Les fraises, avec leur saveur sucrée et rafraîchissante, sont un incontournable des jardins et des assiettes estivales. Plus de 600 variétés de fraisiers existent, alors comment faire son choix lorsque l’on se décide à en cultiver ? Avant de vous précipiter à semer vos fraisiers, renseignez-vous sur le type de fraise que vous souhaitez obtenir. Que vous soyez un jardinier amateur ou expérimenté, cultiver un fraisier n’est pas compliqué, quelques règles doivent être tout de même respectées afin de réussir sa culture.

Comprendre le cycle de production : Remontants vs Non-remontants
Pour bien organiser son potager, il est crucial de distinguer les trois modes de production principaux :
- Le fraisier remontant : C’est une variété pouvant produire des fraises plusieurs fois par an, généralement au printemps, en été et parfois même à l’automne, offrant ainsi une récolte étalée sur une plus longue période. Cette variété permet aux jardiniers de profiter de fraises fraîches sur une période prolongée tout au long de la saison.
- Le fraisier non remontant : Également appelé fraisier à une seule récolte, c’est une variété qui produit des fraises une seule fois par an, majoritairement au printemps ou au début de l’été.
- Le fraisier semi-remontant : Un mixte entre le remontant et le non-remontant. Les fraisiers semi-remontants produisent une récolte principale au printemps ou au début de l’été, suivie par une période de repos, puis une deuxième récolte plus légère à l’automne.
Les variétés incontournables pour le jardinier
Maintenant que nous connaissons les différents types de fraisiers existants, découvrons les variétés que nous pouvons cultiver.
Les variétés non remontantes
La fraisse Gariguette, cette variété non remontante, est réputée pour sa saveur délicieusement sucrée, légèrement acidulée et très parfumée. Elle produit des fruits tôt dans la saison, souvent dès le mois de mai. Le fraisier est aussi apprécié pour sa résistance aux maladies, ce qui en fait une variété relativement facile à cultiver. Ses fruits, précoces, se cueillent avec facilité, entre la mi-mai et la mi-juin. De couleur rouge orangé, ils ont un goût sucré et sont agréablement parfumés. Les fraises sont de taille moyenne, pèsent environ 17 g et sont de forme allongée.
On trouve également des variétés comme Elvira, Favette, ou Surprise des Halles pour les hâtives. En moyenne saison, citons Belburi, Madame Moutot (gros fruit sucré à la chair ferme) et Gorella. Pour les récoltes tardives, les variétés Maraline, Marascor, Bogota, Senga et Talisman sont d'excellents choix.
Les variétés remontantes
Le fraisier Mara des Bois est sans doute l'une des plus célèbres. Ses petits fruits ont un goût qui n’est pas sans rappeler la fraise des bois. Cette variété de fragaria vesca est très productive et très remontante. La récolte peut s’effectuer en continu de juin jusqu’aux gelées.
Le fraisier Maestro produit des fraises parmi les plus imposantes, pouvant atteindre jusqu’à 50 g chacune. Leur forme est conique, leur couleur d’un rouge vif et leur aspect trapu en fait un véritable plaisir visuel. Le fraisier Annabelle est une variété appréciée pour ses fruits sucrés et parfumés, sa production abondante, sa résistance aux maladies et sa polyvalence de culture. Ses fruits sont petits (environ 10g), de forme conique et de couleur rouge foncé.
Enfin, la « Reine des Vallées » est une variété remontante connue pour sa robustesse face aux maladies. Elle produit des fruits de manière échelonnée tout au long de la saison, offrant ainsi des récoltes successives de juin à octobre.
Permaculture : création et évolution d'une butte autofertile
Fondements botaniques et conditions de croissance
Bien sûr, la fraise n’est pas un légume (tout comme les tomates, concombres, courges, poivrons…) mais bel et bien un fruit… Enfin, pas vraiment non plus. Appartenant à la famille des rosacées (tout comme la plupart des fruits, mais aussi les rosiers ou aubépines par exemple), la fraise est un faux fruit. La partie consommée est en réalité un réceptacle floral fécondé et ainsi transformé ; ce faux-fruit contenant lui-même une multitude de vrais fruits, appelés akènes, qui le recouvrent.
Climat et sol
La diversité des variétés permet de cultiver la fraise sous la plupart des climats, et ce, jusqu’à 1500 m d’altitude. Le fraisier apprécie un emplacement bien exposé. La culture du fraisier est parfaitement adaptée aux terres acides ou neutres, mais redoute le calcaire (bien que certaines variétés y soient adaptées). En sol lourd ou humide, il sera opportun de cultiver les fraisiers sur buttes.
Implantation d’une fraiseraie
Avant la plantation, épandez et incorporez du compost mûr en quantité importante (30 à 50 kg pour 10 m2). Les fraisiers se multiplient par plantation de stolons (rejets) issus de pieds mères jeunes et vigoureux. Achetez des plants frais ou des plants « frigo » (les plants sont arrachés en hiver puis placés au frigo à 2 °C jusqu’à livraison) ou, solution plus économique, prélevez des stolons enracinés sur une plantation existante. Mettez en place dans les 48 h suivant l’arrachage.
- Variétés remontantes : Plantez-les en mars/avril.
- Variétés non-remontantes : Plantez-les en juin-juillet.
Constituez éventuellement de petites buttes d’une vingtaine de cm de haut pour permettre à l’eau de s’évacuer facilement. Préparez des trous de plantation remplis d’un mélange de compost, terre de jardin et terreau. Juste avant la plantation, pralinez les racines dans une bouillie à base de terre argileuse. Transplantez les stolons en ayant soin de diriger le système racinaire vers le bas. Veillez à ne pas enterrer le collet.
Stratégies de permaculture et compagnonnage
Les fraises ont toute leur place dans un potager naturel. Pour optimiser l'espace, on peut planter, entre les lignes de fraisiers, des salades ou encore des épinards afin d’y occuper utilement l’espace en attendant le développement des fraisiers. Intercalez quelques alliacées (ail, oignons, échalotes, poireaux) dans la fraiseraie ; le voisinage protégera les fraisiers des moisissures.
Le paillage : une étape vitale
En anglais, une fraise se dit « strawberry ». Si l’on traduit littéralement ce terme, on dirait « baie de paille ». Inutile donc de vous dire que oui, il faut pailler vos fraisiers. Cela permet de conserver l’humidité dans le sol tout en évitant que les fraises ne soient directement en contact avec la terre qui, trop humide, pourrait les faire pourrir. J'utilise pour ma part de la matière végétale : de la paille, les épines de sapin qui apportent une certaine acidité appréciée par les fraisiers.
L'association avec les animaux
Une association qui marche du tonnerre : les effets bénéfiques d’un lapin sur les fraisiers. J’utilise la litière faite de paille et de pellets. L’avantage de ces petits granulés de bois est qu’ils sont entièrement naturels. Une fois « remplis », ces pellets se décompactent et viennent se loger facilement entre chaque fraisier, enrichissant ainsi le sol en azote. Autre avantage : la population de limaces a pratiquement disparu depuis que j’utilise cette méthode.

Protection et entretien durable
La culture du fraisier n’est pas toujours simple. Nous ne sommes en effet pas les seuls à aimer les fraises : les limaces ou les oiseaux en raffolent également.
- Limaces : Le plus grand prédateur de limaces est le hérisson. Favorisez sa venue dans votre jardin en disposant ici et là quelques tas de branchages. Entourez la plantation de feuilles de fougères ; les limaces ne franchiront pas cette barrière naturelle.
- Maladies : Surveillez l'oïdium, qui se manifeste par un feutrage blanc et poudreux, et la pourriture grise (Botrytis), favorisée par l'humidité. Pour les prévenir, assurez une bonne aération entre vos plants et arrosez toujours au pied, idéalement par goutte-à-goutte.
Une fraiseraie est en principe renouvelée tous les 3 ou 4 ans. Mais, si l’on respecte les consignes d’entretien, la production peut durer bien au-delà. Chaque année, apportez du compost. Coupez régulièrement les stolons inutiles, ils épuisent la fraiseraie, sauf si vous souhaitez multiplier vos plants.
Récolte et conservation
On cueille les fraises lorsqu’elles sont rouges et qu’elles se détachent facilement du pédoncule. La cueillette matinale semble promettre des fruits plus savoureux. Pour les conserver un peu plus longtemps, équeutez vos fraises uniquement lorsque vous vous apprêtez à les manger. Placez-les à plat dans un bac troué au réfrigérateur. Pour une conservation plus longue, lavez, égouttez et équeutez les fraises avant de les congeler individuellement sur une plaque, puis transférez-les dans un sac adapté.
Que vous soyez un jardinier débutant ou expérimenté, cultiver des fraisiers est la chose la plus simple en jardinage. En choisissant parmi ces meilleures variétés, vous êtes sûr de profiter d’une récolte abondante de fraises tout au long de la saison. N’oubliez pas de fournir à vos fraisiers des conditions de croissance optimales, y compris un sol bien drainé, un ensoleillement adéquat et un arrosage régulier, pour garantir leur succès. Les fraisiers se multiplient par stolons très rapidement et font de petits bosquets prêts à dévorer. Si vous avez besoin d’aide ou de conseils d’entretien, n’hésitez pas à contacter la Coopérative. À l’occasion de l’implantation d’une nouvelle fraiseraie, j’essaierais de compléter cet article au fil de la saison pour vous présenter l’évolution de cette plantation. Les fraises ont toute leur place dans un potager naturel, et rares sont les jardiniers qui me contrediront.
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