La gestion des réseaux d'évacuation des eaux usées et pluviales est une composante essentielle de la pérennité d'un bâtiment. Que vous soyez un particulier confronté à une défaillance de votre réseau enterré ou un professionnel cherchant à optimiser une installation, la compréhension des techniques de maintenance et des normes de mise en œuvre est primordiale. Une fuite sur une canalisation enterrée ne doit jamais être négligée, car elle peut entraîner d'importants dégâts matériels, une consommation d'eau excessive et des risques pour la structure du sol.

Détection et diagnostic par endoscopie
La première chose à faire est de déceler précisément où la fuite est située. À l’instar des chirurgiens qui viennent explorer l’intérieur du corps humain, le spécialiste utilise un endoscope pour effectuer une inspection générale de l’état de la canalisation. Cette méthode de pointe très efficace permet de récolter de précieuses informations sur l’origine de la fuite et sa cause, qu’il s’agisse d’un affaissement de terrain ou d’une intrusion de rongeurs. Il faut savoir que les petits rongeurs sont capables de grignoter n’importe quel matériau grâce à des incisives puissantes.
L’outil appelé endoscope est muni d’une caméra vidéo à tête rotative ou figée, capable de passer les coudes de 90°. Grâce au câble de plus de 40 mètres et à la source lumineuse à LED à intensité variable, l’ensemble de la canalisation est inspecté. Vous pouvez suivre le cheminement de l’endoscope dans les tuyaux grâce à un écran de visualisation. Au fur et à mesure de l’avancée, le câble se déroule et le compteur affiche la distance parcourue. Toutes les informations importantes sont stockées sous forme de photos et de vidéos. L’intérêt d’une recherche de fuite par l’endoscopie est multiple : l’intervention est exacte, ciblée et n’occasionne aucun dégât supplémentaire. Le diagnostic est posé rapidement.
Techniques de réparation : Intubation et chemisage
Après avoir précisément localisé la fuite, plusieurs stratégies de réparation peuvent être envisagées selon la configuration du réseau.
L'intubation
Pour ce faire, l’entreprise devra effectuer une saignée pour mettre à nu la canalisation endommagée. Ensuite, il faut insérer un tuyau neuf dans le tuyau existant. Plusieurs inconvénients majeurs sont liés à cette technique d’intubation :
- La fuite doit être à l’extérieur, sur votre terrain et non sous la maison.
- La canalisation doit être assez large et en ligne droite. Il est impossible de procéder à une intubation si votre installation comporte des coudes.
Le chemisage de canalisation
Cette méthode permet un colmatage interne au tuyau. Dans ce cas, le plombier va insérer dans le tuyau cassé un cylindre recouvert d’un produit en fibre de verre. Quand la fuite est décelée, le cylindre est gonflé pour projeter le produit contre le trou ou la fissure. Pour chemiser une canalisation fissurée, le professionnel doit dégager une zone circonscrite autour du tuyau endommagé. Pas de percement de tranchée ni de lourds travaux à prévoir, un simple dégagement de quelques centimètres suffit. Puis, il va procéder à un curage des canalisations grâce à un jet haute pression.
Ensuite, il va déposer par projection une gaine ou chemise constituée d’un textile, de résine époxy et d’un durcisseur. L’étape suivante consiste à insuffler de l’air chaud ou de la vapeur pour produire une réaction appelée polymérisation. La matière durcit au contact de la chaleur et vient combler les trous et les fissures responsables de la fuite. Le chemisage de canalisation agit comme une deuxième peau capable d’assurer une étanchéité complète de vos canalisations. Une fois cette opération effectuée, l’entreprise procédera à un nouveau contrôle de la conduite par endoscopie.

Limites de l'auto-réparation
Si vous êtes bricoleur, vous avez sans doute l’impression qu’il est facile de procéder vous-même à la réparation d’une canalisation par colmatage, intubation ou chemisage. Sachez que c’est un travail technique et minutieux qui ne peut se passer d’une expertise approfondie. Le chemisage, par exemple, demande un matériel adapté. L’endoscope sert à poser le diagnostic et à trouver le lieu précis de la fuite. La résine durcissante est un produit professionnel qu’il convient d’utiliser en suivant une méthodologie stricte et les recommandations du fabricant. La dernière étape consistant à faire durcir la résine par l’injection de vapeur d’eau est dangereuse, car elle comporte des risques de brûlure. Quelle que soit la méthode envisagée, rien ne s’improvise.
Conception et normalisation des réseaux en PVC
Outre les tuyaux d’alimentation des appareils sanitaires, le système d’évacuation des eaux représente un circuit important. La conception du PVC provient d’un hydrocarbure et du sel, une ressource présente en grande quantité sur la planète. Il est ainsi composé à 43 % d’éthylène et à 57 % de chlore. La fabrication des tuyaux est réalisée via des particules de polychlorure de vinyle et différents produits qui sont chauffés à haute température. L’ensemble est ensuite extrudé en continu pour lui donner une forme cylindrique.
Pour permettre l’emboîtement des tuyaux, la tulipe est réalisée au travers du réchauffage d’une extrémité et d’un moulage en pression. Dans le but de favoriser une parfaite étanchéité, les tuyaux sont raccordés entre eux avec de la colle. Pour éviter tout problème dû à la présence d’eau, cette étape est effectuée dans un environnement sec.
Rigidité et classification
L’une des caractéristiques des tuyaux d’assainissement est le CR ou coefficient de rigidité annulaire, exprimé en kN/m². Par exemple, un tuyau CR8 possède une rigidité annulaire de 8 kN/m². Les tuyaux CR4 disparaissent petit à petit et sont remplacés par les CR8 plus résistants. Pour les diamètres de grandes tailles supérieurs à 1 m, le coût d’un tuyau CR8 est bien plus important que la réalisation d’un tuyau en béton ou en fonte.
Il existe de nombreux produits régis par des normes précises en fonction de leur destination. Le diamètre en plomberie et la pente d’écoulement vont déterminer le débit du tuyau. Un tuyau de trop gros diamètre risque d’augmenter les risques de dépôts. En fonction du type d’eaux usées à évacuer, il convient d’adapter le schéma d’évacuation pour un fonctionnement optimal. Si cela n’est pas toujours obligatoire, l’installation d’un clapet anti-retour est fortement conseillée.
Créer une évacuation d'eau en PVC - Tuto Bricolage avec Robert
Mise en œuvre et raccordements techniques
Les tuyaux PVC pour systèmes d’évacuation des eaux usées sont destinés à une utilisation intérieure. Ils peuvent être fabriqués en résine pure ou avec un mélange de résine et de craie. Pour un meilleur effet de glisse, certains tubes sont le fruit d’une extrusion triple couche de résine pure intérieure et extérieure. La norme NF vous permet de vous assurer de la fiabilité du produit. Il est possible d’opter pour une solution anti-feu avec la norme NF Me.
Dotés d’une résistance mécanique élevée, ils peuvent être utilisés en extérieur et doivent être enterrés à un minimum de 40 cm en cas de passage de véhicules. La connexion entre les tuyaux s’effectue par joint étanche. La mise en œuvre correspond à la norme NF EN 13476-2 et le fascicule 70. À enterrer à partir de 80 cm si passage de véhicule, le tuyau CR4 affiche une résistance mécanique plus faible que le CR8. Il se connecte par collage dans le respect des préconisations du DTU 20.1 et du fascicule 70. Sa pose s’effectue sur un lit de sable avec la présence d’un grillage avertisseur pour signaler le passage d’eaux usées.
Gestion des eaux pluviales et durabilité
Les eaux de pluie représentent un volume important des eaux qui s’écoulent autour de votre habitation. Les réseaux publics actuels ne sont pas dimensionnés, ni pour recevoir les nouvelles constructions, ni les importantes quantités d’eau liées au changement climatique. L’évacuation des eaux usées et des eaux pluviales est une étape cruciale dans la gestion de toute construction, qu’elle soit résidentielle ou industrielle. Une installation efficace garantit non seulement le confort des habitants, mais aussi la préservation de l’environnement.
Les tuyaux en PVC sont privilégiés dans les systèmes d’évacuation pour plusieurs raisons :
- Résistance à la corrosion : Ce matériau est idéal pour l’évacuation des eaux pluviales.
- Légèreté : Facile à manipuler, ce qui simplifie son installation sur les chantiers.
- Raccords : Dans tout système d’évacuation, les raccords PVC jouent un rôle fondamental.
L’installation d’un regard pour les eaux pluviales est un autre élément indispensable pour une gestion optimale. De façon générale, l’évacuation des eaux pluviales repose donc sur l’utilisation de matériaux de qualité et la bonne conception du réseau. Les systèmes en PVC sont particulièrement adaptés grâce à leur résistance et à leur facilité d’installation.
Les bonnes pratiques de raccordement
À la différence d’une tuyauterie en cuivre ou en polyéthylène électrosoudable, le tuyau PVC ne peut pas être chauffé et ne nécessite aucune soudure. La pose de raccords est donc indispensable pour assembler deux tubes PVC entre eux ou gérer des changements de direction sur un collecteur.
Les 3 principales gammes de tubes PVC sont :
- Le PVC rigide classique : Utilisé exclusivement pour les évacuations gravitaires (sans pression).
- Le PVC pression : Pour l’alimentation en eau potable ou une tuyauterie de pompage.
- Le PVC renforcé (CR8) : Pour l’évacuation des eaux usées, les collecteurs d’eaux pluviales ou encore pour l’irrigation.
Choix des raccords
Le choix du raccord dépend de la jonction souhaitée :
- Le manchon PVC : Raccord droit « femelle/femelle » permettant de relier 2 tubes mâles.
- La manchette PVC : Utilisée pour réparer un tuyau fendu, elle permet de coulisser sur la partie endommagée.
- Le coude PVC : Disponible dans différents angles (30°, 45°, 90°) pour les changements de direction.
- Le té et la culotte PVC : Raccords en « T » ou en « Y » pour réaliser des embranchements.
Technique de collage
Pour assembler efficacement les tubes PVC, il convient de suivre trois étapes :
- Découpe : Mesurer la longueur nécessaire et couper perpendiculairement à l’aide d’une scie à métaux.
- Préparation : Ébavurer l’extrémité du tube avant de le positionner. Emboîtez à blanc pour marquer les repères d'alignement.
- Collage : Utiliser exclusivement une colle pour PVC et matières plastiques. Encoller le raccord et l’extrémité du tube, emboîter sans attendre, puis essuyer le surplus de colle.

Le respect de ces normes et méthodes garantit une étanchéité parfaite et une longévité accrue des réseaux enterrés, évitant ainsi les interventions lourdes de réparation par chemisage ou intubation à l'avenir.