
Le rempotage est une opération fondamentale et nécessaire pour la survie et la bonne santé à long terme des bonsaïs. Souvent négligé ou reporté, il s'agit pourtant d'une technique de base en horticulture, cruciale pour renouveler le substrat appauvri et gérer le système racinaire de ces arbres cultivés en pot. Un bonsaï, étant un être vivant en constante évolution tant en surface que sous terre, a besoin d'énergie, obtenue par photosynthèse et stockage des sucres, ainsi que de nutriments puisés dans le substrat. Pour absorber ces nutriments, il développe constamment de nouvelles racines dans l'espace limité du pot. Comprendre les phases du végétal, les conditions climatiques et les besoins spécifiques de chaque espèce est primordial pour réaliser un rempotage réussi, même en dehors des périodes traditionnellement favorables.
Toute intervention sur un bonsaï doit avoir un objectif précis et être réalisée sans omission ni ajournement, car elle représente une occasion précieuse d'améliorer la plante. Pour obtenir des résultats appréciables, il est très important de travailler sur des plantes vigoureuses. Des plantes faibles donnent des réponses insignifiantes, avec le risque d’en mettre en danger la survie. Fortifier une plante sur laquelle on prévoit une intervention signifie bien la fertiliser l'année précédente, la quasi-totalité des espèces absorbant et stockant les éléments nutritifs pour les utiliser pendant la saison végétative suivante.
Pourquoi Rempoter un Bonsaï ? Les Enjeux du Substrat et des Racines
Le rempotage est une technique d'entretien fondamentale pour la santé des bonsaïs. Mais pourquoi est-ce si important ? Un bonsaï reste de nombreuses années dans un pot, et pendant cette longue période, le substrat doit assurer un apport optimal en nutriments, en oxygène et en eau. Les racines sont en constante croissance, et après un certain temps, tout le substrat du bonsaï dans le pot sera rempli de racines. Cela crée un problème : il n'y a plus d'espace pour de nouvelles racines.
De plus, un problème encore plus grave survient : tous les macropores du substrat sont remplis de racines, et l'air dans ces macropores est vital pour la respiration des cellules racinaires. Sans air dans le substrat, il n'y a pas d'oxygène, et même les racines existantes meurent, entraînant la mort du bonsaï. Le problème est aggravé par la détérioration du substrat au fil du temps. Un bon substrat a une structure granulaire qui, sous l'influence des organismes et du gel hivernal, devient de plus en plus fine en 2-3 ans. Un substrat plus fin réduit l'espace pour les macropores, qui sont ensuite compactés par les racines, manquant ainsi de l'oxygène nécessaire.
Un autre problème lié à un substrat compacté est la production d'acide carbonique. Lorsque les cellules racinaires respirent, elles consomment de l'oxygène et produisent du dioxyde de carbone. Si le substrat est dense et humide, le dioxyde de carbone se dissout dans l'eau pour former de l'acide carbonique, ce qui acidifie progressivement le substrat, une condition que la plupart des arbres n'apprécient pas.
Le rempotage régulier permet de résoudre tous ces problèmes. Le vieux substrat fin et décomposé est remplacé par un nouveau substrat plus granuleux. Dans de nombreux cas, une partie des racines est également enlevée par la taille, créant ainsi un espace pour une nouvelle croissance. Sans rempotage régulier, un bonsaï s'affaiblit au fil des ans et finit par mourir. Il est vital d'agir avant que la situation ne devienne critique, car plus on attend, plus l'intervention sera difficile pour l'arbre et pour le bonsaïka.
Quand Rempoter : Le Timing Idéal et les Exceptions Hors Saison

La période idéale pour le rempotage de la plupart des bonsaïs est le début du printemps, juste avant le départ de la végétation, lorsque l'arbre est encore en dormance hivernale. En Europe, cela se situe généralement entre fin février et début mars, mais cela peut varier de fin janvier dans le sud à avril dans le nord, en fonction du climat. Le facteur décisif est que l'hiver avec des gelées permanentes doit être terminé, l'arbre doit être sur le point de germer, et il ne devrait pas encore faire trop chaud. Durant cette période, les plantes, dépourvues de feuilles, évaporent peu d'eau, ce qui les aide à mieux supporter la phase de rempotage avec une perte partielle de leurs racines. Les plaies racinaires cicatrisent mieux, et de nouveaux poils racinaires peuvent se former jusqu'à l'apparition des feuilles, assurant ainsi l'approvisionnement de l'arbre en été.
Le rempotage des feuillus se fait en général à racines nues, en nettoyant au jet d'eau la motte des racines. C’est l’opportunité, tous les deux ou trois ans, de pouvoir bien regarder toutes les racines et d'en profiter pour les améliorer en éliminant les grosses afin de stimuler la pousse des fines qui absorbent les nourritures dissoutes dans l'eau. L'ensemble des racines d'un feuillu vigoureux peut être réduit de 60 %, et plus encore, sans que la plante n'en souffre. Le temps dont on dispose pour rempoter les feuillus à la fin de l'hiver est plutôt limité ; les rempotages doivent être suspendus dès l'ouverture des premiers bourgeons.
Le rempotage des conifères est plus complexe et comporte un pourcentage de risque un peu plus élevé que pour les feuillus. Il ne doit jamais être réalisé à racines nues, mais en gardant une partie intacte de la motte des racines. En général, les racines fines des conifères ont plus de difficultés à se former et ont besoin des mycorhizes pour absorber la nourriture, qui doivent donc être sauvegardées.
Rempotage Hors Saison : Une Pratique Spécifique
Parfois, faute de temps ou par la survenue d’incidents divers, il n'est pas possible de rempoter durant la période la plus favorable, en général à la fin de l’hiver. Cependant, certaines espèces peuvent être rempotées sans risque en dehors de cette saison, habituellement au mois de juin, en prenant des précautions. Ce rempotage d'été se fait lorsque les feuilles sont matures, c’est-à-dire lorsqu’elles ont terminé leur développement et remplissent pleinement leurs fonctions (photosynthèse tout d’abord). Leur couleur change un peu (elles foncent), et leur texture de même - elles deviennent plus résistantes et, les frotter entre les doigts fait un bruit semblable au froissement d’une feuille de papier. C'est le moment favorable pour un rempotage "hors saison".
En été, la réduction des racines ne doit pas dépasser 40 % au maximum, alors qu’au printemps, elles peuvent être réduites jusqu’à 60 %. De plus, il est conseillé de réduire la végétation, par un effeuillage plus ou moins important, de façon à équilibrer le bilan hydrique entre l’eau absorbée et celle évaporée. Après le rempotage, il est important de protéger la plante du vent et du soleil direct pendant quelques semaines et de l’abriter dans un endroit lumineux. Pour assurer au substrat un bon degré d'humidité, il faut couvrir la surface du substrat d’une couche de sphaigne en petits morceaux, que l’on peut laisser en permanence en place. Si l’on travaille avec un peu de précaution, les feuillus supportent en général sans aucun problème les rempotages hors saison.
La fin de l’été, à partir de mi-août selon les espèces et les régions, est également une très bonne période pour le rempotage. À ce moment, les températures sont moins suffocantes et les arbres commencent à entrer dans une période qui s’apparente à un deuxième printemps, ce qui favorise rapidement l’émission de nouvelles racines. C’est la période où les bourgeons ont terminé leur croissance d’été et le bois est bien lignifié. Cependant, il est crucial de le faire suffisamment tôt pour que les arbres fassent des racines avant l’hiver. Si le rempotage est fait trop tardivement, l’arbre n’a pas le temps de faire suffisamment de racines, nécessitant de le préserver particulièrement pendant l’hiver.
La Fréquence du Rempotage : Adapter l'Intervention à l'Âge et à l'Espèce
La fréquence du rempotage est une question cruciale qui dépend de plusieurs facteurs, notamment l'âge de l'arbre, son espèce, et le type de substrat utilisé. D'une manière générale, un bonsaï doit être rempoté lorsque le substrat devient trop compact, principalement en raison de la croissance des racines et de la lente décomposition du substrat. En conséquence, un bonsaï doit être rempoté après environ 3 à 5 ans.
Les jeunes plants des espèces d'arbres à croissance rapide, comme les érables ou les ormes bonsaïs, doivent souvent être rempotés après 1 ou 2 ans, car leur croissance racinaire est très vigoureuse. Les bonsaïs plus âgés, dont le façonnage est en grande partie terminé, et ceux d'espèces à croissance racinaire lente, comme les bonsaïs de pin ou de genévrier, peuvent souvent être laissés dans le même substrat pendant 1 à 2 ans de plus. Plus l'arbre est âgé et travaillé, plus on espace les rempotages et plus le mélange sera fin, mais jamais compact.
Le substrat joue également un rôle déterminant. Les bonsaïs rempotés dans un substrat fin ou se décomposant rapidement, tel que la tourbe ou l'akadama réutilisé, nécessiteront un rempotage plus précoce que ceux qui sont dans un substrat structurellement stable comme le schiste expansé ou l'akadama de haute qualité (Kiryuzuna).
Parfois, la salinisation du substrat (par exemple après une surfertilisation avec des éléments nutritifs minéraux) ou une infestation excessive par des parasites peut également justifier un rempotage, bien que ces phénomènes soient rares.
Comment savoir s'il est temps de rempoter ? La meilleure façon est de soulever soigneusement le bonsaï hors du pot. Si seules les racines peuvent être vues à l'extérieur de la motte, il est généralement grand temps de rempoter. Si le bonsaï a été correctement ancré dans le pot avec du fil lors du dernier rempotage, il est difficile de le soulever, mais d'autres signes peuvent alerter. Lors de l'arrosage, si l'eau stagne sur la surface du pot et que la terre ne l'aspire pas, il faut rempoter. On peut également planter l'ongle dans le substrat pour vérifier s'il est devenu trop dur, ou observer si l'arbre n'est plus fixé au pot.
Il est important de noter qu'un rempotage trop fréquent peut avoir des conséquences négatives. Sans rempotage, toute la croissance ralentit au fil des ans, les distances entre les nœuds foliaires sont raccourcies, et les arbres fleurissent souvent mieux. Cela peut augmenter l'aspect vieilli des arbres plus matures. Il peut donc être bénéfique de ralentir un peu leur croissance en reportant le rempotage d'un bonsaï mature pendant 1 an. Le conseil le plus important est de ne pas rempoter un bonsaï avant de s'être informé et d'avoir pesé tous les arguments pour et contre. Observer attentivement les bonsaïs, analyser leur croissance et ne prendre une décision qu'après avoir considéré tous les points importants est essentiel.
Le Choix du Pot : Esthétique et Fonctionnalité

Le choix du pot est abordé en rapport à la culture du bonsaï et non pas seulement à son esthétique. Souvent, les bonsaïkas débutants ont tendance à mettre immédiatement l'arbre dans son pot "définitif", oubliant ses besoins et son degré d'évolution. Avant tout, l'arbre a besoin d'un bon système racinaire, d'un tronc assez gros et représentatif de son espèce, et de branches maîtresses et secondaires bien établies avec une jolie ramification fine. Mettre un arbre trop jeune dans un petit pot ralentit considérablement sa croissance et son développement.
Pour un sujet issu d'un prélèvement et destiné à la reprise, il doit se reposer et reprendre des forces. Il sera placé dans un pot assez grand et profond, retenant bien l'humidité mais pas l'eau, et y restera deux ans minimum, en attendant une très bonne vigueur.
Des conteneurs de culture de différentes tailles et formes sont utilisés selon que l'on souhaite faire pousser l'arbre ou le faire se ramifier. Un pot grand et un peu profond favorisera la croissance de l'arbre, son développement, et le grossissement de son tronc ou de ses branches primaires, particulièrement pour les plants de pépinières ou semis. Un pot plus plat mais tout de même assez grand, avec un mélange drainant plus fin, permettra à l'arbre de créer un jeu racinaire plus fin et divisé, favorisant ainsi une meilleure ramification, fine et nombreuse, avec des entre-nœuds plus courts.
Pour un sujet "âgé" et déjà bien établi, destiné à être mis dans son pot "définitif", un pot à la forme, aux dimensions et à la couleur correspondant à l'espèce ou au style établi de l'arbre sera utilisé lorsque ce dernier est arrivé à maturité et est prêt à être exposé.
Lorsque l'on décide de rempoter un bonsaï, le choix du bon pot est à l'ordre du jour. Dans de nombreux cas, le même pot est réutilisé, car il a été probablement choisi lors du dernier rempotage. Rempoter un bonsaï ne signifie pas nécessairement prendre un nouveau pot plus grand. En fait, dans la plupart des cas, il n'a pas besoin d'être plus grand. Si l'arbre a grandi de manière significative et doit rester tel, alors un pot plus grand est nécessaire. Cependant, les pots à bonsaï sont choisis en fonction de principes esthétiques. Si un pot plus grand est choisi à chaque rempotage sans que l'arbre n'ait grandi proportionnellement, il finira par avoir un aspect étrange. Si la motte est trop grande pour un pot convenable, elle sera réduite. C'est-à-dire que la motte du bonsaï est faite pour s'adapter au pot, et l'on ne choisit pas un pot pour qu'il s'adapte à la motte.
La longueur du pot idéal devrait être inférieure d'un tiers à la hauteur du bonsaï, et sa largeur un peu inférieure à l'étalement de l'arbre. Sa profondeur est égale au diamètre du tronc du bonsaï. Bien que ces dimensions soient idéales, elles ne sont pas toujours possibles à respecter.
Le Substrat Idéal pour un Bonsaï : Composition et Importance des Radicelles
Le substrat est l'élément primordial pour une bonne culture du bonsaï. Contrairement à un sol de jardin fin, souvent limoneux et riche en humus, le substrat pour bonsaï doit être spécialement conçu pour répondre aux besoins spécifiques de l'arbre en pot. Les amateurs expérimentés parlent d'ailleurs de "substrats pour bonsaïs" plutôt que de "terreau".
Un bonsaï reste souvent de nombreuses années dans son pot sans que le substrat soit changé. Durant cette longue période, le substrat doit assurer un apport optimal en nutriments, en oxygène et en eau. Il doit être aéré et drainant pour permettre aux racines de se développer et de se diviser en radicelles fines, assurant une meilleure absorption des nutriments et favorisant une ramification fine du feuillage. Cependant, il doit aussi retenir l'eau d'arrosage, stocker les nutriments et les distribuer à l'arbre à la demande. Le mélange doit être suffisamment "dur" pour stabiliser l'arbre, sain, propre et neutre, afin de mieux gérer la vie de l'arbre. Un substrat neutre par rapport au dosage d'engrais, sain par rapport aux maladies, et propre par rapport à la fine poussière qui, à la longue, descend au fond du pot, bouchant les trous d'évacuation et provoquant la pourriture des racines, est essentiel.
L'importance des radicelles
Les racines jouent un rôle primordial pour l'arbre, elles le nourrissent en transmettant les éléments nutritifs contenus dans l'eau et les engrais. Les racines sont la face cachée du feuillage, comme la partie immergée d'un iceberg. Une ramification fine et multiple sera favorisée par un système racinaire abondant, petit et "ramifié". Les racines sont le reflet des branches.
Dans le système racinaire, les longues racines, grosses et très développées, ne servent pas à nourrir l'arbre, mais transportent les nutriments depuis leur départ où se situent de fines petites radicelles, le "chevelu". Ces grosses racines, horizontales ou pivotantes, servent essentiellement à "accrocher" l'arbre au sol, à le maintenir droit et stable. En bonsaï, l'objectif est de supprimer ces grosses racines qui envahissent le pot sans rien apporter à l'arbre, tout en favorisant le développement du chevelu fin et fourni qui sera le plus proche possible du tronc. Il est important de distinguer les racines souterraines du "nébari" de l'arbre, qui, lui, au-dessus de la surface, nécessite au contraire des racines plus épaisses et formées, créant une impression de stabilité, de naturel ou de force.
Le Mélange de substrats que je fais pour la culture de mes Bonsaïs
Composition des substrats
Le choix du mélange terreux varie évidemment selon la variété de l'arbre, le climat et le stade d'évolution de l'arbre. Il n'y a pas de mélange type. Dans les régions sèches et venteuses, le mélange sera moins drainant et plus fin pour bien capter l'humidité, tandis que dans les régions pluvieuses, il sera plus drainant. Pour un développement fort et rapide, le substrat sera bien drainant et de plus grosse granulométrie. À l'inverse, pour un arbre déjà formé où l'on veut obtenir une ramification fine, le mélange sera plus fin. En général, un pH neutre est recommandé, sauf pour les plantes acidophiles (azalée…).
Les principaux éléments pour former un mélange de substrat sont :
- La Pouzzolane : Roche volcanique très poreuse qui retient un peu moins l'eau.
- La Pumice (pierre ponce) : Retient mieux l'eau que la pouzzolane et est à peu près aussi poreuse.
- Les graviers fins de rivière : Moins poreux et retenant moins l'eau que les éléments précédents.
- L'écorce de pin compostée : Favorise l'apparition des mycorhizes, très importantes, voire indispensables pour les conifères.
- L'Akadama : Terre argileuse japonaise vendue sous forme de petits gravillons durs retenant bien l'eau et laissant les racines respirer. Son pH est neutre. L'inconvénient est qu'elle se délite rapidement, ce qui compacte le substrat et empêche une bonne aération.
- La Kanuma : Identique à l'akadama mais acide (pH 6-7), elle convient donc pour les azalées et camélias.
- Le Kyriu (Kiryuzuna) : Gravier de rivière japonais. Il a une stabilité structurelle plus longue que l'Akadama et est donc préférable pour les bonsaïs de conifères qui ont des intervalles de rempotage plus longs.
On tamise les différents éléments du mélange en ôtant les poussières inférieures à 2 mm ainsi que celles supérieures à 6 ou 7 mm, et les impuretés éventuelles. La pouzzolane et la pumice sont bien bassinées et nettoyées de leurs impuretés. On n'a pas besoin de mélanger la pouzzolane avec la pumice, car elles ont des propriétés similaires. La pouzzolane sera plutôt utilisée pour les pins, buis, ifs. La pumice servira surtout pour les genévriers et les feuillus.
Un mélange de base sera composé de pouzzolane ou de pumice mélangée avec du gravier de rivière, contenant plus ou moins 10 % d'écorce de pin compostée. L'ajout d'un pourcentage d'akadama est souvent recommandé. Mais, là encore, beaucoup d'avis divergent, et certains utilisent de la "terre de jardin" ou de la tourbe dans leur mélange avec de bons résultats.

Les éléments fins et poussiéreux n'ont pas leur place dans un bon substrat pour bonsaï, car ils se décomposent rapidement et compactent le substrat. L'Akadama, le Kanuma ou la Kiryuzuna purs et sans poussière conviennent à presque tous les cas, combinés à un engrais organique pour bonsaï comme le Biogold ou l'Hanagokoro.
Mycorhizes et substrat
Dans la plupart des cas, les arbres vivent en symbiose avec les champignons mycorhizes, un partenariat bénéfique pour les deux partenaires. Lors du rempotage, si une grande partie de l'ancien substrat est retirée, une partie de la mycorhize sera perdue. Ce n'est pas un gros problème, car la mycorhize se reformera dans les prochains mois. Pour aider à cela, on peut ajouter un peu (5-10% devrait suffire) de l'ancien substrat au nouveau, ou ajouter des mycorhizes disponibles dans le commerce, en beaucoup plus petite quantité car ils sont plus concentrés.
La Méthode de Rempotage : Étapes Clés pour un Succès Garanti
Le rempotage d'un bonsaï est une opération délicate qui nécessite de la rapidité et de la précision pour minimiser le stress pour l'arbre. Les racines et leurs poils racinaires ne doivent pas trop se dessécher.
Avant le rempotage
La première étape consiste à identifier les arbres à rempoter. On vérifiera l'écoulement de l'eau par les trous de drainage, la composition du mélange (en plantant l'ongle pour voir s'il est devenu trop dur), ou l'état du pain racinaire (si l'arbre n'est plus fixé au pot, on enlève la motte et on examine l'étendue, la couleur et la santé des racines). Il est essentiel d'observer attentivement l'arbre, de le tourner ou de l'incliner pour rechercher une éventuelle meilleure face. On notera au fil de la saison les arbres à rempoter au printemps et leurs changements de face, par exemple avec un petit bâtonnet planté dans la terre devant la nouvelle face.
Il est crucial d'avoir préparé son mélange terreux un ou deux mois avant le rempotage et de le placer dans un endroit frais et sec. On choisira également, en fonction de la masse de racines et de l'objectif de l'arbre, le pot le plus adapté (il est tout à fait possible de conserver le même pot si cela est faisable). Le futur pot sera préparé en fixant sur les trous de drainage un petit grillage pour éviter que trop de terre ne s'évacue avec l'eau. Des fils seront également fixés au pot pour maintenir l'arbre en place après le rempotage, car il ne doit pas bouger. Tous les éléments nécessaires au rempotage doivent être à portée de main. Moins les racines seront à l'air et sécheront, mieux l'arbre se portera. Il est utile de moins arroser le bonsaï avant le rempotage pour que le substrat soit sec et plus facile à enlever sans abîmer les racines.
Le processus de rempotage
- Sortir l'arbre du pot : Coupez d'abord le fil d'ancrage. Ensuite, essayez de faire levier avec précaution pour sortir le bonsaï du pot. Pour les conifères, observez la présence de mycorhizes (filaments blancs).
- Nettoyage des racines : La première action consiste à nettoyer le pain racinaire de toutes les racines mortes et autres saletés. Utilisez une petite griffe pour "peigner" et démêler le pain racinaire. Une baguette fine plantée entre les racines aide à ôter la vieille terre collante. Pour les cas difficiles, un jet d'eau pas trop fort peut être utilisé.
- Taille des racines : Une fois le pain racinaire nettoyé et bien démêlé, il faut sélectionner les racines et couper ou réduire celles qui sont en trop. Les racines se trouvant sous l'arbre et poussant à la verticale seront coupées s'il reste suffisamment de racines. Coupez les racines trop longues ou celles sans chevelu. Le but est de réduire la motte racinaire, de la compacter et d'essayer à chaque fois qu'elle soit plus plate et étalée. Il est préférable de favoriser les petites radicelles plutôt que les grosses racines.
- Préparation du nébari : Préparez bien le nébari en coupant les racines de surface qui se croisent ou sont inesthétiques. On peut même ligaturer certaines racines pour leur donner la forme future voulue. Mastiquez bien les racines coupées pour éviter la pourriture.
- Placement de l'arbre dans le pot : Au fond du pot, placez la couche de drainage, plus épaisse que le mélange choisi, et faites un petit monticule de terre à l'endroit où l'arbre sera "assis". Placez bien l'arbre par rapport à son pot en étalant les racines autour du monticule. Tassez l'arbre dessus. Il faut faire attention à bien positionner la face de l'arbre ainsi que son inclinaison (la tête de l'arbre doit se diriger vers celui qui le regarde). Utilisez les fils préparés sur le pot pour bien maintenir l'arbre en position.
- Remplissage du pot : Remplissez le reste du pot avec le mélange terreux par petites actions successives, en faisant très attention aux racines. Une fois le pot rempli, assurez-vous qu'il ne reste pas de poches d'air sur les racines en tassant le mélange avec une petite baguette de bambou.
- Finitions : Si nécessaire, placez sur le dessus une couche de mélange différente pour l'esthétique, ainsi qu'une petite couche de mousse de sphaigne finement hachée pour conserver une meilleure humidité après le rempotage.
- Arrosage : Arrosez l'arbre abondamment, mais en faisant très attention (en pluie douce, pas au jet !), jusqu'à ce que l'eau s'écoulant des trous de drainage soit devenue claire, signe de l'évacuation des poussières éventuelles.
Il est crucial de rempoter dans un lieu ombragé et à l'abri du vent, car les fines radicelles peuvent rapidement sécher au soleil.
Entretien Post-Rempotage et Gestion des Phases Végétatives
Le rempotage n'est que la première étape d'un processus qui continue avec des soins attentifs pour assurer une bonne reprise et un développement sain de l'arbre. L'entretien post-rempotage, la fertilisation et la gestion des différentes phases végétatives sont essentiels pour le bien-être du bonsaï.
Après le rempotage
Après le rempotage, il est impératif de protéger la plante du vent et du soleil direct pendant quelques semaines et de l'abriter dans un endroit lumineux. Pour assurer au substrat un bon degré d'humidité, favorable à l'émission et au développement des radicules, il faut couvrir la surface du substrat d'une couche de sphaigne en petits morceaux, que l'on peut laisser en permanence en place.
Les phases végétatives et interventions spécifiques
Les interventions sur les bonsaïs sont, la plupart du temps, subordonnées à l’une des phases du végétal. Le début et la durée des phases sont fortement conditionnées par les variations de la photopériode (le rapport entre la durée du jour et celle de la nuit) et du climat, qui peuvent altérer les périodes de repos ou d'activité.
Phase 1 : L'hiver et la dormancePendant cette période, les feuillus sont inactifs, l'absence de feuilles empêchant la photosynthèse. La partie aérienne n'a aucun besoin en lumière ni en fertilisant. On se limite aux soins de routine pour éviter d’éventuelles infestations de parasites ou de champignons. Les racines, au contraire, nécessitent un certain degré d'humidité du substrat pour rester vigoureuses et ne pas sécher. Il faut faire attention à ne pas exagérer l'arrosage pour ne pas les asphyxier. Durant cette période, à cause des températures basses, l'évaporation de l’eau est faible et son absorption par les feuilles nulle. Le substrat sèche si lentement qu’on peut facilement oublier de le contrôler. La dormance de l’hiver est également l’occasion de travailler un jin.
Phase 2 : Le début du printemps et le bourgeonnementAu début du printemps, les feuillus doivent être contrôlés assidûment pour voir les premiers signes du bourgeonnement. Sur les érables palmés en phase de formation, si on les laisse pousser sans entraves, ils produisent de grosses pousses droites d’un mètre de long. Sur l'érable en phase de perfectionnement, on doit intervenir sur les bourgeons tous les jours, à partir de l’éclosion des premiers jusqu'à la fin du bourgeonnement des derniers. L'intervention, appelée "pincement", induit la pousse de nouveaux bourgeons plus petits sortant des aisselles des feuilles laissées. Cette intervention constante et répétée, souvent en liaison avec l'effeuillage, génère de petites feuilles et une ramification fine et élégante, caractéristiques des érables palmés. Le hêtre est un cas particulier car il bourgeonne une fois seulement au printemps.
Phase 3 : Printemps et début de l'été - Croissance intenseToutes les variétés de genévriers (Juniperus communis, J. chinensis, J. phoenicea L., etc.), si elles sont bien cultivées, bourgeonnent sans arrêt du printemps à l'automne. Les nouvelles pousses sont à pincer avec le bout des doigts, tous les 10 à 15 jours, ou à tailler aux ciseaux deux ou trois fois durant la saison. Pour les sapins, seuls les bourgeons forts sont à pincer quand ils atteignent 2-3 cm de long, en les déchirant avec les doigts à la moitié.Le pincement doit intervenir sur les bourgeons les plus vigoureux pour en limiter le développement et favoriser le renforcement des faibles. D'ordinaire, on ne garde que les deux premiers bourgeons et on élimine les autres. L'intervention doit être répétée et continuer pendant toute la saison végétative.Les mois de mai et de juin sont une période d'activité intense chez les pins. Pour faire un bonsaï d’un pin, il est indispensable de pincer les chandelles et de tailler les nouvelles pousses afin d'éviter qu'elles ne s'allongent excessivement, concentrant la vigueur vers les endroits les plus forts et compromettant la compacité des plateaux. Pour inverser cette tendance, on coupe une partie plus ou moins grande des chandelles.Quand la plante est en pleine activité, c’est le bon moment pour faire des marcottes ou des boutures. La sève coule avec abondance, favorisant l’émission rapide de racines.
Phase 4 : Été - Ralentissement et période critiqueÀ l'arrivée des hautes températures estivales (au-dessus de 32-35 °C), presque toutes les plantes arrêtent ou ralentissent considérablement leur activité végétative. Le métabolisme, la photosynthèse, la transpiration et les échanges gazeux subissent d’importantes modifications, obligeant les feuilles à réduire l'absorption de chaleur et à activer au maximum la dissipation par les stomates. Durant cette période, toute l’attention doit être portée à l'arrosage : des températures très élevées et le vent peuvent très vite sécher le substrat et brûler littéralement les feuilles déshydratées. Si le déséquilibre hydrique persiste, les feuilles commencent à sécher et tombent.
Phase 5 : Fin de l'été et automne - Reprise de l'activité et fertilisationPassée la période des grandes chaleurs, fin août début septembre (à moduler selon les régions), les températures redeviennent normales (au-dessous des 30 °C), et les plantes recommencent leur activité végétative normale. C’est aussi le moment où l'attention doit se concentrer au maximum sur la fertilisation. Elle doit fournir à la plante les substances pour se développer, consolider la végétation produite, reconstituer les réserves utilisées et se fortifier pour affronter au mieux la saison hivernale. En automne, il faut utiliser de préférence des engrais faibles en azote, mais riches en phosphore pour stimuler la pousse des racines et préparer une bonne floraison au printemps, et en potassium pour fortifier la plante et consolider les croissances produites dans la saison.
Chaque plante est un sujet unique en ce qui concerne sa physiologie, son aspect esthétique et sa vigueur. L’âge des plantes peut profondément conditionner la rapidité et l'importance de la réponse ; les plantes jeunes ont pour objectif primaire de se développer pour atteindre le plus vite possible la fonction reproductrice. Une plante mature est plus encline à maintenir sa situation en ralentissant les fonctions de ses organes. Chaque situation est différente et exige d’adapter les modalités et les temps d'intervention.