Horticulture durable : Réduire l'empreinte carbone de votre jardin

Illustration d'un jardin luxuriant et diversifié avec des insectes pollinisateurs

Le réchauffement de la planète et le changement climatique sont des phénomènes mondiaux, mais il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire en tant qu'individus pour en atténuer les effets, ou, dirons-nous, contribuer à atténuer notre propre empreinte carbone. Si vous avez la main verte, vous ignorez peut-être que certaines de vos habitudes de jardinage peuvent nuire à l'environnement. Du type de terre que vous utilisez à la fréquence d'arrosage de vos plantes, vos choix de jardinage peuvent augmenter les émissions de carbone et de méthane. Le jardinage durable est une approche qui minimise l'impact négatif sur l'environnement.

Au Vizcaya Museum and Gardens, le développement durable est l'un des piliers, et l'accent est mis sur la recherche de moyens de réduire l'impact sur la terre, ce qui inclut le jardinage durable. Cet article explore quelques-unes des meilleures façons de jardiner de manière durable et de réduire votre empreinte carbone, démontrant que ce n'est pas aussi difficile qu'il y paraît.

L'importance du jardinage face au changement climatique

Vous vous demandez peut-être pourquoi le jardinage est important dans le contexte du changement climatique. Après tout, quel est le rapport entre la culture de quelques plantes et les émissions de carbone et de méthane ? Et pourquoi devez-vous vous préoccuper de votre empreinte carbone ?

Tout est lié à notre façon de jardiner. Les pratiques traditionnelles de jardinage peuvent en effet contribuer au changement climatique en provoquant l'érosion des sols, en libérant des gaz à effet de serre et en utilisant des ressources précieuses comme l'eau. Cependant, les pratiques de jardinage durable peuvent contribuer à atténuer ces effets. Il n'est pas nécessaire d'apporter des changements considérables à votre jardin pour faire la différence. Au contraire, de petites mesures peuvent contribuer à réduire votre empreinte carbone et à rendre votre jardin plus durable.

Graphique comparatif des émissions de GES entre jardinage traditionnel et durable

La perte d'habitat est l'une des principales causes du déclin des espèces. En créant un habitat dans votre jardin, vous pouvez donc contribuer à préserver la biodiversité. Cela peut être aussi simple que de planter des plantes indigènes qui fournissent de la nourriture et des abris à la faune locale. Des habitudes telles que l'utilisation de pesticides, d'herbicides et d'engrais chimiques ont également un impact négatif sur l'environnement. Ces produits chimiques peuvent polluer l'air, l'eau et le sol, et ils peuvent également être nocifs pour les humains, les insectes et les animaux. Réduire au minimum l'utilisation de produits chimiques est l'une des meilleures choses que vous puissiez faire pour l'environnement. Heureusement, de nombreuses méthodes de jardinage biologique sont tout aussi efficaces.

Stratégies pour un jardinage bas carbone

Éliminer ou réduire la pelouse traditionnelle

L'une des mesures les plus importantes que vous puissiez prendre pour réduire votre empreinte carbone est de vous débarrasser de votre gazon ou, du moins, de le tondre un peu moins. La tâche peut sembler ardue, mais il existe de nombreuses alternatives à la pelouse traditionnelle. Par exemple, vous pouvez planter une prairie indigène ou utiliser des plantes couvre-sol qui n'ont pas besoin d'être tondues. Les plantes couvre-sol aident à prévenir l'érosion du sol et peuvent constituer une excellente alternative au gazon. Elles n'ont pas non plus besoin d'être tondues et nécessitent donc peu d'entretien.

Si vous tenez vraiment à votre pelouse manucurée, vous pouvez essayer d'utiliser une tondeuse mulching alimentée par batterie. L'herbe coupée se décomposera dans le sol, ce qui réduira de moitié vos besoins en engrais. C'est la solution idéale pour ceux qui veulent une belle pelouse sans tout le travail. Si vous devez vous débarrasser d'une grande quantité d'herbe, vous pouvez essayer de la composter. Cela permettra d'ajouter de précieux éléments nutritifs au sol.

QUELLES PLANTES COUVRE-SOL POUR REMPLACER LE GAZON, DES TAPIS VÉGÉTAUX QUI RESTENT VERTS MÊME EN ÉTÉ

Optimiser la tonte et la taille

Tondre la pelouse est une tâche nécessaire au jardin, mais cela peut prendre du temps et émettre des gaz à effet de serre. Si vous avez une grande pelouse, essayez de la tondre moins souvent. Vous gagnerez ainsi du temps et réduirez votre empreinte carbone. Les haies, les plantes et les arbres ont tous besoin d'être taillés de temps en temps, mais saviez-vous qu'il est possible de réduire la fréquence et l'intensité de la taille ? C'est vrai, et ce n'est pas seulement meilleur pour les plantes, mais aussi pour la flore et la faune qui y vivent, et si vous utilisez des outils électriques, vous réduisez également les émissions de 2-cycles.

Les équipements paysagers à deux temps sont d'énormes pollueurs car, jusqu'à récemment, ils ne faisaient l'objet d'aucune réglementation en matière d'émissions, de sorte que les machines rejetaient de grandes quantités de polluants cancérigènes dans l'air. Cela n'affecte pas seulement la qualité de l'air pour vous et vos voisins, mais aussi la santé des plantes dont vous essayez de prendre soin. Toutes ces raisons expliquent pourquoi, à l'approche de la fin de leur cycle de vie, la plupart des équipements à gaz à deux temps sont remplacés par des équipements à batterie rechargeable. Non seulement ils sont plus sûrs et plus silencieux, mais il est également moins coûteux de charger une batterie que de mélanger et de distribuer du carburant.

Favoriser les plantes indigènes et la biodiversité

Si vous voulez un jardin qui nécessite moins d'entretien et qui soit plus durable, vous devriez envisager de planter des plantes indigènes de votre région. Les plantes indigènes sont mieux adaptées au climat et au sol locaux, et n'ont donc pas besoin d'autant d'eau ou d'engrais. Elles ont donc moins besoin d'être fréquemment irriguées, ce qui consomme beaucoup d'eau et d'énergie. Les plantes assoiffées sont non seulement gourmandes en eau, mais elles se nourrissent également beaucoup. Elles ont donc besoin de plus d'engrais, qui peuvent s'écouler dans nos cours d'eau et les polluer.

Les plantes indigènes sont adaptées au climat et au sol locaux et fournissent de la nourriture et un abri à la faune locale. En plantant des plantes indigènes dans votre jardin, vous pouvez donc créer des habitats précieux pour les oiseaux, les abeilles et d'autres créatures. Favoriser la biodiversité est un élément clé pour faire un geste pour la planète. Oubliez les plantes et arbustes exotiques au profit d’espèces indigènes qui poussent naturellement sans intervention humaine ou de variétés locales qui s’épanouiront mieux dans votre région. Les haies végétales, les espèces mellifères (étable, châtaigner…) et les arbres fruitiers facilitent la présence des insectes et oiseaux qui y trouveront refuge.

Exemple de jardin avec une majorité de plantes indigènes attirant la faune locale

Gérer l'eau avec sagesse

Les étangs sont un excellent moyen d'ajouter de l'intérêt à votre jardin et de créer un habitat pour la faune et la flore. Ils peuvent également contribuer à réduire la consommation d'eau, car ils permettent de recueillir l'eau de pluie. L'eau de pluie qui tombe sur votre propriété est une ressource précieuse et peut être utilisée pour arroser vos plantes. La collecte de l'eau de pluie dans un étang peut réduire votre dépendance à l'égard de l'eau de ville, qui est souvent traitée avec des produits chimiques et peut être coûteuse. En prime, vous offrirez à la faune un endroit où boire et se rafraîchir pendant les chaleurs de l'été. C'est le moyen idéal de réduire votre consommation d'eau et d'aider l'environnement.

Pour réduire votre empreinte carbone, commencez par économiser l’eau au jardin, qui représente 6% de notre consommation annuelle d’eau. Pour ce faire, il est nécessaire d’utiliser judicieusement l'eau de pluie au jardin, notamment en investissant dans un récupérateur d’eau de pluie afin de ne plus utiliser d’eau potable pour arroser vos plantations. Pour un arrosage maîtrisé, l’idéal est de s’adapter aux besoins de chaque plante. C’est ce que font les arroseurs connectés, qui arrosent les fleurs uniquement lorsqu’elles en ont besoin, et l’arrosage automatique qui s’adapte aux variétés mais aussi à leur exposition et au type de sol.

Cultiver à partir de graines et éviter les pots de tourbe

Si vous souhaitez réduire votre impact sur l'environnement, vous devriez envisager de cultiver des plantes à partir de graines. C'est un excellent moyen de réduire la quantité de plastique utilisée dans le jardinage. Les pots et les plateaux en plastique sont souvent utilisés pour démarrer les plantes, mais ils ne sont pas recyclables et peuvent finir dans les décharges. En cultivant des graines et en utilisant des pots de départ fabriqués à partir de papier journal ou de papier recyclé, vous pouvez vous passer de ces pots et plateaux en plastique. Vous pouvez également fabriquer vos propres pots en papier journal ! Essayez de ne pas utiliser de pots à base de tourbe. La tourbe est récoltée dans les tourbières et souvent exploitée à ciel ouvert, ce qui détruit des habitats de plus en plus fragiles et rares. Non seulement vous réduirez les déchets plastiques, mais vous économiserez également de l'argent. Les semences sont beaucoup moins chères que l'achat de plantes. Cultiver à partir de semences est donc un excellent moyen d'économiser de l'argent et de contribuer à la protection de l'environnement. Vous pouvez également économiser de l'argent en récoltant les graines de vos propres plantes pour les utiliser l'année suivante.

Minimiser le labour et recycler les déchets de jardin

Saviez-vous que vous rejetez du carbone dans l'atmosphère chaque fois que vous creusez dans votre jardin ? C'est vrai ! Lorsque le sol est remué, il libère du dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre. Par conséquent, si vous souhaitez réduire votre empreinte carbone, vous devez éviter de creuser autant que possible. Si vous devez creuser, essayez de le faire à l'automne, lorsque le sol est plus frais et moins susceptible de libérer autant de carbone. Vous pouvez également contribuer à réduire votre empreinte carbone en utilisant une méthode de jardinage sans labour. Cette méthode consiste à utiliser du paillis et des cultures de couverture pour améliorer le sol sans le perturber.

QUELLES PLANTES COUVRE-SOL POUR REMPLACER LE GAZON, DES TAPIS VÉGÉTAUX QUI RESTENT VERTS MÊME EN ÉTÉ

Enfin, l'un des meilleurs moyens de réduire votre impact sur l'environnement est de recycler et de réutiliser les déchets de jardin. Il s'agit notamment des feuilles, de l'herbe coupée et des branches d'arbres. Au lieu d'envoyer ces déchets à la décharge, vous pouvez les composter ou les utiliser comme paillis dans votre jardin. Cela contribuera à améliorer la santé de votre sol et à réduire la nécessité d'utiliser des engrais synthétiques. Vous pouvez également réutiliser les déchets de jardin pour créer de nouvelles plates-bandes ou construire des bacs à compost. Le recyclage et la réutilisation des déchets de jardin réduiront votre impact sur l'environnement et préserveront nos ressources naturelles. Tout le monde y gagne ! Vous pouvez également utiliser les déchets de jardin pour créer un habitat pour la faune et la flore. Les feuilles, les brindilles et les branches peuvent être utilisées pour construire des nichoirs ou des maisons pour les insectes et les petits animaux. Le compostage est un moyen très facile de s'assurer que le carbone produit par la récolte de vos légumes et de vos déchets de jardin retourne dans le sol, où il doit se trouver, et qu'il emprisonne le carbone avec lui ! C'est pourquoi de nombreux professionnels compostent désormais la quasi-totalité de leurs déchets horticoles, branches et frondes de palmiers. Les déchets verts comme les résidus de tonte, les feuilles mortes ou encore les branches coupées se recyclent, alors ne les jetez plus ! Faire son compost maison permet d’aller petit à petit vers un jardin zéro déchet. Pensez aussi à y ajouter les déchets alimentaires (épluchures de fruits et légumes, coquilles d’œuf et de noix, marc de café…) : une poubelle d’un ménage contient en moyenne 1/3 de déchets compostables. En plus de valoriser les déchets, cette technique permet de créer son propre engrais naturel afin d’enrichir le sol. Oubliez les produits chimiques et les pesticides ! Que ce soit pour enrichir le sol ou pour éloigner les insectes et ravageurs indésirables au jardin, il existe une multitude de solutions naturelles qui respectent l’environnement.

Schéma des étapes du compostage domestique

L'agriculture face aux enjeux de décarbonation

L'agriculture est un important émetteur et stockeur de Gaz à Effets de Serre (GES). Pour lutter contre le changement climatique, le monde agricole est de plus en plus axé sur la décarbonation, c'est-à-dire la réduction de ses émissions de carbone. L'importance de la décarbonation du monde agricole est cruciale car l'agriculture est un contributeur significatif aux émissions mondiales de GES. Les émissions proviennent de multiples sources, notamment la fermentation entérique du bétail, la gestion des déchets agricoles, les engrais azotés et les activités de défrichage. Ces émissions ont un impact sur le changement climatique en contribuant à l'augmentation des concentrations de CO2, de méthane (CH4) et d'oxyde nitreux (N2O) dans l'atmosphère.

La décarbonation du monde agricole est essentielle pour atténuer le bilan carbone du secteur et assurer sa durabilité à long terme, mais aussi rejoindre la lutte contre le changement climatique. Il existe des défis majeurs à relever, notamment la nécessité de maintenir une production alimentaire suffisante pour répondre aux besoins de la population mondiale tout en réduisant les émissions. L'agriculture, malgré sa proximité avec la nature, est un des secteurs avec la plus forte empreinte carbone. Tracteurs, engrais, bovins par milliers : l’élevage et les cultures intensives contribuent au changement climatique tout en payant le prix fort des conséquences engendrées (catastrophes naturelles, sécheresse). L’agriculture a des impacts sur tous les éléments de l’environnement. Elle est responsable de la pollution de l’eau, en raison des engrais absorbés dans les nappes phréatiques et de la forte consommation d’eau pour les élevages. Les exploitations agricoles contribuent aussi à la destruction des espaces naturels : 70% des haies bocagères ont disparu depuis 1950. Ces haies sont essentielles pour l’environnement car elles protègent les cultures du vent, abritent une biodiversité riche et permettent aux sols de faire des réserves d’eau. Si les activités agricoles ont des effets néfastes sur l’environnement et la biodiversité, le secteur est également fragilisé par le changement climatique. Les catastrophes naturelles telles que les vagues de chaleur, la sécheresse, les précipitations et inondations ou encore les incendies, de plus en plus courantes et de plus en plus intenses, affectent le rendement des cultures et mettent en danger les élevages. Outre la multiplication des phénomènes météorologiques, le réchauffement climatique entraîne un bouleversement des cycles saisonniers, avançant les dates de nombreuses récoltes. Par exemple, selon l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique), en France, les vendanges ont lieu en moyenne 18 jours plus tôt qu’il y a 40 ans. Enfin, il est important de rappeler que les terres agricoles sont également des puits de carbone naturels qui stockent les GES en plus d’en émettre. Elles représentent 47% du stock total de carbone des sols français.

Méthodes de décarbonation agricole

  1. L’agriculture de conservation des sols : Cette approche vise à réduire les perturbations du sol, telles que le labour excessif. Cela aide à séquestrer le carbone dans le sol, à améliorer sa fertilité et à réduire les émissions de GES. Les pratiques courantes incluent le non-labour, la couverture végétale et la rotation des cultures.
  2. Les méthodes d'élevage durable : L'élevage est un important contributeur aux émissions de méthane. Des méthodes telles que l'alimentation animale plus efficace et la gestion des déchets, contribuent à réduire ces émissions. L’objectif primordial est de réduire les périodes improductives. La diminution de l’âge au premier vêlage permet également une diminution des émissions en réduisant le nombre de génisses présentes sur l’année dans l’élevage, ce qui diminue le ratio animaux présents / animaux productifs et améliore la productivité par UGB exprimée en kg de viande vive. Par conséquent, les émissions de gaz à effet de serre en élevage bovin sont réduites. De plus, les surfaces libérées permettent d’accroître la sécurité fourragère de l’exploitation face à l’augmentation des sécheresses printanière et estivale. La sélection génétique devient également une solution pour limiter les émissions de méthane. Des études mises en place dans le cadre du projet methabreed, basées sur des analyses génétiques, la production laitière, l’ingestion des aliments, et la comparaison avec les spectres moyen infrarouge (MIR) du lait ont permis d’identifier les parties du génome associées aux émissions de carbone.
  3. L’utilisation d'engrais plus efficaces : Les engrais azotés sont une source majeure d'émissions d'oxyde nitreux, un puissant GES. L'utilisation de méthodes d'application plus efficaces et de fertilisants à libération lente peut réduire ces émissions. Le Pacte vert européen, adopté en 2020, fixe un objectif de réduction de l’usage des engrais chimiques de 20% d’ici 2030. La réduction des engrais peut s’effectuer grâce à l’introduction de légumineuses dans les cultures ou l’utilisation d’engrais verts (organiques, minéraux ou issus de la méthanisation). Il s’agit également pour les exploitations agricoles de se tourner vers des méthodes de fertilisation raisonnées plutôt qu’intensives, et de faire une utilisation plus efficace des engrais afin de limiter les coûts et l’impact sur l’environnement. L'utilisation de techniques de précision pour appliquer les engrais de manière plus efficace réduit les émissions de protoxyde d'azote, un puissant gaz à effet de serre.
  4. Les énergies renouvelables : L'utilisation d'énergies renouvelables, comme l'énergie solaire et éolienne, dans le secteur agricole réduit les émissions liées à la consommation d'énergie. Les énergies fossiles (pétrole et gaz) représentent 11% des émissions de GES du secteur agricole. Cette part de l’empreinte carbone provient principalement des engins agricoles (tracteurs, moissonneuses-batteuses, ensileuses), qui sont pour la plupart équipés d’un moteur diesel. Pour limiter le recours aux ressources fossiles, il est primordial de développer l’utilisation des énergies renouvelables dans les exploitations agricoles, et d’encourager l’autoconsommation grâce à l’installation de panneaux solaires photovoltaïques. C’est ce qu’on appelle l’agrivoltaïsme : la production d’électricité d’origine photovoltaïque associée à des activités agricoles. Les panneaux solaires sont placés sur les infrastructures de l’exploitation, au-dessus des cultures ou des prairies. Cette énergie peut ensuite être utilisée pour alimenter les bâtiments d’élevage ou les serres. Autre piste de décarbonation, la méthanisation, qui consiste à transformer les matières organiques et résidus issus des activités agricoles en biogaz ou en engrais vert (le digestat).
  5. L’agroforesterie : Consiste à planter des arbres sur des terres agricoles. Cela peut non seulement augmenter la séquestration du carbone, mais aussi améliorer la biodiversité et la qualité du sol. L'intégration d'arbres et de haies dans les systèmes agricoles augmente la capture de CO2, améliore la biodiversité et renforce la résilience des terres agricoles face aux changements climatiques. On peut également augmenter l’implantation de prairies multi espèces avec davantage de légumineuses et aménager le parcellaire pour favoriser l’efficacité du pâturage. L’introduction de prairies temporaires va également permettre de gagner en autonomie protéique et de limiter fortement l’utilisation de correcteur azoté.
  6. Une meilleure gestion de l'eau : Une meilleure gestion de l'eau dans l'agriculture peut réduire les émissions de méthane associées aux rizières inondées et favoriser l'efficacité de l'irrigation.
  7. La réduction du gaspillage alimentaire : Contribue à réduire les émissions associées à la production, au transport et à la mise en décharge des aliments non consommés. Cultiver ses propres denrées permet de limiter votre empreinte carbone, en plus de faire de sacrées économies. L’empreinte carbone est la quantité de gaz à effet de serre que vous produisez au quotidien. Finis les aliments acheminés par camions et avions, vous allez pouvoir vous régaler de fruits (fraises, pommes, pêches…) et de légumes faciles à cultiver (carottes, mâches, radis, haricots, courgettes…) tout au long de l’année, en respectant la saisonnalité des produits.

Innovations et technologies au service de la décarbonation agricole

L’agriculture dite régénératrice a la capacité de générer des crédits carbone en favorisant le stockage du carbone durablement dans les sols ou en évitant des émissions. Une entreprise qui achète des crédits carbone agricoles soutient la transition vers une agriculture durable et vertueuse pour l'environnement. L'agriculture de précision utilise des technologies telles que les capteurs, les drones et les systèmes GPS pour optimiser l'utilisation des ressources. L'agriculture verticale consiste à cultiver des plantes en couches superposées dans des environnements contrôlés. L'adoption de pratiques telles que le non-labour, la rotation des cultures et la couverture permanente des sols permet d'améliorer la séquestration du carbone dans les sols et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'IA permet d'analyser de grandes quantités de données pour prédire les rendements des cultures et identifier les besoins spécifiques des plantes. Les drones équipés de caméras multispectrales peuvent surveiller les champs et détecter les zones nécessitant une attention particulière. Les technologies vertes ou éco-technologies permettent de réduire les impacts environnementaux en optimisant la consommation d'énergie et en utilisant des ressources durables.

Infographie sur les technologies vertes en agriculture

Initiatives et incitations à la décarbonation agricole

De nombreux gouvernements mettent en place des politiques visant à encourager la décarbonation agricole, telles que des subventions pour des pratiques durables et des incitations fiscales. Certains programmes de certification, tels que l'agriculture biologique et le commerce équitable, encouragent les pratiques agricoles durables et la réduction des émissions. Les marchés du carbone permettent aux agriculteurs de gagner de l'argent en réduisant leurs émissions et en vendant des crédits carbone. La décarbonation du monde agricole est une étape essentielle pour atténuer le changement climatique et garantir la durabilité à long terme de ce secteur vital. Les méthodes de décarbonation, allant de l'agriculture de conservation à l'utilisation d'énergies renouvelables, offrent des solutions pratiques pour réduire les émissions de GES.

En France, le bilan carbone est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 à partir de 2025), tous secteurs confondus. La réalisation du bilan carbone est le premier pas dans l’établissement d’une stratégie bas carbone pour une transition écologique des pratiques agricoles. Les exploitations agricoles qui intègrent des pratiques durables dans leur gestion ont tendance à présenter un bilan carbone plus bas. De plus, les exploitations qui se tournent vers des cultures moins énergivores affichent également un bilan carbone plus bas. Enfin, les exploitations qui valorisent les coproduits organiques par la méthanisation bénéficient d’un bilan carbone plus avantageux.

Cadre politique et réglementaire

La Politique agricole commune (PAC) existe depuis 1962 dans l’Union européenne. Elle a pour objectifs de soutenir les agriculteurs, d’améliorer la productivité et d’encourager une gestion durable des ressources naturelles, ainsi qu’une préservation de l’économie et des paysages des zones rurales. La PAC propose des aides pour les agriculteurs et contient également des exigences réglementaires en matière de gestion (ERMG) et des bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE) - des conditions qui doivent être respectées par les agriculteurs afin de bénéficier des aides. Le Label bas-carbone, qui a été créé en 2018 pour soutenir des projets de réduction ou de séquestration des GES, fait partie de la SNBC (Stratégie nationale bas carbone). Il contient des méthodes, soumises et approuvées, qui encadrent les projets éligibles et détermine un cadre de suivi et de vérification de son efficacité. La Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) a récemment été mise à jour pour renforcer les objectifs climatiques de la France. Désormais, la SNBC vise une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 % d'ici 2030, contre 40 % précédemment. La Loi Climat et Résilience, adoptée en 2021, continue d'évoluer pour intégrer de nouvelles mesures. Les nouvelles réglementations énergétiques prévues pour 2025, en ligne avec les directives européennes, imposent des cibles de réduction de consommation d'énergie de 1,9 % par an pour le secteur public et une rénovation annuelle de 3 % des bâtiments. Le Pacte Vert pour l'Europe et l'initiative « Fit for 55 » continuent de guider les politiques européennes vers la neutralité carbone d'ici 2050.

QUELLES PLANTES COUVRE-SOL POUR REMPLACER LE GAZON, DES TAPIS VÉGÉTAUX QUI RESTENT VERTS MÊME EN ÉTÉ

Programmes d'accompagnement et de financement

Les programmes d'accompagnement et de financement pour les agriculteurs continuent d'évoluer. Par exemple, la nouvelle programmation LEADER pour la période 2023-2027 soutient le développement rural avec des financements pour des projets innovants et durables. Bpifrance et l'ADEME jouent également un rôle clé dans l'accompagnement des agriculteurs vers des pratiques plus durables. Le programme Diag Eco-Flux, proposé par Bpifrance en partenariat avec l'ADEME, aide les entreprises à évaluer leurs flux en énergie, eau, matière et déchets pour identifier des objectifs d'économie et de réduction de l'impact environnemental.

Le Label Bas Carbone est un outil de certification carbone national, piloté par le ministère de la Transition écologique. Pour bénéficier du « label bas-carbone », les projets agricoles doivent se référer à une des 6 méthodes approuvées par le ministère de la Transition écologique. La méthode Carbon’Agri, développée par l'Institut de l'élevage (IDELE), concerne les projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre en élevage bovin et en grandes cultures. La méthode plantation de vergers développée par la Compagnie des Amandes concerne la plantation d’une culture fruitière pérenne sur une terre non cultivée actuellement pour cet usage. La méthode Haies encourage la séquestration du carbone dans les haies bocagères (composées de plusieurs essences d’arbres), gérées durablement. La méthode Écométhane est spécifique aux projets de réductions des émissions de méthane d’origine digestive par l’alimentation des bovins laitiers. Le secteur agricole, deuxième contributeur aux émissions de gaz à effet de serre en France, se trouve sous les projecteurs en raison de sa part significative de méthane et de protoxyde d'azote. Cet article explore les leviers pratiques pour atteindre ces objectifs, allant de la conduite du troupeau à la gestion des pâturages et à l'alimentation, soulignant comment des choix réfléchis peuvent non seulement réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais également améliorer l'efficacité économique des exploitations agricoles. Remplacer les aliments complets par des aliments fermiers permet également de réduire les émissions de gaz à effet de serre indirectes liées au transport des aliments.

SysFarm accompagne les agriculteurs et labellise leurs projets auprès du Label Bas Carbone. De plus, grâce à son outil CarbonFarm, le bilan initial et les audits annuels de vérification sont également réalisés par SysFarm. Une fois le projet lancé et les leviers en place, il est toujours nécessaire de relier le monde de l’entreprise au monde agricole afin de financer ce projet. SysFarm se charge également de répondre au cahier des charges des entreprises pour trouver le meilleur financeur à chaque projet.

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