Connaître la nature de votre sol et savoir comment l’améliorer est essentiel pour choisir les plantes qui lui sont adaptées et garantir la pérennité de votre jardin. Parfois argileux ou au contraire calcaire, chaque plante apprécie un sol différent. Le sol se compose en majorité de quatre éléments minéraux principaux : l'argile, le calcaire, le limon et le sable. L’équilibre de ces éléments détermine la nature et les propriétés de votre terre.

Identifier la nature de son sol : Des tests simples et efficaces
Vous ne savez pas trop comment reconnaître la nature de votre sol et en quoi cela peut être important pour le développement de vos végétaux ? Il existe plusieurs méthodes simples et rapides pour identifier les caractéristiques principales de votre terre.
Le test de la boule : Une première approche rapide
La méthode la plus simple et rapide à réaliser pour une première idée du type de sol que vous possédez est le test de la boule. Prélevez une poignée de terre à 20 cm de profondeur et humidifiez-la légèrement avant de la malaxer pour former une boule.
- Si vous n’y arrivez pas et que la terre s’effrite entre vos doigts, cela indique que votre sol est plutôt sableux. La boule se tient difficilement.
- Si la boule est facilement malléable, compacte et collante, et qu’elle reste intacte quand elle tombe par terre, votre sol est plutôt argileux.
- Si elle ne forme pas de boule et reste friable, on a affaire à un sol à tendance sableuse.
- Si la boule est compacte et collante, c'est un sol à tendance argileuse.

Le test du boudin : Pour affiner l'analyse tactile
Pour affiner l'analyse tactile, essayez de former un boudin avec votre terre humidifiée. Ensuite, essayez de former un anneau en courbant votre boudin.
- Si vous n’y arrivez pas, votre terre est plutôt limoneuse.
- Si vous y arrivez, mais que votre boudin se casse ou s’effrite, votre terre est probablement limoneuse (moins de 30% d’argile).
- Si l’anneau se tient parfaitement, on a affaire à une terre très argileuse.
Le test du bocal : Observer la stratification des particules
Le test du bocal est le plus parlant et permet de voir rapidement quel sol on a, sans attendre. Prélevez un échantillon de terre du jardin à environ 15 cm de profondeur. Placer votre terre dans un bocal transparent à bords lisses, idéalement étroit et haut pour une meilleure interprétation. Remplissez-le de terre jusqu’à la moitié de sa hauteur. Remplissez ensuite d’eau jusqu’à environ 2 cm du haut du bocal. Refermez votre bocal avec un couvercle étanche et remuez vigoureusement pendant quelques minutes. Laissez reposer jusqu’à ce que l’eau soit claire, afin que les particules d’argiles (les plus fines) puissent se déposer au fond.
Il faut ensuite interpréter le résultat en prenant soin d’attraper le bocal sans le remuer. Les particules se déposent au fond du bocal en plusieurs strates distinctes. Les particules les plus grosses (le sable) sont toujours au fond du bocal. À l’étage du dessus, vous trouverez les limons. Enfin, la dernière strate contient l’argile présente dans votre sol. Les particules qui flottent en surface sont les matières organiques. L’épaisseur des diverses couches vous donnera les proportions de chaque élément présent dans le sol testé. Par exemple, si vous avez 10 cm de terre dans le bocal et que l’argile semble occuper 2 cm de hauteur, vous avez approximativement 20% d’argile dans votre sol.

Poterie : Texture de votre terre - Test du bocal
Le test du vinaigre et du bicarbonate : Mesurer le pH du sol
Le degré d’alcalinité ou d’acidité du sol se mesure avec le pH ou « potentiel hydrogène » sur une échelle de 1 à 14. Un sol est calcaire si son pH est supérieur à 7, acide s’il est inférieur à 7 et neutre s’il est proche de 7. La plupart des sols ont un pH compris entre 4 et 9.
Pour savoir si votre terre est calcaire ou acide, la plus simple consiste à placer une poignée de terre prélevée à 20-30 cm de profondeur dans deux récipients.
- Sur l’un, versez quelques gouttes de vinaigre blanc pour que la terre soit bien mouillée. Mélangez avec une cuillère. Si une mousse blanche se forme et est effervescente, cela signifie que votre terre est à tendance calcaire (pH basique > 7,5). Si la réaction est faible, le sol est neutre. S'il n'y a pas de réaction, votre sol est acide.
- Dans l’autre récipient, mélangez l’échantillon de terre avec un peu d’eau de pluie ou déminéralisée pour avoir de la boue, et saupoudrez du bicarbonate de sodium dessus. Si une réaction effervescente se produit, votre terre est acide (< 6,5).
Des kits d’analyse du commerce permettent également de tester son sol pour en connaître le pH à l’aide d’une solution chimique réactive.
Observer les plantes indicatrices
Observer les plantes qui poussent spontanément dans votre jardin est également un très bon indicateur pour connaître son sol.
- Au-dessus d’un sol argileux, vous retrouvez souvent des boutons d’or, des pâquerettes, des liserons, des pissenlits, des graminées, le plantain, le rumex, le tussilage, le frêne, la ficaire.
- Si vous apercevez des carottes sauvages, le sol est calcaire et pauvre. D'autres plantes indicatrices d'une terre calcaire sont la chicorée sauvage, l'ellébore, la moutarde des champs, le sainfoin, la sauge des prés, le viorme.
- Vous pourrez identifier une terre acide par la présence de bruyère, de fougères, de genêt à balais, de petite oseille, de digitale pourpre, d'ajonc, de châtaigniers.
- La terre sableuse peut être identifiée par la présence de chiendent ou de bruyère.

Les différents types de sols et leurs caractéristiques
Chaque type de sol possède des avantages et des inconvénients, influençant directement sa structure, sa teneur en nutriments, son humidité et sa capacité à drainer l’eau.
Le sol argileux : Riche mais difficile à travailler
Un sol est dit argileux lorsqu'il contient plus d'un tiers d'argile, ou si plus de 20 % de ses particules sont inférieures à 2 microns (0,002 millimètres). Il est reconnaissable par son aspect en motte et sa couleur brun rougeâtre. Lorsque ce sol est humide, il colle, et il est dur et cassant quand il est sec, formant de profondes crevasses. La texture est compacte et dense. On peut le rouler en une boule qui s’étalera sous la pression des doigts plutôt que de s’effriter.

Avantages :
- Ayant des particules dites « fines », la terre argileuse retient énormément l’eau. C’est un avantage pour les cultures car le sol est presque toujours humide, évitant ainsi le dessèchement de la terre.
- Contrairement à une idée très répandue, ce n’est pas un mauvais sol pour jardiner, car il a l’avantage de bien retenir l’humidité et les éléments minéraux. Il est riche en éléments fertilisants.
- Sa grande capacité de rétention lui permet de stocker beaucoup d’éléments nutritifs dissous dans l’eau ce qui la rend potentiellement très fertile.
- Son caractère lourd favorise un enracinement fort, fait de grosses racines capables de progresser dans des terres peu aérées.
- Il protège les végétaux de la chaleur.
Inconvénients :
- La terre argileuse est difficile à cultiver, lourde et compacte. Elle est difficile à travailler en toutes saisons.
- Elle sera très vite saturée en eau car ses micropores sont très petits. Il se forme régulièrement des flaques d’eau sur la terre argileuse après de fortes pluies.
- La forte teneur en eau se révèle être un vrai problème à la sortie de l’hiver car son réchauffement est très lent, ce qui freine la levée des graines et la croissance des plantes au printemps.
- Elle est très sujette au phénomène de "gonflement-retrait". En période de sécheresse, le sol se rétracte, puis gonfle à nouveau en période de pluies.
- Elle a une tendance naturelle à l’acidification.
- L'argile collante, lourde et compacte en hiver est en fait ce que l'on appelle un colloïde dont l'ensemble des particules chargées négativement se repoussent les unes contre les autres. L'eau est trouble et le reste longtemps du fait que ces éléments restent en suspension.
Le sol calcaire : Drainant mais appauvrissant
Un sol est considéré calcaire lorsqu'il se compose d'environ 15 à 30% de calcaire. Il est principalement composé de carbonate de calcium (CaCO3) issu de l’accumulation de dépôts marins lors des périodes géologiques. Il n’est pas rare de croiser des fossiles dans un sol calcaire. Ce sol est facilement reconnaissable par sa couleur blanchâtre et son aspect crayeux et poussiéreux. Il est souvent léger et caillouteux.
Avantages :
- La particularité de ce sol est sa forte capacité de drainage. Perméable à l’eau, il se réchauffe vite au printemps.
- Le calcaire a principalement un rôle régulateur dans le sol, il empêche le sol de devenir trop acide.
- Ce sol n'est pas dénué de tout nutriment : le calcaire favorise l'assimilation de l'engrais et la décomposition de la matière.
Inconvénients :
- Le sol calcaire a tendance à entraîner par lessivages tous les éléments nutritifs importants, le rendant souvent pauvre.
- Il a tendance à rapidement se dessécher en été et à former des crevasses en surface. En automne et en hiver, il est facilement boueux et collant en cas de pluie.
- Le calcaire est souvent aussi à l’origine de carences sur les végétaux, comme la chlorose, car il peut bloquer l’assimilation de certains minéraux.
- Beaucoup de végétaux ne résistent pas à ce type de sol.
Le sol sableux : Léger mais peu retenant
Un sol est considéré comme étant sableux lorsqu'il se compose à environ de 2/3 de sable (plus de 60% de sable). Ses particules sont d’une taille supérieure à 0,02 millimètres. Il est de couleur claire et granuleux au toucher.
Avantages :
- Son avantage principal est sa perméabilité à l’eau.
- Léger et aéré, il est très facile à travailler.
- Il se réchauffe très rapidement au printemps, permettant à certaines plantes de survivre en hiver et des cultures précoces.
- La présence du sable dans le sol est très importante pour le développement des végétaux. Bien qu'il n'ait pas d'impact direct en termes d'apport nutritif, le sable retient l'air et rend la terre légère et bien drainante. C'est un incontournable car bon nombre de végétaux n'apprécient pas l'eau stagnante.
Inconvénients :
- En raison de sa structure poreuse, il retient mal l’eau et les éléments nutritifs, il a donc tendance à fortement sécher en été et à être pauvre. Il faut l’arroser très souvent et en grande quantité.
Le sol limoneux : Doux et fertile mais fragile
Typique à proximité des cours d’eau ou dans les marécages, le sol limoneux est à mi-chemin entre le sable et l'argile. Il est facilement reconnaissable par sa couleur foncée. Généralement, une terre limoneuse est douce au toucher car elle est poudreuse mais poussiéreuse lors des sécheresses. En revanche, elle est collante en temps de pluie et peut former une croûte dure en surface sous l'effet de la pluie, des arrosages et du piétinement.
Avantages :
- Léger et fertile, il permet aux plantes de bien développer leurs racines et se travaille sans effort.
- Tout comme l'argile, le limon enrichit le sol car il est lui aussi constitué de minéraux.
- Moins lourd que l'argile, il est plus facile à travailler et est plus drainant, tout en conservant mieux les nutriments et l'humidité que le sable.
- Il est propice au bon développement des plantes et parfaitement adapté pour la mise en place d’un verger ou d’un potager.
Inconvénients :
- Il retient moyennement l’eau et sèche très vite en été.
- Fragile, il s’appauvrit au fil des années.
Le sol humifère (ou terre franche) : L'équilibre idéal
Également appelé terre humifère, celle-ci est assez grumeleuse et assez proche d’une terre argileuse mais possède néanmoins plus d’éléments nutritifs. Elle est souvent très reconnaissable par sa couleur très sombre voire noire. Une terre argileuse contenant plus de 10 % de matières organiques devient une terre humifère et possède des caractéristiques bien différentes.
La terre franche est le terme utilisé pour désigner une terre dont l'équilibre des quatre éléments (argile, calcaire, limon, sable) est considéré comme parfait aux yeux des jardiniers. Elle est considérée comme parfaitement équilibrée, fertile et légère lorsqu’elle contient environ 60 % de sable, 20 % d’argile, 10 % de calcaire et 10 % de limon. C'est une terre à la fois fertile, drainante, facile à travailler et qui convient à la grande majorité des végétaux. Le sol potager idéal doit être équilibré et contenir 50 à 60% de sable, 35 à 45% d’éléments fins (argile, limon) et 5% d’humus.
Autres types de sols spécifiques
- Sol siliceux : Comme son nom l’indique, un sol siliceux est composé en grande partie de silice, qui se trouve sous la forme de sable. La terre siliceuse est très pauvre en calcaire, et se dessèche très vite.
- Terre tourbeuse : La terre tourbeuse est très acide et riche en matières organiques. En hiver, cette terre devient une véritable éponge et absorbe toute l’eau avant de la restituer en été. Sa texture est également spongieuse au toucher. Elle est souvent très reconnaissable par sa couleur très sombre voire noire.
Améliorer et adapter son sol : Des pratiques de jardinage essentielles
Aucun type de sol n’est meilleur que les autres. Chacun possède des avantages et des inconvénients. Même si l’on peut cultiver sur à peu près tous les types de sols, les extrêmes sont parfois difficiles à corriger. Il est important de réfléchir à ses plantations en fonction de son sol. Connaître son sol, c'est commencer à connaître son jardin.

Pour les sols trop argileux/lourds : Aérer et drainer
Le plus gros souci du sol argileux est son drainage, car il est peu aéré. Pour l’aérer et améliorer son drainage, effectuez chaque année de copieux apports de compost. L'apport d’humus, de calcium ou de magnésium chargés positivement « colle » les particules les unes aux autres, formant de petits flocons qui se déposent. Il faut donc amender les terres argileuses pour obtenir ce qu’on appelle la floculation des particules. L’argile et l’humus reliés par le calcaire constituent une structure grumeleuse qui sera stable et gage d’une plus grande fertilité.
Vous pouvez également ajouter des éléments drainants (cailloux, gravier, pouzzolane, billes d'argiles…) ou du sable, mais en quantité modérée pour ne pas le déstructurer et l’appauvrir. Contrairement à ce que l'on lit trop souvent, l'ajout excessif de sable peut déstructurer le sol argileux.
Lorsqu’elle n’est pas trop trempée après les premières pluies de l’automne et bien avant l’hiver, vous pouvez la bêcher. Formez de grosses mottes en prenant soin de bien enterrer l’herbe. Laissez tranquille tout l’hiver, l’action des pluies et de la gelée fractionnera les mottes et il ne vous restera plus qu’à niveler à l’aide d’un outil à dents dès que le terrain sera ressuyé au printemps dans les premières belles journées. N’attendez pas trop car les mottes d’argile en séchant deviennent de gros blocs difficiles à casser.
A force de travail et d’amendement, une terre lourde peut être allégée et rendue plus facile à travailler alors qu’il est difficile d’alourdir une terre trop légère.
Pour les sols trop calcaires : Acidifier et enrichir
Le souci du sol calcaire est principalement son pH. Pour acidifier la terre tout en l’enrichissant, incorporez chaque automne une importante quantité de matières organiques (compost, fumier de bovins, tourbe blonde, terre de bruyère, écorce de pin si vous souhaitez en plus le rendre plus drainant). Pour contrer l'effet appauvrissant du calcaire, utilisez de préférence des engrais organiques riches en calcium.
Pour les sols trop sableux : Enrichir en matières organiques
Ce dernier étant rapidement lessivé de ses minéraux et séchant très vite, la solution est d'enrichir chaque année votre terre de matières organiques (compost, fumier, etc…). Apportez des matières organiques en surface du sol pour qu’elles s’y décomposent et ainsi réaliser un paillage de vos plate-bandes ; c’est le rôle du mulch.
Pour les sols limoneux : Protéger et maintenir la fertilité
La fragilité et la tendance à s'appauvrir au fil du temps peuvent parfois poser problème dans les sols limoneux. Pour le protéger et éviter qu'une croûte se forme en surface (la battance), vous pouvez le recouvrir d'une couche de compost ou de fumier pour ne pas laisser le sol nu et qu’il reste fertile.
Pour les sols trop riches/acides : Gérer l'acidité
Un sol acide se caractérise par une faible activité microbienne et l’absence relative de vers de terre. Une trop forte acidité perturbe l’assimilation de certains nutriments par les plantes et perturbe leur croissance. Pour contrer cet effet, ajoutez un peu de craie, de la cendre, de la chaux ou des cailloux lors de vos plantations. Les terres argileuses ont une tendance naturelle à l’acidification qu’il faut corriger à un pH proche de 7 pour éviter les carences en éléments minéraux (l’acidité provoquant des blocages ou des insolubilités). Retenez simplement qu’un sol trop acide, ou trop basique vous créera parfois des carences, et des lacunes dans l’assimilation des minéraux par vos plantes. C’est moins un problème en sol basique qu’en sol trop acide.
Poterie : Texture de votre terre - Test du bocal
Les amendements : Des outils pour modifier les propriétés du sol
Amender une terre, c’est en améliorer les propriétés par l’apport de nouveaux constituants physiques.
L'humus et les matières organiques
L’humus, c’est ainsi que l’on désigne la forme que prennent les matières organiques avant de se minéraliser pour devenir assimilables par les plantes. Un compost bien décomposé ou bien mûr est constitué en majeure partie d’humus et dans une moindre part, d’éléments déjà minéralisés et de matériaux non encore transformés. L’humus peut être apporté de plusieurs façons : compost et terreaux du commerce, déchets organiques du jardin et même de la maison. Les tontes de gazon mélangées à des feuilles mortes ou de la paille, mises en tas puis remuées et apportées en surface à l’automne sont une vraie mine d’or. Un bon compost est pratiquement inodore, à peine une odeur de sous-bois et de champignons, il doit être suffisamment humidifié et régulièrement mélangé. Les matières organiques peuvent être mises à décomposer en tas ou à la surface du sol. Il est important de ne jamais incorporer des matières organiques qui ne sont pas bien décomposées. Laissez les vers de terre travailler et les incorporer à votre place, ils agissent pour vous et surtout pour vos plantes.
Le calcaire
Le calcaire peut être apporté sous forme de craie, de chaux, de cendre de bois ou d’autres formes disponibles dans le commerce. Il a pour effet d’augmenter le pH et de favoriser la transformation des matières organiques en humus. Il doit être apporté à petites doses si vous voulez éviter les risques de chloroses.
Le sable et le gravier
Dans certains cas et particulièrement pour certaines plantes, il peut être intéressant d’améliorer les qualités physiques du sol sans pour autant l’enrichir. La solution consiste à apporter des quantités de sable grossier ou de gravier. Vous pouvez en mettre jusqu’à 10 centimètres d’épaisseur à mélanger avec les 20 premiers centimètres de terre, soit la profondeur d’un fer de bêche et éventuellement vous pouvez également apporter de la tourbe pour alléger sans enrichir. Certaines plantes apprécient les terres bien drainées plutôt pauvres.
Planter dans un sol argileux : Conseils pour réussir
À vrai dire, il est possible de faire pousser toutes les plantes que l’on souhaite dans une terre argileuse. Pour cela il vous faudra amender ou corriger localement la nature de votre terre et la plantation devra être réalisée avec plus d’attention qu’ailleurs. D’ailleurs, ici comme dans les pays qui nous sont proches et en particulier de l’autre côté de la Manche, on peut visiter de très jolis jardins plantés en terre argileuse. Elle est difficile à travailler, lourde, demande beaucoup de patience mais donne des jardins riches aux couleurs intenses.
Préparation du trou de plantation
Creusez un trou 2 à 3 fois plus large et profond que la motte que vous souhaitez planter. Pour une plante de grande taille, respectez les différentes couches de terre et déposez la terre sur des bâches autour du trou en éliminant la dernière couche. Donnez quelques coups de bêche pour alléger le fond. Apportez dans le trou du compost bien mûr ou du terreau que vous mélangez à l’avant-dernière couche. Déposez la plante après avoir bien humidifié la motte en la faisant tremper dans un seau d’eau quelques minutes si celle-ci est très sèche. Rebouchez le trou en évitant de trop enterrer la motte, les premières racines doivent affleurer la surface. Sans tasser, arrosez abondamment pour que la motte soit bien en contact avec la terre.
Adaptation du système racinaire
La plupart des plantes vendues dans le commerce sont cultivées par commodité dans des substrats légers et poreux très différents des conditions qu’offre une terre argileuse. Le système radiculaire des plantes poussant en terre légère est un dense réseau de fines racines alors qu’en terre lourde et compacte, les racines sont moins nombreuses mais plus fortes. Le système radiculaire d’une même plante s’adapte ainsi en fonction de la nature de la terre qu’il rencontre. Il faut donc donner à vos plantes les conditions propices à l’adaptation des racines aux qualités de votre sol. Si les racines des plantes s’adaptent en fonction de la nature de la terre qu’elles rencontrent, s’il y a trop de différences entre deux couches de terre elles ne s’aventurent pas au-delà de la limite. Il faut donc entre les deux zones un mélange intermédiaire qui permet aux racines de s’adapter.
Lorsque vous plantez une plante cultivée en terre de bruyère (comme les Rhododendrons ou Azalées), creusez un trou 2 à 3 fois plus large et plus profond que la motte de votre plante, remplissez le trou d’une moitié de tourbe, de compost et finissez avec la terre de votre jardin, mélangez bien le tout et repiquez votre plante dans ce mélange. Les plantes cultivées dans un mélange exclusivement tourbeux devront trouver tout autour de leur motte un mélange de tourbe et de terre de votre jardin pour que progressivement, elles s’adaptent et s’affranchissent de la tourbe.
Entretien après plantation
Dans les semaines qui suivent, brisez la croûte qui peut se former en surface pour que la terre reste bien aérée et éliminez les mauvaises herbes. Apportez régulièrement du vieux fumier ou du compost en surface du sol pour les plantes vivaces.
Période de plantation idéale
Les plantes vendues en godets ou conteneurs peuvent être repiquées à tout moment de l’année. C’est tout l’intérêt de la culture en pot que de proposer des végétaux qui peuvent être déplacées et plantées quand le terrain et le jardinier sont prêts. Toutefois, si la plantation est possible, la reprise dépend de la saison et des soins apportés.
D’une façon globale, pour les plantes en pot, la meilleure période de plantation se situe entre le 15 septembre et le 15 octobre. À cette époque de l’année, quelques averses de fin d’été ont humidifié la terre, les journées sont encore longues et il y a suffisamment de chaleur dans le sol et dans l’air pour que la végétation soit active. Les plantes vont continuer à pousser, elles seront arrosées par les pluies d’automne, s’enracineront rapidement, seront bien implantées lorsque l’hiver arrivera et au printemps elles se développeront comme si elles étaient là depuis longtemps.
Si votre terrain n’était pas prêt ou si la météorologie n’était pas favorable, vous pouvez aussi planter entre le 15 octobre et le 15 mars ; les plantes ont alors une activité ralentie ou sont en repos végétatif. Au cours de cette période, peu importe la date, ce qui compte c’est que les conditions de plantation soient bonnes.
Après le 15 mars et jusqu’au 15 septembre, vous pouvez également planter avec d’excellents résultats, tout dépend des conditions météorologiques après plantation et des soins apportés (surtout de l’arrosage par temps sec). Si vous plantez en avril avec ensuite trois semaines de temps sec et un vent d’est la reprise sera moins bonne que si vous plantez en juillet avec de la pluie au cours des huit jours qui suivent.

L'importance de l'équilibre du sol pour les végétaux
Chaque plante, que ce soit un arbre, un arbuste ou une petite vivace aura ses préférences en termes de pH, de drainage, d'apport nutritif, etc. Il est important de réfléchir à ses plantations en fonction de son sol. La petite merveille de plante, pour laquelle vous avez craqué, et que vous avez plantée amoureusement l'automne dernier fait grise mine ? Le sol est un des critères à prendre en compte, avant de prévoir une plantation, pour s'assurer de planter la bonne plante au bon endroit.
Un sol trop acide, ou trop basique vous créera parfois des carences, et des lacunes dans l’assimilation des minéraux par vos plantes. C’est moins un problème en sol basique qu’en sol trop acide. Par exemple, planter un hortensia dans de la terre calcaire peut entraîner des problèmes de chlorose due au blocage de l'assimilation de certains minéraux.

Les semis spontanés : Avantages et gestion
Vous trouverez dans les pépinières plusieurs plantes qui se ressèment facilement. Elles n’ont pas toutes les qualités mais elles donnent au jardin un caractère plus spontané. Certaines sont annuelles ou bisannuelles (Persicaria orientale, Atriplex hortensis rubra, Impatiens glandulifera, Impatiens balfourii, Lunaria annua) d’autres sont vivaces (Helleborus orientalis, Meconopsis cambrica, Papaver pilosum, foeniculum vulgare, Verbena hastata, Linaria purpurea) mais elles ont toutes en commun de produire de nombreuses graines pour assurer la survie de l’espèce et la conquête de nouveaux territoires.
À ce titre, elles peuvent se révéler très utiles pour garnir les emplacements vides ou des parties du jardin qu’on ne peut pas bêcher. Mais le souffle de liberté qui fait voler leurs graines plus loin doit être bien cadré et pour qu’elles ne deviennent pas une calamité, vous devrez éliminer sans pitié toutes celles qui sont mal placées ou qui risqueraient de gêner ou d’étouffer des plantes plus casanières. Si vous ne voyez pas bien quelle densité laisser, agissez par étapes en passant plusieurs fois.
Le temps nécessaire pour un beau jardin
Les plants achetés en godets ou pots de 1 litre semblent souvent tout petits et il est bien difficile de s’imaginer comment sera le jardin dans quelques mois et pire encore dans quelques années. Le pot de 0,6 litre semble être un minimum suffisant pour la plupart des plantes mais pour quelques-unes, le pot de 1 litre donne des plants beaucoup plus forts avec pratiquement le double de volume de racine et une meilleure reprise. C’est pourquoi nous vous proposons cette taille à chaque fois que cela est préférable. Pour les pots de 2 litres, il s’agit de plantes plus fortes qui permettent de gagner environ une année de plantation.
Pour avoir une idée de la taille « adulte » des plantes, référez-vous aux dimensions données avec la description des plantes et soyez patients car si dans la plupart des cas c’est à partir de la deuxième année que les plantes prennent leur ampleur, pour quelques autres, il faudra 4 à 5 ans avant qu’elles soient réellement intéressantes. Ces plantes au comportement casanier qui poussent en touffes serrées sont dites cespiteuses, c’est le cas des Deschampsia, Hosta, Kirengeshoma, Hellébore et quelques autres. Avec elles, il vous faudra être très patient et les laisser tranquilles pendant des années pour que leurs racines soient bien implantées. Apportez-leur régulièrement du vieux fumier ou du compost en surface du sol. 4 à 5 ans semble être un minimum pour qu’une Hosta atteigne sa maturité et, au bout de 10 années, elle est encore plus belle. Dans le « jardin de Marie-Ange », il y a un Kirengeshoma palmata qui doit avoir environ 14 ans, il fait jusqu’à 1,30 m de haut et de large.