Devenir maraîcher·ère, c’est faire un choix agricole bien particulier. En effet, pas de céréales ni de bétail dans les champs, mais bien des légumes ! Pas non plus de grand hangar, d’étable et de charrue, mais des outils manuels ou des tracteurs portant de petits outils adaptés à ce travail de précision. Se lancer en maraîchage, c’est donc choisir une agriculture minutieuse, d’observation et surtout d’une incroyable diversité. Cela dit, votre parcelle maraîchère côtoie dans un monde parfait des ateliers d’élevage et de grandes cultures, car il est idéal d’associer différentes productions pour optimiser le flux des nutriments !
Qu'est-ce que le Maraîchage ?
Devenir maraîcher·ère, c’est cultiver la terre pour produire des légumes. Pour se lancer, il faut avoir en tête les avantages et les contraintes qu’implique une telle activité, et les compétences nécessaires pour réussir. Il est également nécessaire d’avoir conscience que c’est un projet de vie qui nécessite beaucoup de temps, une profession complexe et souvent peu rémunératrice. Cela dit, c’est aussi un métier qui permet de se reconnecter avec la terre et les saisons, de travailler dehors, de gérer soi-même une entreprise de A à presque Z, de travailler seul·e ou à plusieurs, etc. Devenir maraîcher·ère, c’est avoir le plaisir de voir germer la graine que l’on a semée, c’est voir au quotidien les résultats de son travail et c’est pouvoir se dire qu’on nourrit des êtres humains.
Se lancer en maraîchage, c’est exercer un métier physique qui se déroule à l’extérieur. Il s’agit donc d’être en forme physiquement et de s’y maintenir, pour réussir à travailler toute l’année, et a priori pendant plusieurs années. C’est un travail saisonnier, avec des pics en été et des moments plus calmes en hiver.
Produire des Légumes (et parfois des Fruits !)
L’essence du maraîchage réside dans la capacité à assurer le bon développement de plantes diverses. On doit ensuite les récolter et les vendre. Il faut donc disposer de solides connaissances sur la physiologie des plantes, le fonctionnement du sol, des cycles des matières organiques, de l’azote, du carbone, les marchés agricoles, etc. Observer l’état des plantes, diagnostiquer un problème sont des savoir-faire capitaux pour mener une graine ou un plant à l’état de légume. Savoir associer les différentes cultures, afin que les plantes soient saines et productives est également nécessaire pour se lancer en maraîchage.
En agriculture conventionnelle, il faut faire preuve de discernement dans l’usage des traitements et des engrais, qui représentent un coût à la fois économique et environnemental.
En agriculture biologique, il faut pouvoir anticiper et prévenir les problèmes car les solutions curatives sont peu nombreuses. En fonction des saisons, des années, le climat varie et les risques aussi.

Savoir s'Organiser
Le maraîchage demande une grande organisation. En effet, pour pouvoir produire une gamme de légumes de qualité, il faut savoir quand semer et planter, c’est-à-dire connaître le calendrier de chaque variété. Il faut ensuite entretenir et récolter chaque espèce de légume pour fournir correctement ses clients. Cette étape de planification a lieu avant de commencer le travail extérieur, en général en hiver afin de savoir où aller durant la grosse saison de culture, et ne pas s’épuiser à des choses inutiles quand on a la tête dans le guidon en plein milieu de l’été. Une bonne organisation permet aussi de mieux évaluer le travail nécessaire et ainsi de savoir quand on est flexible ou quand il y a un pic de travail.
Plusieurs outils de planification sont possibles :
- Certaines personnes utilisent des cahiers où elles consignent le plan de culture et les observations de l'année.
- D’autres s’appuient sur un tableau Excel (et s’échangent entre eux les meilleures astuces pour qu’il soit lisible et facile d’utilisation).
- Les plus "geeks" se lancent sur Airtable (un logiciel no-code en ligne, il existe une version non collaborative gratuite).
- Les plus curieuses utilisent des logiciels qui sont peu nombreux et encore assez récents sur le marché : le logiciel Open Source de l’Atelier Paysan, qrop, ou encore le logiciel payant de planification Elzeard.
Commercialiser sa Production
Bien sûr, pour devenir maraîcher·ère, il ne suffit pas de produire et récolter, il faut aussi vendre ses légumes et la commercialisation, c'est souvent le nerf de la guerre. La vente directe est facile à mettre en place en maraîchage car les produits n’ont en général qu’à être rincés, parfois mis en bottes, pour être ensuite présentés sur un étal. Il est cependant illusoire de croire que cela se fait tout seul. Commercialiser ses légumes demande un temps important, environ un tiers du temps de travail pour la plupart des maraîcher·ère·s. Il faut aussi se constituer une clientèle, ce qui demande de la patience. Heureusement, beaucoup de gens sont en demande de légumes frais, naturels et locaux, ce qui permet à la vente directe d’être une option viable pour la plupart des maraîchers.
Deux exemples pour illustrer :
- Une exploitation d’environ 10 ha, avec une dizaine d’employés, qui livre chaque semaine 150 paniers de légumes mais aussi des magasins bio.
- Une autre, où quatre personnes associées produisent uniquement des paniers, une centaine par semaine, sur une surface de 0,5 ha.
Ces circuits courts sont intéressants, car réduire le nombre d’intermédiaires augmente en général le prix de vente. Il faut donc savoir communiquer, ajuster ses prix, récolter au bon moment pour disposer des bonnes quantités de légumes à vendre.
Sur La Grange, vous pouvez : trouver une ferme, comparer le prix des terres, dimensionner et faire évoluer votre projet, échanger avec d’autres porteurs de projet, vous former et élargir vos horizons. Vous y trouverez des outils pratiques, des guides, des événements et un annuaire des structures d’accompagnement.
Les ventes directes : des produits à portée de champs
Devenir Maraîcher : Oui, mais de Quel Type ?
Devenir maraîcher ou maraîchère, c’est bien sûr cultiver des légumes, mais il existe de nombreuses façons de le faire. Sur quelle surface, avec quel budget d’installation en maraîchage, quelle diversité de légumes ? Cultiver en bio, en permaculture, en maraîchage sol vivant, en biodynamie ? Et devenir maraîcher·ère, pour quel salaire ? Autant de choix et de questions pour vous. Bref, pour se lancer en maraîchage, il faut avoir une idée de vers quel système de production on souhaite s’orienter.
Devenir Maraîcher : Quelle Surface ?
Pour commencer, le niveau de mécanisation et de motorisation implique de nombreuses conséquences sur l’activité des maraîcher·ère·s. La surface cultivée s’ajuste évidemment avec la mécanisation. Impossible de cultiver plusieurs hectares manuellement, inutile d’avoir un tracteur pour une dizaine d’ares… évidemment, cela ne représente pas le même budget d’installation pour démarrer. Il n’y a ainsi pas vraiment de surface idéale pour être rentable, tout dépend du système de production vers lequel on s’oriente.
Le Choix d'un Modèle Économique
Économiquement, on peut voir différents systèmes se dessiner :
- Une production sur une grande surface entraînant un chiffre d’affaires (ou produit brut) élevé mais aussi des charges importantes. Ces dernières se composent des investissements (tracteurs et outils, réseau d’irrigation, salariés, etc.) et des consommations intermédiaires (eau, semences, engrais, etc.).
- Une surface plus faible est cultivée et donc un chiffre d’affaires faible, mais des charges elles aussi très réduites (outils manuels peu chers, peu d’intrants). Une petite surface cultivée avec beaucoup de soin donne généralement de meilleurs rendements, et donc peut tout à fait permettre de dégager des revenus suffisants.
Les serres, qui représentent un investissement important sur les exploitations maraîchères, sont un peu à part car elles permettent d’augmenter la production sans changer la surface cultivée, le niveau de mécanisation et de temps de travail. Elles permettent aussi d’allonger la saison de culture de certains légumes, ce qui en fait un levier d’intensification intéressant. Toutes les nuances existent évidemment, du motoculteur en passant par la traction animale, de quelques dizaines d’ares à plusieurs dizaines d’hectares. Dans tous les cas, le futur maraîcher ou la future maraîchère se fixe en général un objectif de salaire, ou plutôt de revenu, à atteindre après trois ou quatre années d’activité.

Les Autres Facteurs pour Choisir son Système de Production
Au-delà de vos envies, le choix du système de production dépend d’autres facteurs :
- L’accès au foncier : on trouve parfois difficilement de grandes surfaces propices à la culture maraîchère, surtout quand on n’est pas issu·e du milieu agricole.
- L’accès à l’eau : est également un facteur limitant en maraîchage. Selon le débit et le coût de l’eau disponible, on ne peut pas irriguer les mêmes surfaces. Cultiver en sec est possible, mais en ayant conscience de la difficulté qui y est liée : les légumes sont “gourmands” en eau, et il est plus difficile de trouver des variétés productives quand elles ne sont pas irriguées.
- Les possibilités de commercialisation, c’est-à-dire les débouchés. Deux exemples extrêmes pour illustrer ce propos : à proximité d’un centre urbain, il est possible de valoriser une petite production diversifiée à un prix élevé. Dans un milieu rural où l’autonomie alimentaire des familles est encore élevée, pour les tomates en été par exemple, il peut être difficile d’écouler sa production en direct. On peut alors se tourner vers des marchés de gros ou semi-gros, avec des prix en général plus faibles mais réduisant le temps de commercialisation. On peut alors orienter son exploitation vers quelques espèces de légumes, produites en grosses quantités. Une autre option est de transformer ses produits pour leur donner de la valeur ajoutée et les vendre l’hiver (coulis de tomates, betteraves lacto-fermentées, etc.) mais cela demande du matériel, du temps et de répondre à des conditions sanitaires spécifiques.
Devenir Maraîcher : Quel Budget d'Installation ?
Le budget d’installation en maraîchage, c’est-à-dire la capacité d’investissement initiale (l’achat de matériel moto-mécanisé, d’un hangar, d’une chambre froide ou d’une serre) demande souvent au futur maraîcher ou à la future maraîchère de s’endetter. Dans le cas d’une installation sans grands moyens financiers, ou avec peu d’expérience dans l’agriculture, les prêteur·ses peuvent se montrer réticents. On peut en alternative démarrer une activité maraîchère avec un petit budget (environ 10 000€ sans le foncier), à condition de très bien maîtriser les techniques de maraîchage manuel et d'être très en forme physiquement.
Devenir Maraîcher : Quel Salaire ?
La question du salaire est importante et elle pèsera sûrement dans votre choix. Sans surprise, la réponse varie énormément selon le statut du maraîcher·ère, le système de production utilisé, la surface cultivée et le temps consacré à son activité.
- Si vous choisissez d’être salarié·e dans une ferme, vous aurez un salaire fixe chaque mois, en général au niveau du SMIC, qui ne varie pas en fonction de vos récoltes et de vos ventes. Cela vous donne une sécurité et une stabilité mais cela implique en général que vous n’êtes pas aux manettes de la ferme et que vous avez moins de marge de manœuvre et d’indépendance dans les prises de décisions.
- En étant à votre compte, vous avez plus de latitude dans vos choix et vous pouvez créer la ferme qui vous ressemble. En revanche, votre revenu dépend directement de votre chiffre d’affaires et celui-ci peut varier grandement en fonction des aléas de la récolte et de la vente. Certaines sources parlent d’un revenu moyen de 1500€/mois, pour d’autres les maraîcher·ère·s se rémunèrent environ 5 € par heure travaillée, en moyenne ; même en travaillant plus de cinquante heures par semaine, ce qui est courant en été, cela permet de gagner à peine plus de 1 000 € par mois.
Une chose est sûre, le salaire de maraîcher·ère n’est pas la source de motivation principale pour une reconversion vers ce métier ! Il y a d’autres avantages à ce métier (moins de dépenses en nourriture, un cadre de vie sain, une meilleure qualité de vie, etc.), mais c’est un élément à absolument avoir en tête si l’on veut se lancer.
Devenir Maraîcher en Agriculture Biologique ou Choisir une Autre Méthode de Production ?
Bien sûr, les choix techniques et économiques sont importants et orientent le travail quotidien du·de la maraîcher·ère, mais d’autres choix, qui touchent aux valeurs personnelles, sont aussi capitaux : produire bio, choisir d’appliquer les principes de la biodynamie, de l’agroécologie, de la permaculture, du maraîchage sur sol vivant, limiter l’utilisation de plastique, etc. Essayons d’y voir un peu plus clair en définissant mieux ces termes. Chacun est ensuite libre de choisir les principes qui lui conviennent, selon ses convictions.
Le Maraîchage dit Conventionnel
Pour commencer par la base, parlons de maraîchage dit conventionnel : il s’agit ici de cultiver en s’appuyant sur différents intrants, c’est-à-dire de matières issues de l’extérieur de l’exploitation. Quand ceux-ci sont utilisés avec parcimonie, on parle d’agriculture raisonnée, qui tend à devenir la norme au vu du coût des intrants mais aussi face à la prise de conscience de leur impact écologique. On peut classer ces intrants en plusieurs catégories :
- Les amendements, qui modifient les caractéristiques du sol : calcaire, sable, fumier, broyat de bois, paille, etc.
- Les fertilisants, qui servent à compléter l’alimentation des plantes : engrais minéraux ou organiques et fumier.
- Les produits phytosanitaires qui servent à soigner, protéger, ou stimuler les plantes. Les pesticides, naturels ou non, sont les plus courants en agriculture conventionnelle : insecticides, herbicides et fongicides. Mais on peut également utiliser des préparations stimulantes, ici encore naturelles ou non : biostimulants du commerce, purin, macérations, etc.
Le Maraîchage en Agriculture Biologique
Le maraîchage biologique répond aux critères du cahier des charges de l’agriculture biologique (AB). Ses règles sont définies à l’échelle européenne. On peut les lire dans le règlement CE n°889/2008, mais elles ont été retranscrites et rendues plus claires par de nombreuses institutions agricoles. Les respecter permet d’être certifié AB, une garantie pour le consommateur. Pour résumer ces règles, on peut dire que les seuls intrants autorisés sont ceux d’origine naturelle (engrais organiques, fumiers issus de fermes AB, pesticides d’origine naturelle, etc.). Profitons-en pour clarifier une confusion assez fréquente : cultiver des légumes bio ne signifie pas produire des légumes non traités, mais bien non traités avec des pesticides de synthèse. Le maraîchage biologique laisse donc une place prépondérante à la prévention plutôt qu’au traitement curatif, et met en place des méthodes de culture évitant l’apparition de maladies et de ravageurs.

Le Maraîchage sur Sol Vivant (MSV)
Le Maraîchage sur Sol Vivant (MSV) est une approche qui met l'accent sur la santé du sol comme fondement de la production végétale. Contrairement à l'agriculture conventionnelle qui peut recourir à des intrants externes, le MSV vise à recréer et à maintenir un écosystème de sol vivant et autonome. L'agronomie des sols vivants n'est pas celle de l'agriculture classique. La mesure du pH en laboratoire est une moyenne regroupant la nature de votre sol, la rhizosphère et l'humus de votre sol. Les mesures de pH au champ donnent une information sur le pH de l’eau libre de la parcelle. C’est ce qui explique que la mesure du pH soit extrêmement variable (dépendant de l'humidité, de la composition de l’échantillon, etc.). Information intéressante tout de même : les rhizodépositions et la biologie du sol tendent vers un pH de 6,5 - 7, qui est précisément le pH de confort du végétal. Les sols maraîchers sont souvent des "anthroposols", c’est-à-dire des sols construits par la main de l’homme, année par année. Le MSV peut facilement reconstruire biologiquement les sols grâce aux outils que sont les apports de matières organiques, les plantes (couverts végétaux, enherbement spontané et prairie) et l’irrigation. Même si les sols sableux ont moins de réserve utile que les sols argileux et si évidement les cailloux déforment les carottes, c’est avant tout la nutrition du sol et l’activité biologique qui crée la fertilité des sols. Avec une bonne nutrition (et donc une bonne activité biologique) et une irrigation adaptée, la plupart des légumes poussent dans n’importe quels sols.
Le MSV préconise de ne pas travailler le sol (sauf pour une phase de remise en vie avec intrants massifs). Cependant, si les semis sont trop souvent ratés à cause d’un mauvais contact sol-graine, il faudra peut-être privilégier un itinéraire avec travail au rotavator sur quelques centimètres puis binage(s) de la culture. Si un marquage des planches permanentes ou un rebuttage est nécessaire, on travaillera évidemment le sol. Dans des cas particuliers où le sol est extrêmement compact et sans porosité biologique, le travail du sol s’impose pour ne pas s’infliger la non-réussite de la culture.
Gérard Ducerf nous apprend en effet que certaines conditions sont propices à la germination des adventices. Seront-elles réunies sur votre terrain ? En MSV, les vivaces prolifèrent davantage par leur capacité à résister aux paillages en établissant leurs rhizomes. Il n’est pas nécessaire d’être vigilant pour des cultures bâchées ou fortement paillées. Par contre, les semis avec peu de compost (< 5 cm) nécessitent plus de vigilance : mieux vaut éviter la montaison des adventices les deux années précédant le semis. Il faut aussi savoir qu’il n’y a aucune situation irrattrapable en cas de production de graines massives en utilisant des cultures bâchées, des grosses épaisseurs de paillages ou des couverts végétaux très puissants. C’est probablement en développant des stratégies de cultures en couverts permanents que notre regard sur les adventices va évoluer. Pourrait-on aller jusqu'à travailler directement avec les couverts spontanés ? Les installations sur prairie ont été nombreuses ces dernières années et ont montré des problèmes de taupins ou de tipules dans des cas de nappes affleurantes. C’est un parti pris souvent constaté dans le réseau MSV, en particulier au Nord de la France.
C’est un manque à gagner énorme que de se passer de système d’irrigation en MSV car la réussite des semis et plantations est conditionnée à une bonne hygrométrie du sol et de l’air. De plus, les périodes sèches seront mieux traversées grâce à l’irrigation. Enfin, l’irrigation permet de décupler les rendements et donc tout le travail déjà réalisé sur la culture. En bref, l’irrigation c’est ce qui vous permet de passer d’un revenu qui remboursera vos charges, à un revenu qui vous paiera un salaire.
Laissons faire la nature… Avez-vous déjà vu un melon sauvage dans le parc d’à côté ? Le légume n’est pas, ou plus, une plante sauvage. Si la bâche est posée depuis 3 mois poussants au moins (mais que vous n’avez pas pu avoir 6 mois poussants), vous pouvez planter et semer. Par exemple, poser la bâche fin mars et semer des carottes fin juin sur un lit de compost ou broyat. Un sol déjà travaillé ou peu poussant est un sol que l’on peut travailler une dernière fois pour faire un intrant massif carboné. La faim d’azote qui en résulte peut être palliée par un apport azoté calculé en conséquence de l’apport plus carboné.
Il est aussi absurde de faire souffrir les plantes que de les gaver d’eau et d’engrais. Chaque plante a des conditions optimales de croissance. Limiter l’irrigation permet de monter le taux de sucre, faire baisser en température les serres pour ralentir la croissance des légumes. Radis salade qui poussent trop vite et se conservent mal. Mais de manière générale, les stress engendrent des baisses de rendements, des montaisons, des sensibilités accrues aux ravageurs.
“On a besoin d’un hiver froid pour tuer la vermine”, “Un poireau a besoin d’être coupé pour bien pousser”, “les champignons sont dangereux”, “les taupins sont un fléau sur prairie”, … Toutes ces expressions ont toujours un fond de vérité. Globalement, l’agriculture a peur de la biologie et de la vie parce qu’elle ne la comprend pas. Face à chaque problématique, il est nécessaire de replacer les bons ordres de grandeur, définir sa place dans le cycle biologique et comprendre sa fonction. C’est le seul moyen de comprendre les problèmes et les résoudre.
Le Maraîchage Bio-Intensif sur Petite Surface
Le maraîchage bio-intensif sur petite surface est une méthode inspirée des jardiniers maraîchers parisiens du 19ème siècle. Cette technique a été remise au goût du jour par des pionniers comme Eliot Coleman. Grâce à ces méthodes, les agriculteurs peuvent obtenir des rendements élevés même sur des espaces réduits. Cela est possible en optimisant la productivité et en respectant les principes de l’agriculture biologique. En utilisant des techniques innovantes et respectueuses de l’environnement, les maraîchers peuvent cultiver une grande variété de légumes tout en préservant la biodiversité des sols.
- Une culture maraîchère sur un espace réduit : contrairement aux grandes plaines maraîchères, le maraîchage bio intensif, également connu sous le nom de maraîchage sur petite surface, concentre sa production sur des espaces de 4 à 8000m2.
- Une entreprise à échelle humaine : En raison de sa superficie, une ferme maraîchère bio-intensive est facile à gérer. Pour une surface de 8000m2, on compte 4 à 5 personnes, ce qui crée de l’emploi et permet une gestion simple par un chef de culture.
- Une production diversifiée de légumes : avec en moyenne 45 légumes différents, et plus de 120 variétés, le maraîchage bio-intensif se caractérise également par cette grande diversité de production. Cela permet d’avoir une gamme étendue tout au long de la saison et de proposer sur les marchés un étal diversifié.
Nos formations sont comme des kits tout prêts adaptés à la France (climat, lois, méthodes de vente, organisation).
La Micro-Ferme
Le modèle de la micro-ferme revient en force depuis quelques années. Qu’est-ce qui caractérise une micro-exploitation agricole ? Que peut-on y trouver ? En réalité, la surface exacte importe peu. Ces surfaces sont en grande majorité exploitées selon les principes de la permaculture et de l’agroécologie. Dans une démarche d’économie locale, les productions récoltées sont vendues en circuit court. On constate aussi que les légumes anciens (topinambours, crosnes, rutabaga…) sont souvent remis au goût du jour par des micro-exploitations. La micro-agriculture connaît une résurgence depuis quelques années : de plus en plus de consommateurs prennent conscience de l’importance d’un mode de vie plus sain et plus écologique. Le monde change, et nombreuses sont les personnes qui se lancent dans un projet éthique et écologique pour répondre à cette demande.
Comparée aux fermes qui s’étendent sur plusieurs dizaines d’hectares, une micro-ferme nécessite un investissement plus faible en main-d’œuvre et en machines. L’espace consacré aux cultures laisse la possibilité à son exploitant de gérer tout (ou quasiment) seul. Selon une étude de 2017 menée par l’UMR SADAPT (unité de recherche de l’AgroParisTech), les micro-fermes peuvent faire vivre un agriculteur avec seulement 2000 à 8 000 m2, quand une exploitation classique en nécessitera 15 000 m2. En profitant des bienfaits de la permaculture, cela permet d’utiliser les bénéfices des interactions entre les plantes, les insectes et les animaux. Les micro-agriculteurs sont des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire. La taille de leur exploitation s’adapte parfaitement à la consommation locale. Les récoltes sont ainsi vendues en direct aux particuliers, sur les marchés ou encore chez des commerçants locaux. Tous les principes associés à la micro-ferme en font un modèle qui respecte la planète : des petites surfaces, des fermes autosuffisantes, du circuit-court, des terres respectées.
Avez-vous une bonne condition physique ? Culture de fruits, légumes, aromatiques, élevage d’animaux ? Peut-être avez-vous déjà un terrain ? Auquel cas il faudra faire évaluer la qualité des sols. Allez-vous en acheter ou en louer ? Reprendre une exploitation ? Vous rêvez de changer de vie pour un métier en contact avec la nature ? C’est un beau projet, mais avant de vous lancer, essayez de tester la vie qui vous attend. Faites des stages en immersion dans plusieurs structures pour valider votre idée. Idéalement, effectuez une saison complète dans une exploitation qui ressemble à votre projet. Permaculture, bio intensif et agriculture naturelle sont les principales méthodes de cultures. En effet, le bio intensif continue à utiliser des engrais, autorisés et répertoriés sur une liste et répondant aux normes de la culture biologique. Comme mentionné plus haut, formez-vous auprès d’agriculteurs avec les mêmes valeurs que vous, pendant plusieurs mois. C’est pour ça que nous avons créé la formation Ecopreneur. La formation est une véritable boîte à outils.
Même si le modèle de la micro-ferme est plus rentable au m2 qu’une exploitation agricole classique, beaucoup de micro-exploitants diversifient leur offre et deviennent des acteurs à part entière du tourisme vert. En aménageant des chambres et/ou des gîtes, vous pourrez ouvrir votre exploitation à l’hébergement de touristes. Vous accueillez du public ? Grâce à un local dédié, vous pourrez proposer vos produits et récoltes directement aux consommateurs. Activité idéale pour remettre l’humain au cœur de la nature et inversement, la micro-ferme présente de nombreux avantages et s’inscrit dans une démarche régénératrice pour la planète. Elle séduit de plus en plus de néo-exploitants, qui vivent parfois en zone urbaine ou périurbaine dans des espaces restreints, mais qui prônent une alimentation de qualité accessible à tous. Il est fortement recommandé de se former à l’entrepreneuriat et de se faire accompagner par une communauté (amis, collègues, familles ou encore mieux, un réseau). Ceci vous aidera à entretenir votre motivation, améliorer votre communication et gagner en efficacité. Devenez Écopreneur : vous gagnerez en efficacité et en rapidité sur la gestion de votre entreprise au quotidien. Vous vous focaliserez ainsi sur les aspects les plus importants de votre activité, et augmenterez vos chances de la rentabiliser plus rapidement. Convaincu·e par les micro-fermes ? Si vous voulez rapidement maîtriser tous les aspects de la création et du développement d’une activité ou entreprise rentable, et ce avec une approche éthique et écologique, rejoignez notre programme de formation à l’entreprenariat écologique Ecopreneur.

Les Clés Fondamentales d'un Projet Maraîcher Réussi
Voici les 7 clés fondamentales nécessaires, à réunir dès le début d’un projet maraîcher et à entretenir tout au long de votre carrière.
La Motivation : Fondamentale pour garder l’énergie nécessaire dans ce métier qui est difficile physiquement et facilement chronophage. Il faudra conserver sa motivation face aux pertes de cultures, aux aléas climatiques ou aux déboires commerciaux et rebondir. Il est fondamental de prendre un moment pour aligner ses rêves, son projet personnel, son projet professionnel et ses capacités physiques ! Beaucoup de porteurs de projets démarrent remplis d’idéaux sur l’agriculture et surestiment leurs capacités à tout abattre de front (retaper une maison, monter des serres, mettre en place les canaux de commercialisation, installer un verger et des poules, etc.). Et tout ça en même temps, dès la première année ! Évidemment, poursuivre ses envies d’autonomie et de production agricole est source de motivation. Mais nous vous invitons à prendre du temps pour suivre des projets d’installation autour de vous, afin de vous rendre compte de ce à quoi peut ressembler un calendrier type et du temps de réalisation des choses. Il ne s’agit non pas de mettre vos rêves en veilleuse mais d’adapter leur réalisation à vos capacités et au respect de votre temps personnel. Prenez du temps pour vous les week-ends, même la première année, pour aller voir ce qui se fait ailleurs ou maintenir vos relations et vos autres passions ! L’autre dimension importante est l’alignement entre le projet personnel (avoir une vie de famille, avoir du temps pour soi, pour ses amis et pour ses hobbies) et le projet professionnel (tirer un juste salaire, produire une alimentation de qualité pour le territoire, se réaliser par le travail, etc.).
La Réactivité : Il est important de réagir correctement lorsqu’un événement inattendu pourrait avoir un impact important sur les cultures. Par exemple une invasion de limaces sur une série de plantation, l’annonce d’un gel exceptionnel, des récoltes trop abondantes, un chantier d’implantation plus long que prévu bousculent le planning. Dans ces différents cas, ne pas faire l’effort de réagir en conséquence face à l’imprévu peut avoir des répercussions sur la réussite de la culture concernée.
L'Estimation des Ordres de Grandeur : Savoir estimer les ordres de grandeur du maraîchage permet de mieux se projeter sur l’ampleur des tâches à venir, et donc de mieux s'organiser. Arrosage d’un semis au démarrage = 15 mm = Avec 2 l/h par goutteur x 9 goutteurs /m² cela donne 50 min de goutte à goutte. Estimation rentabilité ITK : ex : 2 kg de haricots récoltés en 1 heure vendus 8€/kg = 16€/h.
L'Entraide et le Partage : Le maraîchage étant une activité extrêmement chronophage et à la fois attrayante pour de nombreux curieux, vous pouvez aisément vous entourer de personnes impliquées, et profiter de nombreux échanges de bons procédés : coup de mains familiaux ou amicaux contre légumes, wwoofing contre découverte de l’agriculture, stagiaire contre apprentissage, journée d’immersion avec groupe d’étudiants contre pédagogie, chantiers participatifs avec moments conviviaux, échange de coup de mains réciproques entre collègues, matériel coûteux de voisin contre légumes ou argent… Créer ces dynamiques renforcera aussi votre entreprise dans les temps difficiles (problèmes de santé, casse matérielle, surcharge temporaire d’activité). Un lien fort avec ses clients ou AMAPiens peut être un des piliers pour traverser les zones de turbulences.
La Prise de Décision : Ne prendre que les meilleurs choix n’est bien sûr pas possible mais acter les décisions en prenant à la fois le temps de bien s’informer auprès de connaisseurs et ne pas trop tarder à prendre la décision est une attitude indispensable à acquérir pour tout entrepreneur… même agricole ! Un exemple typique de mauvaise décision est de choisir de remettre à plus tard le bâchage d’une parcelle, ce qui engendre une cascade d’opérations supplémentaires à réaliser. Autre choix malheureux : ne pas faire réparer un tracteur et faire toutes les récoltes et déplacement de matières organiques à la brouette pendant plusieurs mois. Finalement, le maraîcher peut se retrouver coincé du dos alors que le garage agricole aurait probablement pu éviter une telle déconvenue.
L'Organisation de la Commercialisation : La commercialisation peut devenir rapidement et surtout dans un premier temps extrêmement chronophage pour le maraîcher. Se retrouver à faire plusieurs marchés par semaine pour ne vendre que 100 € par marché est évidemment beaucoup moins efficace que de réussir à tout regrouper en une ou deux ventes. Ainsi il faut dimensionner son AMAP, son marché ou son autre système de vente en fonction de cet objectif et se donner les moyens de l’atteindre.
La Gestion de la Charge de Travail et l'Anticipation : On entend souvent parler du surmenage dans le milieu agricole. Il peut être lié à deux paramètres : la surcharge de travail et l'organisation de son temps face à cette charge. Tout d’abord, pour gérer sa charge de travail, il faut vérifier la cohérence entre le chiffre d’affaires visé, le type de vente envisagée et la charge de travail réellement effectuée. Comment faire ? Comparez avec les modèles d’autres exploitations maraîchères. Créez des prévisionnels de culture, en variant les quantités et les prix de vente, pour répondre à votre chiffre d'affaires (quelques connaissances de bases en tableur Excel peuvent être utiles pour cette partie de prévisionnel et de planification). Gardez bien à l’esprit qu’il n’est jamais possible de tout faire comme on le voudrait : il est donc important de prioriser. Pour améliorer son organisation et la vision de son travail, la clef principale est l’anticipation : une bonne planification, des quantités pré calculées pour les commandes de plants, des dates de séries préétablies, etc. Ensuite, il est intéressant de prendre en note ce qui est réalisé au long de l’année (rendement - décalage de séries - problèmes d’enherbement et/ou de ravageurs - restes ou manques en quantités lors des ventes etc.). Ces notes forment une base utile à la prise de décision et à l’amélioration de la planification de l’année suivante. Au niveau de la production, il s’agit de noter tout ce qui a été réalisé, dans quelles conditions et surtout quel a été son ressenti.

tags: #surface #minimum #pour #maraichage #bio