Gestion intégrée et traitement systémique des adventices : vers une approche durable

La lutte contre les « mauvaises herbes » est au cœur des préoccupations agricoles et horticoles contemporaines. Qu’est-ce qu’un herbicide ? Les herbicides sont des produits phytosanitaires pouvant être naturels ou de synthèses, faisant partie de la famille des pesticides. Ils sont définis comme étant des substances désherbantes naturelles ou de synthèses destinées à éliminer les végétaux. Ils sont donc destinés à nuire aux adventices. Un adventice en agriculture, est un type de plante que l'on nomme "plante nuisible" ou "mauvaise herbe". Ce sont des plantes annuelles ou bisannuelles, des plantes vivaces ou parasites.

Toutefois, il est primordial de définir le besoin et le résultat recherché au préalable pour cerner le mode d’application de ces herbicides sur vos cultures. Les herbicides sont destinés à une utilisation agriculture qui visent en premier lieu à accroître les récoltes. Ils peuvent aussi être utilisés en sylviculture. Parmi les herbicides les plus répandus de nos jours, le fameux glyphosate.

Schéma illustrant la différence entre herbicide de contact et systémique dans une plante

Catégories et mécanismes d'action des herbicides

On distingue différents types d’herbicides selon le comportement du produit dans la plante cible et le type d’absorption. L'herbicide foliaire est appliqué et absorbé par les feuilles, représentant donc la première cible à atteindre. Cet herbicide est utilisé sur des adventices totalement levées et agissent par systémie ou par contact. L'herbicide racinaire est appliqué sur le sol et est absorbé par les racines. L’absorption se fait donc grâce aux racines souterraines se situant au niveau de la levée de l’adventice et sa germination.

Selon le mode de migration, on trouve l'herbicide de contact, qui détruit les zones de la plante qui sont en contact avec le produit (il n’est pas véhiculé par la sève), et l'herbicide systémique, qui passe aussi bien par les racines que par les feuilles et est véhiculé par la sève jusqu’au site d’action. Les herbicides agissent à différents niveaux et sur différents mécanismes de la croissance des végétaux : sur la photosynthèse, sur la synthèse des substances nécessaires aux fonctionnement des cellules (lipides, acides aminées, enzymes PPO, caroténoïdes), sur la régulation de l'auxine, sur la division cellulaire à la métaphase, sur la dérégulation des pH ou sur la perturbation de la croissance.

Stratégies d'application et gestion chimique

L'utilisation des herbicides se fait de deux manières : soit en traitements préventifs à la pré-levée comme anti-germinatifs, soit en traitements médicinal à la post-levée. Avec un herbicide systémique, le produit migre et agit dans tout le végétal tandis qu’avec l’herbicide de contact, le produit n’agit qu’à l’endroit où il est déposé.

Les herbicides ne sont jamais sûrs à 100 % pour l’homme, les cultures et les sols. C’est pourquoi leur application doit être judicieuse et parcimonieuse. Les facteurs qui améliorent ou réduisent l’efficacité des herbicides sont les stades de croissance des plantes, les particularités climatiques, la résistance des mauvaises herbes, la rétention sur les feuilles, la décomposition par la lumière, le contenu du sol et les méthodes d’application.

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Méthodes alternatives de désherbage

Le désherbage est une méthode visant à contrôler et à atténuer les infestations de mauvaises herbes dans les champs en utilisant différentes techniques. Historiquement, le désherbage manuel a été la plus ancienne pour résoudre ce problème, mais il est laborieux. Aujourd'hui, il devient primordial d’envisager des stratégies alternatives.

  1. Désherbage Préventif : Vise à éviter la contamination du matériel végétal et des zones cultivées (achat de semences certifiées, lavage du matériel, filtrage des eaux d’irrigation).
  2. Désherbage Fonctionnel : Consiste à créer des conditions défavorables au développement de mauvaises herbes par la rotation des cultures, l’utilisation de cultures de couverture ou la réduction de l’espace entre les rangs.
  3. Désherbage Mécanique : Prévoit l’élimination des plantes indésirables à l’aide d’équipements agricoles (labourage, travail du sol, machines de désherbage robotisées).
  4. Désherbage Thermique : Utilise la chaleur (vapeur, infrarouges, flammes) pour éliminer les adventices par choc thermique.
  5. Désherbage Électrique : Consiste à électrocuter les mauvaises herbes, provoquant l’éclatement de leurs vaisseaux.
  6. Désherbage Biologique : Exploite des ennemis naturels des plantes (moutons, insectes, organismes pathogènes).

Identification et surveillance technologique

L’imagerie satellitaire permet de détecter l’intrusion des herbes à différents stades de la production. Grâce aux indices de végétation, les agriculteurs peuvent détecter le problème à un stade précoce. Avant la période de semis, l'état du sol permet d'identifier les zones à traiter. En début de saison, les anomalies de développement signalées par les indices MSAVI révèlent souvent la présence d'adventices, tandis qu'en fin de saison, la télédétection permet de différencier les cultures qui se dessèchent des mauvaises herbes qui restent vertes.

La Gestion Intégrée des Mauvaises Herbes (GIMH)

L’avantage de la GIMH est qu’elle combine différentes méthodes de lutte en tirant le meilleur parti de la situation pour éviter l’utilisation injustifiée de produits chimiques. Outre les dommages que les herbicides causent à la nature, aux cultures et à l’homme, les mauvaises herbes ont tendance à développer une résistance à ces produits. Ainsi, même l’utilisation répétée de substances toxiques devient un gaspillage. Pour une agriculture durable, il est essentiel d’utiliser successivement des mesures préventives, la rotation des cultures, la mise en jachère, le pâturage, et des applications chimiques opportunes.

Perspectives et recherche

Le retrait d’un bon nombre d’herbicides du marché a poussé les agriculteurs et chercheurs à améliorer les usages et à trouver des alternatives. L’émergence de l’agriculture « numérique » offre des solutions innovantes : des capteurs détectent les adventices au champ, permettant un désherbage localisé. L’utilisation de bioherbicides d’origine végétale ou microbienne représente une autre piste. La robotique, avec des systèmes autonomes, permet également de réduire l’empreinte carbone et de protéger les nappes phréatiques. Une meilleure connaissance des espèces adventices et de leur dynamique au champ permettra dans tous les cas de mieux les anticiper et les gérer.

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