La culture de la tomate est une activité centrale au potager. Une fois plantée dans un sol riche, à part un peu de paillage et d’arrosage, la culture de la tomate ne demande pas grand-chose. Largement présente dans les potagers, la tomate est un fruit facile à cultiver qui nécessite toutefois des conditions de culture adaptées pour correctement se développer. En tant que plante à liane rampante, le plant de tomate a tendance à pousser rapidement. Et puisque ses tiges manquent de rigidité, celles-ci peuvent rapidement devenir fragiles, voire se casser sous le poids des fruits. Certaines variétés de tomates se développent naturellement de manière foisonnante. Pour plusieurs raisons, un bon tuteurage permet tout de même généralement de récolter plus de tomates. Le tuteurage permet de libérer de l’espace au pied des tomates ! Vous pouvez donc cultiver entre vos tomates laitues, basilic, persil et bien d’autres.

Pourquoi tuteurer vos plants de tomates ?
L’utilisation de tuteurs est fortement conseillée pour les variétés de tomates à croissance indéterminée ou celles avec une hauteur supérieure à 1,5 m afin de soutenir leur fort développement. Contrairement aux haricots qui s’enroulent ou aux concombres qui s’accrochent avec des vrilles, la tomate est une liane rampante. Pour des questions de récoltes, de prévention des maladies, entre autres, les tomates apprécient un bon système de tuteurage. En maintenant le feuillage hors du sol, il limite aussi les risques de maladies. Une meilleure aération des plants optimise leur développement de la production de fruits. Aussi, le tuteurage facilite la récolte. Les fruits sont plus accessibles et moins susceptibles d’être endommagés ou souillés par la terre. Si le tuteurage permet d’améliorer l’accès à la lumière et à la chaleur des tomates, cela favorise, de fait, leur maturation.
Le choix des matériaux et la préparation
Il existe les tuteurs en métal, souvent torsadés, qui permettent de guider la tomate sans avoir besoin de l’attacher avec des liens. Pour ma part, je les trouve bien souvent trop petits et pas très évidents à enfoncer. Vous pouvez tout simplement vous satisfaire d’une canne de bambou (bien droite et sans nœuds), d’une perche en noisetier, ou toute autre branche bien droites. On ne se rend pas forcément compte de la quantité de tuteurs qu’il faut pour un potager, mais ça va très vite ! Pensez à prendre des tuteurs d’au moins 2m40 afin qu’ils soient assez grands une fois enfoncés. Le choix du matériau influence la solidité du tuteur, sa durée de vie et son aspect esthétique au potager. Les tuteurs en bois peuvent être porteurs de maladies ou de champignons, notamment si vous utilisez les mêmes d’année en année. Pour pallier le problème, vous pouvez traiter le bois avec de l’eau de javel. Le métal peut aussi rencontrer des problèmes de rouilles.
Techniques de tuteurage classique
Le tuteur simple reste le plus facile à réaliser. Il suffit de planter une tige droite dans le sol afin de guider les branches des tomates. Les tuteurs s’installent juste avant la plantation des tomates, afin d’éviter de blesser le système racinaire des jeunes plants. Le tuteurage doit intervenir avant de planter les potagers afin de ne pas blesser les racines. Dans les cas des tuteurs simples : attachez la tige centrale des tomates aux tuteurs au fur et à mesure de leur croissance, en prenant soin de ne pas trop serrer les nœuds afin de ne pas blesser les plantes. Pour les tuteurs en spirale ou en torsade, enroulez la tige centrale selon le développement des plantes autour du tuteur.
Tuteurer et planter les tomates
Le tipi est un assemblage de 3 à 4 tuteurs droits. Ils se lient au sommet et s’installent de manière à encercler un plant de tomate. Volumineux, il est toutefois très esthétique et permet de contenir le feuillage des plants de tomates, évitant ainsi leur taille. Les tuteurs portiques sont idéaux pour les tomates cerises. Le tuteurage en portique double consiste à planter un piquet tous les 50 cm de chaque côté de la planche de culture, puis de les attacher en face à face à 1,5 à 2 m du sol et à solidifier le tout avec une ou plusieurs tiges placées à l’horizontale au niveau de chaque croisement au sommet.
Le système de tuteurs suspendus : l'alternative professionnelle
Qu’est-ce qu’un système de tuteurs suspendus pour les tomates ? Prisé par les maraîchers professionnels, le système de tuteurs suspendus pour les tomates consiste à attacher la base d’un pied de tomate à une ficelle solide qui sera ensuite tendue verticalement puis attachée en hauteur à une barre en fer fixée entre deux poteaux ou à toute autre structure résistante. Cette ficelle solidement attachée sert de tuteur au plant de tomate qui s’enroule autour durant sa croissance. Généralement le système de tuteurs suspendus pour les tomates est utilisé sous serre. Cela permet d’optimiser l’espace et les ficelles peuvent être facilement accrochées aux barres qui composent le plafond de la serre.
Le palissage demande un peu plus de temps et d’attention mais il permet de nettement gagner de la place au potager. Ainsi, votre plant de tomates prendra de la place en deux dimensions mais restera peu volumineux par rapport à d’autres types de tuteurages. Le palissage est une méthode esthétique et efficace pour tuteurer vos tomates au potager. Il demande peu d’entretien une fois en place. Vous pouvez également faire une structure avec des bambous ou des perches sur laquelle vous pourrez tuteurer vos tomates avec des ficelles. C’est ce que j’avais mis en place la saison dernière au potager, à cause du manque de tuteurs notamment.
Conseils pratiques pour la pose et l'entretien
Manipulez vos tomates par temps sec et chaud ! Vous vous en êtes peut-être déjà rendu compte, mais lorsque les tiges de tomates sont froides, le matin par exemple, elles sont beaucoup plus cassantes. Aux heures les plus chaudes de la journée, en plein soleil, les tiges seront beaucoup plus flexibles. Laissez du mou à vos tomates. Lorsque vous attachez votre tomate à son tuteur à l’aide de fil de fer ou de ficelle, pensez à leur laisser du mou ! Les tiges grossissent avec la croissance et on se retrouve parfois avec des plants étranglés par les liens du tuteurage. Le lien parfait se réalise en huit. Le croisement du nœud doit toujours se trouver entre la tige et le tuteur afin d’éviter le frottement.
La saison précédente, j’avais pris une ficelle en chanvre naturelle, bon marché. Cette dernière s’est rapidement dégradée avec la pluie et le soleil. En fin d’été avec le retour des pluies et du vent, certaines d’entre elles ont cédé. J’ai dû les remplacer avec de la ficelle bleue qu’il est facile de récupérer gratuitement en quantité quand on habite à la campagne. Les agriculteurs s’en servent pour ligaturer les bottes de foin. Elle est moins esthétique que le chanvre et ne part pas au compost en fin de saison.
Tuteurage sous serre et gestion de la croissance
Sous serre, si la structure est assez solide, on peut s’en servir pour tuteurer les tomates. Selon le modèle, la taille et sa structure, vous pouvez soit directement attacher vos ficelles aux faîtières ou bien à du fil deltane que vous attacherez de part et d’autre de la serre. Il existe également des enrouleurs spécifiques au tuteurage des tomates sous serre. Il s’agit d’une bobine de fil réutilisable pour tuteurer les tomates. Il suffit de dérouler la bobine une fois que le plant atteint le plafond afin de continuer à les faire grandir.

Pour le tuteurage sous serre, vous pouvez vous équiper d’enrouleurs. Ils permettent très facilement de régler la tension des ficelles pour les tomates. Attention une fois encore, lorsque les plants seront développés et pleins de fruits, cela pèse lourd ! Sous serre, de façon générale, les plants sont taillés sur une ou deux tiges afin de pouvoir continuer à passer dans les allées et faire les récoltes. Les crochets rollers permettent un ajustement facile de la tension de la ficelle, offrant un soutien optimal sans contraindre la plante. Idéals pour les tomates à croissance rapide, ils assurent une meilleure flexibilité et un contrôle précis par rapport aux tuteurs droits et cages.
Variétés naines et culture sans tuteurage
Si vous ne voulez pas vous embêter avec du tuteurage, de la taille et compagnie, sachez qu’il existe des variétés de tomates naines. Parmi toutes les variétés, il faut différencier celles à port indéterminé et celles à port déterminé. Ce sont ces dernières qui nous intéressent et parmi elles, certaines variétés sont même naines. Cela signifie qu’elles ne monteront pas à beaucoup plus de 50 cm et donc nécessiteront pas ou peu de tuteurage. La saison dernière nous avons essayé deux d’entre eux : la variété Rotkappchen et la variété Ida Gold. Ces dernières sont précoces, très productives avec des fruits de calibre moyen. Elles permettent un bon gain de place, peuvent être installées sous une table de culture ou autre.
Il est possible de cultiver des tomates sans tuteur. Loin d’être marginale, cette technique peut produire de très beaux rendements grâce au développement d’un système racinaire puissant. Elle nécessite simplement de l’espace : un plant peut occuper plus d’un mètre carré. Lorsque les tiges rampent au sol, les fruits doivent absolument être isolés de l’humidité. Un paillis sec est indispensable : paille, foin, lin ou tontes parfaitement séchées. La culture au sol demande peu d’entretien. Supprimez uniquement les feuilles les plus basses pour améliorer l’aération. L’arrosage peut être espacé : un apport tous les quinze jours en période sèche suffit. La variété Roma est LA tomate de plein champ, qu’on laisse ramper au sol sans taille ni tuteurage. Elle est idéale pour faire des sauces et des tomates séchées !
Structures permanentes et esthétique au potager
Pour les jardiniers qui ont déjà un plan de potager bien abouti, qui ne risque pas de trop évoluer d’année en année, vous pouvez envisager une structure au-dessus du potager que vous pourrez laisser en place toute l’année. En métal, ou bois naturel, cette dernière pourra rapidement devenir ornementale et surtout vous rendre bien des services pour le tuteurage ou même l’ombrage si vous en ressentez le besoin. Ce principe est simple : on installe des cages en grillages ou fer à béton par-dessus nos pieds de tomates. Cette installation permet de conduire la culture sans taille, ce qui est souvent plus compliqué avec les autres méthodes de tuteurage. Le pendant de cette non-taille est que les plants sont plus denses. Ils sont aussi moins aérés et donc potentiellement plus sujets aux maladies cryptogamiques comme le mildiou. Cette technique fonctionne donc très bien en Italie et dans le sud de la France. Elle sera en revanche moins propice dans la moitié nord du pays.
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