La Pyrale du Buis : Comprendre et Lutter Contre ce Ravageur Envahissant

Image d'un buis infesté avec des chenilles et des toiles de soie

Le buis, arbuste emblématique de nombreux jardins et paysages français, est aujourd'hui menacé par un invité indésirable : la pyrale du buis (Cydalima perspectalis). Ce papillon nocturne, originaire d'Extrême-Orient, a conquis l'ensemble du territoire français depuis ses premières observations en 2008, causant des dégâts considérables aux buis d'ornement et sauvages. Comprendre son cycle de vie, identifier les symptômes d'infestation et mettre en œuvre des stratégies de lutte efficaces est crucial pour préserver ces précieux végétaux.

L'Origine et la Propagation de la Pyrale du Buis

La Pyrale du Buis ou Cydalima perspectalis est une espèce d'insecte lépidoptère (dont la forme adulte est un papillon) de la famille des Crambidae. Décrite pour la première fois par un entomologiste anglais en 1859, elle est originaire d'Asie orientale, notamment du Japon, de la Chine et de la Corée, où elle vit dans les régions subtropicales humides. Son introduction en Europe s'est faite de manière accidentelle au début des années 2000, via le commerce des plantes ornementales importées d'Extrême-Orient.

Carte de la propagation de la pyrale du buis en Europe

Sa première apparition a été constatée par les entomologistes en 2008 en Alsace, bien que la pyrale ait probablement dû arriver plus tôt car elle était déjà implantée en grand nombre en Allemagne (Bade-Wurtemberg en 2006, et au Pays-Bas en 2007). Cette année a marqué son entrée comme espèce invasive sur la liste d'alerte de l'Organisation Européenne et Méditerranéenne pour la Protection des Plantes (OEPP). Elle en a été retirée trois ans plus tard en raison de sa large dissémination, mais reste classée comme danger sanitaire de catégorie 3 pour laquelle il n'y a pas de solution d'éradication. En 2014, la pyrale du buis touchait tous les départements de France métropolitaine, avec une présence attestée en 2017. Le pôle santé des forêts effectue le suivi de cette progression et de la résistance des buis sur des placettes semi-permanentes. La progression de la pyrale est régulière, car du fait de son caractère allochtone, elle n'a pas de prédateurs locaux en Europe. Elle est présente aussi bien à la campagne qu'en ville, et le réchauffement climatique semble favoriser sa propagation.

Le Cycle de Vie de la Pyrale du Buis : Un Enchaînement de Générations Voraces

Faire repartir un buis après une attaque de pyrale

Le cycle de la Pyrale du buis est rapide et permet plusieurs générations par an, ce qui explique sa capacité de nuisance élevée. Il faut compter une trentaine de jours à des températures avoisinant 25°C pour que la pyrale du buis effectue son cycle complet. Selon la région et la météo, on compte 2 à 4 générations par an, de mars à novembre.

L'Hivernation et le Réveil Printanier

Le cycle de la Pyrale du buis débute dans le courant du mois de février lorsque les larves de chenilles de la saison précédente sortent d’hivernage et commencent à s’alimenter. Après un repos hivernal passé sous forme de chrysalide d'environ 20 mm protégée dans son cocon tissé au sein de la ramure des buis, la nymphe brunit et devient papillon, l'insecte adulte. Quant à celles qui étaient au stade de chrysalide en novembre, elles vont patienter jusqu'au redoux avant de terminer leur transformation. Certaines chenilles, notamment les individus L2 et L3, sont suffisamment fortes pour survivre aux hivers froids en diapause dans un cocon (hibernarium) tissé entre deux feuilles, pour en sortir vers le mois de mars lorsque les températures commencent à remonter et que la durée du jour rallonge.

Les Vols de Papillons et la Ponte des Œufs

On constate les premiers envols au redoux de fin d'hiver ou du printemps, avril-mai, selon la région. Les vols durent une dizaine de jours. Les observations semblent indiquer que la Pyrale du buis produit 2 à 3 générations par an, avec des pics de pontes en juin/juillet, puis en septembre. Le papillon de la pyrale d'envergure moyenne 3 à 4 cm, est nocturne avec des ailes repliées horizontales. Il mesure de 36 mm à 44 mm d’envergure. Ses ailes blanches irisées d'or ou de violet sont bordées de brun et présentent des lunules blanches (forme en demi-lune) au niveau des ailes antérieures. Le papillon de la pyrale du buis affiche une forme triangulaire et des ailes blanches ourlées de brun, il peut également être entièrement brun avec un croissant blanc, mais cette forme est plus rare. Les parties blanches sont légèrement irisées violet tandis que les brunes sont irisées orange. Il se tient les ailes bien à plat une fois au repos, restant tout le jour à l’abri sous les feuilles, excepté lorsqu’il est dérangé. Mâle et femelle se ressemblent.

Image d'un papillon de la pyrale du buis au repos

Contrairement à nombre de papillons nocturnes, la pyrale est capable de se nourrir à l’état adulte, car elle possède une trompe qui lui permet de butiner. C’est ce “détail” qui la rend si invasive, ayant une vie plus longue (12 jours lorsqu’elle est féconde, et elle commence à pondre 7 jours après la fécondation), elle peut pondre plusieurs fois, du moins tant que la température le lui permet. Les femelles fécondées pondent leurs œufs sur la face inférieure des feuilles de buis qui assureront les sources de nourriture des formes larvaires. Les œufs à la forme allongée et aplatie sont jaunes translucides, donc difficiles à repérer. Ils sont groupés en ooplaques de 20 à 30 œufs. Ils éclosent rapidement, au bout de 7 jours, donnant naissance aux chenilles.

Le Stade Larvaire : La Phase la Plus Destructrice

Au bout de 3 à 5 jours selon les températures, les œufs donnent naissance à des chenilles qui passent par 5 à 7 stades larvaires sur 10 à 25 jours. La chenille de la pyrale du buis est reconnaissable à sa tête noire luisante, son corps vert clair, strié longitudinalement de vert foncé, et des points noirs. Elle présente également des verrues noires et des poils blancs. À son stade ultime, la chenille mesure 40 mm de long. Si la chenille de la pyrale du buis évoque la chenille de la piéride du chou avec son corps vert et sa grande voracité, leurs imagos diffèrent.

Gros plan d'une chenille de la pyrale du buis

La chenille de la pyrale vit cachée parmi le feuillage et les rameaux des arbustes. Elle tisse des toiles autour des plants infestés et laisse sur le sol de nombreuses déjections verdâtres. C’est durant toute cette phase larvaire qu’elle se nourrit des feuilles de son hôte et qu'elle change de taille :

  • Au 1er stade (environ 3 mm) : La chenille est presque invisible et ne peut s’attaquer qu’à la cuticule des feuilles, restant pour le moment à l’envers du feuillage donc encore plus indétectable. Les premières attaques des bébés chenilles passent souvent inaperçues car elles se font au centre du buis.
  • Au 2e stade : Elle peut se déplacer et commence à grignoter le dessus des feuilles. Elle commence également à tisser des fils de soie qui la protègent et qui l’aident à se déplacer. Ses mouvements peuvent être très rapides si elle se sent menacée. Le feuillage commence à sécher.
  • Au 3e stade : Elle peut attaquer les feuilles par leur côté. Le buis peine à réaliser sa photosynthèse et s’affaiblit.
  • Au 4e stade (environ 4 cm) : Ce stade, environ 1 mois après l’éclosion, est le plus funeste pour l’arbuste. La chenille est à ce moment-là à son stade le plus vorace. Elle dévore toutes les parties vertes du buis, et lorsqu’il n’y en a plus, elle s’attaque à l’écorce, provoquant des blessures qui laisseront pénétrer dans l’organisme déjà très faible du buis champignons et autres pathogènes. Chaque chenille détruit environ 45 feuilles de buis.

La Chrysalidation et l'Émergence de Nouveaux Papillons

Après 4 semaines d’activité, les chenilles tissent leur cocon et vont y rester 3 semaines, avant d’en ressortir métamorphosées sous forme de papillon. Elle va ensuite entrer en nymphose, stade qui dure à peu près 1 mois. Les nymphes (chrysalides) sont vertes au début puis brun marbré, on les trouve pendues aux feuilles la tête en bas. Le développement complet peut se faire même à des températures de 15°C. Les dégâts vont aller crescendo au fil de la belle saison, surtout lorsque le maintien de températures douces en automne permet d'augmenter le nombre de générations de pyrales.

Les Dégâts Causés par la Pyrale du Buis

Infographie des symptômes d'une infestation de pyrale du buis

Les dégâts causés par la pyrale sont considérables et provoqués rapidement. L’infestation se remarque souvent tardivement car les buis sont attaqués de l’intérieur. Les buis infestés apparaissent jaunâtres, défoliés, plein de crottes (déjections verdâtres) et de fils de soie. Le feuillage s’assèche et brunit, s’ensuit une défoliation qui peut détruire une haie en une saison. L’écorce n’est pas non plus épargnée. On remarque aussi des fils de soie et des déjections vertes sécrétés par les chenilles.

L'infestation devient visible car des rameaux entiers du buis brunissent, sèchent et les feuilles tombent. Ne restent alors que les branches dénudées parsemées de toiles et de vieux cocons désertés. Les arbres atteints présentent une dépigmentation et des décolorations nettes des feuilles attaquées. En cas d’infestation poussée, les feuilles peuvent se dessécher et tomber au sol précocement, et l’on observe une surproduction de miellat qui tombe des rameaux attaqués. L’arbre présente ainsi des défoliations importantes sur quelques rameaux au départ, puis à terme sur l’ensemble de la couronne. On les distingue facilement des arbres avoisinants en bonne santé, car ils sont alors complètement défoliés, comme en hiver. Dans des cas d’attaques répétées, les arbres affaiblis peuvent exprimer des symptômes de stress biotique ou abiotique poussés ; dans les cas les plus graves, cela peut entraîner la mort du buis.

Attention à ne pas confondre les symptômes d'une attaque de pyrale avec certaines maladies du buis, qui provoquent aussi un brunissement de la plante, comme Cylindrocladium buxicola (apparition de taches brunes sur les feuilles).

Stratégies de Lutte Contre la Pyrale du Buis

La lutte contre la pyrale du buis nécessite une combinaison de méthodes, de la prévention à l'intervention directe, pour une efficacité maximale.

Surveillance et Détection Précoce

L'étape primordiale dans la lutte est de repérer les premiers vols de la pyrale et les premiers signes d'infestation. Inspectez le revers du feuillage une fois par semaine si vous êtes situé dans une zone sensible, dès le mois de mars, voire février dans les régions les plus douces. Vous repérerez ainsi le réveil des chenilles hivernantes et pourrez traiter au Btk aussitôt.

Piège à phéromones pour pyrale du buis

  • Pièges à phéromones : Comme les papillons sont nocturnes (parfois diurnes en cas de forte infestation), ayez recours aux pièges à phéromones (souvent à entonnoir pour plus d'efficacité). Le piège à Pyrale du buis est composé d’un système de piégeage (piège à phéromone), associé à un gel attractif ou une capsule utilisant une technologie de phéromone sexuelle spécifique à la pyrale du buis. Il permet d’attirer et de piéger les papillons mâles, limitant ainsi leur reproduction, mais permettant surtout de détecter leur présence et d’identifier les pics des vols. Prévoyez 1 piège pour 20 m² de présence de buis à protéger. Les pièges se posent d'avril à octobre (en changeant la cartouche d'hormones qui perd son efficacité au bout de 3 mois environ). S'ils permettent de piéger les papillons mâles et de limiter les fécondations, donc autant de chenilles en moins, ils donnent surtout le signal pour passer aux traitements qui sont curatifs et non préventifs. Les pièges à phéromones doivent être posés tôt, il semble en effet qu’ils aient besoin d’un délai pour bien agir. Les phéromones utilisées doivent être persistantes dans le temps.
  • Inspection visuelle : N'hésitez pas à écarter et secouer les feuillages pour casser les cocons, à explorer la ramure et le sol sous le couvert de la végétation. La présence du ravageur est facilement observable : la femelle pond ses œufs sur la face inférieure des feuilles de buis. On peut observer des vols de papillons entre juin et octobre. 2 à 3 générations se succèdent dans l’année, avec des pics de pontes en juin/juillet, puis en septembre.

Méthodes de Lutte Physique

Ces méthodes sont particulièrement adaptées pour les petits buis ou les infestations limitées.

  • Nettoyage manuel : Les chenilles et les chrysalides ne sont pas urticantes et ne présentent aucun danger pour l'homme. Il est possible d'enlever manuellement les œufs, les chenilles vertes et noires et les chrysalides de la pyrale du buis. Pensez à regarder au cœur des arbustes, et sous les feuilles, où les chenilles se réfugient. Les prélever et les écraser, ou les brûler, est une méthode efficace pour de petites colonies.
  • Secouer les buis : Pour récolter les chenilles, disposez un tissu au pied des buis ou un parapluie ouvert retourné, et secouez ou frappez les buis avec un bâton. Les chenilles devraient tomber sur le sol. Les vibrations provoqueront leur chute. Les chenilles seront ensuite récupérées et détruites.
  • Douche au jet d'eau : Autre moyen de contrôler l'infestation : douchez vos buis au jet d'eau sous pression. Cela permet de déloger les chenilles et de les faire tomber. Un nettoyage au jet d’eau puissant va débarrasser le feuillage des fils de soie et des éventuelles chrysalides tout en hydratant parties aériennes et racines.
  • Filets anti-insectes : Entre mars et octobre, avant que les papillons ne pondent, vous pouvez utiliser un filet anti-insectes pour protéger vos buis qui ne sont pas encore touchés. L’installation de filets anti-insectes va permettre de protéger les buis qui ne sont pas encore envahis. Il est nécessaire de les mettre en place avant le premier vol, fin mai début juin, pour empêcher les papillons de venir pondre sur les arbustes intacts. C’est le moyen mécanique le plus efficace mais cela nécessite une certaine logistique.
  • Élimination des parties infestées : Si l’ensemble de la plante ou des rameaux entiers sont touchés, il faut les éliminer en s’assurant qu’ils soient incinérés ou finement hachés.

Lutte Biologique

La lutte biologique est une approche respectueuse de l'environnement qui exploite les ennemis naturels de la pyrale.

  • Bacillus thuringiensis (BT) : Le Bacillus thuringiensis ou BT est le produit phare de la lutte biologique contre la pyrale du buis. Il est à base d'une bactérie existant dans la nature, le Bacillus thuringiensis, et est utilisable en agriculture biologique. La solution utilisée au bon moment et pulvérisée directement sur les chenilles entraîne leur mort, car la bactérie sécrète une toxine qui bloque leur système digestif en deux ou trois jours après ingestion. Le BT est particulièrement efficace sur les jeunes chenilles (moins de 3 cm). Opérez deux traitements à une semaine d'intervalle pour éradiquer toutes les chenilles et limiter la deuxième génération de papillons. La bactérie est sensible aux UV, c’est pourquoi il est préférable d'appliquer le traitement en fin d'après-midi ou un jour sans soleil. Les pulvérisations devront être répétées après chaque nouvelle ponte pour assurer l'éradication de tous les individus. Le BT n’est certes pas sélectif, car toutes les chenilles de Lépidoptères sont atteintes par cette bactérie, mais il y a très peu de papillons sur les buis en dehors des pyrales, et le produit est peu rémanent. Le Bacillus thuringiensis est sans danger pour les humains et les animaux, toutefois n’étant pas sélectif des lépidoptères, veillez à ne pas traiter sur des plantes en fleurs ou à proximité de lieux de vie d’insectes pollinisateurs auxiliaires.
  • Trichogrammes : Des études menées par l’INRA sur une micro-guêpe (Trichogramme) capable de parasiter les œufs des pyrales sont concluantes (Projet SaveBuxus : Plante et Cité en collaboration avec l’INRA et la société KOPPERT). Les trichogrammes sont de très petites guêpes qui pondent dans les œufs de la pyrale du buis. L’œuf de pyrale n’éclot alors pas, permettant le développement de la larve de la micro-guêpe. Ces insectes sont commercialisés pour lutter contre la pyrale. Les trichogrammes sont stockés par milliers dans des sortes de pochettes en carton. Ces diffuseurs sont déposés dans les buis dès les premiers vols et agissent pendant 15 jours. Les lâchers doivent être répétés deux fois à chaque période de vols. Les pièges à phéromones peuvent être utilisés en complément des guêpes oophages, pour éviter de nouvelles pontes.
  • Nématodes : Les nématodes Steinernema carpocapsa s’introduisent dans l’organisme de la chenille et y libèrent des bactéries qui le tuent en quelques heures.
  • Prédateurs naturels : Favorisez la biodiversité au jardin en installant des nichoirs et des abris pour les insectes auxiliaires. Les oiseaux comme les pies, les merles, les moineaux et les mésanges bleues et charbonnières semblent exercer une prédation sur les chenilles de la pyrale, même si les alcaloïdes de buis qu'elles accumulent par leur alimentation présentent une certaine toxicité. Les larves serviront à nourrir les oisillons des mésanges, et larves et papillons sont consommées par les adultes. L’hirondelle des fenêtres semble également être intéressée par le papillon. Le problème étant que les fils de soie gênent certains oiseaux (c’est pourquoi il est conseillé de peigner le buis, c’est-à-dire d'ôter les fils de soies entre les feuilles). Procurer des nichoirs à ces espèces, notamment à la mésange, permet de réguler la population de pyrales, méthode à combiner avec d’autres solutions pour une meilleure efficacité. Nettoyez bien les nichoirs lorsque les mésanges sont parties pour qu’elles ne délaissent pas ce nid l’année suivante ! Les chauves-souris peuvent se nourrir des papillons, contribuant à limiter leur nombre, mais la teneur en alcaloïdes de ces insectes nourris de buis les rend moyennement attractifs. Les poules et les canards coureurs lâchés au jardin vont également participer à limiter la population de pyrale. Côté insectes, les chrysopes de nos jardins, notamment la chrysope verte, ont un rôle à jouer car leurs larves et parfois les insectes adultes sont de grands prédateurs des œufs et des chenilles de papillons. Le frelon asiatique, lui aussi importé d’Asie, semble être un prédateur des larves à tous les stades, mais seulement dans les zones où ce frelon est arrivé avant la pyrale. Des actes de prédation sur des larves de pyrale par les sceliphrons (guêpes maçonnes solitaires) ont été observés.

Traitements Chimiques

Des traitements insecticides, notamment à base de pyréthrinoïdes, sont efficaces mais non sélectifs. L'insecticide Pyrales du buis Express Prêt à l'Emploi de Fertiligène, à base d'huile de colza et de pyrèthre (extrait d'un chrysanthème), est utilisable en agriculture biologique et élimine rapidement les Pyrales du buis. Il existe également l'insecticide Aérien Pyrale du buis de Fertiligène, à base de Bacillus thuringiensis. Pour une lutte efficace, assurez-vous de traiter aux stades des chenilles jeunes. Les solutions chimiques sont également efficaces, mais présentent deux inconvénients majeurs : elles ne sont pas sélectives, tuant tous les insectes à proximité, et ne sont pas biodégradables. Seuls les régulateurs de croissance peuvent être utilisés de manière sélective, le diflubenzuron.

Remèdes et Astuces Complémentaires

  • Savon noir : Pulvérisez sur les buis un mélange d’eau et de savon noir (2 à 3 cuillères à soupe pour 5 litres d’eau). Arrosez copieusement le feuillage. Réitérez cette application tous les 15 jours, en complément avec d’autres méthodes (ne pulvérisez pas après avoir appliqué du Bt !).
  • Pièges lumineux avec eau savonneuse : Certains gestionnaires de jardins installent des bassines d’eau additionnée de liquide vaisselle au pied des buis, et éclairent ces bassines. Les papillons étant fortement attirés par la lumière s’y précipitent en nombre et s’y noient. Videz l’eau tous les jours pour faire de la place aux suivants !
  • Limiter l'éclairage nocturne : Limitez l'éclairage nocturne qui attire les pyrales sous forme de papillons.

Gestion Après l'Attaque

Le buis est solide et même défolié peut repartir quelques mois après l'attaque ou au printemps suivant, à condition de lui éviter de nouvelles attaques. Une fois les arbustes traités, ils peuvent refaire de jeunes feuilles s’ils sont convenablement arrosés et nourris, car ils sont affaiblis et plus ou moins en mauvais état. Un nettoyage au jet d’eau puissant va débarrasser le feuillage des fils de soie et des éventuelles chrysalides tout en hydratant parties aériennes et racines. Il faudra ensuite nourrir les pieds avec un bon apport de compost, et réaliser une taille des parties touchées. Les sujets morts doivent être arrachés et détruits, leur compostage est absolument déconseillé.

Alternatives au Buis

Si l'infestation est trop importante ou si vous souhaitez prévenir de futures attaques, il existe des végétaux d'aspect similaire au buis qui ne sont pas attaqués par ces chenilles, ni par les maladies du buis. Il existe par exemple certains houx à petites feuilles (comme le Ilex crenata), de nombreux fusains (Euonymus), ou encore l’osmanthe de Burwood (Osmanthus X burkwoodii), le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), ou encore le troène de Californie (Ligustrum ovalifolium).

Enfin, vous pouvez bien sûr remplacer les buis par tout autre végétal moins sujet aux attaques : un sujet isolé peut être remplacé par un autre arbre ou arbuste. Dans certains cas, une haie basse de buis peut être par exemple remplacée par un massif fleuri.

Le Projet SaveBuxus : Vers des Solutions Durables

Le projet SaveBuxus est un programme à l’échelle nationale qui vise à étudier les possibilités de biocontrôle pour lutter notamment contre la pyrale du buis. Datant de 2014 pour la première session, il est reconduit en 2018 du fait de la pression grandissante de ce ravageur. SaveBuxus est coordonné par l’Astredhor et Plante & Cité et comprend entre autres partenaires l’INRA et KOPPERT. Des expérimentations sont réalisées sur le terrain pour trouver des solutions concrètes et efficaces à cette situation. Les jardiniers ont pu participer à ce programme en envoyant les pontes récoltées sur les buis infestés afin de rechercher de nouveaux parasitoïdes de la pyrale présents en France.

La pyrale du buis progresse en effet très rapidement et pose de nombreux problèmes “annexes” : Lorsque les buis à proximité ont été dévorés, les chenilles présentent une grande nuisance, se répandant partout le long de leurs fils à la recherche de nouveaux buis. Les jardins peuvent en être remplis, y compris sur les murs des habitations et sur des végétaux autres, qu’elles ne prennent pas pour nourriture, du moins pour le moment, mais entre les feuilles desquels elles fabriquent leur cocon. Les buis sauvages sont également touchés, se répandant à travers le territoire comme une traînée de poudre.

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