Une bonne évacuation de l’eau est une étape cruciale pour une maison saine et durable. À défaut, le bâti peut être affecté (moisissure, salpêtre…) et un mauvais réseau d’assainissement peut entraîner une mauvaise qualité de l’air intérieur. La compréhension des réseaux, qu'il s'agisse de la gestion des eaux vannes ou des eaux pluviales, repose sur le respect de normes strictes et une conception technique rigoureuse.

Distinction entre les types d'eaux et réseaux
L'évacuation des eaux usées repose sur un réseau complexe que l’on retrouve dans chaque maison. Lors de sa mise en place, plusieurs règles sont à suivre pour assurer sa conformité avec les normes établies mais aussi son bon fonctionnement. Quand on parle d’évacuation des eaux pour une habitation, on distingue eaux usées et eaux pluviales.
L’eau de pluie, comme son nom l’indique, vient des précipitations extérieures et elle est évacuée par vos gouttières. Elle ne passe pas par les canalisations à l’intérieur de votre maison. Quant aux eaux usées, il s’agit de toutes les eaux utilisées par les différents usages courants d’une maison. Cependant, il y a également une distinction entre les eaux usées et les eaux vannes :
- Les eaux vannes (EV) : Aussi appelées « eaux noires », elles proviennent uniquement des toilettes.
- Les eaux usées ménagères (EU) : Aussi appelées « eaux grises », elles viennent de la cuisine, de la douche, du lave-linge, etc.
Note : Les eaux de pluie doivent impérativement passer par des descentes pluviales distinctes. En réseau d’assainissement public séparatif, les descentes des eaux usées et des eaux pluviales doivent être séparées pour ne pas se mélanger.
La gestion des eaux pluviales et les descentes
L’évacuation doit être conçue en respectant les normes en vigueur tout en préservant l’habitation et ses abords. L’évacuation peut être reliée au réseau public urbain, épandue dans votre propriété ou collectée dans un puisard. La loi interdit de récupérer l’eau de pluie en provenance d’un siphon de sol ou d’un caniveau situé sur le sol de votre terrain.
Le choix du puisard et de l'infiltration
Le puisard a pour avantage de permettre à l’eau de pluie collectée de s’infiltrer dans le sol de manière régulée et naturelle. L’ensemble des eaux pluviales collectées par les gouttières et les drains est acheminé jusqu’à ce puits d'infiltration (ou puits percolant) éloigné de l’habitation. Plus ou moins profond, le puisard peut mesurer de quelques mètres jusqu’à une dizaine de mètres. Sa dimension et sa profondeur dépendent de la nature du sol et de sa perméabilité.
Matériaux et installation des descentes
La descente ainsi que les accessoires de raccordement doivent impérativement être dans le même matériau que celui des profilés de gouttière. En effet, tous les éléments fabriqués dans le même matériau travaillent et réagissent de la même manière face aux intempéries et aux écarts de température. L’installation de gouttières doit se faire en conformité avec la norme NF P 36-201 (DTU 40.5).

Systèmes d'évacuation des eaux usées : Chute unique ou séparée ?
La chute est le tuyau vertical, souvent d'un diamètre important (100 mm ou plus), qui traverse les étages pour évacuer les fluides vers les égouts ou la fosse septique.
- La chute séparée : C'est le système le plus courant dans les anciennes constructions et certaines neuves. Principe : deux colonnes distinctes. L'une évacue les eaux des toilettes (vers le collecteur principal ou la fosse), l'autre évacue les eaux ménagères.
- La chute unique : Une seule colonne pour tout évacuer. Spécificité : le tube doit posséder des nervures internes qui mettent l'eau en rotation (effet vortex). Cela plaque l'eau contre les parois, laissant passer l'air au centre pour éviter le désiphonnage.
Défis techniques : Désiphonnage et ventilation
L'un des inconvénients majeurs d'une mauvaise installation (surtout en chute unique mal calibrée) est le désiphonnage. Quand une grosse quantité d'eau descend (chasse d'eau), elle peut créer une aspiration qui vide les siphons de votre douche ou évier. Résultat : des bruits de "glouglou" et des remontées d'odeurs d'égout insupportables.
Pour éviter cela, la ventilation primaire est indispensable : la chute doit impérativement être prolongée jusqu’au toit (c'est l'évent) pour assurer la prise d'air. Cette ventilation est indispensable pour éviter l’effet piston qui se produit par exemple lorsqu’une baignoire est vidée. Si la ventilation jusqu'au toit est impossible, il faut mettre en place un aérateur à membrane à la place de l’évent.
Clapet aérateur anti-glouglou et anti-odeur
Règles de pose, pentes et maintenance
Les tuyaux d’évacuation sont les seuls éléments de plomberie dont le diamètre minimal fixé par le Document Technique Unifié (DTU) 60.1 est exprimé en diamètre extérieur. En partie basse, une pente de 3 à 5 cm par mètre est requise pour éviter la stagnation.
La gestion de la dilatation du PVC
Que la plomberie soit apparente ou encastrée, il est nécessaire de prendre en compte la forte dilatation du PVC. Lors d’une pose encastrée, la fixation se fait à 10 cm des extrémités du tube. Pour respecter la dilatation, veillez à ne pas mettre de produits en contact direct avec les tuyaux et raccords lors du comblement des saignées (plâtre, mortier…). Si vous réalisez des travaux de rénovation, veillez à intercaler par exemple du papier sur tout le parcours pour permettre la dilatation.
Entretien et regards de visite
Afin de pouvoir garantir une bonne efficacité d’entretien du réseau, il convient d’aménager un regard de visite à chaque changement de direction et en cas de grande longueur (longueur supérieure à 30 m environ). Des regards sont situés au pied de chaque descente. Les regards disposent d’un chapeau amovible sur le dessus (tampon) pour faciliter l’entretien et le curage des canalisations.
Conformité et responsabilités
Le Code de la santé publique impose un traitement des eaux usées domestiques pour prévenir les risques sanitaires. Le Service Public d’Assainissement Non Collectif (SPANC) est chargé du contrôle. Pour une construction neuve, le propriétaire doit présenter un schéma de collecte et transport des eaux usées dont le contrôle et la validation sont assurés par le SPANC.
Il est fortement conseillé de réaliser un lit de sable pour les tuyaux afin de pouvoir procurer une bonne assise aux reins de la canalisation. Dans tous les cas, les règles de bon sens doivent conduire à la pose d’un grillage avertisseur lors du remblaiement des tranchées, puis à un repérage des ouvrages pour réaliser un plan de récolement. L’installateur doit impérativement remettre un plan du réseau à son client et en garder une copie dans son dossier avec l’archivage des pièces contractuelles de l’opération.

Les dispositifs anti-retours, s'ils sont nécessaires, imposent un entretien régulier et le maître d’ouvrage doit impérativement en être averti par un écrit incluant la remise de la notice de l’appareil. En cas de doute sur la conformité de votre installation, il est recommandé de consulter le DTU 60.11, document normatif traitant des installations de plomberie sanitaire et d’eaux pluviales, disponible en libre accès.