S’il existe des arbustes à fleurs incontournables pour votre intérieur ou votre jardin, ce sont bien les rhododendrons. Tout comme les géraniums, les rhodos sont très aimés des jardiniers en raison de leurs innombrables couleurs et de leurs diverses possibilités d’utilisation. Vous pouvez utiliser leurs fleurs comme élément central d’un bouquet ou pour apporter une note de gaieté dans votre intérieur, de même que les planter en haies pour un résultat splendide. Pour vous assurer des meilleurs résultats possibles, nous avons réuni une série de conseils et astuces qui vous aideront à prendre soin d’eux et à obtenir un développement optimal.

Présentation et classification botanique
Bien qu’auparavant disponibles dans quelques couleurs seulement, les rhodos ont au fil des années élargi leur palette de façon considérable et offrent aujourd’hui des coloris tout à fait uniques. Les combiner permet donc d’obtenir de prodigieux tableaux floraux de couleurs, à plus forte raison si vous optez pour des variétés remontantes. Vous avez ainsi la certitude de profiter au maximum de leur si belle floraison. On distingue deux grands groupes de rhododendrons : les rhodos à grandes feuilles et les rhodos à petites feuilles. Les rhodos à grandes feuilles portent la plupart du temps de grandes fleurs et sont raisonnablement faciles à installer. On les divise en quatre catégories selon la couleur de la floraison (violette, rouge, blanche ou rose), toujours riche et profonde.
Si vous êtes à la recherche d’un rhododendron, il peut arriver que vous tombiez aussi parfois sur quelques azalées : il y a une très bonne raison à cela. Les azalées japonaises, les azalées Knaphill et les azalées caduques appartiennent à la même famille botanique que les rhododendrons : celle des Éricacées. Cette famille comprend également d’autres plantes à fleurs, comme l’arbousier, le myrtillier et la pyrole à feuilles rondes. Mais quelles sont exactement les différences entre azalées et rhododendrons ? La seule différence est que les azalées sont plus petites (maximum un mètre) et que certaines d’entre elles sont caduques.
Le nom « rhododendron » provient du grec ancien « rhodon » (rose) et « dendron » (arbre), signifiant littéralement « arbre à roses ». Le genre Rhododendron comprend plus de 1 000 espèces différentes. Les rhododendrons sont généralement des arbustes ou de petits arbres à feuilles persistantes, bien que certaines espèces soient à feuilles caduques. Leurs feuilles sont généralement ovales et coriaces, et elles peuvent être vertes, grises ou même argentées. Ils sont originaires des régions montagneuses d’Asie, d’Amérique du Nord et d’Europe.
TOUT CE QU'IL FAUT SAVOIR SUR LES RHODODENDRONS
Plantation : les règles d’or
Comme toute autre plante ou fleur, au jardin ou en pot, le rhododendron doit être planté d’une manière spécifique. Le mieux est de le planter en octobre ou en mars (au plus tard en avril), lorsque tout risque de gel est écarté. Il faut le placer à la mi-ombre, où les fleurs pourront profiter tant de l’ombre que du soleil. Choisissez un emplacement qui n’est pas orienté vers l’est. L’idéal est de l’installer sous des arbres caducs, qui apporteront non seulement la mi-ombre mais s’harmoniseront également à merveille avec les magnifiques couleurs des rhodos. Si vous décidez quand même d’installer un rhodo en plein soleil (certaines variétés l’apprécient), assurez-vous que le sol ne s’assèche pas.
Les rhododendrons préfèrent en effet un sol humide, bien drainé et acide ; l’ajout d’une quantité importante de matières organiques leur plaira également. Vous pouvez encore enrichir le sol, en lui ajoutant par exemple des feuilles mortes, des morceaux d’écorces, des aiguilles de pin, etc. Veillez à ne pas planter trop profond car les racines du rhodo sont par nature superficielles. Laissez dépasser la motte d’environ 5 cm au-dessus du sol. Respectez les bonnes distances de plantation conseillées selon les espèces, au minimum 1,20 m pour les moyennes et jusqu’à 2 m pour celles qui prennent beaucoup d’ampleur.
Entretien et stimulation de la floraison
À présent que votre rhododendron est planté, il ne vous reste plus qu’à patienter jusqu’à la floraison. En général, les rhodos fleurissent durant quatre semaines. Si vous souhaitez profiter plus longtemps de leurs magnifiques couleurs, vous devez opter pour une sélection de variétés possédant chacune une période de floraison différente. Le rhododendron nécessite peu de soins. Il n'est pas nécessaire de tailler le rhododendron. L'arbuste ne pousse que lentement.
La croissance des rhododendrons est optimale là où il pleut beaucoup, car l’eau de pluie est bien meilleure pour eux que l’eau du robinet (qui contient du calcaire). Si vous placez un rhododendron à un endroit qui ne reçoit aucune pluie, vous devez l’arroser jusqu’à ce que la motte soit entièrement humide. Il en va de même durant les périodes de sécheresse du printemps ou de l’été. Vous pouvez encore plus stimuler la croissance des rhododendrons en leur apportant des nutriments et de l’engrais supplémentaires durant leur période de croissance. Veillez à utiliser de l’engrais organique à forte teneur en magnésium. Ceci rendra le sol encore plus acide. Un paillage organique (écorces de pin, aiguilles de pin, feuilles mortes, compost acide) permet de maintenir la fraîcheur du sol, de limiter l’évaporation de l’eau, de réduire la croissance des mauvaises herbes et d’enrichir progressivement le sol en se décomposant.

Techniques de taille : de la formation au rabattage
La taille des rhododendrons est également très importante car elle facilite la croissance. Il faut tailler les rhodos immédiatement après la floraison. C’est en effet à ce moment qu’apparaissent de nouvelles pousses. La plante est de taille relativement limitée ? Éliminez alors simplement les fleurs fanées. La taille de formation, qui concerne les jeunes sujets, a lieu au printemps, lors du démarrage de la végétation. Elle consiste à pincer l’extrémité des jeunes rameaux avec les ongles, juste après une feuille. Cela favorise la ramification et rend la plante plus touffue.
Si la plante a pris trop d’ampleur, enlevez aussi quelques branches mortes. Vous lui permettrez ainsi d’à nouveau se développer. Pour une taille d'entretien, coupez les fleurs fanées au fur et à mesure, juste sous le pédoncule, afin d’éviter la formation de graines. Veillez à préserver les bourgeons latents : ils se développeront l’année prochaine. Lorsque toutes les fleurs ont fané, éliminez les tiges mortes et malades à leur base, à l’aide d’un sécateur.
Pour les vieux spécimens, le rabattage peut être nécessaire. Si l'arbuste est devenu trop imposant ou dégingandé, vous pouvez pratiquer une taille plus sévère. Le moment idéal pour faire une telle taille de rajeunissement n’est pas après la floraison, mais tôt au printemps, avant le début de la saison de croissance. Coupez toutes les branches à environ 60 cm de hauteur (il vous faudra une scie !). Après quelques semaines, de nouvelles pousses paraîtront. Il faudra sans doute 2 à 3 ans avant qu’il se densifie et reprenne une belle forme. À l’avenir, quand votre rhododendron approchera de la taille que vous désirez, prenez l’habitude de tailler votre arbuste modestement après la floraison pour contenir son développement, raccourcissant annuellement une branche sur trois.
Multiplication : graines, boutures et marcottage
Vous pouvez multiplier les rhododendrons de trois manières. Vous pouvez utiliser les graines, faire des boutures ou opter pour le marcottage. Le marcottage est la meilleure manière de reproduire les rhododendrons, surtout pour les jardiniers débutants. Cette méthode consiste à courber un rameau vers le sol et à faire un trou là où le rameau arrive. Le trou doit être d’environ 10 cm de large et 20 à 30 cm de profondeur, afin que le nouveau rhodo puisse bien se développer. Remplissez le trou de terre, incisez le rameau et enlevez l’écorce de la partie inférieure. Étalez un peu de poudre ou de gel d’hormones sur l’incision pour que les racines puissent mieux se développer.
Si vous avez déjà pas mal d’expérience dans l’entretien d’un jardin, vous pouvez alors sans problème multiplier vos rhododendrons par bouturage. Pour la multiplication par bouturage, il est important de sélectionner des rameaux à moitié lignifiés. Choisissez des boutures d’environ 8 cm. Enlevez les feuilles de la partie inférieure des boutures et placez les boutures dans un stimulateur de croissance. Plantez-les ensuite dans une terre appropriée et paillez. Vous pouvez aussi faire des semis. Placez les graines séchées dans des pots ou des terrines de semis contenant de la terre humide. Couvrez les pots de cloches en verre et placez-les dans un endroit bien éclairé.
Gestion des parasites et problèmes de santé
Les rhododendrons sont aimés des jardiniers mais malheureusement aussi par différents insectes. L’otiorhynque de la vigne aime ainsi beaucoup s’en délecter. Cet insecte pond une énorme quantité d’œufs en été, ce qui peut devenir gênant. Les larves qui éclosent grignotent les racines de la plante, qui finit par mourir. Les rhododendrons peuvent aussi être victimes du brunissement des boutons, fatal pour ces derniers. La cause est un insecte volant, la cicadelle, qui pond ses œufs sous les boutons. Les larves qui éclosent provoquent des maladies cryptogamiques.
Il peut aussi arriver qu’un rhodo ne se développe pas, ce qui est dû à un sol trop sec. Si la terre d’un rhododendron s’assèche trop durant l’été, il peut arriver qu’il ne produise pas de nouveaux boutons. Un dernier problème pouvant survenir est le jaunissement ou la décoloration des feuilles. Cela est le signe d’un manque de nutriments. Pour remédier à ce problème, vous pouvez ajouter du magnésium ou du potassium à la terre, ou bien ajouter de la terre de bruyère, de façon à améliorer les conditions de croissance de la plante. Veillez aussi à enlever les feuilles atteintes. Le rhododendron est un poison pour les humains et les animaux. Il faut donc être prudent, notamment lors des manipulations de taille, en utilisant des gants.
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