
Le noisetier, ou coudrier (Corylus avellana), est un arbuste caduc, symbole de l'ère tertiaire et profondément enraciné dans l'histoire et la culture humaines. Sa présence est mentionnée dans la mythologie grecque et d'anciens contes populaires, et il faisait partie des arbres sacrés dont l'abattage était interdit à l'époque médiévale. Aujourd'hui, cet arbuste buissonnant, pouvant atteindre 3 à 4 mètres de haut, est un incontournable des jardins, apprécié pour sa robustesse, sa facilité d'entretien et la saveur de ses fruits, les noisettes. Il s’accommode de la plupart des terrains, y compris les sols calcaires, et résiste bien au froid. Sa croissance est même qualifiée d’extrêmement rapide.
Les espèces principales de Noisetier et leurs particularités
Le genre Corylus regroupe plusieurs espèces, parmi lesquelles les plus courantes en Europe sont le Corylus avellana L. et le Corylus maxima Mill. En plus de ces espèces communes, il existe des noisetiers exotiques tels que Corylus thibetica et Corylus sieboldiana var. laciniata, qui enrichissent la diversité du genre.
Corylus avellana L. (Noisetier commun)
Le Corylus avellana est l'espèce la plus répandue en Europe. Il se rencontre à l’état spontané dans les sous-bois et en lisière des forêts, depuis le Portugal et l’Irlande à l’Ouest jusqu’à l’Oural à l’est, en passant par les Balkans, l’Asie mineure, le Caucase et le Kazakhstan. Sa culture occupe des surfaces importantes en Turquie, Italie, Espagne et aux États-Unis (Oregon). Cet arbuste à port buissonnant, plus ou moins drageonnant, peut atteindre 8 à 10 m de haut. Ses feuilles, qui mesurent de 6 à 10 cm de long, ont une jolie forme arrondie rappelant celle d’un cœur. L'écorce est lisse, brune cuivrée et marquée de petites rugosités blanchâtres appelées lenticelles.
Le Corylus avellana est une plante monoïque, ce qui signifie que ses fleurs, unisexuées, sont présentes sur le même arbre. Cependant, il est auto-incompatible, et il est donc crucial de réunir dans son jardin deux variétés à compatibilité pollinique pour assurer la fécondation et la production de noisettes, ou de compter sur la présence de noisetiers dans les environs. La pollinisation est anémophile, les insectes ne jouant aucun rôle.

Corylus maxima Mill.
Le Corylus maxima est également une espèce de noisetier courant en Europe, souvent sélectionnée pour la grosseur exceptionnelle de ses fruits, comme la variété 'Marcel Rivier'. Comme le Corylus avellana, il nécessite une pollinisation croisée pour une production optimale.
Corylus colurna (Noisetier de Byzance)
Le noisetier de Byzance, ou Corylus colurna, est une espèce remarquable pour sa taille, pouvant atteindre jusqu'à 15 mètres de haut. Il est également l'arbre qui supporte le mieux l'altitude, vivant jusqu'à plus de 1700 mètres et résistant à des températures allant jusqu'à -25 à -30°C, contrairement à son cousin commun.
La confusion taxonomique et la diversité pomologique
La dénomination des variétés fruitières est souvent source de confusion, un phénomène également observé chez le noisetier. Cette confusion taxonomique, caractérisée par la synonymie (plusieurs noms pour une même variété) et la polysémie (un même nom pour plusieurs variétés), est inévitable. Elle résulte des mouvements migratoires des populations, des particularismes locaux, de la faillibilité de la nature humaine et de l'extrême diversité pomologique héritée de la longue tradition culturale de l'Humanité. Il est donc essentiel de consulter des ouvrages spécialisés, des catalogues de pépiniéristes et des professionnels pour identifier correctement les variétés.
Conseil de SURVIE, le NOISETIER.
Critères de choix et d'implantation pour une haie de noisetiers
La mise en place d'une haie de noisetiers répond à un double objectif : la délimitation d'une parcelle et la récolte massive de noisettes. Pour constituer une haie efficace et productive, une double rangée de touffes, en quinconce et assez rapprochées, de différentes variétés des deux espèces de noisetier courant en Europe, est une solution idéale. Un piquetage soigné est nécessaire pour obtenir un résultat satisfaisant.
Diversification des variétés et échelonnement des récoltes
Pour optimiser la diversité des formes et des goûts des fruits, et obtenir un échelonnement des récoltes le plus large possible, il est recommandé de planter un grand nombre de variétés différentes. Par exemple, pour une haie nécessitant 24 sujets, il serait judicieux de trouver 24 variétés distinctes.
Pollinisation et maximisation de la production
Les contraintes de pollinisation sont fortes chez le noisetier, en raison de son caractère anémophile (pollinisation par le vent) et de la nécessité d'une pollinisation croisée entre variétés déterminées. Il est donc vital de planter au moins deux pieds à 2 mètres de distance l'un de l'autre pour assurer une bonne pollinisation. La floraison a lieu de janvier à mars, lorsque les chatons du noisetier jaunissent et les écailles s'ouvrent pour libérer le pollen.
Principales variétés de noisetiers et leurs caractéristiques
Le choix des variétés est crucial pour la réussite de votre projet. Voici une présentation détaillée de quelques variétés emblématiques :
Variétés de Corylus avellana
- 'Cosford' : Variété vigoureuse et très productive à fruit allongé et de taille moyenne. Son pollinisateur est 'Merveille de Bollwiller'.
- 'Merveille de Bollwiller' ou 'Géant de Halle' : Cette variété, sélectionnée à la fin du XIXème siècle et originaire d’Alsace ou du sud de l’Allemagne, est bien adaptée aux climats continentaux. Sa mise à fruits est rapide et sa productivité assez bonne, surtout dans le nord de la France. Elle produit en septembre de gros fruits ronds avec un goût fin. Sa maturité est quelques jours avant 'Fertile de Coutard'. Elle est également un bon pollinisateur pour 'Cosford'. Sa noisette est beaucoup plus imposante que les autres et se termine en pointe. Elle fleurit précocement, il faut donc éviter les situations gélives. Elle supporte bien la taille.
- 'Fertile de Coutard' : Variété très ancienne, sans doute originaire du sud-est de la France, bien adaptée au sud-ouest. Elle est de forte vigueur, de mise à fruit rapide et de productivité élevée. Sa maturité est assez tardive (1ère moitié de septembre à Bordeaux).
- 'Fertile de Nottingham' ou 'Pearson's Prolific' : Variété très productive et vigoureuse à maturité en septembre. Sa noisette est assez petite mais de bonne qualité, avec une coque fine qui se détache bien et est facile à briser. Elle est idéale sous forme de haies et adaptable aux climats froids.
- 'Rouge de Zeller' : Variété à fruit rond et sucré, de bonne qualité.
- 'Kentish Cob' : Création anglaise (Kent) vers 1830, appréciée pour sa qualité gustative et sa maturité précoce début août.
- 'Gunslebert' : Variété à maturité début septembre, très vigoureuse et productive (jusqu'à 8 kg par arbre), avec une amande d'excellente qualité gustative.
- Corylus avellana 'Contorta' : Variété sélectionnée pour ses rameaux tortueux très élégants, également utilisés en fleuristerie. Elle offre un spectacle saisissant en hiver avec sa ramure nue portant des fleurs mâles et de minces chatons.

Variétés de Corylus maxima
- 'Marcel Rivier' : Sélectionnée pour la grosseur exceptionnelle de ses fruits.
- Corylus maxima 'Purpurea' : Variété sélectionnée pour son feuillage pourpre.
- 'Fercoril-Corabel®' : Obtention INRA issue d’un semis naturel de ‘Fertile de Coutard’. C'est la variété de table la plus plantée en France depuis les années 1990, de forte vigueur, de mise à fruit assez rapide et de productivité bonne à très bonne. Sa maturité est tardive (2ème moitié de septembre à Bordeaux).
- 'Webb's Prize Cob' : Variété à maturité fin octobre.
- 'Tombul' : Variété Turque présente sur les bords de la mer Noire, elle produit une noisette ronde à coque fine de calibre moyen et homogène, appréciée par l'industrie. Elle offre une bonne qualité gustative, un bon rendement au cassage et une bonne teneur en huile. La peau s'enlève facilement après la torréfaction. Cette variété est exigeante sur les conditions de culture (climat humide de bord de mer, sols profonds, etc.). Sa maturité est fin août.
Autres variétés et pollinisateurs
- La variété 'Butler' est issue d'un croisement entre Impériale de Trébizonde et Butler. Elle est peu vigoureuse et drageonne peu, produisant un petit fruit avec une amande sucrée remplissant bien sa coque. Son pollinisateur est 'Merveille de Bolwiller'. Sa maturité est mi-août à fin août (précoce).
- Les variétés 'Pauetet' et 'Segorbe' sont principalement destinées à l'industrie.
- Le 'Longue d'Espagne' est un arbre très résistant au froid.

Culture et entretien du noisetier
Le noisetier est un arbuste peu exigeant. Il s'accommode de la plupart des terrains, mais est sensible à l’asphyxie racinaire ; dans les sols gorgés d’eau, mal aérés, ses racines ne sont plus aptes à absorber ni eau ni éléments minéraux et dépérissent. Il apprécie les sols aérés et légers.
Plantation et multiplication
La plantation doit être réalisée en hiver, à partir de la fin novembre. Le noisetier se multiplie par semis lors de la période automnale, et par marcottage ou division au printemps.
Conduite de culture et taille
Le noisetier peut être conduit en buisson en laissant ses branches se développer naturellement. Un buisson vieillissant peut être régénéré en conservant à sa base quelques drageons qui le renouvelleront progressivement. La taille peut être effectuée pour maintenir la forme et la productivité de l'arbuste. Il est essentiel de désinfecter les outils de taille pour éviter la propagation de maladies.
Exposition
La meilleure exposition pour le noisetier est un endroit ensoleillé à mi-ombragé.
Associations bénéfiques
Le noisetier apprécie la compagnie des cornouillers, sorbiers, éléagnus, ainsi que du lierre et du chèvrefeuille. Il est également possible de l'associer à des pommiers à fleurs ou des amélanchiers.
Maladies et parasites du noisetier
Au jardin, le noisetier est principalement affecté par un charançon, le balanin de la noisette. Au printemps, la femelle perce l’involucre des jeunes noisettes et y pond. L’œuf éclot, puis la larve se développe en se nourrissant de la chair de la noisette. Une fois son développement terminé, elle sort de la noisette, qui tombe avant maturité, et se laisse tomber au sol où elle s’enterre pour hiverner à une faible profondeur (- de 1 cm) pendant 2 à 5 ans avant de se transformer en nymphe. Pour lutter contre le balanin, des méthodes alternatives aux insecticides sont recherchées. La ramasse régulière des noisettes tombées permet de réduire la population de larves. Le gel détruira également les balanins qui n’auront pas eu le temps de s’enfouir.
Récolte et conservation des noisettes
Les noisettes se récoltent en août et septembre. Mûres, elles prennent leur couleur brune caractéristique et se détachent facilement de l'arbre. Pour la conservation, comme tous les fruits secs, la noisette doit être étalée et mise à sécher dans un endroit bien aéré et sec après la récolte. Dans leur coque, les noisettes se conservent plusieurs mois à l’air libre.

Qualités nutritives et utilisations culinaires
La noisette a des effets bénéfiques sur la santé. Elle est particulièrement riche en vitamine B6, C et E. Sa teneur en huile se situe autour de 60%, et 90% des acides gras de son amandon sont insaturés (acides oléique et linoléique), ce qui en fait un excellent allié pour la santé cardiovasculaire.
Subtilement lactée, la noisette bénéficie d’une saveur et d’une texture particulièrement raffinées. Adaptable de l’entrée au dessert, elle peut être transformée en délicieux lait de noisette, pâte à tartiner miel/noisettes, ou utilisée pour confectionner des huiles. Les idées ne manquent pas pour son utilisation en cuisine. La noisette de Cervione (Haute-Corse) est IGP depuis 2014 et sa saveur est particulièrement appréciée.
En usage externe, l'huile de noisette est très réputée en massages et en aromathérapie. Nourrissante et très adoucissante, elle pénètre facilement les tissus de la peau.
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Les noisetiers dans le paysage et la sylvothérapie
Outre leur rôle de producteurs de fruits, les noisetiers sont également des arbres d’ornement délicat. Leurs floraisons exceptionnelles, avec leurs longs chatons jaunes qui s'agitent au moindre coup de vent en sortie d'hiver, leur confèrent un attrait particulier. Des variétés comme le noisetier doré, dont les jeunes feuilles arborent une belle couleur dorée avant de devenir vertes à maturité, sont très appréciées pour leur esthétique.
Les branches de noisetier, très souples, étaient utilisées par les Celtes comme "baguettes magiques", témoignant de l'importance symbolique de cet arbre. Aujourd'hui, le noisetier s'intègre facilement dans une haie, un massif arbustif ou en isolé.
Le thème des arbres et le bien-être qu'ils procurent sont également explorés à travers la sylvothérapie. Des formations spécialisées sont proposées, incluant des activités de bains de forêt et de coaching à travers la nature, soulignant le lien profond entre l'homme et la forêt. Des producteurs comme l'EARL de la Fontaine à SAINT-DIZIER-MASBARAUD et l'EARL de MONTPLAISIR (Amaury de Saint-Seine) à CONDAT-SUR-TRINCOU contribuent à la valorisation de la noisette et de ses produits dérivés, tels que la pâte à tartiner miel/noisettes et l'huile de noisette en Périgord Vert. Il est toujours recommandé de consulter votre pépiniériste pour des conseils adaptés à votre région.