Stabiliser un terrain boueux avec du BRF : une approche écologique et durable

Terrain boueux avant et après application de BRF

Vous en avez assez de voir vos terres se transformer en bourbier à chaque pluie ? Fatigué de lutter contre l’érosion qui menace vos cultures et votre bétail ? Vous n’êtes pas seul. La stabilisation des sols boueux est un casse-tête pour de nombreux agriculteurs, mais elle est cruciale pour la sécurité, la praticité, et surtout, la durabilité de votre exploitation. Face à ce défi, le Bois Raméal Fragmenté (BRF) émerge comme une solution prometteuse, offrant une alternative naturelle aux méthodes plus traditionnelles.

Comprendre la boue : une question de perméabilité

Pour résoudre efficacement le problème des sols boueux, il est essentiel de comprendre les racines du problème. Pourquoi certains sols semblent-ils se transformer en marécages après la moindre pluie ? La boue n’est rien d’autre qu’un mélange de matières sèches, comprenant des éléments organiques et minéraux, et d’une quantité excessive d’eau. Cependant, tous les sols ne réagissent pas de la même manière à la présence d’eau. La perméabilité d’un sol, c’est-à-dire sa capacité à filtrer et à drainer l’eau, est déterminée par sa texture et sa structure.

Par exemple, un sol avec une forte concentration d’argile, caractérisé par de fines particules, retient l’eau beaucoup plus facilement, créant des conditions parfaites pour la formation de boue. Il est important de noter que la formation de boue n’est pas limitée aux sols avec une riche couche de terre. Même les surfaces sablonneuses, comme celles que l’on trouve dans les manèges ou les carrières, peuvent devenir boueuses si les conditions sont réunies. Cependant, la structure du sol n’est pas statique. Elle peut être altérée par diverses activités, comme le piétinement des animaux ou le passage de véhicules lourds, comme les tracteurs. Ces actions exercent une pression sur le sol, modifiant sa compacité et, par conséquent, sa capacité à gérer l’eau. Un sol qui perd sa structure cohésive devient moins fiable, moins stable, et plus susceptible de devenir boueux.

Un sol non stabilisé n’est pas simplement un désagrément. Il présente des risques sérieux en termes de sécurité, car il peut devenir extrêmement glissant et imprévisible, augmentant le risque d’accidents pour les humains et les animaux. En fin de compte, le défi n’est pas simplement de gérer l’eau de pluie, mais de stabiliser le sol de manière à ce qu’il puisse gérer efficacement l’eau qu’il reçoit. Lorsque de grands acteurs (villes, industriels) cherchent à véritablement traiter un problème de sol pour un grand aménagement ou autre, ils vont souvent jusqu’à mener une étude de perméabilité des sols. « On peut réaliser au préalable des essais in situ afin de connaître la capacité d’infiltration du sol ou sa porosité ainsi que son comportement en présence d’eau, indique ainsi le guide “Études de la perméabilité des sols” édité par Adopta, l’association pour une gestion durable des eaux pluviales. Et de mettre en avant le coefficient K de perméabilité d’un sol que l’on mesure alors et qui peut aller de 10 (pour du gravier pur gros et moyen - qui laisse passer beaucoup d’eau) jusqu’à 10 puissance - 11 (autrement dit 0,00000000001) dans le cas de l’argile. Ce nombre d’ordres de grandeur (de 1 à 11) donne une idée de la capacité d’un sol à résister (ou pas) à la pénétration de l’eau. Bien sûr, les enjeux autour d’un aménagement urbain qui supposent d’avoir étudié dans le détail les risques de ruissellement par fortes pluies (inondations) ne sont pas les mêmes que pour une exploitation agricole où il s’agit principalement d’éviter la boue et les mouvements de terrain (terre emportée par les pluies, etc.). »

Au-delà du béton : le mythe du compactage

« Mais attention ! Non, la solution ne consiste pas à tout recouvrir de béton ou de goudron ! Commençons par déconstruire quelques mythes tenaces. Oubliez l’idée que vous devez assécher, lier, et compacter à tout prix, ou que la porosité est votre ennemie. Quel est le vrai secret des sols agricoles stables ? La perméabilité. Oui, vous avez bien lu. » Sur internet, on vous parlera aussi de toutes les solutions de compactage. Elles risquent hélas de renforcer le problème. Répétons-le. Ce n’est pas parce que vous transformerez votre sol en béton (au sens propre ou au sens figuré) que vous l’aurez rendu plus stable dans la durée. L’eau qui ruisselle provoque toujours des dégâts à plus ou moins long terme (surtout avec le réchauffement climatique).

Bref. Face à toutes les situations que l’on rencontre dans une exploitation agricole où l’on se pose la question de stabiliser un chemin, une cour, une zone où séjournent des animaux, etc., la solution consiste plutôt à infiltrer l’eau sur place plutôt que l’évacuer sur les côtés. Mieux vaut toujours songer à un dispositif de drainage judicieux.

Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) : une solution inspirée de la forêt

Processus de broyage pour obtenir du BRF

Le BRF, ou Bois Raméal Fragmenté, est un paillage naturel très en vogue dans les jardins publics, et il peut également être utilisé au jardin pour améliorer le sol. Courante au Canada depuis des décennies, cette forme de paillage organique arrive depuis quelques temps dans les espaces verts publics et dans nos jardins. Le BRF met du temps à se décomposer et a pour mérite de rester en place environ une année, ce qui est pratique pour couvrir le sol dans les massifs ou sous le pied des haies durablement. Vous pouvez aussi en couvrir vos allées pour éviter que la boue ne vous colle aux pieds lorsqu'il pleut.

Le BRF est épandu au sol en couche au pied des plantes d'ornement mais aussi parfois au potager. Il protège le sol contre le lessivage des nutriments et la pousse des adventices puis le fertilise par le biais de l'activité de transformation de la micro-faune présente dans la terre. Le BRF imite le processus naturel qui se produit en forêt lorsque les arbres perdent leurs feuilles et que les débris végétaux offrent une couche aussi protectrice que nourricière au sol.

Qu'est-ce que le BRF et pourquoi l'utiliser ?

Le Bois Raméal Fragmenté est un broyat de jeunes branches feuillues, généralement de diamètre inférieur à 7 cm. Ces rameaux contiennent 75 % de minéraux, des protéines, des acides aminés et des catalyseurs naturels. Étendu sur le sol, le BRF stimule l’activité biologique, favorise la formation d’un humus stable et améliore la structure du sol. Ce dernier devient plus aéré, mieux drainé et capable de retenir l’eau et les nutriments. Il s’agit de broyer les jeunes branches feuillues, riches en minéraux et substances organiques, puis de les répandre sur le sol, de préférence en surface. En imitant la nature, le BRF favorise la multiplication des micro-organismes et de la pédofaune, réduit les besoins en arrosage et en fertilisation chimique (pour ceux qui en utilisent encore…), et améliore la structure du sol. Avec un sol noir, grumeleux et riche en humus, vos cultures potagères et fruitières se développent plus sainement et avec des rendements accrus.

Les avantages du BRF pour la stabilisation et la fertilité des sols

Le Bois Raméal Fragmenté présente de nombreux avantages :

  • Amélioration de l’humus et fertilité naturelle : Le BRF accélère la constitution d’un humus de qualité : en 10 ans, le taux d’humus peut augmenter de 1 %, là où il faudrait 50 ans avec du compost classique ou encore 80 ans avec du fumier. Cet humus sert de réserve nutritive durable et réduit, voire supprime, le besoin de fertilisation supplémentaire.
  • Réduction de l’arrosage et meilleure santé des plantes : Le paillage BRF limite l’évaporation et retient l’humidité. Moins de lessivage des éléments nutritifs. Les légumes ont plus de goût et sont moins sensibles aux maladies.
  • Augmentation des rendements et réduction du travail : Rendements supérieurs (2 à 7 fois plus dans certaines cultures). Pas de travail du sol, moins de désherbage, réduction des traitements chimiques.
  • Multiplication de la faune du sol et enrichissement global de l’écosystème du jardin. La terre devient rapidement noire, grumeleuse et grouillante de vie avec notamment la présence de nombreux vers de terre.
  • Stabilisation temporaire des zones boueuses : Le BRF peut aider à créer une surface plus solide et moins glissante sur des zones soumises au piétinement. Même si le BRF se désagrège, « ça ne durera qu'un temps parce que le bois étant de la matière organique, il finit par se décomposer et redevenir de l'humus/terre. » Cependant, « 2 ans, déjà, c'est pas mal… » pour une solution temporaire et écologique.

L'application du BRF : bonnes pratiques et précautions

Épandage de BRF sur un chemin forestier

Pour produire votre Bois Raméal Fragmenté, utilisez les résidus de taille de vos arbres et arbustes d’ornements et fruitiers. On utilise les jeunes branches, déjà ligneuses, de feuillus. Les rameaux utilisés doivent avoir un diamètre inférieur à 7 cm. Vous pouvez toutefois utiliser des branchages de conifères. Mais mélangez-les alors avec des essences de feuillus, dans une proportion inférieure à 20 % du total. Les résineux sont à éviter en trop grosse proportion, car ils se décomposent vite et acidifient les sols. Certains préconisent « du vieux bois très dur… (buis, épine noire, chêne, fruitiers, restes de vieilles trognes…) » car c’est « très long à se décomposer. »

Broyer les branches avec un broyeur adapté, de préférence en automne ou hiver. Stockez le broyat à l’air libre, à l’abri de l’humidité excessive, avant l’épandage. À défaut de broyat fait maison, utilisez les résidus de tailles ou d’élagage de forestiers, d’élagueurs ou des collectivités locales. Cependant, ces matériaux ne sont pas garantis être issus de tailles de jeunes branches, ce qui pourrait les rendre plus difficilement assimilables par votre terre. On peut trouver du BRF auprès des paysagistes. Par exemple, « près de chez moi, il y a une entreprise qui propose des plaquettes de peuplier en Big Bag de 1.2m3 environ, pour 50€ TTC + fdp. » « J’ai fait livrer chez moi 4 à 5 m3 de BRF pour 60 euros il me semble (pas sûre du prix mais c’était max 60 euros). C’était un élagueur à côté de chez moi. Faut se renseigner du côté des communes quand elles font élaguer leurs arbres aussi. »

Éviter la "faim d'azote"

Avant de voir concrètement comment utiliser le Bois Raméal Fragmenté dans votre jardin, il me semble essentiel de nous pencher sur la question de la faim d’azote, le principal problème rencontré avec l’utilisation de ce broyat. On appelle « faim d’azote » la conséquence de la concurrence entre les besoins en azote pour la décomposition des matières organiques et les besoins en azote des plantes cultivées. Concrètement, les micro-organismes, normalement chargés de mettre les éléments minéraux présents dans le sol à disposition des plantes, se retrouvent accaparés à décomposer des matières organiques ligneuses… l’azote n’est alors pas disponible pour les cultures.

Ceci est un des principaux inconvénients du paillis de BRF même si la faim d’azote sera moindre qu’avec des copeaux de bois secs. Cette faim d’azote a lieu en surface du sol, en début de dégradation car les bactéries et micro-organismes qui décomposent la matière organique carbonée prélèvent l’azote présent en surface du sol, sous sa forme minérale, pour l’utiliser comme « carburant » en quelque sorte dans leur processus de décomposition. L’azote prélevé n’est donc plus disponible en surface pour les jeunes plantes cultivées qui peuvent montrer des signes de carences comme le jaunissement du feuillage, des baisses de rendements les premiers mois après la mise en place du paillage de BRF ou encore des difficultés à croître. Cependant, pas d’affolement outre mesure avec la faim d’azote, car elle ne se produit qu’en surface, cela ne dérangera donc pas les plantes vivaces déjà bien installées. Et pour ne pas en subir les effets au potager où cela peut poser problème, il suffit d’anticiper l’installation de son paillage de BRF pour que celui-ci soit déjà bien décomposé au moment où on devra y installer les jeunes et fragiles plants potagers !

Application en paillage : imitation de la nature

L’exemple de la forêt est pertinent : dans une forêt, les branches tombent à terre… et se décomposent naturellement en surface. Incorporer un tel broyat est donc probablement une erreur ! Tous les essais ont prouvé que le Bois Raméal Fragmenté enfoui engendre de nombreux problèmes : faim d’azote, broyat se décomposant très mal… Apporté en couverture, soit en automne, soit en paillage lorsque les cultures sont déjà en place et le sol réchauffé, le Bois Raméal Fragmenté est très bénéfique pour le sol (la terre devient rapidement noire, grumeleuse et grouillante de vie avec notamment la présence de nombreux vers de terre) et les cultures (elles s’y développent en général parfaitement ; on peut également constater que le mildiou ou l’oïdium sont beaucoup moins fréquents et virulents sur une planche de culture paillée avec du BRF). En conséquence, il est préférable d'utiliser le BRF uniquement en paillage, sans l’incorporer au sol. Bref, imitons simplement la nature, et laissons le Bois Raméal Fragmenté en surface, sans l’enfouir.

Précisons d’entrée qu’un paillage avec des matériaux ligneux, comme l’est le Bois Raméal Fragmenté, peut tout de même entraîner une légère faim d’azote. Mais elle durera alors seulement quelques jours à quelques petites semaines… Alors qu’elle peut durer plusieurs années lorsque le bois est enfoui. Aussi, et surtout si votre terre est particulièrement froide, pour éviter cette « faim d’azote », il pourra être judicieux de faire une culture de légumineuse (trèfle, pois, lupin, luzerne…) la saison précédant l’apport.

Le paillage de BRF sera épandu :

  • Soit à l’automne, rapidement après le broyage ;
  • Soit en couverture du sol, au printemps, lorsque la terre est déjà réchauffée. Mieux vaut éviter de couvrir le sol en hiver, voire en début de printemps, lorsque la terre est encore froide…
  • Soit en paillage de cultures déjà en place. Je préfère cette façon de procéder à la précédente. Les problèmes de limaces et de rongeurs seront alors moindres. Et le sol se réchauffera plus facilement.

Si le broyat est épandu tardivement, peu de temps avant la mise en place de vos cultures, ou en paillage des cultures déjà en place, apportez du compost préalablement à l’épandage. Les plantes cultivées auront ainsi à disposition de l’azote rapidement assimilable.

Voici maintenant comment procéder :

  • Épandez le broyat sur 1 ou 2 cm (max) d’épaisseur en terres lourdes et jusqu’à 6 cm en terre plus légère. Ce qui représente 1 à 6 mètres cube pour 100 m² ;
  • Laissez simplement le Bois Raméal Fragmenté en surface.

Tableau récapitulatif de l'épaisseur de BRF

Type de solÉpaisseur recommandéeVolume nécessaire pour 100 m²Période idéale d’apportRemarques
Sol lourd (argileux)1-2 cm1 à 2 m³Automne ou printemps (sol réchauffé)Ajouter compost si le BRF est frais pour éviter la faim d’azote
Sol moyen / limoneux2-4 cm2 à 4 m³Automne ou printempsPeut être combiné avec un paillage de déchets verts
Sol léger / sableux4-6 cm4 à 6 m³ de BRFAutomne ou printempsSol chaud et bien drainé, paillage efficace pour limiter l’évaporation

Pour la stabilisation de zones soumises à un piétinement intense, comme les abris pour chevaux ou les entrées de champ, une épaisseur plus importante peut être envisagée. Par exemple, « une entreprise spécialisée dans les sols équestres en mulch » recommande une épaisseur de 25 cm, soit « 1m3 pour 4m2. » Une autre entreprise conseille « pour une stabilisation d’abri ou d’entrée de champ de mettre une couche de 25cm. Pour 16m2 il faudrait donc 0.25x4x4= 4m3 donc 4 big bag, ça fait un devis de 350€ livré mais pas étalé lol. » L'étalage du BRF est cependant « beaucoup moins fatiguant d'étaler du BRF que de la caillasse ! »

BRF et chevaux : une solution testée

L'hiver peut être une période difficile pour les propriétaires de chevaux lorsque les pâturages se transforment en champs de boue après les pluies ou la fonte de la neige. La boue peut rendre les chevaux mal à l’aise et stressés, mais elle peut également causer des blessures ou des maladies. C’est aussi très pénible pour nous qui devons glisser et patiner dans cette boue collante avec des seaux ou des ballots de foin dans les bras. Les copeaux de bois, dont le BRF, peuvent être utilisés pour aider à réduire la boue dans les pâturages. Les copeaux de bois sont répartis sur les zones les plus boueuses pour créer une surface plus solide et moins glissante.

Plusieurs expériences avec le BRF autour des abris et en entrée de champ montrent des résultats prometteurs. Un test en cours a été décrit : « A voir a la fin de l’hiver l’état du terrain. En tout cas, c’est vite mis en place et pas cher. Pour le moment, aucune n’a essayé de s’y rouler, de faire crottins ou pipi dedans, c’est déjà ça ! » Le rendu est « sympa. » Une autre personne a étalé environ « 20cm d'épaisseur sur une vingtaine de m2. Je trouve ça super pour le moment, c'est moelleux et tout… » Les chevaux ont trouvé cela « tellement confortable » qu'ils y faisaient leurs crottins. Au début, ils « ont gratté, ça a duré une demi-heure à sentir, souffler, faire des allers retours (sur 25m2… mdr), et gratter… puis fini. » Cependant, il est important de noter que si l'épaisseur est limitée à certains endroits, l'efficacité peut varier. L'utilisation de tuiles en morceaux en dessous est déconseillée par certains, qui craignent pour les pieds des chevaux.

Alternatives au BRF pour la stabilisation des sols

Si le BRF offre une solution écologique et efficace, il est également important de considérer d'autres options, parfois plus durables pour des zones de fort piétinement.

Fraisat et tout-venant

Une option pour stabiliser des zones boueuses est l'utilisation de fraisat, un déchet de l'ancienne route quand ils refont le goudron. Si des travaux routiers sont effectués près de chez vous, il est parfois possible de l'obtenir gratuitement, le transport restant à votre charge. Cependant, cette solution est souvent temporaire, et certains pensent que si « ce sera mieux sur le moment, et puis… pire, en fait. » L'expérience avec la paille devant l'abri pour éviter la gadoue s'est avérée une erreur, car cela finit par aggraver la situation.

L'utilisation de grave ou de tout-venant est souvent considérée comme « nettement plus rentable (car durable) et efficace. » La question de l'épaisseur et du terrassement préalable est cruciale. « Mais si pas de terrassement, vous avez mis des planches autour (coffrage) pour tenir les cailloux ? Et à vu de nez c'était plutôt 5cm d'épais ou plutôt 20 cm… » Dans un cas, il n'y avait « rien du tout. L'épaisseur à vu de nez plus proche de 20 que de 5 je dirais (10 ou 15cm ?) » L'installation a été faite « à la main : pose du géotextile puis camion de cailloux qui pose ça en tas. Ensuite des paires de bras et des pelles/râteaux, on n'a pas fait tasser, ça s'est fait tout seul au cours du temps. » Après de nombreuses années, il a été nécessaire de remettre du cailloux, car le terrain était « vraiment pourri et les chevaux ayant accès en permanence aux prés ils ramènent quantité de boue dessus. » Le coût du transport des cailloux est souvent un facteur important, il faut donc voir ce qui est disponible près de chez soi.

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Dalles de stabilisation

Les dalles de stabilisation représentent une solution plus permanente et efficace, notamment pour les zones de fort piétinement. Ces dalles vont éviter que les chevaux n'abîment le sol en dessous. Elles sont idéales pour des chemins. « La structure alvéolaire de cette dalle empêche le compactage et la remontée des matériaux de fondations, ainsi que la création de boue. Il convient néanmoins bien sûr de poser les dalles sur un sol qui aura été nivelé et nettoyé au préalable. »

Des témoignages confirment l'efficacité de ces dalles : « C’est un très bon produit, robuste et génial pour les pieds des vaches, explique ainsi Alexandra Gressent qui dirige la SCEA de la Source en Seine-Maritime (76) à Sainte Austrebethe. Le système ne glisse pas et est très agréable à marcher. Je recommande à 100%. » La ferme expérimentale de la Blanche Maison a également testé des dalles ECORASTER pour aménager un ancien chemin boueux. Deux types de dalles ont été testés : les ECORASTER TE40, installées sur une base drainante, et les ECORASTER TP40, installées sans fondation. Deux ans après l'installation, « rien n’a bougé. »

Cependant, la pose de dalles peut être soumise à des contraintes : « Je ne peux pas poser des dalles car le terrain ne m'appartient pas et on n'a pas le droit de faire de gros changement dans ce terrain. » Pour les terrains argileux et compacts, une préparation préalable est essentielle.

Autres stratégies pour prévenir la boue

En plus de l'application de BRF ou d'autres matériaux, une approche globale est nécessaire pour gérer les sols boueux, surtout dans les zones fréquentées par les chevaux.

Gestion du pâturage et des abris

L’une des principales causes de la boue dans les pâturages est la surcharge. Si vous avez trop de chevaux dans un petit pré, l’herbe sera piétinée et ne pourra plus absorber l’eau, ce qui créera de la boue. En paddock paradise, la surcharge est recherchée, mais elle est problématique en hiver. Fournir des abris pour vos chevaux peut aider à réduire la quantité de boue dans les pâturages. Toutefois, certains chevaux n’utilisent pas forcément les abris et ils ont besoin de manger 16h par jour, ils vont donc sortir de l’abri pour paître.

En paddock paradise ou sur piste équestre, les chevaux se trouvent toujours sur les mêmes zones. Il faut donc stabiliser le sol pour éviter la formation de boue. En créant des zones de confinement en dur, telles que des aires de paddock ou des allées en gravier, vous pouvez contribuer à réduire la boue.

Entretien régulier et drainage

L’entretien régulier de vos pâturages peut aider à réduire la boue en hiver. Assurez-vous de débarrasser les pâturages des crottins régulièrement, en particulier dans les zones de rassemblement ou près des abris.

Un dispositif de drainage judicieux est toujours une bonne option. Des travaux de drainage peuvent améliorer significativement la situation. Par exemple, après avoir fait drainer le terrain il y a quelques mois, l'espoir d'un mieux pour l'hiver est palpable. L'application de BRF sur un sol drainé pourrait être une solution intéressante.

Couverture végétale

Vous pouvez envisager de planter une couverture de sol qui résiste au piétinement et à la boue. Cependant, « dans mon expérience, aucune plante ne résiste à un piétinement intensif autour des points d’alimentation ou des abris. »

Schéma illustrant la microfaune du sol

Les bonnes pratiques du BRF en résumé

  • Ne pas enfouir le BRF : l’étaler en surface permet une décomposition naturelle et évite la faim d’azote durable.
  • Apporter du compost : surtout si le BRF est frais ou si le sol est pauvre en azote.
  • Éviter les résineux en grande quantité : ils se décomposent lentement et acidifient le sol.
  • Paillage évolutif : ajouter le BRF progressivement chaque année pour maintenir le sol couvert et fertile.
  • Observation : surveiller la décomposition, la présence de vers de terre et l’état des cultures pour ajuster l’épaisseur et les apports.

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