Guide complet sur la sélection et la culture des plants de pomme de terre : de l'achat à la récolte

La culture de la pomme de terre est une activité passionnante qui demande une planification rigoureuse, surtout pour les jardiniers souhaitant optimiser leurs rendements. Que vous soyez un jardinier amateur ou un professionnel confirmé, la réussite de votre récolte commence dès le choix de vos semences. Dans les jardineries, les plants de pomme de terre ont retrouvé leur place dans les étals dès le mois de décembre. Il en sera ainsi jusqu’au printemps avant que barbecues et salons de jardin occupent presque tout l’espace.

Rayon de plants de pomme de terre en jardinerie en hiver

L'importance de l'anticipation dans l'achat des plants

Tous les professionnels du secteur tiennent le même discours : ne pas hésiter à acheter ses plants dès le mois de janvier. Georges Delattre, gérant des établissements Leteuil, fournisseur de plants de pomme de terre situé dans la Vienne, souligne l'avantage crucial de cette précocité. « En début de commercialisation, les lots sont de très belle qualité, sans germe et, surtout, le client a le choix : dans les variétés, dans les conditionnements… C’est un vrai plus », assure-t-il.

Pour les jardiniers équipés de tunnels ou de serre, la plantation peut débuter dès le mois de décembre. Avoir le choix, c’est pouvoir choisir les variétés les mieux adaptées à son calendrier de plantation, précoce ou tardif, et à l’utilisation souhaitée : primeurs, frites, purée, gratin… Cette diversité permet de structurer son potager pour échelonner les récoltes tout au long de la saison.

Conservation et préparation : les bonnes pratiques

Une fois achetés, les plants doivent être conservés dans des conditions optimales avant la plantation. « Si possible, les mettre au frais, au sec et à la lumière (sans lumière directe) pendant l’hiver, par exemple dans un abri de jardin fermé avec fenêtre ou, à défaut, au bas du frigo », précise Georges Delattre.

Une fois que la date de plantation est calée, il est conseillé de sortir les plants pour les faire prégermer à la lumière et à température ambiante durant 10 à 15 jours. Les disposer dans une clayette reste le plus simple. Cette étape est déterminante pour donner une longueur d'avance à vos plants et assurer une levée vigoureuse une fois en terre.

Faire germer les pommes de terre

Variétés et innovation : le rôle des experts

Si les variétés classiques, comme Charlotte ou Agata, restent très demandées par les clients, force est de constater que les rayons des jardineries mettent chaque année en avant de multiples nouveautés. Comme le note Serge Sainson, responsable de trois jardineries Delbard à Ruffec, Melle et Thouars, « dans ce domaine, le renouveau apporte un vrai plus, notamment en termes de résistance au mildiou, de productivité ou de conservation ».

Dans ces magasins, les plants de pommes de terre occupent, dès le mois de décembre, une place importante. « Nous travaillons le dossier sérieusement et avons à cœur de conseiller nos clients le plus précisément possible. Voilà pourquoi un vendeur est présent en permanence dans les rayons pour les orienter au mieux vers une ou plusieurs des 40 variétés de notre offre », confirme Serge Sainson. L'utilisation de fiches conseils, regroupant des informations sur le choix de la variété, le calibre et les étapes de travail du sol, de plantation, de buttage et de récolte, est un outil précieux pour tous les jardiniers.

Adaptation aux conditions locales et tendances de consommation

Chaque terroir possède ses spécificités. Il est donc essentiel de privilégier des variétés bien adaptées aux conditions locales. À l’image de Celtiane, Cephora, Laurette ou Marabel, certaines variétés se distinguent par leur rusticité et leur comportement face aux aléas climatiques régionaux.

Le profil des clients évolue au final peu au fil des années. Il y a les jardiniers confirmés qui achètent très tôt leurs plants, dès le mois de décembre. Puis il y a ceux qui s’approvisionnent au fur et à mesure : les variétés primeurs tout d’abord, puis celles destinées à être conservées. Quant aux novices, ils optent le plus souvent pour des achats de dernière minute avec, dès lors, un choix de gamme beaucoup plus réduit.

« Après le confinement lié au Covid, la typologie des jardiniers s’est un peu rajeunie », constate Serge Sainson. « Mais il faut reconnaître que la culture de pommes de terre prend beaucoup de place dans le jardin… d’où le succès marqué des petits conditionnements, de 1,5 à 3 kg. Quand j’ai commencé ma carrière, il y a plus de trente ans, seuls les sacs de 10 et 25 kg étaient proposés à la vente. Notre métier est aussi celui-ci : s’adapter aux attentes de nos clients. »

Schéma illustrant les différentes étapes de la culture de la pomme de terre, du plant au buttage

Recherche et développement : l'héritage d'IPM et Teagasc

L'innovation dans le domaine de la pomme de terre repose sur un travail de sélection de longue haleine. IPM s’engage sur le long terme dans ce secteur. L’implication d’IPM dans le développement variétal a commencé dans les années 1960, par ses essais sur les marchés étrangers. Cette activité s’est rapidement transformée en un partenariat avec ce qui est aujourd’hui Teagasc, dont les activités de sélection sont basées au centre de recherche Teagasc Oak Park, en Irlande.

Au début des années 1970, un partenariat formel a été établi pour sélectionner de nouvelles variétés destinées à un large éventail de marchés mondiaux. Dans le cadre de cette collaboration, des milliers de plants sont testés dans un premier temps en Irlande, puis les lignées sélectionnées sont évaluées dans différentes conditions de culture afin de s’assurer qu’elles sont adaptées à différents environnements. En général, une ou deux variétés sont mises sur le marché chaque année pour différents segments tels que la consommation fraîche, la transformation et l’exportation.

Parmi les succès marquants, Rooster est de loin la plus connue de ces variétés en Irlande et représente aujourd’hui plus de 60 % de la superficie totale de pommes de terre irlandaises. La Cara a été la première variété commercialisée avec succès et est toujours populaire au Royaume-Uni, aux îles Canaries et en Égypte. Des variétés telles que Baba, Burren, Nectar et Electra sont actuellement les plus commercialisées et les semences produites en Europe du Nord-Ouest sont exportées vers plus de 40 pays.

Vers une agriculture durable et locale

Au-delà de la pomme de terre, la réflexion sur les semences et le cycle de vie des plantes s'étend à d'autres cultures, comme en témoignent les initiatives locales. Fin novembre, les élèves de l’école Prévert ont retroussé leurs manches pour étaler le marc de pomme contenant les graines de ce qui constitue le futur verger communal. Cette idée émane d’une rencontre suite à la Fête de la nature et de la volonté des élus de travailler avec l’association « Les Croqueurs de pommes de l’Ouest Limousin ».

Cette association œuvre pour la préservation des variétés fruitières en voie de disparition, la création de vergers et l’initiation aux techniques de plantation, taille, greffe mais aussi entretien des arbres et de l’écosystème des vergers de plein vent, gérés, bien entendu, sans pesticides. C'est dans ce même esprit que des structures comme AQUAVERDIER, ferme aquaponique installée à Glandon, ou d'autres producteurs locaux certifiés en Agriculture Biologique (AB), développent des modèles de production respectueux de l'environnement, qu'il s'agisse de fruits, légumes, céréales ou plantes aromatiques.

Pour les consommateurs à la recherche de producteurs locaux, des outils numériques comme l'annuaire des producteurs par département permettent de retrouver, près de chez soi, les points de vente et les marchés locaux, favorisant ainsi les circuits courts et une alimentation saine et transparente.

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