Le paillage plastique : Comprendre les enjeux, techniques et alternatives

Le paillage, parfois aussi appelé mulching, procure de nombreux avantages. Ce procédé apparu dans les années 50 aux États-Unis améliore le sol du jardin et le rapproche du sol à l’état naturel. Le paillage est une technique qui consiste à couvrir le sol autour des plantes. Elle peut être effectuée presque n’importe où : dans les massifs de plantes vivaces, au pied des arbres, dans le potager. Certains l’appliquent même dans le verger ou encore au pied des arbustes. D’ailleurs, notez qu’il est aussi possible de pailler les plantes mises en pots. Le paillage a pour but de transformer le sol et de le rapprocher de l’état naturel. Pour cela, on le recouvre de matériaux, des écorces de pins par exemple. Le paillage peut être effectué avec une grande variété de matériaux, allant des feuilles mortes aux tontes de gazon. En paillage, l’utilisation d’un film plastique offre une praticité énorme.

Schéma illustrant les différentes méthodes de paillage au potager

Les toiles et films plastiques : Fonctionnement et utilité

L'agriculture moderne repose sur diverses techniques visant à optimiser les rendements et à améliorer la qualité des cultures. Parmi celles-ci, le paillage plastique joue un rôle significatif. En effet, celui-ci est plus facile à installer. En plus de cela, il s’agit d’une bâche tressée spécialement conçue pour protéger le sol et pour éviter les mauvaises herbes. La toile de paillage est un moyen efficace et écologique de garder les mauvaises herbes à distance. Elle empêche la lumière du soleil de pénétrer le sol et empêche ainsi la germination et de tuer les graines des mauvaises herbes. C’est également un bon barrage aux parasites et insectes nuisibles.

La bâche noire agricole est un matériau essentiel utilisé en maraîchage et en arboriculture pour améliorer la croissance des cultures tout en réduisant l’entretien. Composé généralement de polyéthylène, il empêche la croissance des mauvaises herbes en bloquant totalement la lumière, limitant ainsi la concurrence pour l’eau et les nutriments. En plus de son rôle herbicide naturel, il aide à maintenir l’humidité du sol, réduit l’évaporation et protège les cultures des écarts thermiques. Son utilisation permet également de limiter l’érosion et de favoriser une meilleure qualité des récoltes en évitant le contact direct des fruits et légumes avec le sol.

Installation et entretien : Guide pratique pour le jardinier

Pour installer une toile de paillage, il faut d’abord préparer le sol. Il faut travailler la terre, c’est-à-dire l’aérer et la désherber des anciens végétaux. Vous pouvez utiliser une bêche et retourner la terre jusqu’à ce qu’elle soit bien aérée (casser les mottes, enlever les cailloux et racines). Il est possible d’ajouter du compost afin d’enrichir la terre pour les futures récoltes. Ensuite, délimitez le terrain. Cette toile peut être posée sur un sol plat mais aussi un sol en pente.

La toile doit être étirée sur toute la surface à recouvrir. Il faut laisser 20 cm de bord en plus sur chaque côté afin de mieux ancrer le géotextile dans le sol. Il faut débuter en creusant une tranchée de 20 cm de profondeur, de préférence en haut de pente. Posez ce tissu épais en veillant à bien laisser 20 cm sur chaque côté de la toile et à positionner ces bords dans chaque tranchée afin de disposer de nouveau de la terre dessus. Une fois positionnée, il faut la fixer, notamment avec des agrafes métalliques tous les 25 cm dans le sens de la largeur.

Infographie sur les étapes de pose d'une toile de paillage

Le choix du grammage est crucial :

  • 20 à 25 gr/m² : Fins et résistants, adaptés aux cultures potagères.
  • 90 gr/m² : Idéal pour le développement des plantes sur le long terme.
  • 130 gr/m² : Très robuste, idéal pour les talus, les buttes et les zones à fort passage.

Les limites environnementales des solutions synthétiques

Malgré l'efficacité indéniable des bâches plastiques, leur utilisation soulève des questions majeures. Bien que les bâches plastiques soient retirées progressivement des massifs lors de nos journées citoyennes, elles représentent un défi écologique. Majoritairement fabriquées en polypropylène (un composé issu du pétrole), ces textiles ne sont pas sans impact environnemental. Leur fabrication émet des gaz à effet de serre et implique des additifs polluants qui rendent leur recyclage impossible.

De plus, lors de leur utilisation, le fait même de ne pas être dégradables en humus réduit à néant tout leur avantage sur le paillage végétal. Les bâches en plastique empêchent de nourrir le sol, ou plutôt ses organismes. Dans les faits, elles ne sont presque jamais retirées, comme on peut le voir sur de nombreux espaces dans les villes.

Utilisation mondiale et gestion des déchets agricoles

Tous les ans, 12,5 millions de tonnes de produits plastiques sont utilisées pour la production végétale et animale dans le monde, sans tenir compte des emballages. Cela correspond à 3 % de la production mondiale annuelle de produits en plastique. En France, l'agriculture consomme environ 85 000 tonnes de plastiques par an (sans les emballages). Le cycle de recyclage des plastiques agricoles est bien développé puisque 70 à 80 % des plastiques agricoles sont recyclés contre 28 % des plastiques ménagers. Cependant, ces chiffres ne prennent pas en compte la part de plastique qui reste dans les sols à la suite de l'arrachage des paillages. Entre 0,1 et 1 % du matériau du film peut rester dans le sol et risque de s'accumuler à terme dans les écosystèmes.

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L'émergence des films biodégradables

Face aux limites des paillis plastiques conventionnels, les films biodégradables ont été développés dès les années 90. Ces films sont conçus pour se dégrader entièrement dans le sol, leurs composants organiques étant assimilés par les microorganismes. La norme européenne EN 17033, diffusée en janvier 2018, spécifie les exigences auxquelles doivent se conformer les films de paillage biodégradables. Elle exige qu'au moins 90 % du matériau soit biodégradé en 24 mois sans nuire à la vie du sol.

Les films de paillage biodégradables, souvent fabriqués à partir de matières renouvelables d'origine végétale comme l'amidon de maïs, offrent des propriétés techniques comparables à celles des paillis classiques. Cependant, leur fragilité à la pose est une préoccupation. Il est conseillé de les manipuler avec délicatesse pour éviter les déchirures, et une pose manuelle peut être ardue, rendant l'utilisation d'une dérouleuse recommandée.

Perspectives de recherche et innovation

Les recherches menées, notamment dans le cadre du projet BIOMALEG, visent à évaluer les impacts potentiels des films de paillage biodégradables sur la vie du sol. Bien que des communautés microbiennes spécifiques responsables de la biodégradation aient été identifiées, la question de l'accumulation potentielle de particules de plastique dans le sol subsiste. Une étude, poursuivie dans le cadre du projet PLASTIMPACT, a même relevé des traces de particules incrustées dans la peau de certaines productions maraîchères.

Le développement de solutions alternatives au polyéthylène reste donc indispensable. Les producteurs manquent d'outils pour choisir les paillages les plus adaptés au contexte pédoclimatique de l'exploitation. Le projet SOPAM a, par exemple, été initié pour caractériser un panel de paillages afin d'accompagner les professionnels dans leur choix. L'innovation dans le domaine des polymères biodégradables est essentielle pour répondre aux défis environnementaux actuels. La recherche de matériaux aux propriétés mécaniques améliorées, à la dégradation contrôlée et à l'impact écologique nul reste un objectif prioritaire.

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