Le prunier est un atout précieux dans un jardin. Bel arbre fruitier qui offre à la fin de l’été des fruits délicieux et gorgés de soleil, il est facile à vivre. Ses origines sont incertaines, on sait cependant qu’il est cultivé depuis des siècles et qu’il a beaucoup voyagé. Mais il n’y a pas qu’une seule espèce de prunier, et les variétés sont légion. Elles peuvent cependant être regroupées : mirabelles, prunes d'Agen, quetsches et autres reines-claudes sont les descendantes des divers pruniers plus ou moins sauvages que l’on trouve encore aujourd’hui dans nos jardins et nos campagnes. Parmi ces trésors fruitiers, le Prunier Imperial se distingue par sa générosité et ses qualités gustatives exceptionnelles.

Nature et classification du Prunier
Le prunier fait partie des Rosacées et du genre Prunus qui regroupe des arbres et arbustes souvent cultivés pour leurs fruits mais également pour leur intérêt ornemental. On trouve dans ce genre l’amandier, le pêcher, l’abricotier. Rustique, le prunier vit généralement très longtemps, et c’est au bout d’une vingtaine d’années que sa production est à son apogée, une fertilité qui va durer environ 50 ans. Bel arbre de taille moyenne, son feuillage caduc arrive en même temps ou à la fin de sa floraison blanche. Il donne des fruits, des drupes (un fruit dont l’enveloppe qui entoure la graine est charnue, enveloppe qui ne s’ouvre généralement pas pour laisser sortir sa graine) à la chair savoureuse, d’environ 2 à 3 cm de diamètre.
Peu difficile quant à la qualité du sol, le prunier ne craint que les excès en argile ou en sable. Facile d’entretien, il est souvent laissé de plein-vent mais peut aussi être conduit ou palissé. Il bénéficiera d’apports en fertilisants organiques en automne, qui favoriseront sa fructification et son développement. Sa taille de formation, si nécessaire, se fait dans ses premières années. Sa taille de fructification, en automne, ne se réalise pas systématiquement. Elle consiste, environ tous les 3 ans, à renouveler les rameaux qui portent les fruits ainsi qu’à nettoyer l’arbre des branches mortes ou abîmées, des gourmands et à éclaircir son centre. Vous pouvez également éclaircir les fruits lorsqu’ils sont en abondance.
Spécificités du Prunier Imperial Rouge
Le prunier Imperial Rouge se distingue par sa générosité, offrant de grosses et longues prunes à partir du début de septembre. Arborant une teinte rouge pourpré, ces fruits sont délicatement recouverts d’une fine pruine argentée, conférant une touche cireuse. Leur chair dorée, à la fois ferme, juteuse, douce et parfumée, constitue une expérience gustative des plus agréables. En avril, l’arbre se pare de bouquets de fleurs blanches. Doté d’une vigueur exceptionnelle et d’une productivité élevée, il prend la forme d’un arbre sain, évasé, semi-retombant à maturité, de taille moyenne, nécessitant peu d’entretien.
Caractéristiques du fruit
Le fruit est de très gros calibre, oblong assez allongé, dissymétrique, au pédoncule court, à épiderme rouge violacé peu pruineux. La chair dorée est assez ferme, juteuse, douce et parfumée, avec un grain moyen. Le noyau est libre et relativement petit, ce qui facilite grandement la consommation et la préparation culinaire. La période de récolte s'étend du 14 août à début septembre.
Aptitudes culturales
Très vigoureux et productif, il forme un arbre sain, évasé, semi-retombant à maturité, de taille moyenne et demandant peu d’entretien, de bonne productivité, aux feuilles très allongées, au port buissonnant. Il est rustique sous tous les climats français. Sa floraison abondante n’est jamais totalement détruite par les gelées tardives. Il pousse en tous sols sauf trop secs, préfère les sols plutôt légers et un peu frais, pas trop humides, même peu profonds, ou calcaires. C’est une variété autofertile, ce qui simplifie grandement sa culture pour le jardinier amateur.

Variantes et formes : Le concept du fruitier colonnaire
Il existe des formes spécifiques comme le Prunus domestica 'Imperial' à croissance colonnaire. C’est un petit arbre qui peut atteindre une hauteur de 2,5 à 3 mètres et une largeur de 30 à 50 cm. Il pousse normalement de 10 à 30 cm par an. Cette forme est idéale pour les petits espaces ou la culture en pot.
Conseils de culture pour fruitiers colonnaires
Pour ces formes, il est conseillé de planter à exposition ensoleillée dans une terre riche, fumée et bien drainée, sans eau stagnante. En cas de plantation en ligne, respectez une distance de 100/120 cm pour les fruitiers à noyaux. Lors de la plantation, veillez à ne pas enterrer le point de greffe (laissez 5 cm au-dessus du sol). Chaque année, en mars/avril, distribuez un bon engrais organique pour arbres fruitiers tout autour de l’arbre (environ 60 g/m²).
En ce qui concerne la taille des fruitiers à noyaux colonnaires, raccourcissez les pousses latérales plusieurs fois dès fin juin et pincez en été (éliminez la pointe). De cette façon, la tige centrale reste dominante avec un port étroit. Pour la culture en pot, utilisez un contenant de 40 litres au moins avec une évacuation d’eau au fond ; l’eau ne doit pas stagner. Utilisez un terreau de qualité, arrosez régulièrement et ne laissez pas dessécher en hiver. Au printemps et en été, jusque mi-août, utilisez un engrais liquide dans l’eau d’arrosage ou un engrais longue durée au printemps.
Comment tailler et entretenir ses fruitiers ? #tailledesfruitiers
Histoire et généalogie des pruniers
Les différents types de pruniers sont très répandus dans le monde et leurs origines et généalogies restent souvent floues. Ce sont les Romains, grâce à leurs conquêtes mondiales, qui ont implanté en Europe un grand nombre des fruits que l’on cultive encore de nos jours, dont les prunes. C’est dans la province “Narbonnaise” que les Romains ont planté différents types de pruniers.
Le prunier sauvage (Prunus insititia)
Également appelé “prunéolier”, “prunier de Damas”, ou encore “prunier crèque”, cette espèce est réputée provenir de Damas. La légende dit que ce sont les croisés qui l’ont ramenée après leur défaite en Orient (1149). Il porte des jeunes rameaux pubescents et parfois épineux. Le prunier sauvage offre des petits fruits de 2 à 3 cm de diamètre, ovales ou globuleux, bleu foncé ou jaunâtre. La chair est très sucrée avec une saveur acidulée, le noyau est lisse et adhère à la chair.
Le prunier domestique (Prunus domestica)
Le prunier domestique est un arbre de taille moyenne, entre 3 et 7 m de hauteur, aux jeunes rameaux glabres. Sa floraison est précoce, entre mars et avril, mais sa profusion compense généralement les pertes dues aux gelées printanières. Les prunes de cette espèce sont assez grosses, de forme oblongue à sphérique, recouvertes d’une mince pellicule de protection que l’on appelle la pruine. La plupart des pruniers domestiques sont auto-stériles, ils ont besoin d’un prunier d’une autre variété pour fructifier, bien qu'il existe des variétés autofertiles.
Le prunier du Japon (Prunus salicina)
Originaire de Chine, poussant spontanément en Corée, au Laos, au Vietnam ainsi qu’au Japon, c’est la deuxième espèce la plus cultivée après le prunier domestique. C’est un arbre de taille moyenne, pouvant monter jusqu’à 12 mètres de hauteur. Les fleurs blanches apparaissent au début du printemps, suivies de drupes de 4 à 7 centimètres de diamètre, jaunes, verdâtres ou violettes, avec une chair claire sucrée et bien juteuse à laquelle le noyau adhère.

Diversité des sous-groupes de prunes
Les variétés de prunes peuvent être classées selon leur usage et leur morphologie :
- Les mirabelles : Prune de petite taille, très sucrée, à épiderme jaune orangé taché de rose. Sa saveur est plus délicate que celle de la prune domestique. Le climat continental lui est le plus favorable, ainsi que les terres argilo-calcaires. Le mirabellier est principalement cultivé en Lorraine.
- Les quetsches : Cette petite prune bleue foncée est très répandue dans l’est de la France. Charnu, de forme oblongue, ce fruit a une chair jaune sombre très sucrée et acidulée. Fermenté, il compose l’eau-de-vie locale.
- Les reines-claudes : C’est un sultan ottoman qui a fait cadeau de ce prunier à François 1er, arbre qui donnait des prunes vert clair. Ses fruits globuleux ont une peau fine, vert jaune ou jaune pâle à chair sucrée et juteuse, ferme. Elle est cultivée principalement dans le sud-ouest.
- Le prunier d’ente : C’est à partir du XVe siècle que la culture et le séchage de la prune d’ente se sont développés pour atteindre la production de pruneaux d’Agen. Ce prunier mesure jusqu’à 6 m de hauteur, affichant un beau port dressé. La chair est juteuse, très sucrée et parfumée. Le prunier d’ente est autofertile et très bon pollinisateur.
Conseils pratiques et usages culinaires
Le prunier Imperial, tout comme ses cousins, est un arbre généreux. Ses fruits sont parfaits pour faire des confitures, tartes et autres pâtisseries. La culture en jardin permet de profiter de produits frais, mais demande une gestion attentive de la récolte. Les pots de récupération ne sont pas utilisés pour les confitures mises à la vente, mais pour la consommation personnelle, tout contenant propre convient.
Les fleurs du prunier attirent fortement les abeilles, les bourdons et les syrphides, ce qui favorise la biodiversité au jardin. Lors de l'entretien, il est important de noter que si une pousse se développe sur un sujet colonnaire, il faut la rabattre à 2-3 yeux. Après la nouaison, si la charge de fruits est trop dense, n’hésitez pas à éclaircir manuellement. Sinon, les arbres risquent de fructifier en « alternance », produisant des fleurs et des fruits que tous les 2 ans. En suivant ces principes de base, le prunier Imperial Gage restera une valeur sûre, ornementale autant qu’utile, capable de s'adapter à de nombreuses régions tempérées.