévenir la prolifération des ravageurs. Effectuer une taille régulière d'éclaircie, et préférer la taille en vert pour les arbres vigoureux.
    • Nettoyage hivernal : Le nettoyage hivernal des arbres est recommandé pour éliminer les œufs de pucerons et réduire la pression des ravageurs pour la saison suivante. En prévention, les traitements d'hiver sont très utiles.
    • Arrosage régulier : Un arrosage régulier aide à renforcer la résistance des arbres. Effectuer une bonne irrigation en période chaude et espacer les plants.

Lutte Biologique et Méthodes Naturelles

La lutte biologique contre le puceron farineux du prunier donne de bons résultats si l'infestation est prise relativement tôt en saison. Bien que très prolifique, ce ravageur peut être facilement contrôlé en surveillant régulièrement les arbres et en n'agissant pas trop tard.

  • Utilisation d'auxiliaires naturels :
    • Pucerons parasitiques : Plusieurs pucerons parasitiques attaquent ce ravageur, Aphidius colemani étant le plus courant.
    • Coccinelles : Dès que les pucerons sont détectés et que le risque de gelées nocturnes est écarté, il est possible d'utiliser des coccinelles à 2 points (Adalia bipunctata). Les adultes sont moins sensibles aux fourmis et se répartissent dans tout l'arbre pour dénicher les pucerons. D'autres espèces de coccinelles comme Exochomus nigromaculatus (qui consomme 40 pucerons du prunier chaque jour), Scymnus apetzi et Scymnus (Pullus) subvillosus sont également des candidats prometteurs.
    • Autres prédateurs : Les prédateurs de Hyalopterus pruni incluent les larves de certaines espèces de bombyles et de cécidomyies. Les syrphes et les chrysopes sont également de bons prédateurs. L'installation d'un abri à chrysopes dans le jardin les aidera à passer l'hiver.
    • Champignons pathogènes : Le champignon pathogène Neozygites fresenii infecte également ce ravageur, mais ses effets sur ses populations sont inconnus.
  • Solutions naturelles :
    • Savon noir : Une solution diluée de savon noir (15 à 20 g par litre d'eau) pulvérisée sur les zones infestées asphyxie les pucerons. Le traitement est à appliquer à chaque infestation. Mélanger à un litre d'eau douce tiède 2 cuillères à soupe de savon noir, une cuillère à soupe d'huile de colza et une cuillère à café d'alcool à 70°. Agiter énergiquement et pulvériser sur les plantes. L'utilisation d'un mélange eau + savon noir ou huile d'olive semble avoir une action asphyxiante contre les cochenilles.
    • Huile de neem : C'est un insecticide naturel qui perturbe le développement des pucerons. Des insecticides organiques à base d'huile de margousier peuvent être appliqués au printemps si les autres traitements n'ont pas donné les résultats escomptés.
    • Purin d'ortie : Utilisé à la fois comme engrais et comme répulsif contre les pucerons. Il est à diluer à 5% dans de l'eau douce et à pulvériser sur la plante, sans oublier le dessous des feuilles.
    • Décoctions de plantes : Les décoctions d'ail, les infusions de menthe poivrée ou de lavande, ont une action répulsive. La macération de rhubarbe est un insecticide naturel efficace contre les pucerons. Les décoctions de prêle, d'orties, de rhubarbe ou le purin sont aussi largement utilisés en général.
    • Eau : Asperger la plante à grande eau pour déloger la plupart des petites bêtes. Cette action simple est généralement efficace et peut éviter un traitement ultérieur, surtout si on renouvelle l'opération.
  • Pièges :
    • Colliers de glu : À mettre autour du tronc du prunier, ils empêchent les fourmis de s'occuper des pucerons. Ils peuvent notamment être utilisés en complément lors de l'utilisation d'auxiliaires prédateurs, car un des rôles des fourmis est la défense des pucerons contre les agresseurs. L'efficacité des coccinelles à 2 points peut être renforcée avec l'application de glu arboricole sur le tronc qui empêchera les fourmis de monter dans l'arbre. Poser des bandes de glu autour des troncs d'arbres, en large bande d'au moins 10-20 cm tout autour du tronc avant l'arrivée des fourmis et pucerons dès le mois de mars.
    • Pièges à phéromones : Couramment utilisés pour lutter contre les chenilles des fruits (carpocapse, tordeuse). Ils sont spécifiques aux espèces et permettent de surveiller et de réguler la population, évitant la ponte et donc l'agression sous forme de chenille. Pour l'hoplocampe, déposer des pièges englués sur le tronc du prunier, la période optimum étant la fin de la chute des pétales.
  • Associations de plantes : Planter des plantes réputées répulsives à côté des plantes sensibles aux pucerons ou jeunes plantations (rue fétide, absinthe, œillet d'Inde, lavande, origan, thym, sarriette, menthe, aneth, Tulbaghia à forte odeur d'ail) aide à repousser les pucerons. Les variétés vigoureuses de capucines attirent également les pucerons sans trop pâtir de leur présence, ainsi que les insectes auxiliaires qui protégeront les cultures par la suite.
  • Élimination des fourmis : Si l'on sépare les pucerons de leur collaboration avec les fourmis, ils deviennent beaucoup moins résistants à leurs prédateurs (comme les larves de coccinelles).

Contrôle Chimique (en dernier recours)

Les traitements chimiques doivent toujours être envisagés dans une approche intégrée, après avoir épuisé les mesures préventives et biologiques. Ils doivent viser les œufs durant la période dormante retardée.

  • Huiles minérales : Peuvent être utilisées. Cependant, leur application est à évaluer avec soin, car elles pourraient endommager les jeunes pousses, en particulier par mauvais temps (averses excessives, températures glaciales ou vents secs). Le traitement d'hiver à l'huile blanche est aussi conseillé. Un produit à base d'huile de colza est à pulvériser sur les branches avant l'apparition des feuilles et des fleurs, il va agir en détruisant les œufs du puceron farineux du prunier.
  • Insecticides spécifiques : Les insecticides chlorpyriphos et esfenvalérate peuvent être utilisés. Cependant, il est important de noter que de nombreux produits naturels pour lutter contre les pucerons du prunier sont généralement peu sélectifs et vont tuer aussi bien les pucerons que leurs prédateurs (c'est le cas des produits à base de pyrèthre). Ils ont aussi une efficacité partielle, les pucerons qui n'auront pas été atteints par le traitement vont de nouveau se multiplier rapidement. Seuls les traitements sélectifs sont préférés pour protéger les insectes bénéfiques.

Les Maladies du Prunier : Un Autre Enjeu Majeur

Le prunier est également vulnérable à diverses maladies causées par des champignons, des bactéries et des virus. Une gestion attentive et des traitements appropriés sont nécessaires pour les contenir.

Maladies Cryptogamiques (fongiques)

  • La rouille du prunier : Les champignons Tranzschelia sont responsables de cette maladie qui entraîne un affaiblissement de l'arbre et des défauts de développement des fruits. Les symptômes : les feuilles sont tachées de spores bruns sur leur revers et de taches jaunes sur l'endroit ; elles finissent par chuter. Il n'y a à ce jour aucun produit de biocontrôle efficace contre la rouille du prunier. Il faut détruire les feuilles tombées au sol et celles toujours sur l'arbre, qui sont des réservoirs à spores.
  • La moniliose : Le champignon Monilia laxa pénètre le plus souvent dans l'organisme de l'arbre par les fleurs, mais aussi parfois par une plaie. Les fleurs se dessèchent, tout comme les rameaux. Les fruits présentent des cercles de pourriture brune entourés de coussinets de spores blancs. La lutte contre la moniliose consiste à effectuer des applications de bouillie bordelaise : un premier traitement du prunier au printemps, juste avant le débourrement, puis avant que les fleurs ne soient ouvertes. Les organes malades doivent être supprimés et détruits, aussi bien sur l'arbre qu'au sol. Éliminer les parties atteintes, rameaux et fruits momifiés.
  • La cloque : Taphrina pruni est un champignon qui s'attaque principalement aux fruits, provoquant leur déformation. Il faut supprimer tous les fruits atteints. Appliquer de la bouillie bordelaise avant le débourrement puis à la chute des pétales.
  • Le coryneum à criblure : Des taches rouge violacé apparaissent sur les feuilles du prunier, provoquée par le champignon Coryneum beijerinckii. Les rameaux peuvent être atteints et laisser exsuder de la gomme. Il faut appliquer de la bouillie bordelaise à la chute des feuilles, en automne, puis juste avant le débourrement. Le cuivre, sous forme de bouillie bordelaise notamment, est ici encore utilisé. Les applications se font comme pour la cloque, une première avant le débourrement puis à la chute des pétales.

Effets de la bouillie bordelaise

Attention : La bouillie bordelaise est certes très efficace, mais son utilisation doit être limitée au plus juste, car elle est toxique pour l'environnement. Veiller à ne jamais dépasser les doses prescrites par le fabricant, voire à les minorer. Le port de gants, masque et lunettes est nécessaire lors de l'application de ce mélange cuprique.

  • Le phellin du prunier : Il s'agit d'un champignon lignivore, parasite en premier stade puis saprophyte, plus particulièrement présent chez les Prunus. Ce polypore forme une sorte de chapeau beige brun collé à l'écorce. Malheureusement, lorsqu'il devient ainsi visible, c'est qu'il est déjà bien installé dans les tissus de l'arbre, décomposant le bois mort pour se nourrir. Il n'y a pas de traitement contre le phellin du prunier.

Maladies Bactériennes (Bactérioses)

Ce sont 2 bactéries qui provoquent les bactérioses, également appelées "chancres bactériens", qui sont des maladies du dépérissement du prunier :

  • La bactériose à Pseudomonas : Des taches circulaires se voient sur les feuilles, qui vont se nécroser et former des trous, les bourgeons se dessèchent et peuvent exsuder de la gomme, des cloques apparaissent sur le tronc et les branches, qui vont par la suite se percer et laisser échapper de la gomme.
  • La bactériose à Xanthomonas : Les feuilles se marquent de taches grises et anguleuses, puis jaunissent et tombent, des chancres se développent sur les jeunes rameaux, des lésions apparaissent sur les fruits, qui peuvent laisser échapper de la gomme.

Une solution cuprique doit être appliquée sur l'arbre lors de la chute des feuilles (une 2ème application peut être nécessaire lorsque la chute des feuilles s'étale dans le temps), puis une application au printemps, avant le débourrement. En prévention, brosser et chauler le tronc du prunier.

  • Gommose : La gommose n'est pas une maladie en soi, mais le résultat d'un stress ou d'une maladie. Il faut rechercher en amont son origine. Il est possible d'appliquer du mastic cicatrisant sur les plaies du prunier ou frotter un mélange de feuilles d'oseilles, d'acide oxalique ou de vinaigre.

Maladies Virales

  • La sharka : Ce sont des taches aux bords flous, jaune clair, sur les feuilles, qui désignent cette maladie. Les fruits peuvent se creuser de taches, présenter des nécroses, ils sont moins sucrés. La sharka est provoquée par le Plum Pox Virus, qui va toucher principalement les pruniers américano-japonais. Traiter le prunier contre la sharka se fait via le traitement contre les pucerons, car ces derniers sont des vecteurs de maladies virales, notamment de la sharka.

Stratégies de Traitement et de Prévention des Maladies

De nombreux traitements du prunier contre ses agresseurs sont préventifs, il est de ce fait primordial d'être attentif à ces agressions pour les gérer au plus tôt.

  • Pour les maladies fongiques : Des méthodes préventives à base de prêle et d'ortie seront efficaces. Elles permettront de renforcer les défenses de votre arbre fruitier. En complément, des macérations de plantes comme l'ail et de la décoction de prêle peuvent être utilisées.
  • Gestion des résidus : Pour la rouille du prunier, ramasser les feuilles atteintes au sol et les éliminer pour éviter la propagation. Pour la moniliose, les organes malades doivent être supprimés et détruits, aussi bien sur l'arbre qu'au sol.
  • Traitement d'hiver : Pulvériser un traitement d'hiver hors période de gel, pendant le repos de la végétation.
  • Choix des variétés : En prévention, favoriser les variétés peu sensibles à la plantation. Lorsque l'on choisit un prunier, il faut savoir que plus les variétés sont tardives, plus elles sont sensibles.
  • Tailles : Favoriser la taille en vert sur les arbres.
  • Contrôle des pucerons : Le traitement contre les pucerons est également une mesure préventive contre certaines maladies virales comme la sharka.
  • Irrigation et espacement : Une bonne irrigation en période chaude et un espacement adéquat des plants peuvent prévenir certaines maladies.

Le plus économique et le meilleur moyen de lutte biologique contre le puceron farineux du prunier est sans nul doute la lutte par conservation, en favorisant un écosystème équilibré où les prédateurs naturels peuvent prospérer.

tags: #prunier #couvert #de #petits #insectes #et