L'Art du Rempotage et l'Entretien des Bonsaï : Un Guide Complet

L'art traditionnel du bonsaï est vieux de plus de mille ans. On pense tout de suite au Japon, mais c'est une pratique née en Chine dans le cadre de la religion bouddhiste et plus particulièrement de l'école du Zen. Les bonsaïs sont de nos jours plutôt cultivés pour servir de décoration, mais aussi pour agrémenter une pièce où l'on vient chercher un peu de sérénité. La culture du bonsaï est une école à la fois de création, mais aussi de spiritualité. Il n'y a pas deux bonsaïs pareils !

Un bonsaï élégant dans un pot traditionnel

Comprendre la nature de votre Bonsaï

En fait, on peut faire des bonsaïs avec n'importe quelle essence (tropicale ou tempérée), mais, par contre, tous ne pourront pas vivre sous toutes les latitudes. Donc, il est essentiel de tenir compte du climat de l'endroit où vous vivez. Ainsi, certains arbres perdent leurs feuilles en hiver et doivent se trouver dans un environnement où la température de l'air doit tomber au-dessous de zéro pour favoriser leur hibernation et leur éveil au printemps. D'autres arbres ne survivront pas sous un climat trop froid. Donc, veillez à choisir une espèce qui pourra vivre sous la latitude qui est la vôtre, tout spécialement si vous voulez un bonsaï d'extérieur !

Il est une espèce qui convient très bien à la taille bonsaï et que l'on recommande aux débutants, c'est le genévrier. C'est une plante à feuilles persistantes, il est toujours vert et vit aussi bien dans l'hémisphère Nord que dans les zones tempérées de l'hémisphère Sud. Parmi les résineux, les essences les plus utilisées comme bonsaïs sont les pins, les épicéas et les cèdres. Côté espèces à feuilles caduques, les érables du Japon sont tout simplement magnifiques en bonsaï, tout comme les magnolias, les ormes et les chênes. Vous imaginez bien qu'on ne cultive pas ces deux espèces de la même façon. Ainsi, les bonsaïs d'intérieur reçoivent naturellement moins d'eau et de lumière que leurs homologues d'extérieur.

Le rôle crucial du pot et du substrat

C'est le lot des bonsaïs de vivre dans de petits pots ! L'homme cherche à restreindre ainsi sa croissance ! Cependant, il est aussi un critère à respecter : le pot doit permettre aux racines d'être entièrement recouvertes de terre. Si la couche de terre est trop mince, l'arbre ne pourra pas capter l'eau nécessaire à sa croissance. Enfin, et ce n'est pas le moins important, votre pot doit permettre d'installer un système ou une couche de drainage. L'eau ne doit pas stagner, sous peine de voir les racines pourrir. Votre pot doit être perforé.

La terre (le substrat) est l’élément primordial pour une bonne culture. Il doit être en symbiose avec la variété et le lieu où vous habitez. Il existe des substrats pour bonsaï à base de roches volcaniques que vous pouvez utiliser purs ou en mélange. Ces terres déshydratées ont pour qualité d’être stables et d’assurer un bon drainage, mais ne contiennent pas d’éléments fertilisants. L'akadama est une argile japonaise dure, spécialement produite pour les besoins du bonsaï, sans doute la plus utilisée. Elle a la particularité d’avoir un pH neutre et de bien retenir l’eau. La pumice (pierre ponce) assure un très bon drainage et aération. La pouzzolane, roche volcanique au pH neutre, assure également un très bon drainage. La kanuma est une terre très légère et acide, parfaite pour les plantes acidophiles telles que les azalées et camélias.

Schéma illustrant les différentes couches de drainage dans un pot de bonsaï

Pourquoi et quand rempoter un bonsaï ?

Le rempotage permet de renouveler le substrat appauvri et d’éliminer les racines trop longues. Le bonsaï a besoin d’éléments nutritifs pour continuer à créer de nouvelles pousses bien vertes et poursuivre son développement. Le but n'est pas de lui apporter un pot plus grand, car il doit rester nain. Le rempotage du bonsaï doit s’effectuer tous les 3 ans en moyenne. Un Bonsaï a besoin d’être rempoté lorsque des racines s’enroulent autour du pain racinaire.

Le travail de rempotage doit être effectué en général au début du printemps, alors que l’arbre est encore en dormance. Ainsi, les effets sur l’arbre des éventuels dommages du rempotage sont réduits au minimum. Dans certains cas, il peut également être rempoté à la fin de l’été. L'important ici est : la chaleur de mi-été devrait être finie. Les arbres sont alors encore en dormance hivernale et laissent évaporer peu d'eau sans feuilles. Ils survivent donc mieux à la phase de rempotage avec une perte partielle de leurs racines.

Guide étape par étape du rempotage

Que vous ayez acheté votre bonsaï dans un magasin ou que vous l'ayez fait pousser vous-même, vous devrez soigneusement préparer votre arbre avant de le replanter. Avant de rempoter, n'arrosez pas votre plante ! Faites sécher votre arbre ; il sera beaucoup plus facile de procéder au rempotage avec un substrat sec. Dépotez délicatement votre bonsaï, évitez de casser des branches ou des racines. Utilisez une petite pelle pour bien prendre par-dessous la motte de racines.

À propos de ces dernières, sachez qu'avant de rempoter votre bonsaï, il va falloir sacrément les tailler. Mais avant cette opération, il faut bien les nettoyer avec une brosse. Démêlez les racines à l'aide d'une petite griffe à main ou d'une fourchette recourbée ; peignez les racines pour les séparer tout en retirant au maximum la terre. Avec une paire de ciseaux, coupez entre un tiers et la moitié de la longueur des racines. Il est préférable de favoriser les petites radicelles plutôt que les grosses racines.

Comment tailler un bonsaï : toutes les étapes de la taille des bonsaïs - Truffaut

Avant de rempoter votre arbre, commencez par mettre au fond du pot une première couche de bonne terre. De l'épaisseur de cette couche dépendra la hauteur de votre arbre. Cette première couche doit être composée d'abord d'un matériau grossier, à gros grains, pour le drainage. Puis, au-dessus, installez une mince couche de terre moyennement fine. Positionnez-le à votre guise, il doit être dans la position que vous recherchez. Finissez de remplir le pot avec une terre de texture moyenne, les racines devant être, bien sûr, entièrement recouvertes. Si votre bonsaï ne se tient pas droit, installez un fil de fer rigide qui traverse le pot de part en part, depuis le fond, à travers les trous de drainage situés sur les côtés.

Soins post-rempotage

En effet, le rempotage est une opération traumatisante pour un arbre. Pendant 2 à 3 semaines après le rempotage, laissez votre bonsaï dans un lieu semi-ombragé, à l'abri du vent et des intempéries, protégé des rayons directs du soleil. Arrosez-le, mais ne lui mettez pas d'engrais avant que les racines ne soient installées. Quand votre bonsaï aura bien pris dans sa nouvelle terre, vous pouvez lui adjoindre d'autres petites plantes au pied. Prenez soin de bien les disposer, qu'elles soient aussi coordonnées et belles que l'arbre qu'elles entourent ! Plantez des espèces originaires des mêmes lieux que votre arbre et qui vivent naturellement en symbiose avec lui.

La culture à partir de la graine

Vous vous engagez dans un processus assez long, sachez-le à l'avance ! Selon l'espèce que vous plantez, sachez qu'il vous faudra 4 à 5 ans pour que le tronc fasse 2 à 3 cm de diamètre ! Pour commencer, soit vous achetez vos graines dans une jardinerie, soit vous les récupérez tout simplement dans la nature. De nombreux arbres à feuilles caduques, comme les chênes, les hêtres, les érables, ont des graines instantanément reconnaissables et chaque automne, vous pourrez en récolter.

Si vous plantez une espèce des milieux tempérés, sachez que les graines ont besoin d'une période de froid (hiver) pour pouvoir germer au printemps suivant. C'est la hausse lente, mais régulière des températures qui lance la germination. Si vous habitez dans une zone de climat clément, vous pouvez planter vos graines dans des pots remplis de bonne terre et installer vos plantations dehors durant tout l'hiver et le printemps. Si vous êtes dans une région avec un hiver marqué, mettez vos graines dans un sac plastique qui ferme, rempli d'un substrat humide, et placez le tout au frigo durant tout l'hiver.

Processus de germination des graines en fonction des saisons

Quand les germes commencent à sortir, il est temps de les transférer dans un petit récipient rempli d'une bonne terre. Faites un petit trou dans la terre et placez-y votre graine germée, la petite racine orientée vers le bas et le rejeton vers le haut. Remettez un peu de terre par-dessus, tapotez légèrement et arrosez. Pendant 5 à 6 semaines, n'utilisez aucun engrais, c'est inutile ! Les arbres à feuilles caduques commencent par développer deux petites feuilles qu'on appelle des cotylédons. Ce n'est qu'après qu'apparaitront les vraies feuilles.

La formation et la taille structurelle

Pour donner une forme à votre bonsaï, enroulez du fil de fer autour des branches en serpentins lâches et prolongez les serpentins au-delà de l'extrémité de chaque branche dans le sens souhaité. Sachez que les arbres à feuilles caduques ont un cycle de vie très particulier et qu'il est préférable de les replanter au printemps. La taille des branches, quant à elle, aide à diriger l'énergie vers les nouvelles pousses. Les branches croisées qui se frottent les unes aux autres créent des plaies qui peuvent permettre aux parasites ou aux maladies d'entrer dans le bois.

Les branches cassées ou les brindilles doivent être retirées pour permettre à l'arbre de diriger son énergie vers une nouvelle croissance. Une fois qu'une branche a 6-8 nœuds, coupez-les de manière à ce qu'il ne reste que 3-4 nœuds. Faites une coupe nette juste au-dessus des nœuds restants. Pour prévenir trop de fuite de sève et aider les coupes à cicatriser, appliquez de la pâte cicatrisante pour bonsaï sur les blessures.

La culture en pot : un équilibre délicat

Le pot doit contenir les racines, sans plus, l'idée étant que le pot doit participer à l'esthétique de votre bonsaï. Des amateurs de bonsaïs retardent le plus longtemps possible le transfert dans le pot définitif. Ils préfèrent utiliser jusque-là des pots plus pratiques, mais moins beaux. La taille du pot, sa largeur et sa profondeur, entre pour beaucoup dans l'esthétique de votre bonsaï. Un pot trop grand ou trop haut risque de donner une apparence bizarre à votre arbre.

La gestion de l'eau est également un aspect vital. Les arbres à feuilles caduques, par exemple, apprécient un sol frais humifère riche en terreau. N'oubliez pas que, dans la nature, les racines recherchent l'humidité profonde, alors que dans un bonsaï, elles sont confinées. Une surveillance quotidienne du substrat est nécessaire. Si le bonsaï ne se tient pas droit, ou si vous craignez une instabilité lors des tempêtes, l'ancrage est la clé. L'esthétique d'un bonsaï n'est jamais figée ; elle évolue avec les saisons et les années de taille et de rempotage, faisant de chaque sujet un témoin unique du passage du temps.

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