Optimisation des Prairies et Innovations dans la Culture du Soja : Enjeux Agricoles en Suisse et Savoie

L'agriculture moderne, qu'elle soit pratiquée dans le canton de Vaud, sur les terres savoyardes ou au cœur des exploitations suisses, fait face à des défis de productivité et de durabilité croissants. L'optimisation des surfaces fourragères par des techniques de sur-semis et la structuration d'une filière locale pour des cultures exigeantes comme le soja biologique sont au centre des préoccupations des producteurs. Ces démarches reposent sur une collaboration étroite entre la recherche agronomique, les conseillers techniques et les exploitants de terrain.

La gestion durable des prairies : enjeux du sur-semis

Pour une prairie de plus de 10 ans, composée d’un mélange de graminées et de légumineuses, j’ai observé que certaines espèces avaient tendance à disparaître. Les pissenlits se sont développés, rendant l’herbe moins appétente. Pas question de retourner la parcelle pour un nouveau semis sous peine de faire remonter les pierres. J’ai donc choisi la solution du sur-semis, introduit Jean-René Cotten, exploitant de la parcelle d’essai.

Schéma illustrant le processus de sur-semis dans une prairie vieillissante

Prolonger la productivité de la parcelle, telle est l’enjeu de la pratique. Pour Alain Laurec, directeur de la FD Cuma du Finistère, la prairie restait belle à la base. « Pas de gros trous dans le champ. Nous avons toutefois délimité trois zones : une sèche, une homogène, et une partie qualifiée de terre nue. À ce jour, il est difficile de percevoir les levées de cette année. Le sur-semis a sans doute été réalisé trop tard dans la saison ».

Mécanisation et techniques de semis innovantes

La réussite d'un sur-semis dépend largement de la précision de l'outil utilisé. « Essayons d’avoir un circuit court pour meilleure rentabilité de la production d’herbe. La végétation en décomposition crée un feutre sur le champ, masquant ainsi les trous. Ces vides sont autant de manque de surfaces en production », pense Laurent Tonglet, responsable Belgique et France chez Güttler.

Ce fabricant allemand propose un procédé se rapprochant d’un semis naturel. « Les parcelles conduites en fauche ne sont plus piétinées par les animaux. Pourtant, cette action naturelle favorise la germination de la fine semence. Notre semoir a été développé pour imiter cet effet : la herse étrille aère et enlève le feutre végétal couvrant le sol. Les graines sont ensuite déposées à la volée, et le rouleau indépendant reproduit l’effet des pieds de mouton pour enfouir légèrement la graine », explique le représentant du constructeur.

Un autre modèle présent, le RS400 de chez Aguirre, propose un train de semis indépendant pour une régularité de travail. « C’est un outil idéal pour les sur-semis, mais aussi pour d‘autres utilisations. Avec quelques précautions à l’implantation, le sur-semis reste économique et techniquement intéressant. »

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Adaptation variétale et conditions pédoclimatiques

Le choix des espèces est crucial lors d'un sur-semis, particulièrement au printemps. Le RGA n’aime pas forcément les sur-semis de printemps. « Il aura du mal à s’implanté, la concurrence avec d’autres graminées est forte. Le choix doit plutôt se porter sur des dactyles ou des fétuques rouges qui apporteront pérennité. »

Tous les ans, Proconseil mène de nombreux essais sur différents sites répartis dans tout le canton de Vaud. Les thématiques abordées vont des tests variétaux classiques à l’expérimentation de pratiques agricoles et itinéraires techniques innovants, que ce soit au niveau cultural ou au niveau de la mécanisation. Ces essais sont suivis de manière régulière par votre équipe de conseillers agricoles et permettent l'acquisition de références agronomiques aux conditions pédoclimatiques locales.

La direction générale de l'agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires (DGAV) conduit sur son domaine pédagogique et expérimental de Grange-Verney/Planche-Signal/Cornier des essais en grandes cultures et en production fourragère.

Structuration de la filière soja bio suisse

Le soja bio pour l’alimentation humaine doit à l’avenir provenir de cultures locales. Qu’il s’agisse de tofu, de tempeh ou de crème de soja, tous les produits à base de soja sont à la mode. Cette sorte de haricot doré est toujours plus demandée dans toute l’Europe pour l’alimentation humaine et l’assortiment des produits au soja s’élargit continuellement.

Les acteurs du secteur suisse du soja bio se sont regroupés pour améliorer la culture en Suisse et élargir l’assortiment des produits à base de soja du pays. Car le soja suisse a de nombreux avantages : pas besoin de défricher des forêts vierges, le soja est garanti exempt de contaminations transgéniques, la création de valeur ajoutée se fait en Suisse et la traçabilité est garantie. Sans compter que les agriculteurs sont regroupés au sein de l’organisation de producteurs PROGANA et ont des contrats de production et de prise en charge.

Carte des zones de production de soja biologique en Suisse

Défis agronomiques de la culture du soja

Le soja faisant partie de la famille des légumineuses, les bactéries de ses nodosités racinaires fixent l’azote de l’air et le soja n’a donc pas besoin de fumure. « Le principal problème de la culture biologique du soja est la mauvaise herbe », explique Maurice Clerc, conseiller du FiBL pour les grandes cultures et codirecteur du projet. « Vu que cela fait monter les coûts de la production bio, il est important que les sélectionneurs produisent des variétés qui répriment mieux la mauvaise herbe et qui sont idéales pour la fabrication des différents produits. »

La culture du soja n’est pas encore très répandue dans l'agriculture biologique suisse même si quelques pionniers en cultivent depuis plusieurs années. Cela a été rendu possible notamment grâce aux plus de 30 ans de travail de sélection des stations de recherches Agroscope qui ont permis de produire des variétés adaptées au climat d’ici.

Le projet « Soja alimentaire biologique suisse »

Le but de ce projet est d’impliquer l’ensemble de la filière de création de valeur ajoutée qui va de la sélection au consommateur en passant notamment par l’étude variétale, la multiplication des semences, la vulgarisation agricole, le développement des produits, la transformation et le commerce de détail pour renforcer le secteur suisse du soja bio pour l’alimentation humaine.

« Nous voulons favoriser une collaboration idéale pour tous ceux qui, des semences aux produits finis pour les consommateurs, sont impliqués dans la production et la transformation du soja biologique suisse », affirme Matthias Klaiss, qui coordonne le projet au FiBL. Le projet est soutenu financièrement par le Fonds Coop pour le développement durable et par Bio Suisse.

« Pour pouvoir continuer de couvrir la demande pour ces produits, la Coop soutient ce projet novateur et souligne ainsi une fois de plus son rôle de précurseur dans le domaine de la durabilité en général et de l'agriculture biologique en particulier », souligne Roland Frefel, responsable des produits frais à la Coop. La Coop, le FiBL, Agroscope, Bio Suisse, l’organisation de producteurs bio PROGANA, Delley semences et plantes SA ainsi que le Moulin Rytz participent à cette dynamique collective.

Logigramme montrant les étapes de la filière soja, de la semence au consommateur

Qualité des services et logistique agricole

La réussite des projets agricoles repose également sur la fiabilité des partenaires commerciaux. Un excellent suivi est nécessaire ; on sent des personnes qui sont proches du terrain et qui cherchent sincèrement à faciliter les aspects logistiques, elles rendent plus humain le quotidien moderne.

Le transporteur m'a appelé au préalable pour demander mes dispositions. Je suis également très content de la qualité des bouchons organiques commandés. Malgré que la commande ait rencontré un problème lié à un souci de réapprovisionnement, l'équipe de Germineo s'est adaptée et a trouvé une solution de secours pour respecter les délais de livraison. Cette réactivité est essentielle pour les agriculteurs partenaires qui mettent en place les essais culturaux sur leur exploitation et qui participent aux relevés et discussions techniques, car leur précieuse collaboration est une source de motivation et de références agronomiques nouvelles.

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