La Révolution Chamaé : Vers une Fertilisation Naturelle et une Agriculture Durable

Champ de monoculture contrastant avec un paysage agroforestier

L'agriculture contemporaine, en particulier dans des régions comme le Pays de France et le Triangle de Gonesse, est largement dominée par un modèle industriel de production. Ce système se caractérise par de grandes cultures, souvent des monocultures de céréales, d'oléagineux ou de betteraves, déployées sur des parcelles de plusieurs dizaines d'hectares. Une telle approche n'exploite que très partiellement les qualités intrinsèques du sol. Pire encore, elle contribue à sa dégradation et à sa fragilisation, entraînant un appauvrissement progressif. L'agriculture industrielle se maintient à grand renfort d'intrants, d'engrais de synthèse et de produits chimiques, s'apparentant presque à une production « hors-sol ». Le substrat, à l'exception de ses capacités de rétention d'eau, est principalement utilisé sur sa couche superficielle. Il est impératif d'enrichir ce sol à nouveau et d'en exploiter toutes les potentialités pour une agriculture plus résiliente et respectueuse de l'environnement.

Le Lithothamne : Un Pionnier de la Fertilisation Naturelle

L'histoire de l'agriculture naturelle en France est profondément marquée par des figures visionnaires, comme celle de Raoul Lemaire. Au milieu du 20e siècle, alors que l'agriculture conventionnelle s'intensifiait, Raoul Lemaire s'est distingué par son engagement en faveur de méthodes plus respectueuses de la nature. Ses travaux l'ont mené à explorer les propriétés du lithothamne à l'état brut. Les résultats obtenus par Raoul Lemaire étaient conformes à ce qu'il en espérait, notamment en élevage qui, à cette époque, était en proie à de graves problèmes de fièvre aphteuse et de tuberculose.

Vue rapprochée de lithothamne

Il a mis en évidence d'autres propriétés au lithothamne que celle qui lui était alors attribuée par la réglementation, à savoir celle de simple amendement calcaire et magnésien. En tant que véritable concentré d’eau de mer - puisque le lithothamne ne se développe que dans l’eau de mer, sans aucune attache avec les fonds marins - le magnésium qu’il contient lui apporte, ce qu’avaient révélé les travaux du biologiste René Quinton, des propriétés régénératrices et rééquilibrantes qui lui confèrent un pouvoir anti-infectieux. C'est à 75 ans qu'il a décidé d'ajouter à son combat pour les bons blés, qu'il menait déjà depuis plus de 30 ans, celui pour une agriculture naturelle, sans poison, respectueuse de l’agronomie, des lois de la nature et de l’environnement.

La tâche n'était pas facile, d'autant que les ressources que lui apportait son activité de sélectionneur-semencier étaient insuffisantes du fait d'une politique agricole exclusivement dirigée vers le productivisme à outrance au détriment de la qualité, et il n'ignorait pas les difficultés qu'il allait devoir surmonter dans ce nouveau défi. Deux de ses fils, Jean-François et Pierre-Bernard, l’ont suivi dans cette aventure. Si, aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, l’agriculture biologique est reconnue officiellement et même enseignée dans les écoles, il faut savoir que tel n’était pas le cas à la fin des années 50. Elle n’existait pas, sauf, selon les termes employés alors par les services officiels rattachés au Ministère de l’Agriculture, chez quelques rares « illuminés » ou « sectaires » et chez les « mauvais agriculteurs ».

Raoul Lemaire a organisé des visites de cultures pour évaluer l'efficacité des propriétés du lithothamne. Par contre, il s'est heurté à un refus de coopérer (sauf quelques exceptions) de la part des négociants et coopératives : aucuns ne croyaient à la réussite de son entreprise qui allait, de plus, à l’encontre de leurs intérêts. Pour donner une dimension nationale à son action, il s’est tourné vers quelques-uns de ses amis, artisans et commerçants, tous d’origine rurale, qu’il côtoyait à l’UDCA (Union de Défense des Commerçants et Artisans) où il était militant actif et respecté. Beaucoup l'ont suivi et bien que nombre d'entre eux ne disposaient pas d’une formation agricole (ce qui était d’ailleurs préférable compte tenu de l’enseignement dispensé alors), ils ont grossi les rangs des véritables pionniers de l’agriculture biologique. Le frère Jean-Marie de l’abbaye de Bellefontaine a été particulièrement sollicité ainsi que les premières fermes à avoir changé leur mode de culture et supprimé tout apport chimique. Les agriculteurs qui revenaient convaincus de leurs visites ont entamé la « reconversion » de leurs cultures, certains sur la totalité de leur exploitation, d’autres progressivement. Les résultats qu’ils ont obtenus étaient généralement bons, surtout dans les fermes d’élevage mais, face à l’expansion, le suivi technique apporté par l’organisation mise en place entretemps par la Société Lemaire est devenu trop juste. La constitution d’un véritable service technique est devenue nécessaire. Celle-ci a été assurée en 1964 avec l’arrivée du Professeur Jean Boucher au sein de l’équipe. À partir de fin 1960, c’est sous la marque de la Sté Lemaire que sont distribués le lithothamne et ses produits dérivés, conseillés par Raoul Lemaire pour leur utilisation en agriculture sans engrais chimique.

L'Émergence de l'Agriculture Biologique et de la Permaculture

L'agriculture biologique est une méthode de production agricole qui exclut le recours à la plupart des produits chimiques de synthèse, utilisés notamment par l'agriculture industrielle et intensive depuis le début du 20e siècle, les organismes génétiquement modifiés, et la conservation des cultures par irradiation. La fertilisation du sol et la protection des plantes doivent donc être assurées par d’autres méthodes. Ce mouvement, jadis marginal, est aujourd'hui une réponse concrète aux désirs des habitants de se nourrir sainement et de manière écologique, comme en témoigne le projet CARMA.

La permaculture, quant à elle, adopte les principes de l'agro-écologie, mais elle est une méthode globale qui vise à concevoir des systèmes (par exemple des habitats humains et des systèmes agricoles) en s'inspirant de l'écologie naturelle et de la tradition. Elle n'est pas une méthode figée mais un « mode d'action » qui prend en considération la biodiversité de chaque écosystème. Bill Mollison, s'appuyant sur ses travaux agricoles, se demandait comment intégrer de manière satisfaisante les céréales et les légumineuses dans la permaculture. Avec ce sens étendu, la permaculture forme des individus à une éthique ainsi qu’à un ensemble de principes. Elle utilise entre autres des notions d'écologie, de pédologie, de paysagisme, d'agriculture biologique, de bio-mimétisme, d'éthique et de philosophie. La permaculture pourra se développer sur le territoire de CARMA, vraisemblablement de manière localisée, peut-être sous forme de petites exploitations spécifiques. L'exploitation de Monsieur Kaneko près de Tokyo (Japon) en est un exemple éloquent, illustrant la richesse des approches permacoles.

Exemple d'une ferme en permaculture avec différentes cultures intégrées

Le Chamaé : Un Biofertilisant Révolutionnaire

Au cœur des méthodes de fertilisation naturelle se trouve le Chamaé, un biofertilisant naturel liquide élaboré à partir de tissus végétaux. Plus précisément, le Chamaé est un engrais naturel Bio issu de la macération en milieu contrôlé de différentes plantes avec l'ajout à un moment précis d'un catalyseur. Ce fertilisant est 100% naturel et n'agit pas de la même manière qu'un engrais ordinaire. En effet, il agit comme un stimulateur de l'activité biologique du sol et favorise le développement des racines des plantes et de leurs tissus. Il favorise la synthétisation de l'azote de l'air par des phénomènes liés à la stimulation du système racinaire et à l'activation du sol. Cette approche permet de revitaliser le sol en profondeur, contrairement aux engrais de synthèse qui agissent principalement en surface.

La Diversification des Cultures et l'Agroforesterie

L'abandon de la monoculture au profit de la diversification des cultures est une stratégie essentielle pour enrichir le sol et renforcer la résilience agricole. La variété des cultures dans le « Pays de France » autrefois montre qu’il est tout à fait envisageable de diversifier les cultures sur ces terres. Les aléas climatiques ou ceux des marchés internationaux font courir aux agriculteurs le risque d’années « creuses », qui serait diminué si les productions étaient plus variées et étalées sur le calendrier annuel.

Schéma illustrant les bénéfices de l'agroforesterie

Un traitement agro-forestier ambitieux de l'ensemble du territoire permettrait de diversifier les paysages et de revaloriser le territoire, dans ses aspects nourriciers, écologiques, voire touristiques et paysagers. Les avantages apportés par cette diversification sont extrêmement nombreux. Par exemple, une parcelle plantée de noyers et de blé d'hiver associe deux plantes complémentaires, aux productions décalées dans le temps, et qui s’additionnent quant aux revenus. L'enracinement profond récupère les nitrates en profondeur et les autres éléments minéraux.

L'agroforesterie contribue par ailleurs au développement de la biodiversité. Les arbres abritent de nombreuses espèces, animales et végétales. Les chauves-souris par exemple apprécient les arbres et participent à la lutte contre la prolifération d'insectes. Le bocage, constitué d'une imbrication de haies, talus, fossés et éventuellement de prairies et d'arbres, isolés ou alignés, permet de créer des « corridors biologiques » qui abriteront une flore et une faune riches. On estime qu’en France, 2 millions de Km de haies bocagères ont été détruites par la mécanisation et l’intensification de l’agriculture entre 1970 et 1990. Le bocage permet également la rétention de l’eau (talus, fossés, végétation) et la protection contre l’érosion des terres, des fonctions cruciales face aux changements climatiques.

Les grands principes agroécologiques des systèmes agroforestiers

SEMAE : Un Acteur Clé de la Filière Semences et Plants

Dans le paysage agricole français et européen, SEMAE joue un rôle essentiel. SEMAE est une personne morale de droit privé, une interprofession agricole « sui generis » (statuts fixés par le décret 62-585 du 18 mai 1962 modifié), reconnue au niveau européen le 19 juin 2014. Elle a pour objet de représenter les différentes professions et catégories professionnelles intéressées par la sélection, la multiplication, la production, le commerce et l’utilisation des semences et des plants, et d’étudier et de proposer toutes les mesures tendant à organiser la production et la commercialisation desdits semences et plants. SEMAE assure la promotion de la filière en France et à l’étranger.

Le site de SEMAE a pour objets notamment, de donner les informations nécessaires aux utilisateurs, concernant la filière semences et plants, l’interprofession en elle-même, le SOC et la législation semences et plants. Les utilisateurs du Site peuvent naviguer sur le Site de façon libre, sans renseigner aucune donnée à caractère personnel. Toutefois, le Site comporte des accès réservés avec la création de compte utilisateur ou le remplissage de formulaires. L’utilisation du Site implique l’acceptation pleine et entière des Conditions générales d’utilisation (CGU) décrites ci-après. Ces CGU sont susceptibles d’être modifiées ou complétées à tout moment, elles s’imposent néanmoins à l’Utilisateur. En cas de non-acceptation des CGU stipulées dans les présentes, l’Utilisateur se doit de renoncer à l’accès des services proposés par le Site. Les CGU doivent être acceptées par tout Utilisateur souhaitant accéder au Site et l’utiliser. Elles constituent le contrat entre le Site et l’Utilisateur. L’accès au Site et son utilisation par l’Utilisateur signifie l’acceptation des présentes CGU par celui-ci. Concernant la commande des articles de la rubrique Publications, l’Utilisateur doit se référer spécifiquement aux Conditions générales de vente. Le Site est accessible gratuitement en tout lieu à tout utilisateur ayant un accès à Internet. Tous les frais supportés par l’Utilisateur pour accéder au service (matériel informatique, logiciels, connexion Internet, etc.) sont à sa charge. L’accès aux services du Site peut à tout moment faire l’objet d’une interruption, d’une suspension, d’une modification sans préavis pour une maintenance ou pour tout autre cas.

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Les présentes Conditions générales d’utilisation sont soumises au droit français. Elles sont établies en français, nonobstant toute traduction qui pourrait en être faite par ailleurs. En tout état de cause, la version en français des présentes CGU primera sur toute autre version en langue étrangère. En cas de différend relatif à la validité, l’interprétation ou l’exécution des présentes, SEMAE et l’Utilisateur conviennent de se rapprocher et de tenter de trouver une solution amiable à leur litige dans un délai de soixante (60) jours calendaires.

État des Inscriptions et Informations Légales

Toutes les structures référencées sur le site de SEMAE sont inscrites à un ou plusieurs référentiels publics (base Sirene, RNE, RNA). L’Extrait RNE est le justificatif d’immatriculation de l’entreprise. Il contient les mêmes données qu’un extrait KBIS/D1.

Par exemple, une structure inscrite (Insee) le 10/11/2025 est dans la base Sirene tenue par l’Insee, depuis cette date, et a été mise à jour le 19/11/2025. Un avis de situation immatriculée au RNE (INPI) le 19/11/2025 indique que la structure est immatriculée au Registre National des Entreprises (RNE) depuis cette date, et a été mise à jour le 19/05/2024.

L'extrait RNE inclut des informations telles que :

  • Dénomination
  • SIREN
  • SIRET du siège social
  • N° TVA Intracommunautaire
  • N° EORI : Le numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification) est un identifiant unique communautaire permettant d’identifier l’entreprise dans ses relations avec les autorités douanières.
  • Activité principale (NAF/APE) : Code NAF/APE
  • Activité principale (NAF 2025) : Le code NAF 2025 est une variable issue de la nouvelle nomenclature d’activités de l’Insee. Il sera applicable à partir du 1ᵉʳ janvier 2027 et coexistera jusqu’en fin 2026 avec la NAF actuellement en vigueur.
  • Adresse postale
  • Forme juridique
  • Effectif salarié : L’effectif salarié est une variable qui s’affiche à partir de deux données de l’Insee : la tranche d’effectifs salariés, qui est une variable statistique (données arrêtées au 31/12 de l’année n-2), et le caractère employeur des établissements (données déclaratives maintenues par l'URSSAF). Une unité non employeuse est une structure sans salarié au cours de l'année de référence et sans effectif au 31/12.
  • Catégorie d'entreprise : La catégorie d'entreprise est une variable statistique calculée par l'Insee. Lorsque l'unité légale appartient à un groupe, la donnée est calculée au niveau du groupe auquel appartient l'unité légale. Cette donnée n'est pas utilisable à des fins administratives (souvent non renseigné).
  • Date de création
  • Convention(s) collective(s) : Non renseignée
  • Mise à jour le : 14/05/2026

Les sources de ces informations sont : INSEE, VIES (VAT Information Exchange System), Douanes, INPI (Institut National de la Propriété Industrielle).

Logo de l'INPI et de l'INSEE

Cette structure est une entreprise immatriculée au Registre National des Entreprises (RNE). Ce registre liste les entreprises de France. Il est tenu par l’INPI.Les informations complémentaires incluent :

  • Date d’immatriculation
  • Date de début d’activité : Non renseigné
  • Nature de l’entreprise
  • Capital social : Le capital social d’une société est constitué des apports (en argent ou en nature) de ses actionnaires. Il peut être fixe ou variable. La modification d’un capital fixe nécessite une modification des statuts tandis que le capital variable peut varier dans certaines limites sans modification des statuts.
  • Clôture de l’exercice comptable
  • Date de fin de la personne morale
  • Dirigeants : Possibilité de consulter la liste des dirigeants.
  • Annonces et observations : Les annonces BODACC et les observations au RNE assurent la publicité des actes enregistrés pour une entreprise (procédures collectives, ventes, créations, modification, radiation et dépôt des comptes). Possibilité de consulter les annonces.
  • Mise à jour le : 11/05/2026

La source de ces informations est l'INPI.

Un établissement spécifique de cette structure possède les informations suivantes :

  • Adresse
  • SIRET
  • Clef NIC
  • Activité principale de la société (NAF/APE)
  • Activité principale de l’établissement (NAF/APE) : Code NAF/APE de l’établissement
  • Activité principale de l’établissement (NAF 2025) : Le code NAF 2025 est une variable issue de la nouvelle nomenclature d’activités de l’Insee. Il sera applicable à partir du 1ᵉʳ janvier 2027 et coexistera jusqu’en fin 2026 avec la NAF actuellement en vigueur.
  • Forme juridique
  • Date de création de la société
  • Date de création de l’établissement
  • Convention collective de l’établissement : Non renseignée
  • Justificatif(s) d’existence : Avis de situation Insee de cet établissement téléchargeable.
  • Mise à jour le : 15/05/2026

Les sources de ces informations sont : INSEE, VIES. Cette structure possède 1 établissement dont 1 est en activité.

L'importance des petites coopératives agricoles

Dans les années 50-60, la très grande majorité des coopératives agricoles ne rassemblaient des adhérents qu’en nombre limité, généralement situés sur un ou deux cantons, parfois un arrondissement. Elles étaient ainsi proches d’eux, de taille humaine, aptes à défendre leurs intérêts. Cette configuration contraste fortement avec les « monstres » d’aujourd’hui, issus de regroupements à répétition, devenus de véritables industries agro-alimentaires où l’adhérent se trouve plus asservi à leurs exigences que coopérateur. Cette proximité et cette échelle humaine sont des atouts essentiels pour le développement de l'agriculture naturelle et biologique, permettant un accompagnement plus personnalisé et une meilleure prise en compte des spécificités locales.

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