Le Colza 'Troubadour' et sa Sensibilité à la Verse : Une Analyse Approfondie des Pratiques Culturales et de la Sélection Variétale

Le colza, culture oléagineuse majeure, est au cœur des préoccupations des agriculteurs et des sélectionneurs. La recherche de productivité, la réduction des intrants et l'adaptation aux aléas climatiques et aux pressions parasitaires sont des défis constants. Parmi les nombreux facteurs influençant la réussite de cette culture, la résistance à la verse est un caractère agronomique essentiel, particulièrement pour des variétés comme le colza 'Troubadour', dont la sensibilité à cet aléa peut impacter significativement le rendement et la qualité de la récolte.

Champ de colza fleuri sous un ciel nuageux

Évolution de la Sélection du Colza : Des Populations aux Hybrides

L’histoire de la sélection du colza en Europe trouve son berceau en Allemagne. En France, les premières variétés sélectionnées étaient des variétés dites « population », obtenues par sélection massale à partir de variétés allemandes. Les tout premiers travaux de sélection n’ont réellement commencé qu’avec la création de l’Inra en 1946. Alors que les colzas cultivés jusque-là étaient des variétés population, la réglementation mise en place - l’instauration du système d’inscription des variétés et la création du CTPS en 1942, puis la mise en place de l’UPOV et de la DHS au début des années 60 - a favorisé la création de lignées pures homozygotes. Cela permettait d’apprécier plus facilement le progrès apporté par chaque génotype nouveau et offrait à l’agriculteur une garantie sur l’identité de la variété semée. Sarepta fut ainsi la première variété lignée obtenue par sélection généalogique par l’Inra.

L’évolution des rendements moyens observés dans les essais CTPS traduit l’importance du progrès génétique réalisé en cinquante ans. Le rendement moyen est passé de 20 q/ha environ dans les années 1960-1970 à 40-45 q/ha dans les années 2000, soit une progression annuelle théorique de 0,75 q/an. Pour aller plus loin et gagner de nouveaux points de productivité, les chercheurs ont travaillé sur la création d’hybrides. Aujourd’hui, le gain de productivité obtenu par les hybrides est tel que les semenciers déposent à l’inscription essentiellement ce type de variétés.

Après une recherche de productivité en grain et en huile, les objectifs de sélection évoluent sous l’influence de la diversification des marchés à satisfaire, des changements de réglementation (Ecophyto) et de la pression sociétale. L’amélioration des plantes essaie de répondre à ces attentes en multipliant les caractères pris en compte, en élargissant la diversité génétique et en modernisant ses méthodes de travail. Les études sur les interactions génotype x milieu x conduite de culture trouvent dans ce contexte un regain d’intérêt.

La Génétique des Hybrides de Colza : Un Vecteur de Progrès

Les variétés hybrides sont produites par croisement d’une lignée parentale femelle mâle-stérile (c’est-à-dire non productrice de pollen) et d’une lignée parentale mâle dite « restauratrice », productrice de pollen, qui restaure 100 % de la fertilité mâle ; on obtient ainsi un hybride fertile. Pour obtenir une lignée parentale femelle, la plupart des sélectionneurs utilisent la stérilité mâle cytoplasmique dite CMS (de l’anglais « cytoplasmic male sterility »), du système Ogu-INRA. Le gène responsable de cette stérilité mâle est issu de plantes de radis et est localisé dans l’ADN cytoplasmique, d’où son nom.

Le pollinisateur mâle doit restaurer la fertilité des semences récoltées chez les femelles. Toutes les plantes de colza oléagineux productrices de pollen ne sont pas capables de « restaurer » la fertilité mâle. Elles doivent pour cela contenir un gène de restauration de fertilité : on parle alors de lignée parentale mâle restauratrice de fertilité. L’éloignement génétique des lignées mâle et femelle est déterminant pour le succès des hybrides restaurés. Si des pools de matériels suffisamment éloignés génétiquement les uns des autres peuvent être développés, des effets hétérosis sont obtenus.

Schéma de production d'hybrides de colza par stérilité mâle cytoplasmique

Stratégies d'Implantation du Colza : Solo, Associé et Mélanges Variétaux

La qualité de l’implantation du colza, qu'il soit seul ou associé, est la priorité numéro un. La préparation en interculture doit tenir compte de la structure du sol héritée du précédent, et des principaux facteurs pouvant impacter le démarrage du colza : gestion de la paille, risque de salissement précoce par exemple. Éviter les interventions trop profondes si elles ne sont pas nécessaires, et éviter de multiplier les passages pour ne pas assécher brutalement l’horizon de surface. Seule une implantation précoce et soignée permettra de sécuriser le démarrage de la culture, en favorisant également un développement optimal des légumineuses.

Didier Manlhiot, polyculteur-éleveur dans le Puy-de-Dôme, a entamé une transition dans ses pratiques afin de réduire l’utilisation des insecticides et de mieux contrôler les adventices sur ses parcelles. Avec une pluviométrie de 550 mm/an en moyenne et de forts contrastes climatiques, ses parcelles craignent l’humidité et le sec, et les sols usent très rapidement le matériel. Didier Manlhiot a cherché à améliorer la structure et la vie de ses sols, tout en réduisant les charges de mécanisation, et en réduisant les intrants. C’est ce qui l’a amené à s’intéresser aux couverts végétaux en interculture et au colza associé.

Le colza associé est une des techniques mise en place sur son exploitation. L’implantation en semis direct ou travail très simplifié permet une réduction des charges de mécanisation, du temps de travail et des intrants. La couverture du sol à l’automne par les plantes compagnes peut être intéressante pour réduire le salissement et la pression des insectes d’automne, essentiellement des altises. En contrepartie, cette technique demande de l’adaptabilité.

Le Semis du Colza Associé

Le semis du colza associé doit être réalisé tôt pour conserver l’humidité du sol, profiter d’éventuels orages estivaux et assurer une levée rapide du colza et du couvert. Pour le colza associé, les densités de semis à respecter sont strictement les mêmes que les références « colza seul », soit une densité entre 30 et 40 graines selon les risques de pertes à la levée, pour atteindre un peuplement autour des 25 plantes/m² pour des écartements à 60 cm (pas plus de 20 plantes/m² pour des écartements plus larges). En cas de semis au semoir céréales, on pourra augmenter sensiblement cette densité pour atteindre 30 à 35 plantes/m².

Didier Manlhiot utilise un mélange variétal, où la part de la variété précoce par rapport à la variété d’intérêt est de 5%. La variété précoce, en fleurissant plus tôt, attirera les méligèthes, réduisant les attaques sur les boutons de la variété d’intérêt.

Le semis peut se faire en un ou deux passages, selon les équipements disponibles et les espèces de plantes compagnes choisies. Un seul passage permet de limiter les risques de dégradation de la structure du sol et l’assèchement de l’horizon travaillé. Avec un semoir monograine, le microgranulateur pourra être utilisé, mais uniquement avec les plus petites graines (trèfles, lentilles, fenugrec). Dans les semoirs céréales, le mélange d’au moins trois types de graines, différentes en taille et en forme, évitera une stratification dans la trémie. Quant à la féverole, la taille de sa graine nécessite une trémie compartimentée ou une caisse supplémentaire. Un semis en deux passages peut être envisagé si les équipements nécessaires pour un semis en un seul passage ne sont pas disponibles : privilégier un semoir centrifuge ou un DP12 pour les légumineuses. Les deux passages doivent être très rapprochés, idéalement réalisés le même jour. Si les légumineuses sont semées à la volée et le colza au monograine, un travail très superficiel avant le semis du colza, visant à enterrer les graines de légumineuses, pourra être envisagé. Attention néanmoins à ne pas trop enfouir les petites graines.

Choix des Plantes Compagnes et Densités de Semis

Pour les couverts associés, les associations de plusieurs légumineuses, deux ou trois espèces, sont intéressantes pour multiplier les atouts et pallier à l’éventuelle défaillance d’une espèce. Didier Manlhiot a choisi l'association colza - féverole de printemps - lentille - microtrèfle. La féverole qui monte en hauteur perturbe les insectes, la lentille et le trèfle blanc sont couvrants, mais d’autres plantes pourraient être testées (lotier, fenugrec, pois chiche, lin…). Les conditions de réussite sont très dépendantes de la météo. Pour être efficace, le couvert doit être dense à l’automne.

Les plantes à port dressé (ex : féverole…) peuvent être mélangées à des plantes à port plus étalé (lentille, trèfle d’Alexandrie…). Un autre critère de choix peut être la précocité des espèces associées : lentille, gesse, fenugrec et trèfle d’Alexandrie mono-coupe, sont des espèces précoces qui ne nécessiteront que rarement une destruction chimique. Contrairement aux féveroles et surtout aux vesces. Dans le Sud-Ouest, les vesces sont à utiliser avec précaution, puisqu’en l’absence de gel marqué, ces espèces tardives pourront concurrencer le colza au printemps.

Densités de semis indicatives de légumineuses gélives utilisées en mélange :

EspèceDensité de semis (kg/ha)
Féverole de printemps30-40
Lentille15-20
Trèfle d'Alexandrie5-10
Fenugrec10-15
Vesce20-30
Lotier8-12
Pois chiche25-35
Lin15-20

Infographie sur les différents types de légumineuses pour le colza associé

Légumineuses Pérennes et Gestion Post-Récolte

Avec les légumineuses pérennes, leur intérêt réside dans l’occupation du sol après la récolte du colza, pour apporter à la parcelle tous les bénéfices d’un couvert d’interculture. Tout comme les légumineuses gélives, les légumineuses pérennes, telles que le trèfle blanc ou le trèfle violet seront semées de façon concomitante au colza (densité de semis : 3 à 5 kg/ha pour les trèfles), le positionnement des graines devant rester très superficiel. Ces espèces ayant un développement limité à l’automne apportent peu au colza ; on devra donc leur associer des espèces annuelles pour espérer obtenir les bénéfices évoqués avec les espèces gélives.

Attention, leur développement au printemps sous le colza devra être surveillé de près, afin d’éviter une concurrence trop forte avec la culture sur la 2e partie de son cycle. Par exemple, une intervention devra être envisagée sur un trèfle vigoureux et développé aux alentours du 15 mars.

Bénéfices et Motivations du Colza Associé et des Mélanges Variétaux

La recherche de bénéfices vis-à-vis de la lutte contre les insectes et un moindre recours à la lutte chimique constituent la principale motivation de la pratique du colza associé avec des légumineuses gélives. Cela peut être également pour améliorer la quantité d'azote disponible pour le colza, la fertilité chimique des sols ou encore pour limiter les risques d’asphyxie racinaire dans des parcelles hydromorphes. Les légumineuses pérennes sont, quant à elles, utilisées dans l'objectif de couvrir le sol après la récolte du colza, et contribuer à la lutte contre l’érosion.

La simplification du travail du sol, l’association du colza avec les plantes compagnes et le semis d’un mélange variétal ont permis à Didier Manlhiot de réduire l’utilisation des insecticides, avec notamment une absence de traitement méligèthes depuis 2015. Le colza étant plus robuste à l’automne, le traitement contre les altises et dans une moindre mesure contre les charançons du bourgeon terminal ne sont pas systématiques : la décision de traitement est prise à la parcelle selon les observations réalisées.

Dans le Sud-Ouest, des agriculteurs pionniers, associant le colza à des légumineuses depuis plusieurs campagnes, ont été suivis par leurs techniciens dans le cadre du groupe technique Caso (Colza Associé Sud-Ouest), composé de 11 structures et animé par Terres Inovia. Les résultats obtenus par ce collectif sont rassemblés dans un document de synthèse et les 10 fiches techniques « retour d’expérience ». L’expérience de ces agriculteurs montre qu’il y a plusieurs manières de produire et de réussir du colza associé, selon les objectifs recherchés et le matériel disponible essentiellement. Elle montre également que cette pratique concourt à l’obtention d’un colza robuste, moins vulnérable aux attaques de bioagresseurs et aux aléas climatiques.

COLZA ASSOCIE - Plantes de service, pour le colza et au-delà. Témoignage d'un agriculteur du 47

Avantages Économiques des Mélanges Variétaux

« Avec un coût de semences de 15 à 20 €/ha en colza, les agriculteurs font des économies substantielles sur ce poste en mélangeant un tiers de semences certifiées en variétés hybrides et deux tiers de lignées en semences de ferme. Les semences d’hybrides coûtent 45 à 50 €/ha semées en pur à 40 grains au mètre carré », expose Sébastien Louyot, de la chambre d’agriculture de Moselle. « Les différences en faveur des mélanges se voient surtout lors des années difficiles et sur les terres à potentiel limité, remarque Sébastien Louyot. C’est moins vrai lors de bonnes années comme en 2022 et sur les parcelles à haut potentiel. » Pour le semis, il conseille de doser à 15 grains/m2 d’hybride avec 30 grains/m2 de la lignée issue de semences de ferme pour limiter le coût de la semence à 20 €/ha.

Avec les conditions de sécheresse qui peuvent survenir au moment des semis en août et compromettre la levée des colzas, les agriculteurs évitent d’engager trop de frais dans les semis. Les manques à la levée ont concerné notamment le Nord-Est certaines années. Dans cette région, la pratique du mélange est courante. « Sur ce bassin, 30 % des agriculteurs disent avoir réalisé un mélange variétal en 2022, selon une enquête de notre institut sur les pratiques », informe Aurore Baillet, de Terres Inovia Grand-Est.

Les lignées commencent à faire leur âge. En l’absence de renouvellement variétal des lignées en colza depuis plusieurs années, les rendements de ces variétés peuvent paraître insuffisants en comparaison avec les variétés hybrides qui bénéficient, pour leur part, d’un progrès génétique continu.

Terres Inovia teste depuis cette année un mélange de trois hybrides (LG Aviron, Feliciano KWS et Helypse). Objectif : obtenir des plants de colza plus résilients face aux ravageurs, altises et charançons principalement, dans un contexte où les moyens de lutte sont de plus en plus limités. « Les deux premiers mélanges montrent déjà de bons comportements vis-à-vis des ravageurs. C’est moins le cas avec Helypse mais cette variété a comme atout d’être régulière en rendement, présente Arnaud Van Boxsom, responsable de l’évaluation variétale chez Terres Inovia. Nous souhaitons voir le comportement du mélange face aux ravageurs. Par ailleurs, le fait de mettre ensemble des variétés aux précocités un peu différentes peut apporter un meilleur comportement face aux aléas climatiques. » L’expérimentation est réalisée dans le cadre du plan d’action Adaptacol visant à identifier les alternatives au retrait du phosmet (insecticide) pour réduire les attaques des ravageurs d’automne.

Le groupe Soufflet commercialise depuis 2022 un mélange prêt à l’emploi de variétés de colzas hybrides. Nommé Colza Max, il se compose à parts égales de 33 % des variétés Addition, Héclair et Attica et d’1 % de trèfle d’Alexandrie, pour des raisons réglementaires. En effet, pour pouvoir commercialiser un mélange de variétés de colza, il faut lui adjoindre au moins 1 % d’une légumineuse fourragère. « Ce mélange a été éprouvé par des essais sur le terrain, avec un rendement un peu supérieur à la moyenne des trois variétés utilisées en solo », met en avant Jean-François Barot, coordinateur au service agronomie, conseil et innovation chez Soufflet. « Addition et Attica amènent de la vigueur de départ, ce qui est important contre les altises. Héclair et Attica apportent un haut potentiel de rendement par rapport à Addition. Attica montre une meilleure résistance à l’élongation que les deux autres variétés, ce qui est intéressant en cas de semis précoce », précise le responsable de Soufflet. Selon lui, le mélange a connu un certain succès : « les prévisions de commercialisation ont été dépassées. »

Gérer la Hernie du Chou avec les Mélanges

La stratégie du mélange variétal prend tout son sens sur les parcelles touchées par la hernie du chou. Terres Inovia conseille d’associer une des dix variétés tolérantes à la hernie à 20-30 % d’un hybride classique sensible. « Ces variétés tolérantes montrent un potentiel de rendement limité en situation saine et l’expression de la hernie est variable selon les années et les conditions climatiques, précise Aurore Baillet, Terres Inovia. Si la maladie ne s’exprime pas ou peu, la variété sensible à haut potentiel compensera le manque de rendement du colza tolérant. » La stratégie du mélange permet de limiter le risque de contournement de gènes de résistance par le parasite causant la hernie. Précision : aucune des variétés tolérantes ne permet de lutter contre un des pathotypes, dit P1, présent dans certaines parcelles en France.

Stratégies de Désherbage Spécifiques au Colza Associé

Les programmes de désherbage du colza peuvent manquer de sélectivité vis-à-vis des légumineuses associées. Il est donc primordial de connaître la flore présente sur sa parcelle avant d’envisager une association, et identifier un programme de désherbage adapté. Dans toutes les situations présentant un risque d’infestation en ray-grass, le maintien d’une pré-levée est indispensable. Il convient donc de choisir une espèce associée comme la féverole plutôt adaptée aux solutions type métazachlore (métazachlore à 600g pour limiter le risque de manque de sélectivité). Cette contrainte de désherbage amène fort logiquement à déconseiller l’association de légumineuses sur des parcelles connues pour un historique malherbologique « chargé », en particulier avec des pressions type ravenelle.

Témoignages d'Agriculteurs et Pratiques sur le Terrain

Agriculteur dans le sud de l’Oise, Louis Ferry estime qu’il n’y a pas de solution miracle pour réussir la culture du colza. Le tout premier critère pour lui, c’est de retenir des hybrides car il estime qu’ils bénéficient d’un potentiel plus élevé que les lignées, d’une plus grande rusticité et d’une très bonne capacité de compensation. Il se compose systématiquement des mélanges de trois hybrides pour mieux répartir les risques dans la parcelle, selon les précocités ou les caractéristiques des différentes variétés. Sur ses 80 ha de colza, il sème en général deux mélanges différents, un précoce et un demi-précoce. Dans les mélanges, il privilégie aussi les variétés tolérantes au virus TuYV.

Louis Ferry réalise deux déchaumages très superficiels pour éclater la paille et éliminer les mauvaises herbes, tout en maintenant le plus possible l’humidité dans le sol. Il effectue le premier juste derrière la moissonneuse-batteuse, et le second, une dizaine de jours plus tard. Juste avant le semis, il passe le Chisel avec dents fissuratrices pour ne pas créer de mouvement dans les premiers centimètres du sol et continuer à préserver la fraîcheur. Il sème ensuite de façon classique avec son combi herse rotative-semoir à céréales, la semaine qui suit le 15 août. En général, à cette période de l’année, ils ont la chance de bénéficier d’un peu de pluie. Il apporte également au semis 150 kg d’engrais DAP 18-46, pour booster le colza dès le départ. Dans le semoir, il associe un anti-limaces aux semences et opte pour un désherbage classique juste après le semis. Mais, en matière de protection, ce sont les altises à l’automne qui sont les plus compliquées à contrôler. Il faut bien les surveiller. En général, il est obligé d’intervenir deux fois avant l’hiver à un mois d’intervalle, et là encore, il n’y a pas de solution miracle. Les années où ils réussissent à les gérer, le potentiel de rendement peut atteindre 45 q/ha.

La Sensibilité à la Verse et l'Importance de la Variété

Bien que le colza 'Troubadour' ne soit pas spécifiquement mentionné dans les retours d'expériences détaillés, la question de la sensibilité à la verse est un facteur agronomique déterminant pour toute variété de colza. La verse, qu'elle soit due au vent, à la pluie ou à un développement excessif du végétal, peut entraîner des pertes de rendement significatives en rendant la récolte difficile et en favorisant le développement de maladies. Les sélectionneurs travaillent continuellement à l'amélioration de la résistance à la verse, un caractère souvent lié à la rigidité de la tige et à la hauteur de la plante.

Les hybrides, grâce à l'effet d'hétérosis, sont souvent plus robustes et peuvent présenter une meilleure tolérance à la verse que les lignées. La capacité des mélanges variétaux à répartir les risques et à offrir une plus grande résilience face aux aléas climatiques peut également indirectement contribuer à limiter les conséquences de la verse, notamment en présence de variétés ayant des caractéristiques morphologiques différentes. La variété 'Attica', par exemple, "montre une meilleure résistance à l’élongation que les deux autres variétés", ce qui est un atout en cas de semis précoce et potentiellement une aide à la réduction de la verse.

Illustration des effets de la verse sur une parcelle de colza

La gestion de la densité de semis joue également un rôle crucial. Des densités trop élevées peuvent favoriser l'élongation des plantes et les rendre plus sensibles à la verse. Une gestion équilibrée de la fertilisation azotée est aussi essentielle, car un excès d'azote peut stimuler une croissance végétative exubérante, augmentant le risque de verse.

En définitive, la réussite d'une culture de colza, y compris pour des variétés comme le 'Troubadour', repose sur une combinaison de choix variétaux judicieux, de pratiques culturales adaptées (semis, travail du sol, association de plantes) et d'une surveillance attentive des conditions climatiques et des pressions parasitaires. La sensibilité à la verse est un élément à prendre en compte dès la sélection de la variété et tout au long du cycle cultural pour optimiser le potentiel de rendement.

tags: #semence #colza #troubadour #sensibilite #a #la