Le repiquage est une technique de transplantation d'une plantule qui a été semée au préalable en caissette, en godets, voire sous châssis. Lorsque les semis réalisés quelques semaines auparavant commencent à émettre quelques vraies feuilles, il est alors temps de les repiquer pour qu'ils puissent continuer leur croissance de manière optimale. Le repiquage consiste à prélever un jeune plant de son emplacement initial pour le replanter soit dans un contenant plus grand soit en pleine terre.

Pourquoi repiquer ses semis ?
Plusieurs situations nous amènent à effectuer un repiquage. Lorsque les semis ne sont pas effectués en place, c'est-à-dire faits en pépinière, sous châssis, en caissette ou en godet, il faut ensuite installer les jeunes plants dans le potager ou les massifs. De plus, lorsque les graines sont semées très serrées, soit parce qu'elles sont très petites et qu'il est difficile de les mettre en terre une par une, soit parce que l'on souhaite rentabiliser l'espace dédié aux semis à son maximum, ou dans un contenant réduit, le plant ne possède plus suffisamment d'espace pour pouvoir se développer correctement. Il est donc nécessaire de l'installer ailleurs, d'autant plus que cette situation peut favoriser le développement de maladies telles que la fonte des semis. Enfin, il est parfois nécessaire de repiquer lorsqu'on souhaite installer à un endroit précis des semis spontanés.
Les plantules sont alors très serrées dans leur contenant d'origine et la concurrence est rude, d'autant que le mélange utilisé pour les semis est souvent très léger et donc peu fertile. Le repiquage est une étape clé pour assurer la bonne croissance des végétaux. Réalisée dans de bonnes conditions et avec soin, cette opération permet aux plants de poursuivre leur développement sans stress. À l'inverse, un geste trop brusque peut endommager les racines.
Le moment opportun pour agir
Il faut savoir que le repiquage entraîne un arrêt de la végétation (du développement) de la plante et qu'il lui faudra quelques jours pour reprendre sa croissance. Plus la plante est jeune, plus il lui est facile de se remettre de cette opération. Aussi, il est conseillé d'effectuer les premiers repiquages le plus tôt possible, dès que les premières vraies feuilles sont sorties (2 ou 3).
Les plantules devront avoir plusieurs vraies feuilles et une taille convenable afin d'être assez fortes pour supporter l'opération. Si vous avez semé à l’intérieur des graines de fleurs et de légumes durant l’hiver, certaines plantules sont prêtes à être repiquées dès le mois de mars afin de continuer leur développement dans les meilleures conditions. Le repiquage génère un certain stress pour les végétaux, c'est pourquoi il est préférable de privilégier des conditions météorologiques clémentes : faites-le le jour où la météo est fraîche, où l'humidité règne et après un bon arrosage de vos plantules. Il est préférable de réaliser ces opérations par temps frais et humide, idéalement lors d'une journée grise ou, à défaut, en fin de journée quand les températures commencent à baisser.
Préparation et matériel nécessaire
La veille du repiquage, arrosez bien vos bacs, car la terre de plantation draine bien afin d’éviter la fonte des semis et les mottes ont tendance à s’effriter. Pour les plants qui sont en godets individuels, démoulez-les doucement en veillant à ce que la motte reste bien collée aux racines. En barquette ou terrine, à l’aide d’une fourchette, prélevez le ou les plants le plus délicatement possible en prenant soin de ne pas endommager les racines.
5ème méthode de repiquage de semis en gobelet ou godet
Pour le sol en pleine terre, le travail aura été effectué au préalable pour accueillir les plantules : désherbé, biné et amendé, il sera bien meuble et le travail sera ainsi facilité. La veille de la plantation, préparez le potager en le désherbant et en ameublissant son sol. Enfouissez aussi un peu de compost ou d’engrais tout usage dans la terre, selon la quantité recommandée sur le mode d’emploi du produit.
Techniques de repiquage selon le type de plants
Deux situations vont ensuite se présenter lors de la manipulation des jeunes plants.
Plants avec motte
Repiquer des plants avec leur motte (tomates, courges…) à l’aide d’une houe ou d’un transplantoir : plantez l'outil dans le sol, faites-le pivoter vers vous et installez le plant avec sa motte dans le trou ainsi créé. Retirez l'outil et recouvrez le plant de terre. Tassez pour que la motte et les racines soient bien en contact avec la terre puis arrosez. Avant le repiquage, n'hésitez pas à démêler les racines qui se sont enroulées sur elles-mêmes, voire à couper le fond de la motte avec une lame tranchante.
Plants à racines nues
Repiquer les plants à racines nues, c'est-à-dire les plants dont les racines ne sont pas protégées par une motte de terre, à l’aide d’un plantoir : enfoncez votre plantoir en terre pour faire un trou et glissez-y le plant en prenant soin de ne pas faire remonter les racines. Pressez la terre autour du plant et arrosez. Le repiquage des plants à racines nues peut demander quelques opérations préalables destinées à favoriser leur reprise : praliner les racines, raccourcir les racines si celles-ci sont trop longues ou abimées (comme pour les poireaux) ou encore couper le haut des feuilles (pour les laitues).

Profondeur et spécificités de plantation
La plupart du temps, les jeunes plants sont enterrés au niveau du collet, celui-ci se trouvant alors au ras du sol. Toutefois, il peut arriver que le plant doive « flotter », le collet se trouvant alors légèrement au-dessus du sol. C'est le cas des laitues, chicorées ou fraisiers. Pour d'autres, il peut être conseillé de repiquer le plant profondément ; c'est le cas des tomates pour lesquelles les premières feuilles sont enterrées afin que de nouvelles racines poussent sur la portion de tige se trouvant sous terre. La tomate a besoin d’une attention spéciale : on doit la planter couchée, dans une petite tranchée, laissant seulement les 3 ou 4 feuilles supérieures hors du sol.
Si vous êtes amenés à repiquer plus d'une fois un même plant, veillez à ne pas casser la motte qui entoure les racines. Dans le cas des semis cultivés en pots de tourbe ou pastilles de coco, n’enlevez pas le pot : plantez-les avec leur contenant, car celui-ci est biodégradable.
Soins post-repiquage
Une fois le plant installé, arrosez ensuite en pluie fine mais abondamment. Le tour est joué ! Il est normal que la plantule se fripe légèrement pendant les jours qui suivent le repiquage ; ceci est normal car toute transplantation stresse la plante. Ne vous inquiétez pas. Si la plantule a déjà un bon nombre de feuilles, vous pouvez rabattre légèrement la masse aérienne (enlever une ou deux feuilles éventuellement) afin qu’elle ne consomme pas trop d’énergie et qu’elle puisse se concentrer sur l’adaptation de sa masse racinaire.
Pour les légumes frileux (tomate, poivron, courge, concombre, melon, etc.), il est crucial d'acclimater les semis aux conditions de plein air avant de les repiquer. Placez-les 3 jours à l’ombre, 3 jours à la mi-ombre et 3 jours au soleil. Enfin, la maladie « la fonte des semis », causée par différents champignons, s’attaque soit aux graines qui ne vont pas germer, soit aux jeunes plantules qui vont brunir, s’affaisser puis pourrir. L’humidité du terreau est le principal facteur de risque car il permet le développement des champignons potentiellement présents. Assurez un drainage adéquat pour protéger vos jeunes plants durant cette phase de transition délicate.