
Le Japon est mondialement connu pour ses magnifiques fleurs de cerisier, les sakura, mais avant que ces dernières n'émergent, un autre bel arbre orne le pays : le prunier japonais. La mi-février marque le début du printemps et de la saison des pruniers, offrant un panorama unique et souvent moins fréquenté que les célèbres cerisiers. La fleur de prunier, également appelée fleur d’abricotier japonais, symbolise la vitalité, l’espoir et le renouveau, un symbolisme similaire dans de nombreuses cultures asiatiques.
Origine et caractéristiques du prunier japonais (Ume)
Le Prunus salicina est originaire de Chine et est très présent au Japon, au Laos, au Vietnam et en Corée. De taille moyenne, il peut atteindre jusqu’à 12 mètres de haut et porte des feuilles oblongues dentées. La floraison du prunier japonais, très précoce, est blanche et se compose de 5 pétales. Les fruits, appelés prunes japonaises, arrivent à maturité au cours de l’été. Elles peuvent être vert-jaune, jaune, pourpre ou rouge, avec une chair pâle très sucrée et parfumée. Plus grosses que les prunes occidentales, elles sont également plus fermes, avec une chair qui adhère au noyau. Le fruit du prunier du Japon est comestible, il se consomme frais et peut également être mis en bocaux. En Chine, il sert à la fabrication de fruits confits et de bonbons digestifs.
Il est important de noter qu'il ne faut pas confondre Prunus ume (ou mume) et Prunus salicina. Le premier est souvent traduit, à tort, par « prunier du Japon », mais il s’agit en réalité d’un abricotier. Ce sont donc ces abricotiers du Japon qui sont en fleurs et relativement fêtés au Japon en début d’année. Le second est bien un prunier, également originaire d’Asie. Le fruit du prunier japonais, Prunus ume, est très utilisé. L’umeboshi notamment est une préparation salée et acide réalisée à base de fruits marinés qui est souvent consommée avec du riz. Il rentre également dans la composition de l’umeshû, l’alcool de “prune” traditionnel.
Le prunier du Japon est très cultivé dans le sud-ouest de la France où il trouve un climat qui lui convient. Sa production représente une bonne part (environ un tiers) de la production française des prunes de table. Le prunier du Japon est un bel arbre à la floraison précoce, qui donne en quantité de belles et grosses prunes juteuses et sucrées. Aussi facile à cultiver que ses cousins européens, il se plaira surtout dans les régions à climat doux car ses fleurs, précoces, sont fragiles.
La floraison du prunier au Japon : une célébration du renouveau
Le monde entier connaît les célèbres fleurs de cerisier japonais. Cependant, avant l’émergence des fleurs de cerisier, un autre bel arbre orne le Japon. La mi-février marque le début du printemps et de la saison des pruniers. Le prunier offre également un panorama unique. La floraison de ce prunier japonais est de plus absolument superbe, d’ailleurs au Japon, où il vit depuis fort longtemps bien qu’originaire de Chine, elle y est célébrée et symbolise le renouveau.
Le temps des cerisiers en fleurs est un véritable événement au Japon. Mais il n’y a pas que les cerisiers du Japon qui y fleurissent en début d’année, les pruniers les précèdent en effet de quelques semaines. Leur floraison est cependant moins féerique que celle des cerisiers, car elle est plus éparse. La fleur de ce prunier est par contre plus parfumée et ses coloris varient principalement entre divers tons de rose bien que l’on trouve également des variétés jaunes et, bien sûr, blanches. Les pruniers peuvent aussi afficher des feuillages plus colorés, dans des tons de rouge ou de violet, qui prolongent son intérêt ornemental.
La floraison de ce prunier, ume matsuri, revêt aujourd’hui peu de symbolique. Elle était pourtant autrefois ritualisée et fêtée par un hanami, signifiant le renouveau, l’espoir, la force intérieure. Elle reste simplement le symbole de la nouvelle année chinoise qui débute. La fleur de prunier est également la fleur nationale de la Chine. Symbole du mois de janvier, la fleur de prunier du Japon, ou Ume, annonce la fin de l'hiver et le renouveau. Cet arbre caduc peut atteindre jusqu'à 12 mètres de hauteur. Ses fleurs apparaissent dès la fin de l'hiver, avant même les feuilles, offrant des paysages empreints de poésie. Elles se déclinent en plusieurs teintes, du blanc au rose foncé, tirant parfois vers le corail.
FLEURS DU JAPON - Épisode 1: Pruniers
Où admirer les fleurs de prunier au Japon ?
Passer des vacances au cours de ce mois de floraison des pruniers vous permet d’éviter les foules qui se rassemblent dans de nombreux lieux de floraison des cerisiers au Japon. Il existe de nombreux endroits à couper le souffle auxquels vous pourrez accéder avec le Japan Rail Pass, tout en voyageant facilement.
- Kairakuen (Mito) : Ce jardin est l'un des trois plus beaux jardins du Japon et abrite plus de 3 000 pruniers. Si vous avez un Japan Rail Pass, vous pouvez accéder à ce jardin en prenant la ligne JR Joban jusqu’à la gare de Mito. Le parc est à seulement 15 minutes en bus de la gare.
- Parc Hanegi (Tokyo) : Niché dans le district Setagaya-Ku de la capitale, au sud-ouest de Tokyo, le parc Hanegi abrite plus de 600 pruniers. Ce parc est également accessible en train. Depuis la gare de Shinjuku, prenez la ligne Odakyu jusqu’à la gare d’Umegaoka, un endroit qui porte bien son nom, car umegaoka signifie « colline des pruniers ».
- Kitano Tenmangu (Kyoto) : Kitano Tenmangu est le lieu d’observation de pruniers le plus renommé dans la partie nord de Kyoto, l’ancienne capitale du Japon.
- Koishikawa Korakuen (Tokyo) : Établi au début de la période Edo, Koishikawa Korakuen est l’un des jardins les plus anciens de Tokyo. Bien qu’un énorme cerisier pleureur près de l’entrée du jardin ait fait sa renommée, il abrite également un grand nombre de pruniers.
- Mont Fuji : Imaginez 35 000 pruniers à fleurs blanches dans le cadre inoubliable et majestueux du mont Fuji. Au mois de février, la ville d’Odawara organise un festival des pruniers en fleurs.
- Ville d'Okutama (nord de Tokyo) : Dans la ville d'Okutama, au nord de Tokyo, 25 000 pruniers fleurissent chaque année, attirant de nombreux visiteurs.
Cultiver un prunier du Japon
Pour la plantation, vous sélectionnerez un emplacement ensoleillé ou à mi-ombre pour ce prunier qui appréciera une terre neutre, fraîche mais bien drainée, sableuse et limoneuse. Pour favoriser la pollinisation de votre prunier, installez-le auprès d’autres pruniers, notamment le prunier myrobolan ou des Prunus cerasus, originaires des États-Unis. Les associations avec les pruniers européens sont par contre stériles. Il est possible de cultiver un prunier japonais en pot à condition de sélectionner une variété naine. Des apports de potassium pourront être faits au printemps, de la cendre de bois par exemple, qui favorisera sa fructification.
La taille du prunier japonais est semblable à celle de nos pruniers. La taille de formation, avant ses 3 ans, sera importante pour sa structure et définira la hauteur du tronc, le nombre et l’orientation des branches charpentières. La taille de fructification n’aura lieu que tous les 3 à 4 ans, afin de renouveler les branches fruitières et d’aérer le centre de l'arbre.

Variétés de pruniers japonais
Plusieurs variétés de pruniers japonais sont appréciées pour leurs fruits et leur floraison :
- ‘Santa rosa’ : Une variété très répandue qui produit de belles prunes rouge clair très sucrées. Il est autofertile.
- ‘Crimson glo’ : Offre de grosses prunes de 5 cm de diamètre, de couleur brun-rouge. Leur chair également rouge est de bonne qualité gustative. L’arbre est productif, avec une récolte entre fin juillet et début août. Il est auto-stérile.
- ‘Fortune’ : Un prunier américano-japonais aux prunes bicolores, rouges et jaunes. Elles sont très juteuses et sucrées, et produites en quantité.
- ‘Burbank’ : Un prunier japonais aux prunes rouge métal, dont la chair jaune est très parfumée et sucrée. Elles sont à maturité vers la fin du mois d’août.
- ‘Golden japan’ : Un prunier japonais qui produit des grosses prunes jaunes, de 6 cm de diamètre. Leur chair, également jaune, est bien sucrée et juteuse.
Comme la plupart des Prunus, c’est une floraison exceptionnelle que nous offre le prunier du Japon tout à la fin de l’hiver. Annonciatrice du printemps, elle continue à être fêtée au Japon bien que la plupart des gens préfèrent la très célèbre Sakura, la floraison des cerisiers. Les fleurs de ce magnifique prunier ont un autre intérêt, car les fruits sont tout simplement délicieux, plus gros et plus sucrés que nos prunes traditionnelles.
Hanakotoba : le langage secret des fleurs au Japon
Le Japon entretient une relation profonde avec la nature, où chaque fleur incarne une histoire et une signification précise. Le Hanakotoba désigne le langage secret des fleurs, ou plutôt l’ensemble des significations qu’elles portent. Cet art séculaire est issu de la philosophie bouddhiste qui apprécie la beauté éphémère. Les couleurs, les formes et les variétés florales délivrent des messages personnels à qui sait les décrypter.
À travers 12 fleurs emblématiques, se dévoilent des richesses culturelles symboliques, témoins des traditions et croyances nippones :
- La fleur de prunier du Japon (Ume) : Symbole du mois de janvier, elle annonce la fin de l'hiver et le renouveau. Les Ume sont tout d'abord associées à la bonne fortune, la santé, la force de vie : elles sont assez vigoureuses pour éclore dans le cœur de l'hiver. Elles sont aussi considérées comme des talismans contre les mauvais esprits. Enfin, elles sont aussi un symbole d'élégance et de dignité. Annonciatrices du printemps, on leur confère le raffinement, l’élégance ou encore la force et la vitalité. Aussi, elles auraient des vertus protectrices pour éloigner les mauvais esprits.
- L'Adonis Ramosa (Fukujusô) : Fleur associée au mois de février, elle pousse dans les sous-bois montagneux. De nature vivante, elle apprécie les sols humides et bien drainés. Sa floraison précoce en fait l'un des premiers signes visibles du printemps. Originaire des régions d'Hokkaidô et de Kyûshû, cette fleur est aujourd'hui rare à l'état sauvage. À l'époque d'Edo, cette fleur était souvent offerte à ses proches en signe de vœux de bonheur et de prospérité. Elle avait alors une place privilégiée dans les foyers pour son aura bienfaisante.
- Le camélia du Japon (Tsubaki) : En mars, il marque la transition vers le printemps. Arbuste à feuillage persistant, il se couvre de fleurs généreuses aux teintes rouges, roses ou blanches. Chaque fleur possède une texture soyeuse qui capte la lumière et souligne la finesse de ses formes. Sur le plan symbolique, le camélia évoque l'élégance, la discrétion et l'amour sincère. Autrefois, le camélia était la fleur de la mort chez les samouraïs. Offrir un tsubaki rouge annonce des sentiments amoureux alors que les pétales blancs sont un signe de désir. Dans certains contextes, les fleurs de camélia jaunes expriment une attente ou encore une certaine nostalgie.
- Le cerisier du Japon (Sakura) : Fleur nationale officieuse, il incarne la beauté éphémère. Ses fleurs recouvrent les arbres en avril, moment fort du printemps japonais. Le Sakura n'est pas seulement une fleur décorative. Elle porte un message culturel fort : celui de la fragilité de la vie et de sa beauté passagère. Au Japon, elle incarne aussi la mémoire collective. Les cerisiers sont fréquemment représentés sur les kimonos traditionnels japonais, de véritables toiles vivantes exprimant la saison, le rang social ou les croyances. Associés au printemps, les sakura traduisent le renouveau, la joie, l’espoir. Par ailleurs, leurs fleurs sont une métaphore du cycle de la vie. En effet, elles rayonnent d’un éclat magnifique, mais fugace puisqu’elles s’éteignent au bout de quinze jours seulement, rappelant l’issue fatale à tous les mortels. La fleur de cerisier est un symbole national fort même si elle ne figure dans aucune institution ou document officiel.
- Les glycines et le muguet (Suzuran) : En mai, les glycines dévoilent leurs longues grappes violettes, illuminant les jardins de couleurs enchantées. Cette plante grimpante japonaise s'étend largement, métamorphosant même les espaces les plus simples en véritables havres de beauté. Parallèlement, le muguet, appelé Suzuran, commence à égayer les paysages nippons. Cette saison symbolise un renouveau profond et encourage à la méditation.
- L'iris Hanashôbu : Il s'épanouit dans les zones humides et les jardins aquatiques, particulièrement au mois de juin. Ses grandes fleurs peuvent afficher des nuances de bleu, de violet ou de blanc, souvent marquées de motifs contrastés. Cette variété rustique est très appréciée pour sa robustesse et sa floraison généreuse en début d'été. L'iris incarne l'élégance, la force tranquille et l'espoir. Dans la mythologie, Iris est la messagère des dieux, annonciatrice de bonnes nouvelles. L’iris blanc évoque une déclaration d’amour alors que le jaune témoigne une sensation de bonheur. Au Japon, l’iris est associé à la Fête des Garçons, le Kodomo no Hi, et à la virilité. Ses pétales longs symbolisent les sabres des samouraïs ainsi que la santé et la protection. La floraison de cette fleur printanière succède celle des pruniers et des cerisiers.
- Le chrysanthème (Kiku) : Symbole impérial, il figure sur le sceau de l'empereur et orne certaines pièces de monnaie. Sa présence marque les documents officiels et souligne la noblesse. Les variétés jaunes symbolisent le soleil et l'immortalité. Les rouges expriment un amour profond tandis que les blancs sont parfois associés au deuil. Symbole de l’empereur et de la famille impériale au Japon, la fleur de chrysanthème évoque la noblesse. On la retrouve sur le sceau impérial, les documents administratifs et les pièces de 50 yens. En Asie, on associe également cette fleur au bonheur et à la longévité. Au Japon, un pétale de fleur d’or au fond d’un verre de vin vous apportera une longue vie heureuse. Si les bouquets de chrysanthèmes jaunes expriment le soleil et l’immortalité au Japon, ils ont une autre symbolique en France. Les fleurs rouges peuvent annoncer un message d’amour alors que les blanches incarnent le deuil.
- Le lotus blanc : Il émerge des eaux troubles pour offrir une fleur parfaite, ce qui en fait un symbole spirituel très fort. Dans le bouddhisme, il incarne la pureté du corps et de l'esprit, ainsi que le chemin vers l'éveil. Sa floraison en été rappelle la capacité à dépasser les épreuves pour atteindre une forme d'accomplissement. Le lotus rouge renvoie à l'amour et le violet à la spiritualité. Associé au bouddhisme, le lotus blanc est la fleur de la spiritualité par excellence. Plante des étangs, dont l’éclosion a lieu en été, le lotus symbolise la pureté, le mysticisme et la réincarnation.
- La pivoine rouge : C'est l'une des fleurs les plus majestueuses du Japon. Son apparence opulente et son parfum subtil séduisent depuis des siècles. Dans le langage floral nippon, elle représente le courage, l'honneur et la force intérieure, les qualités que l'on admire tant dans la culture traditionnelle japonaise. Ses multiples significations en font une fleur très présente, que ce soit dans les tatouages japonais traditionnels appelés irezumi, sur les tissus et panneaux décoratifs, ou encore lors de diverses célébrations familiales. La pivoine incarne aussi l'idéal féminin. Dans l’Hanakotoba, la pivoine est reliée à la bravoure. Elle symbolise à la fois l’honneur, le courage et la force. Au Japon, c’est la fleur de pivoine rouge qui est la plus appréciée. On la retrouve fréquemment sur les tatouages. D’autre part, la pivoine incarne l’idéal féminin, car sous sa délicatesse, sa tige est résistante et sa posture digne. Devant les intempéries, elle ne se courbe pas, contrairement aux autres fleurs.
- L'Adonis Ramosa (Fukujusô) : Plante vivace aux fleurs jaunes éclatantes qui s'épanouit dès la fin de l'hiver dans les régions montagneuses du Japon. Bien qu'elle soit toxique, sa floraison précoce et lumineuse en fait une fleur particulièrement appréciée. À l'époque d'Edo, cette fleur était souvent offerte à ses proches en signe de vœux de bonheur et de prospérité. Elle avait alors une place privilégiée dans les foyers pour son aura bienfaisante. Aujourd'hui, l'Adonis Ramosa est devenu rare à l'état naturel, mais elle est conservée dans des lieux spécialisés.
- L'œillet (Nadeshiko) : Il est étroitement lié à la figure de la mère au Japon. Offert lors de la fête des Mères, il exprime l'amour maternel sous une forme pure et sincère. Les pétales, parfois dentelés, se déclinent en rouge, rose ou blanc. Cette fleur symbolise également la distinction et la tendresse. Dans les arts, le terme "Yamato Nadeshiko" désigne l'idéal féminin japonais : belle, douce et pleine de vertu. Contrairement à certains pays où l'œillet jaune évoque le mépris, au Japon il garde une connotation positive et affectueuse. Tout comme la pivoine, l’œillet représente la femme parfaite au Japon. Cette fleur symbolise également la fascination et la distinction dans le langage Hanakotoba. Enfin, sachez que dans certains pays, il sera très mal vu d’offrir un œillet jaune, signe de dédain.
- L'hortensia (Ajisai) : Il connaît une grande popularité depuis l'époque Nara. Ses fleurs en grappes et ses couleurs changeantes selon le sol captivent autant qu'elles intriguent. Certains lui reprochent son instabilité chromatique, et y voyant un manque de constance. Des festivals lui sont consacrés dans tout le pays. L’hortensia est une fleur particulièrement appréciée au Japon depuis l’Ère Nara comme peuvent l’attester les poèmes de l’époque. Pour autant, on lui reproche son inconsistance à cause de ses couleurs vacillantes que l’on associe parfois à un manque de franchise. C’est pourquoi on lui préfère la fleur de cerisier.

Autres fleurs emblématiques et traditions florales
Le Hanami, littéralement "regarder les fleurs", est la coutume japonaise millénaire de contempler la beauté des fleurs. Son pendant automnal est Momijigari, l'observation du changement des couleurs de feuilles. Si la fleur de cerisier est aujourd'hui la star d'Hanami au Japon, il n'en a pas toujours été ainsi. Les anciennes générations préféraient ainsi contempler les fleurs Ume. Les Ume, fleurs de pruniers (appelés aussi abricotiers du Japon) sont originaires de Chine et ont été importées au Japon il y a environ 1500 ans. Ces fleurs fleurissent au cours de janvier à début mars, sont très parfumées et vont des teintes blanches, roses au violet/rouge (la fleur de cerisier est uniquement blanche ou rose poudré).
La fleur de pêcher (Momo) est représentée avec le bout des pétales, un peu pointus, en forme de goutte d'eau. La pêche au Japon est au cœur de nombreux contes et histoires populaires notamment le mythe d'Izanami qui s’échappe du monde des morts en lançant des pêches sur ses poursuivants.
Enfin, la fleur de cerisiers marque véritablement l'arrivée du printemps et des beaux jours. De nos jours, les Japonais se rassemblent dans les parcs, pour pique-niquer, se retrouver en famille ou entre amis tout en contemplant la floraison des cerisiers. La pleine floraison des Sakura ne durent que quelques jours ce qui fait de ces fleurs, la personnification même de la beauté éphémère. Ce bref instant nous rappelle la courte durée de la vie et l'importance d'en savourer chaque instant. Les Sakura marquent aussi le début d'un nouveau cycle, de nouveaux horizons. En effet, le mois d'avril est un mois charnière au Japon : mois des rentrées scolaires, d'une nouvelle année fiscale, des embauches.
Au Japon, la fleur associée à la mort porte le nom de Higanbana (彼岸花), ce qui signifie littéralement « fleur de l'équinoxe ». Cette plante mystérieuse, connue aussi sous le nom scientifique Lycoris radiata, appartient à la famille des Amaryllidaceae. Elle fleurit à la fin de l'été, souvent aux abords des cimetières, ce qui renforce son lien symbolique avec le monde des défunts. Ce surnom reflète la richesse de ses interprétations culturelles. La Higanbana évoque à la fois l'au-delà, la séparation définitive et le passage vers une autre vie.
Maintenant que vous connaissez la signification cachée des fleurs au Japon, pourquoi ne pas vous essayer à l'Ikebana ? Cet art floral japonais mélangeant symbolisme, philosophie zen et expression créative est peut-être fait pour vous. Élégantes et fugaces, les fleurs ornent les paysages japonais. Très présentes sur les tissus des kimonos, les lieux sacrés et dans les foyers, elles s’imposent dans l’art et la littérature nippone.
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