Le prunier, cet arbre fruitier apprécié pour ses prunes sucrées et juteuses, est un résident commun de nos jardins, originaire d'Europe et d'Asie Mineure. C'est un arbre rustique, adaptable à presque tous les climats, bien qu'il préfère les sols profonds et bien drainés. Sa culture, relativement facile, promet de délicieuses récoltes pour tartes, confitures et autres desserts gourmands, à condition de comprendre ses besoins spécifiques en matière de fructification, d'âge et de conditions de culture.
Origine, Caractéristiques et Variétés du Prunier
Le prunier est l'un des plus anciens arbres fruitiers cultivés, s'étant largement répandu grâce aux cultures romaine et arabe. Il appartient à la famille des Prunus, qui regroupe plus de 200 espèces d'arbres, souvent fruitiers, comme l'abricotier ou le cerisier. L'arbre forme un port érigé qui devient plus ou moins arrondi avec l'âge, atteignant, une fois adulte, 4 à 8 mètres de haut. Sa floraison, qui intervient en mars-avril, se pare de belles fleurs blanches ou rosées, redoutant le vent et les gelées tardives. Les prunes se récoltent selon les variétés, de juillet à septembre, et il est important de ne pas les laisser trop mûrir sur l'arbre, car elles risquent de tomber et de pourrir au sol.

Il existe trois grandes catégories de pruniers :
Prunier européen (Prunus domestica) : Cet arbre fruitier, mesurant de 4 à 6 mètres de haut, possède un port arrondi et un feuillage caduc. Ses fleurs blanches apparaissent au printemps avant les feuilles. Il produit des prunes charnues et sucrées, de formes et couleurs variées, consommées fraîches, séchées (pruneaux) ou transformées. Parmi les variétés les plus connues, on trouve la Mirabelle de Nancy, de nombreuses variétés de 'Reine-Claude' et la 'Quetsche d'Alsace' ou 'Prune d'Ente' (utilisée notamment pour les pruneaux d'Agen). Le Prunus domestica est un arbre facile à vivre qui peut être planté partout, jusqu'à 1000 mètres d'altitude, et se plaît en tout sol ordinaire tant qu’ils ne sont pas trop secs, mais préfère les sols profonds et bien drainés. On le cultive plutôt dans le sud de la France. La prune d’Agen est une prune du sud-ouest, préférant les terres riches.
Prunier japonais (Prunus salicina) : Généralement de taille plus réduite et de durée de vie plus courte que le prunier européen, le Prunus salicina se distingue par une floraison très abondante et particulièrement précoce, souvent plus hâtive que celle des pruniers européens. Cependant, ses fleurs, sensibles aux gelées printanières, en font une espèce mieux adaptée aux régions à hivers doux, comme le sud de la France ou les régions littorales. Ses fruits, plus gros, plus ronds et plus fermes que ceux du prunier européen, possèdent un noyau adhérent à la chair, contrairement au noyau libre du prunier domestique, comme le ‘Golden Japan’.
Prunier myrobolan (Prunus cerasifera) : Ce prunier, que l'on peut trouver à l'état sauvage, est souvent utilisé comme porte-greffe pour le prunier, l'abricotier ou l'amandier. Il produit de petites prunes comestibles, mais peu goûteuses. Le myrobolan n’est planté que comme porte-greffe, car ses fruits sont peu agréables à consommer. Au contraire du prunier domestique, il se plaît dans les sols pauvres.
L'Importance du Porte-Greffe
Le choix du porte-greffe est crucial, car il influence directement la vigueur, la taille, la tolérance aux sols et la longévité du prunier.
- Myrobolan (Prunus cerasifera) : Très utilisé, il est vigoureux et tolère bien les sols secs, acides ou calcaires. Il offre une bonne affinité avec la majorité des pruniers. L'arbre aura une taille finale de 5 à 6 mètres. En sol très humide et calcaire, c'est le plus employé.
- Prunier Saint Julien : Ce porte-greffe semi-nain réduit la taille de l’arbre à 3-4 mètres, ce qui le rend idéal pour les petits jardins. Il est adapté aux sols humides et lourds, tolérant à l’asphyxie racinaire. En revanche, il est sensible aux sols calcaires.
- Abricotiers, amandiers ou pêchers : Ils sont moins utilisés comme porte-greffe pour le prunier, principalement pour des raisons de compatibilité biologique, de résistance aux maladies et de caractéristiques agronomiques.
Conditions de Culture Optimales
Pour cultiver et récolter de savoureuses prunes, il est essentiel de respecter certaines conditions.
Climat et Exposition
Le prunier s’adapte bien aux climats tempérés. Il craint les gelées printanières, surtout pour les variétés japonaises, et nécessite une bonne exposition au soleil pour produire des fruits sucrés. Un emplacement ensoleillé dans votre jardin est idéal pour une fructification riche et constante, car il doit recevoir le soleil de tous les côtés. Le prunier n’est cependant pas fan de sécheresse ; le plein soleil et un sol trop compact ne lui conviennent pas. Il se plaît en compagnie de plantes vivaces couvre-sol qui apprécient l'ombre. Le prunier est un arbre fruitier rustique, capable de supporter des températures hivernales jusqu’à -20 °C, voire ponctuellement -25 °C pour certaines variétés bien établies. Les variétés de prunier Japonais, pruniers Quetsches et prunier Mirabelle sont plus sensibles aux froids, et les deux derniers (Quetsche - Mirabelle) aux gelées de printemps, au moment où les fleurs et jeunes fruits sont naissants, car elles seront fatales à la production de l’année.
Type de Sol
Le prunier apprécie les sols légers, profonds, bien drainés, avec un pH neutre à légèrement alcalin (6,5 à 7,5). Il redoute les sols trop humides, sauf s’il est greffé sur prunier Saint Julien ou Marianna. Il s'adapte bien aux terres pauvres et/ou calcaires lorsqu'il est greffé sur prunier myrobolan. Bien que peu exigeant sur la nature du sol, le prunier préfère néanmoins les sols profonds et bien drainés. Il accepte pratiquement tous les sols, même peu profonds et à tendance humide, mais c’est dans les terrains silico-calcaires qu’il donne les meilleurs résultats. Le prunier ne redoute vraiment que les terres arides où son système radiculaire très superficiel est exposé à la sécheresse. Pour la même raison, lorsqu’il est planté sur prairie, il est conseillé de tenir le sol nu autour du pied sur au moins 2 mètres de diamètre, afin d’éviter la concurrence de l’herbe vis-à-vis de l’eau.
Espacement
L’espacement entre les arbres varie en fonction du porte-greffe et de la forme de l'arbre :
- Prunier myrobolan : 6 à 8 mètres.
- Prunier Saint Julien ou Marianna : 5 à 6 mètres.
- Pruniers en quenouille ou gobelet : 3 à 4 mètres.
- Formes sur tige : 7 à 8 mètres.
- Pruniers conduits en palmettes : 4 mètres.
Arrosage
Un arrosage régulier est nécessaire les 2 premières années suivant la plantation, puis un arrosage ponctuel en cas de sécheresse prolongée, surtout en période de fructification. Dans les 2 à 3 années après la plantation, il est conseillé de ne pas oublier d’arroser le prunier en cas de sécheresse prolongée. Si le prunier manque d’eau, les feuilles et les fruits tombent prématurément.
Fertilisation
Un apport de compost mûr ou de fumier au printemps stimule la floraison et la mise à fruit. Il est important d'éviter les excès d’azote, car un sol trop riche en azote peut inciter l’arbre à pousser “à bois” plutôt qu’à faire des fruits. Le remède consiste alors à apporter une fumure riche en acide phosphorique et potasse, pour établir un équilibre plus favorable (type engrais arbres).
Plantation et Entretien du Prunier
La plantation et l'entretien appropriés sont essentiels pour la santé et la productivité du prunier.
Période de Plantation
La meilleure période pour planter un prunier est l’automne ou l'hiver, quand il n’a plus de feuillage, soit entre octobre et mars pour les pruniers en racines nues. Il peut également être planté au printemps. Certaines périodes sont cependant à éviter : les périodes de gel et de fortes pluies.
Conseils Professionnels pour Tailler ton Prunier (étape par étape)
Préparation du Sol et du Trou de Plantation
Commencez par creuser un trou de plantation volumineux, au minimum 70 cm de large et 50 cm de profondeur, voire environ 50-60 cm de profondeur et 80-100 cm de large. Ce trou peut être réalisé à l’avance. Ameublissez le fond du trou ainsi que la terre extraite. Une terre fine favorisera le développement des racines. Vous pouvez amender votre terre selon les besoins : sable pour le drainage, fumier ou compost pour l’enrichir. Si votre terre est trop compacte, l’ajout d’une couche de drainage (sable grossier, gravier) peut être bénéfique.
Plantation des Pruniers
- Pour un prunier à racines nues : Le jour, ou plutôt la veille de la plantation, habillez les racines en faisant une petite coupe à leur extrémité et en vérifiant qu'il n'y en a pas des abîmées, que vous devrez alors raccourcir au-dessus de la blessure. Les racines plus longues que les autres seront égalisées, afin qu’elles ne se retrouvent pas pliées ou enroulées lors de la mise en place. L’habillage des racines a pour objectif d’étoffer le système racinaire du prunier. Comme lorsque vous taillez un rameau, une racine va se ramifier à partir de la coupe, et un système racinaire dense favorise la bonne nutrition de l’arbre. Attention cependant à ne pas trop raccourcir ces racines, de leur volume dépend la capacité d’absorption de l’arbre pour se nourrir. Une fois les racines habillées, elles bénéficieront d’un pralinage : le pralin est un mélange d’argile, d’eau et de bouse de vache, fumier ou compost, qui hydrate les racines, les nourrit, et offre une meilleure surface de contact avec la terre, facilitant la reprise. Idéalement, vous laisserez les racines tremper dans cette mixture durant 24 heures.
- Pour un prunier en conteneur : La motte doit être réhydratée, faute de quoi elle pourrait mal s’hydrater par la suite et empêcher la reprise. Une fois ôtée de son conteneur, plongez-la dans une bassine d’eau et laissez-la quelques heures. Lorsque plus aucune bulle ne remonte à la surface, la motte est prête à être installée après égouttage.
Mise en Place
C’est avant de mettre le jeune fruitier en place qu’est installé l’indispensable tuteur, pour éviter d'abîmer les racines. Avant de placer le prunier, assurez-vous de la bonne profondeur du trou. Le bourrelet de greffe doit être juste au-dessus du niveau du sol. Placez les racines bien étalées au fond du trou, puis comblez avec la terre que vous en avez extraite. Secouez l’arbre en place pour que la terre s’infiltre dans les plus petits interstices, car les poches d’air nuisent à la reprise de l’arbre. Tassez légèrement en réalisant autour du tronc une cuvette pour que les racines profitent bien de tous vos arrosages. Arrosez très copieusement. Vous aurez certainement à ajouter de la terre une fois que l’eau se sera bien écoulée.
Taille du Prunier
La taille du prunier est une étape essentielle pour assurer une croissance harmonieuse de l’arbre fruitier et une production abondante de fruits. C'est une opération essentielle pour garantir la santé de l’arbre, la qualité des fruits et une production constante au fil des ans. Le prunier est un arbre qui n’apprécie pas les coupes trop sévères.
- Taille de formation : Durant les trois à cinq premières années de vie suivant la plantation, il est crucial de former la charpente de l’arbre. Cette taille de formation, qui s’effectue généralement en fin d’hiver, avant le débourrement des bourgeons, c’est-à-dire entre février et mars, consiste à choisir 3 ou 4 branches charpentières à la hauteur souhaitée et à supprimer les autres. L'année suivant la plantation, laissez pousser le prunier naturellement de façon à faire ramifier les branches principales. Un jeune prunier n’aspire qu’à pousser en hauteur. Si vous le laissez pousser à sa guise, toutes ses tiges empiéteront les unes sur les autres. C’est pourquoi vous devez indiquer à la couronne où aller, en pratiquant ce que l’on appelle la taille de formation.
- Taille d’entretien : Par la suite, le prunier se contente d'une taille périodique. La taille d’entretien se pratique idéalement après la récolte, entre septembre et octobre. Pour les pruniers établis, une taille d’éclaircissage réalisée tous les 2 à 3 ans suffit pour améliorer l’aération et l’ensoleillement des branches. La taille sert essentiellement à éclaircir la ramure de l’arbre en lui donnant un port harmonieux et aéré. Coupez les rameaux qui se croisent à l’intérieur de la cime, et mastiquez les plaies de taille avec un produit cicatrisant. En règle générale, le prunier forme ses fruits sur les tiges de 2 à 3 ans. À partir de la quatrième année, le bois commence à vieillir et ne forme plus que quelques fruits. Pour empêcher cela, il faut lui prodiguer quelques soins à partir de la quatrième année, en éliminant les tiges poussant de façon trop drue. Il en va de même pour les rameaux qui ont peu fructifié à maintes reprises ou qui sont apparemment malades. Pour l’éclaircissage de la couronne, travaillez toujours de l’extérieur vers l’intérieur.
- Taille hivernale : La taille hivernale est réalisée pendant la période de repos végétatif, entre la fin de l’automne et le début du printemps, de novembre à mars - l’arbre est alors glabre et on voit clairement les branches. Pour garantir une production optimale de prunes, il est important de respecter un calendrier de taille précis. La taille des arbres en hiver est recommandée pour les variétés à floraison précoce.
Solutions pour les Petits Jardins
Pour les petits espaces, il est possible de planter un prunier en pot, à condition de choisir une variété adaptée, comme un prunier nain ou formé en colonne. Prévoyez un bac de grande taille (60 cm minimum de hauteur) avec une couche de drainage épaisse (10 à 20 cm) composée de billes d’argile, tessons de pots en terre ou gravier. Mélangez ensuite un bon terreau à du compost ou à du fumier. La plantation suit les mêmes étapes qu'en pleine terre, à l'exception du tuteur, inutile sauf pour les formes en colonne, et de la cuvette d’arrosage.

La Fructification du Prunier : Âge et Facteurs Clés
Le nombre d'années avant la fructification des fruitiers est une question qui revient souvent. Sur une jeune plante, la production de fleurs commence lorsqu’elle passe du stade juvénile, caractérisé par une très forte croissance végétative, au stade adulte où la croissance et la production de fleurs sont en équilibre. Il faut attendre plusieurs années avant de pouvoir récolter les premiers fruits de son prunier. Les arbres se mettent naturellement à fruit à l’âge de 6 à 7 ans, bien que certaines variétés puissent donner une mise à fruit rapide. Pour hâter l’entrée en production d’un arbre ou d’un arbuste fruitier, il importe de dépasser rapidement le stade juvénile en modérant la croissance par le choix d’un sujet porte-greffe de faible vigueur et par une taille longue, moins sévère, qui donnera des réactions moins fortes qu’une taille courte.
La Pollinisation : Un Éléments Crucial pour la Fructification
La fructification va dépendre de plusieurs facteurs : la simultanéité des floraisons mâle et femelle, la qualité et la compatibilité du pollen, et le transfert de celui-ci vers les stigmates, ainsi que les conditions climatiques. Les deux premiers points sont à prendre en compte dans le choix des variétés. La pollinisation joue un rôle essentiel dans la production de fruits du prunier. Certaines variétés sont dites autofertiles et peuvent fructifier sans aide extérieure, tandis que d’autres ont besoin de la proximité d’un prunier compatible afin de garantir une fécondation optimale.
Pruniers autofertiles vs autostériles : Les pruniers autofertiles peuvent produire des fruits sans avoir besoin d’un autre arbre pollinisateur. Exemples : 'Mirabelle de Nancy', 'Reine Claude de Bavay' ou encore 'Quetsche d'Alsace'. Bien que ces pruniers puissent produire des fruits sans aide extérieure, la présence d’un autre prunier compatible à proximité reste conseillée afin d’optimiser la récolte. Les pruniers autostériles, eux, nécessitent un prunier d’une variété compatible à proximité pour assurer une pollinisation croisée. Exemples : ‘Reine claude dorée’, ‘goutte d'or’. Par ailleurs, certaines variétés sont auto-stériles (parmi les Reines-Claudes notamment), et leurs fleurs ne peuvent être fécondées si d’autres variétés pollinisatrices n’existent pas dans le proche voisinage. Il faut évidemment en planter dans ce cas.
Rôle des insectes pollinisateurs : Les abeilles et autres insectes pollinisateurs sont indispensables à la reproduction du prunier. Le transfert du pollen est assuré par le vent dans quelques cas (vignes, noisetiers, noyers, châtaigniers), et plus généralement par les abeilles domestiques et par les insectes butineurs sauvages. Les fleurs favorisent la présence des insectes assurant la pollinisation nécessaire à la fructification des arbres fruitiers. L’activité de ces auxiliaires est moins dépendante des conditions climatiques (vent, pluie et froid) que celle des abeilles domestiques. Pour encourager leur présence et leur efficacité, aménagez des massifs de fleurs mellifères autour du verger et limitez ou bannissez l’usage de produits chimiques. Si possible, installez des ruches à proximité. Il a été observé que la présence de trop nombreuses abeilles domestiques nuit à celle des butineurs sauvages. Évitez les cultivars ornementaux à fleurs doubles ou triples.
Facteurs Influençant la Fécondation et le Développement du Fruit
Les conditions climatiques vont influencer à la fois le transfert du pollen et le processus de fécondation proprement dit : germination du pollen - croissance du tube pollinique - double fécondation. La formation du fruit ne commencera qu’une fois que la fécondation de la fleur est réussie. La distance que doit parcourir le pollen entre les anthères et les stigmates est très variable. Chez les espèces à fleurs hermaphrodites auto-fertiles, elle peut n’être que de quelques millimètres seulement par exemple chez la vigne et les pêchers, griottiers, certains cerisiers à fruits doux et certains pruniers.
Les grains de pollen qui ont été déposés sur le ou les stigmates des fleurs doivent germer puis développer leur tube pollinique dans le canal du style. Ce processus complexe est régi par une série de facteurs internes : une pression osmotique correcte qui permet l’absorption d’eau par le grain de pollen, la présence d’hormones et de substances nutritives qui stimulent la croissance du tube pollinique, etc. Dans un même style, la vitesse de croissance du tube de différents pollens peut être très variable : on assiste en quelque sorte à une course de vitesse où le premier arrivé au but assurera la fécondation. La température ambiante joue aussi un rôle important puisqu’elle influence la vitesse de croissance des tubes polliniques. Or ils doivent atteindre les ovules alors que ceux-ci sont encore réceptifs.
Dans ce processus fondamental pour la fructification, l’arboriculteur peut intervenir à plusieurs niveaux : en réalisant un microclimat plus favorable, mais aussi en veillant à ce que lors de la floraison, les tissus des arbres contiennent des substances nutritives en suffisance. À la fin de la floraison, l’ovaire des fleurs non fécondées jaunit et se dessèche, puis en général il tombe; c’est la « chute post-florale ». Après la fécondation du ou des ovules, l’ovaire de la fleur va prendre une teinte verte plus foncée. Il se divise intensément pendant une période qui dure approximativement quatre semaines. Ce processus demande une bonne alimentation des tissus en éléments minéraux présents dans la plante et puisés dans le sol, en hormones endogènes produites dans les feuilles, mais aussi une température ambiante élevée. Après quoi le grossissement des fruits résultera de l’agrandissement des cellules formées.

Pourquoi un prunier produit-il moins de fruits ?
Un manque d’entretien, des branches trop denses ou du bois vieillissant peuvent réduire la production de prunes au fil des années. De même, si l’influence de l’identité du pollen sur le nombre de fleurs fécondées chez une variété a été souvent évaluée, son influence sur le calibre final des fruits charnu est rarement évoquée probablement parce que l’information génétique apportée par le pollen se localise dans l’embryon et l’albumen des graines.
Maladies et Ravageurs du Prunier
Malgré sa rusticité, le prunier peut être affecté par plusieurs maladies et parasites.
Maladies Courantes
- Moniliose : Cette maladie cryptogamique provoque la pourriture des fleurs, des rameaux et des fruits, reconnaissable aux fruits qui se dessèchent et restent momifiés sur l’arbre. Le traitement consiste à éliminer systématiquement les fruits et parties atteintes, à bien aérer la ramure par la taille, et à appliquer en prévention des traitements fongicides à base de cuivre ou de soufre au printemps et après la floraison.
- La rouille du prunier : Elle se manifeste par de petites taches jaunes puis brunes au revers des feuilles, qui finissent par tomber prématurément, affaiblissant l’arbre. Pour limiter la propagation, on ramasse et détruit les feuilles malades, on évite les excès d’humidité et on traite préventivement avec de la bouillie bordelaise ou d’autres fongicides autorisés. La rouille du prunier peut être responsable de la perte de récolte, car elle altère le bon développement de l’arbre en atteignant feuilles et rameaux. Après la floraison, faire un traitement préventif à la bouillie bordelaise afin d'éviter le développement de maladies, heureusement rares sur les pruniers.
- Maladie du plomb : Cette maladie grave entraîne un aspect métallique des feuilles, puis un dessèchement progressif des rameaux et la mort de l’arbre à terme. Les traitements chimiques sont peu efficaces : la prévention est essentielle, avec la désinfection des outils de taille, l’élimination et le brûlage des parties atteintes, et une taille en période sèche pour limiter les contaminations.
- Le chancre bactérien : Il cause des lésions sur l’écorce, des écoulements de gomme (gommose), et peut entraîner le dépérissement de branches. Le traitement repose sur la coupe des parties atteintes en dessous de la zone malade, la désinfection des plaies, et des pulvérisations de cuivre en hiver et au débourrement pour réduire la pression bactérienne.
Ravageurs
- Pucerons noirs : Ils colonisent les jeunes pousses et feuilles, qu’ils enroulent et affaiblissent, tout en transmettant parfois des viroses comme la sharka. Les traitements consistent à favoriser les auxiliaires (coccinelles, syrphes, chrysopes), à arroser les colonies avec du savon noir ou des macérations végétales (ortie, fougère), et en cas d’attaque massive, à utiliser des insecticides naturels. Quelques traitements anti-pucerons peuvent s'avérer nécessaires en cas de fortes attaques. Vérifiez la présence de pucerons et traitez le cas échéant. Leur présence peut ralentir le développement de l’arbre et abîmer la récolte.
- Le carpocapse des prunes : C’est un papillon dont les larves pénètrent dans les fruits, les rendant véreux et impropres à la consommation. Le carpocapse (Cydia funebrana) représente l’une des préoccupations majeures des arboriculteurs. Le carpocapse du prunier présente un cycle de développement caractéristique qui s’étale sur plusieurs mois. L’adulte, un petit papillon gris-brun d’environ 12-15 mm d’envergure, devient actif au crépuscule à partir de mai-juin. Le carpocapse peut produire deux à trois générations par an selon le climat, avec des pics d’activité en juin-juillet puis en août-septembre. La lutte passe par la pose de pièges à phéromones pour surveiller et piéger les adultes, le ramassage des fruits atteints, l’utilisation de filets anti-insectes et, si nécessaire, l’application de traitements biologiques à base de Bacillus thuringiensis ou de produits spécifiques. Chez les pommiers et les pruniers, la chute de jeunes fruits mal fécondés ou en surnombre peut être due à des fruits attaqués par des carpocapses (vers de fruits).
- L’hoplocampe (Hoplocampa flava) : C’est un petit hyménoptère dont la larve représente un ravageur redoutable pour les pruniers. L’adulte, une petite « mouche » jaunâtre de 4-5 mm, émerge en avril-mai lors de la floraison.
- Psylles : Les psylles sont de la même famille que les pucerons ou encore les cigales, elles ressemblent d’ailleurs à une toute petite cigale. On peut les reconnaître également grâce à leur façon de se déplacer : elles font des bonds. Cet insecte se nourrit de la sève de larve, et produit une « cire » et du miellat. Peut apparaître ensuite la « fumagine ». Les larves de la psylle sont très voraces et dangereuses pour l’arbre. On pourrait parler de la psylle au pluriel, car il en existe presque une par type d’arbre. Les larves sont jaunes, brunes ou vertes, très petites et plates. Les feuilles du prunier sont piquetées, recouvertes de miellat, et se déforment. Nettoyez le feuillage au jet d’eau puis pulvérisez un mélange d’eau et de savon noir. Pulvérisez de l’eau sur le dessus et le dessous des feuilles. À noter : les araignées rouges peuvent corrompre beaucoup de plantes de proximité.
Récolte et Conservation des Prunes
La récolte des prunes s’étale généralement de juillet à septembre selon les variétés. Les fruits doivent être cueillis bien mûrs, mais encore fermes, de préférence avec leur pédoncule pour limiter les risques de pourriture et améliorer leur conservation.

Les prunes fraîches se conservent quelques jours à une semaine au réfrigérateur. Pour une conservation plus longue, elles peuvent être séchées (pruneaux), mises en bocaux (compotes, confitures, fruits au sirop) ou congelées entières ou dénoyautées. Si la récolte est trop abondante, vous pouvez couper les prunes en deux, les dénoyauter et les congeler.