L’ulcère gastroduodénal est une lésion ronde ou ovale de la muqueuse de l’estomac ou du duodénum, qui a été corrodée par l’acidité gastrique et les sucs digestifs. Il s'agit d'une pathologie fréquente qui, bien que généralement bénigne, peut entraîner des complications médicales graves si elle n'est pas traitée. Le duodénum, qui constitue le début de l’intestin grêle situé à la suite de l’estomac dans le tube digestif, est le siège privilégié de ces lésions. L’ulcère du duodénum, ou ulcus duodénal, est un ulcère bénin dans la paroi du duodénum et ces formes sont au moins quatre fois plus fréquentes que les ulcères gastriques.

Les mécanismes de formation de l’ulcère
L’ulcère est défini histologiquement comme une perte de substance de la paroi gastrique ou duodénale atteignant la musculeuse de la paroi du tube digestif. Il s’agit donc d’une destruction de la muqueuse et de la sous-muqueuse. Pour comprendre ce phénomène, il faut considérer l'équilibre dynamique entre les facteurs d’agression et les mécanismes de défense de la paroi.
Le déséquilibre entre agression et protection
Les ulcères se développent en cas d’altération des mécanismes normaux de défense et de réparation de la muqueuse, la rendant plus à même d’être endommagée par l’acide gastrique. La protection pariétale est normalement assurée par la sécrétion de mucus qui forme une barrière mécanique à l’agression acide, protégeant les cellules de toute exposition. L’apparition d’un ulcère est le résultat d’un déséquilibre entre les facteurs de défense et les facteurs d’agression, tels que l’hypersécrétion de suc gastrique, la prise de médicaments, le tabac ou l’infection bactérienne.
Le rôle central de Helicobacter pylori
La bactérie Helicobacter pylori (HP) est le facteur étiologique majeur. Il s'agit d'un bacille à Gram négatif muni de flagelles, capable de vivre et de se multiplier dans la muqueuse gastrique à pH acide grâce à une activité uréasique. Cette bactérie envahit la muqueuse et cause une dégradation des parois qui la protègent contre les acides. L’infection à HP est présente chez plus de 50 % des personnes ayant des ulcères duodénaux. La contamination se fait essentiellement durant l’enfance par voie oro-orale ou féco-orale.

Les facteurs médicamenteux et autres causes
La prise prolongée de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’aspirine, l’ibuprofène ou le naproxène, est à l’origine de plus de 50 % des ulcères gastroduodénaux. Les AINS, en bloquant la production de prostaglandines par inhibition des cyclo-oxygénases (COX-1 et 2), privent l’estomac de son principal facteur de protection. Il existe également une cause rare, le syndrome de Zollinger-Ellison, un type de tumeur endocrine qui libère une hormone appelée gastrine, entraînant une production d’acide excessive.
Manifestations cliniques et symptômes
Les symptômes provoqués par un ulcère duodénal ne sont pas très caractéristiques et peuvent aussi se manifester dans le cadre de nombreuses autres maladies gastro-intestinales. Seule la moitié des personnes environ présentent des symptômes typiques.
Le syndrome ulcéreux typique
Le symptôme le plus fréquent est une douleur légère à modérément sévère dans la partie supérieure de l’abdomen, juste en dessous du sternum. Cette douleur est souvent décrite comme lancinante, brûlante, ou comme une sensation de faim douloureuse. Une caractéristique majeure est la double périodicité :
- Périodicité journalière : La douleur survient souvent en milieu de matinée, quelques heures après les repas, et est généralement soulagée par l’alimentation ou la prise d’antiacides, avant de réapparaître 2 à 3 heures plus tard.
- Périodicité annuelle : La douleur se manifeste par cycles, avec des périodes douloureuses entrecoupées de périodes d’accalmie de quelques mois ou années.
Symptômes atypiques et signes d’alerte
Parfois, la douleur réveille le patient la nuit. Dans d'autres cas, les symptômes sont frustres : pression dans l’abdomen supérieur, ballonnements, renvois, gaz, nausées ou vomissements. Il est important de noter que les enfants, les adultes plus âgés et les personnes sous AINS peuvent être complètement asymptomatiques, l'ulcère n'étant découvert que lors de complications.
ULCÈRE DE L'ESTOMAC (Gastroduodénal) : Causes, Symptômes et Traitements
Complications médicales graves
Bien que la plupart des ulcères puissent être guéris sans séquelles, des complications menaçant le pronostic vital peuvent survenir si la pathologie n'est pas prise en charge.
L’hémorragie digestive
Il s’agit de la complication la plus fréquente. Elle peut se traduire par des vomissements de sang rouge vif ou de caillots (hématémèse), ou par l’émission de selles noires semblables à du goudron (méléna). Des saignements plus discrets peuvent passer inaperçus mais entraîner une anémie chronique, une fatigue intense et une perte de poids.
La perforation et la pénétration
La perforation survient lorsque l’ulcère traverse la paroi digestive, créant une ouverture dans la cavité abdominale. La douleur est alors soudaine, vive, constante et se propage rapidement, provoquant un état d'abdomen aigu. La pénétration, quant à elle, survient quand l’ulcère atteint un organe adjacent comme le pancréas, provoquant une douleur intense et persistante, souvent ressentie dans le dos.
L’obstruction (sténose)
L’œdème des tissus enflammés ou la rétraction cicatricielle peuvent rétrécir le canal entre l’estomac et le duodénum. Cela entraîne des vomissements répétés de grandes quantités d’aliments, une sensation de plénitude, un manque d’appétit et une déshydratation.
Stratégies de diagnostic
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire médical et des examens visuels précis.
L’endoscopie haute
L’endoscopie digestive haute (gastroscopie) est l’examen fondamental. Elle consiste à insérer une caméra montée sur une sonde souple (vidéo-endoscope) pour examiner les parois du tube digestif. Cet examen permet de confirmer la présence de l’ulcère, d’évaluer sa localisation et, en cas d’ulcère gastrique, de réaliser des biopsies # Ulcères du Bulbe Duodénal : Causes, Symptômes, Diagnostic et Traitements

Les ulcères gastroduodénaux constituent une catégorie de lésions de la muqueuse digestive, pouvant se former sur la paroi de l’estomac (ulcères gastriques) ou sur la partie initiale de l’intestin grêle, appelée duodénum (ulcères duodénaux). Ces affections représentent une part significative des ulcères digestifs, avec une prévalence particulièrement marquée pour les ulcères duodénaux, qui sont au moins quatre fois plus fréquents que leurs homologues gastriques. Bien que ces deux formes d'ulcères puissent provoquer des troubles similaires, il est crucial de comprendre leurs spécificités, notamment en ce qui concerne le bulbe duodénal, où les ulcères sont des lésions bénignes de la paroi.
Un ulcère est défini histologiquement comme une perte de substance de la paroi gastrique ou duodénale atteignant la musculeuse du tube digestif. Il s'agit donc d'une destruction de la muqueuse et de la sous-muqueuse. Il peut être aigu, mettant à nu le muscle sans socle scléreux, ou chronique, avec généralement une réaction fibreuse cicatricielle majeure et des lésions d’endartérite et d’hyperplasies nerveuses. Cette pathologie peut causer des symptômes douloureux et, dans certains cas, entraîner de graves complications médicales si elle n'est pas traitée, telles que l'hémorragie ou la perforation de l'estomac ou du duodénum.
Qu'est-ce qu'un Ulcère du Bulbe Duodénal ?
L’ulcère duodénal, spécifiquement, se forme sur la paroi du duodénum, qui est le début de l’intestin grêle, situé à la suite de l’estomac dans le tube digestif. Ces ulcères apparaissent lors d’une érosion de la muqueuse duodénale, ce qui entraîne la formation de plaies. Un ulcère du duodénum est un ulcère bénin dans la paroi du duodénum. Les ulcères duodénaux sont le type le plus fréquent d’ulcère gastroduodénal, se développant dans les premiers centimètres de l’intestin grêle, spécifiquement dans le bulbe duodénal.
L'ulcère gastroduodénal est une lésion ronde ou ovale de la muqueuse de l’estomac, ou du duodénum, qui a été corrodée par l’acidité gastrique et les sucs digestifs. La taille des ulcères peut varier de plusieurs millimètres à plusieurs centimètres. Ils peuvent survenir à tout âge, y compris pendant le très jeune âge et l’enfance, mais ils sont plus fréquents chez l’adulte d’âge moyen.
Les Causes Sous-jacentes des Ulcères Duodénaux

Les ulcères se développent en cas d’altération des mécanismes normaux de défense et de réparation de la muqueuse de l’estomac ou du duodénum, rendant la muqueuse plus à même d’être endommagée par l’acide gastrique. L’apparition d’un ulcère est le résultat d’un déséquilibre entre les facteurs de défense de l’estomac et des facteurs d’agression de l’estomac. Les facteurs de défense sont représentés par des cellules qui sécrètent un mucus protecteur et les facteurs d’agression sont représentés par la sécrétion d’acide.
Les deux causes les plus fréquentes d’ulcères gastroduodénaux sont, de loin :
- L'infection par la bactérie Helicobacter pylori (H. pylori) : Il s’agit d’une bactérie bacille à Gram négatif à flagelles atypique, capable de survivre et de se multiplier dans la muqueuse gastrique à pH acide grâce à une activité uréasique. Elle envahit alors la muqueuse et cause une dégradation des parois qui la protège contre les acides. Une infection à H. pylori est présente chez plus de 50 % des personnes ayant des ulcères duodénaux et chez 30 à 50 % des personnes atteintes d’ulcères gastriques. La bactérie engendre paradoxalement une gastrite de l’antre, qui accroît encore l’acidité du suc gastrique favorisant ainsi l’agression de la muqueuse gastrique ou duodénale pouvant conduire à l’ulcère. La contamination se fait essentiellement durant l’enfance par contamination oro-orale ou féco-orale. Les recontaminations à l’âge adulte après éradication sont exceptionnelles.
- La prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : L'utilisation d’AINS, comme l’aspirine, l’ibuprofène ou le naproxène, est à l’origine de plus de 50 % des ulcères gastroduodénaux. Ces médicaments, en bloquant la production de prostaglandines, privent l’estomac de son principal facteur de protection. Cependant, la plupart des patients qui prennent des AINS ne développent pas d’ulcère gastroduodénal. L’aspirine peut aussi favoriser la formation des ulcères par un effet inhibiteur sur la COX-1 et également par toxicité gastrique directe.
D’autres facteurs peuvent favoriser l’apparition d’un ulcère dans le duodénum :
- Sécrétion excessive (hypersécrétion) de suc gastrique : C'est la cause la plus fréquente d'un ulcère duodénal.
- La nicotine et le tabagisme : Les ulcères survenant chez les fumeurs guérissent plus lentement et sont susceptibles de récidiver.
- Le stress : Bien que le stress et les autres facteurs psychologiques n’aient jamais démontré leur responsabilité directe dans la survenue de l’ulcère, ils peuvent exacerber les symptômes.
- Tumeurs : Un type rare de cancer peut libérer une hormone appelée gastrine, entraînant une production d’acide excessive (Syndrome de Zollinger-Ellison), ce qui peut provoquer des ulcères multiples et récidivants. Les symptômes des ulcères malins sont très semblables à ceux des ulcères bénins, mais ils ne répondent pas aux traitements habituels.
- Antécédents familiaux : Environ 50 à 60 % des enfants atteints d’ulcères duodénaux ont des antécédents familiaux d’ulcères gastroduodénaux.
- Alcool : Bien que l’alcool augmente la production d’acide gastrique, la consommation de quantités modérées d’alcool ne semble pas provoquer d’ulcères ni retarder leur guérison.
Symptômes et Manifestations Cliniques
ULCÈRE DE L'ESTOMAC (Gastroduodénal) : Causes, Symptômes et Traitements
Les symptômes des ulcères gastroduodénaux peuvent varier selon la localisation de l’ulcère et l’âge de la personne. Dans bien des cas, il arrive qu’aucun symptôme ne se fasse ressentir. Cependant, chez la majorité des patients, l’ulcère du duodénum génère des symptômes douloureux. Les symptômes courants d’un ulcère sont la douleur à l’estomac, la sensation de brûlure, la nausée, une dyspepsie ou encore des saignements. Les troubles possibles d'un ulcère duodénal vont des douleurs, de la pression et des ballonnements dans l'abdomen supérieur, des renvois / des gaz, des nausées ou vomissements.
Le symptôme le plus fréquent de l’ulcère gastroduodénal est une douleur légère à modérément sévère dans la partie supérieure de l’abdomen. La douleur, généralement décrite comme lancinante, brûlante, sourde, un endolorissement ou parfois une sensation de faim, est habituellement localisée dans la partie supérieure de l’abdomen, juste en dessous du sternum. Elle est en général soulagée par des aliments ou des antiacides.
Les symptômes de l’ulcère duodénal tendent à suivre un même schéma. En général, les personnes ne ressentent pas de douleur lorsqu’elles se réveillent, mais la douleur survient en milieu de matinée. La prise de lait ou d’aliments (pour tamponner l’acide gastrique) ou la prise d’antiacides diminuent en général la douleur qui habituellement réapparaît 2 à 3 heures plus tard. La douleur réveille fréquemment le patient la nuit. Elle survient souvent une à plusieurs fois par jour pendant une à plusieurs semaines, et peut ensuite disparaître sans traitement. Cependant, la douleur réapparaît habituellement au cours des 2 années suivantes et, parfois, des années plus tard. En général, l’évolution de la maladie suit un schéma classique, et les patients ulcéreux apprennent souvent avec l’expérience quand une récidive va survenir (souvent au printemps, en automne et pendant les périodes de stress).
Il est important de noter que les enfants, les adultes plus âgés et les personnes dont l’ulcère est dû à des AINS peuvent ne pas présenter les symptômes habituels, voire être complètement asymptomatiques. Dans ces circonstances, les ulcères ne sont découverts que lorsque des complications se manifestent.
Complications Potentielles
La plupart des ulcères gastroduodénaux peuvent être guéris sans complications. Cependant, dans certains cas, les ulcères gastroduodénaux peuvent entraîner des complications pouvant menacer le pronostic vital.
- Saignement (hémorragie) : Le saignement (hémorragie) est la complication la plus fréquente des ulcères, même lorsqu’ils ne sont pas douloureux. Des signes d’ulcère hémorragique peuvent être des vomissements de sang rouge vif ou de caillots de couleur brun rougeâtre de sang partiellement digéré ressemblant à du marc de café (hématémèse) ou l’émission de selles noires semblables à du goudron (méléna) ou manifestement sanglantes (hématochézie). La présence de petites quantités de sang dans les selles peut passer inaperçue, mais conduire tout de même à une anémie si les symptômes persistent. La perte de sang peut aussi provoquer une faiblesse, une diminution de la tension artérielle lorsque la personne se lève, une sudation, une soif et des évanouissements. La principale cause de complication liée aux ulcères gastro-duodénaux est due aux saignements.
- Pénétration : Un ulcère peut traverser (pénétrer) les couches musculaires de la paroi de l’estomac ou du duodénum pour atteindre un organe adjacent, comme le foie ou le pancréas. Cette pénétration provoque une douleur intense, pénétrante et persistante, qui peut être ressentie dans une région du corps différente de la région atteinte. Par exemple, une douleur peut être ressentie au niveau du dos lorsqu’un ulcère duodénal pénètre dans le pancréas. La douleur peut s’intensifier lorsque le sujet change de position.
- Perforation : Un ulcère de la face antérieure du duodénum, ou moins fréquemment de l’estomac, peut traverser la paroi digestive, créant une ouverture (perforation) dans la cavité abdominale. La douleur qui en résulte est soudaine, vive et constante. Elle se propage rapidement dans l’ensemble de l’abdomen. La douleur peut être ressentie dans une épaule ou dans les deux. La douleur s’aggrave lors de respirations profondes ou de changements de position, si bien que la personne cherche souvent à rester immobile. L’abdomen est douloureux à la palpation. Cette situation d’urgence nécessite une intervention chirurgicale immédiate et des antibiotiques administrés par voie intraveineuse.
- Occlusion (blocage) : L’œdème des tissus enflammés autour de l’ulcère ou la rétraction cicatricielle d’anciens ulcères peuvent rétrécir le canal entre l’estomac et le duodénum, ou une partie du duodénum lui-même. Ce type d’obstruction peut induire des vomissements répétés, souvent de grandes quantités d’aliments ingérés des heures auparavant. Les symptômes d’une telle occlusion sont une sensation de plénitude après les repas, un ballonnement et un manque d’appétit.
- Cancer : Les personnes atteintes d’ulcères causés par Helicobacter pylori ont 3 à 6 fois plus de risque de développer ultérieurement un cancer de l’estomac. Les ulcères qui ont d’autres causes ne sont pas associés à un risque accru de développer un cancer. Un ulcère de l’estomac peut parfois se révéler être un cancer qui s’est ulcéré, contrairement à l’ulcère duodénal qui est toujours bénin.
Diagnostic des Ulcères Duodénaux
Le diagnostic de l’ulcère gastroduodénal repose sur les symptômes de douleur gastrique et sur les résultats d’un examen de l’estomac à l’aide d’une sonde d’observation souple (endoscopie haute) et la détection d’Helicobacter pylori.
L’examen fondamental dans le diagnostic de l’ulcère de l’estomac ou du duodénum est la gastroscopie. Les ulcères duodénaux peuvent être diagnostiqués lors d’une endoscopie, qui consiste à insérer une caméra dans le tube digestif pour en examiner les parois. L’endoscopie haute permet d’explorer le tube digestif de la bouche œsophagienne jusqu’au deuxième duodénum. Pour des raisons de confort, plus de 60 % des gastroscopies sont encore faites sous anesthésie générale en France.

Pendant l’endoscopie, le médecin peut réaliser une biopsie (prélèvement d’un fragment de tissu pour l’examiner au microscope) afin de déterminer si un ulcère gastrique est cancéreux et pour identifier la présence d’Helicobacter pylori. On peut aussi utiliser un endoscope pour arrêter un saignement actif et réduire la possibilité d’une récidive hémorragique ulcéreuse.
La méthode diagnostique la plus utilisée pour faire le diagnostic d’infection à Helicobacter pylori est la biopsie gastrique avec analyse au microscope retrouvant les bactéries typiques à flagelles. De plus, la biopsie permet également d’évaluer la résistance de ces bactéries pour les antibiotiques usuels soit par antibiogramme, soit par PCR.
Une solution non invasive est possible pour détecter H. pylori avec le test à l’urée marquée au carbone 13 (Helikit ou Infai, par exemple). Son fonctionnement est simple et utilise une méthode enzymatique fondée sur le fait que l’H. pylori produit une uréase. En faisant ingérer au patient de l’urée marquée au carbone 13, la bactérie va dégrader l’urée en bicarbonate marqué et en ammonium, ce qui va conduire à la production de CO2 marqué qui va diffuser dans les vaisseaux digestifs et finalement être expiré, entraînant une augmentation du CO2 expiré marqué au carbone 13. C’est cette augmentation qui positive le test respiratoire.
La place de la sérologie est de plus en plus marginale, uniquement utile lorsque le test respiratoire risque d’être faussement négatif (antibiotiques en cours, inhibiteurs de la pompe à protons) et que la biopsie ne peut être réalisée.
En cas de présomption diagnostique en présence d’une douleur gastrique typique, le médecin peut parfois simplement traiter l’ulcère du patient pour évaluer si les symptômes sont résolus (ce qu’on appelle traitement empirique). Si les symptômes disparaissent, il est probable que le patient était atteint d’un ulcère. Cependant, des examens complémentaires peuvent être nécessaires pour confirmer le diagnostic, notamment si les symptômes ne se résolvent pas en quelques semaines de traitement ou s’ils apparaissent pour la première fois chez une personne de plus de 60 ans ou présentant d’autres symptômes comme une perte de poids.
Traitement des Ulcères Duodénaux

Un ulcère se soigne généralement par des traitements médicamenteux. Les médicaments utilisés dans le traitement de l'ulcère duodénal servent principalement à inhiber la production d'acide gastrique. Pour des ulcères simples, la thérapie consiste à éliminer les causes de la maladie.
Traitement Médicamenteux
Le traitement de l’ulcère gastrique ou duodénal est aujourd’hui quasi exclusivement réalisé avec des médicaments. Le but du traitement dans l’ulcère de l’estomac est de prescrire des médicaments diminuant l’acidité dans l’estomac, en associant des antibiotiques pour détruire l’Helicobacter pylori.
- Antibiotiques : Comme l’infection à H. pylori constitue une cause majeure d’ulcères, le traitement de l’infection à H. pylori par 2 antibiotiques, du sous-salicylate de bismuth et 1 inhibiteur de la pompe à protons (quadrithérapie) est administré lorsque l’infection est diagnostiquée. Plusieurs antibiotiques différents peuvent être utilisés, notamment l’amoxicilline, la clarithromycine, le métronidazole et la tétracycline. Certains traitements incluent 2 antibiotiques et 1 inhibiteur de la pompe à protons, mais pas de sous-salicylate de bismuth (trithérapie). L’antibiothérapie choisie ne doit si possible plus être probabiliste mais adaptée aux résistances de la bactérie. En cas de souche multisensible, une bi-antibiothérapie amoxicilline (en l’absence d’allergie) et clarithromycine doit être proposée pendant 10 jours en association à l’inhibiteur de la pompe à protons. Après le traitement, un test respiratoire à l’urée marquée réalisé au moins 15 jours après l’arrêt des inhibiteurs de la pompe à protons et 4 semaines après l’arrêt des antibiotiques doit venir confirmer l’éradication de la bactérie.
- Médicaments antiacides : Ces médicaments bloquent la production d’acide gastrique. Les médicaments antiacides les plus couramment utilisés comprennent :
- Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) : Ils favorisent la guérison des ulcères chez davantage de personnes et plus rapidement que les anti-H2 ; leur utilisation est donc généralement préférable. Aucun antibiotique n’est réellement efficace à pH acide, et les inhibiteurs de la pompe à protons sont donc incontournables (dose curative [ex : ésoméprazole 20 mg] matin + soir) dans le traitement d’éradication en association avec les antibiotiques.
- Antagonistes des récepteurs H2 de l’histamine (anti-H2).
- Antiacides : Sous forme liquide ou en comprimés, ils contiennent du carbonate de calcium ou des sels d'aluminium ou de magnésium, et servent à neutraliser l'acidité gastrique.
La durée totale du traitement par IPP doit être de 6 semaines supplémentaires après le traitement d’éradication (soit environ 8 semaines au total) en cas d’ulcère gastrique, d’ulcère duodénal compliqué, de persistance de douleurs épigastriques après la phase initiale ou encore lorsque des AINS, des antiagrégants ou anticoagulants doivent être poursuivis. Pour l’ulcère duodénal simple sans poursuite des AINS, le traitement total par inhibiteur de la pompe à protons doit être de 4 semaines (éradication de 10 à 14 jours selon le schéma, puis inhibiteurs de la pompe à protons seuls).
En ce qui concerne le traitement médical de l’ulcère du duodénum, le traitement antibiotique seul est suffisant dans la majorité des cas. Il est prescrit pour une durée de 7 à 21 jours, selon les cas. En fin de traitement, une gastroscopie de contrôle est indispensable pour s’assurer de la cicatrisation de l’ulcère.
Cas Spécifiques
- Prise d'AINS au long cours : Dans certaines conditions (antécédent d’ulcère gastroduodénal [même après éradication de H. pylori], âge > 65 ans, prise associée de corticoïdes, d’anticoagulant ou de clopidogrel), les AINS ne doivent pas être prescrits sans protection gastrique par inhibiteur de la pompe à protons à dose préventive (ex : ésoméprazole 20 mg).
- Syndrome de Zollinger-Ellison : Ce syndrome rare doit toujours être évoqué devant la présence de multiples petits ulcères du duodénum, en particulier lorsqu’ils sont récidivants ou compliqués. Il est dû à une ou plusieurs petites tumeurs endocrines sécrétantes, produisant de la gastrine, entraînant une hyperproduction d’acide dans le duodénum et fréquemment des diarrhées. La résection de la tumeur dans les formes localisées permet d’éliminer le syndrome sécrétoire.
Intervention Chirurgicale
La chirurgie est rarement nécessaire dans le cadre d'une thérapie de l'ulcère duodénal. Le traitement chirurgical de l’ulcère est devenu exceptionnel, et n’est proposé qu’aux patients avec des ulcères récidivants malgré la correction des facteurs favorisants et la prescription au long cours d’inhibiteurs de la pompe à protons. Après plusieurs tentatives infructueuses de traitement, si une hémorragie se déclenche ou si l'ulcère perfore la paroi du duodénum, une intervention chirurgicale s'impose. Tout ulcère gastrique traînant doit faire rechercher un cancer ulcériforme, qui est alors une indication chirurgicale propre.
Des taux de guérison élevés pour un ulcère duodénal sont généralement possible en utilisant une thérapie appropriée. Cependant, un ulcère duodénal peut récidiver (rechute) au bout d'un certain temps.