L'Art du Bonsaï Facile : Un Guide Complet pour Débutants et Amateurs Éclairés

L'art ancestral du bonsaï, dont la traduction littérale est « planté dans un pot », trouve son origine il y a plus de 2000 ans en Chine, sous la dynastie Han (-206 à 220 après J-C). Initialement connu sous le nom de "Penjing" ou "Punsai", cette technique chinoise consistait à mettre en pot des graines d’arbres sauvages trouvées dans la nature pour créer de véritables paysages miniatures. C’est durant la période de Kamakura (1185-1333) que cet art vit le jour au Japon, combinant à la fois les techniques horticoles et l’esthétisme propre à l’Asie de l’Est. Il a ensuite été introduit partout dans le monde par le biais d’échanges commerciaux grâce aux voies maritimes.

La première apparition des bonsaïs en Europe eut lieu lors de la troisième Exposition universelle de Paris en 1878, suivie d’une exposition plus privée dans le cœur de Londres peu de temps après. C’est John Yoshio Naka qui a principalement répandu la taille et la codification actuelle, devenant une référence dans l’art du bonsaï. C’est à partir de cet instant que la structure codifiée du bonsaï, telle que nous la connaissons, naquit.

Loin des plantes d’intérieur ordinaires, l’art du bonsaï offre une expérience à la fois rafraîchissante et analogique, un véritable contrepoids pour une génération perpétuellement connectée. Contrairement à un monstera ou à un figuier lyre, ces chefs-d’œuvre miniatures exigent de la présence, de la patience et de la constance. Comme l’explique Richard Kernick, expert en bonsaïs aux célèbres Kew Gardens de Londres : « Chaque coupe doit améliorer légèrement la structure et la santé de l’arbre afin qu’il progresse à travers des centaines de petits ajustements et de décisions prises au fil des ans. »

Histoire du bonsaï et ses origines

Choisir et Placer son Bonsaï : Les Premières Étapes Cruciales

Le bonsaï est une plante très délicate et extrêmement fragile, ce qui pousse parfois des personnes à devoir s'en débarrasser. Ce petit arbuste attire bien des personnes car il offre une touche d’esthétisme et de fraîcheur, que ce soit en intérieur ou en extérieur. Il est souvent lié au calme et à la paix typique de l’atmosphère dégagée par certaines régions d’Asie.

Avant de décider d’acheter un bonsaï et de commencer à faire vos premières expériences, il est essentiel de réfléchir à quelques généralités. Où allez-vous placer le bonsaï (jardin, terrasse, rebord de fenêtre, intérieur de l’appartement) ? L’endroit prévu est-il très exposé au soleil, mi-ombragé ou à l’ombre ? Qui va arroser le bonsaï en votre absence ? Allez-vous acheter un pré-bonsaï que vous concevrez vous-même ou un bonsaï « tout prêt » ? Avez-vous assez de temps pour vous occuper de l’arbre tous les jours ? En tant qu’arbres vivants, les bonsaïs se développent et ont besoin de soins constants.

Il est important de noter que toutes les essences de bonsaï ne nécessitent pas les mêmes soins. Dans tous les cas, la santé de la plante dépend de l’entretien qu’on y apporte.

Bonsaïs d'Intérieur vs. Bonsaïs d'Extérieur : Une Distinction Fondamentale

Contrairement à ce que l’on croit, cultiver un bonsaï n’est pas si difficile. Pour démarrer, il faut compter une vingtaine d’euros pour un bonsaï d’intérieur et une trentaine pour des bonsaïs d’extérieur, plus courants et plus faciles à cultiver, car ils vivent vraiment au rythme des saisons et de leurs cycles et souffrent moins de carences que leurs homologues d’intérieur. Les arbres tropicaux et subtropicaux peuvent être cultivés à l'intérieur, tandis que les arbres de climats tempérés ne peuvent être cultivés qu'à l'extérieur.

Nos salons ont des températures élevées stables, une faible intensité lumineuse et un faible taux d'humidité. Les espèces d'arbres tempérés ne peuvent pas être cultivées à l'intérieur car elles ont besoin d'une période de dormance hivernale, avec des fluctuations de température et beaucoup de lumière. Ainsi, pour notre environnement intérieur, nous devons choisir un arbre tropical ou subtropical. Mais même dans ce cas, la faible intensité lumineuse et le faible taux d'humidité sont loin d’être idéaux.

Types de bonsaïs et leur environnement idéal

Les Meilleurs Bonsaïs à Cultiver à l’Intérieur

  • Ficus (Ficus retusa) : Champion incontesté des bonsaïs d’intérieur, cette espèce robuste présente un feuillage élégant et une ramification délicate. Le Ficus (Ficus retusa) est un arbre résistant, avec de belles feuilles et une belle ramification. Il aime l'humidité élevée et développe même des racines aériennes sous les tropiques, mais il s’adapte tout aussi bien à la vie en appartement et se plaît aussi dans nos salons. Assurez-vous de le placer dans un endroit très lumineux, de préférence avec quelques heures de lumière directe du soleil par jour. Cela signifie généralement que vous devez le placer juste devant une fenêtre ensoleillée. Le bonsaï ficus retusa est l’un des plus répandus. Il se caractérise par des racines aériennes vigoureuses et une croissance rapide. Le bonsaï ficus ginseng (Ficus microcarpa) a également de fortes racines aériennes (le mot chinois « ginseng » signifie « racine »). Sa silhouette se caractérise par un renflement important à la base du tronc, ce qui lui permet de stocker l'eau en vue des périodes de sécheresse.

  • Jade nain (Portulacaria afra) : Pour ceux qui préfèrent la voie de la moindre résistance, cette succulente à l’allure d’arbre est un choix idéal. Elle emmagasine l’eau dans ses feuilles et tolère sans broncher quelques oublis d’arrosage. La lumière vive, en revanche, reste non négociable. On la surnomme aussi le roi des plantes porte-bonheur. Si vous recherchez le Bonsaï d'intérieur le plus facile à entretenir, votre meilleure option est l’arbre de Jade (Portulacaria afra). Cet arbre est une plante succulente, ce qui signifie qu'il peut survivre à des périodes de sécheresse car il stocke de l'eau dans ses feuilles. Il a besoin de beaucoup de lumière, avec au moins quelques heures de lumière directe du soleil chaque jour.

  • Alternatives Populaires : L’arbre à thé (Carmona), la plante parasol (Schefflera) et le prunier chinois (Sageretia) offrent des alternatives mais demandent plus d’entretien. D’autres bonsaïs d’intérieur populaires sont les troènes, les buis, ou encore les bonsaïs carmona et serissa.

    • Poivrier du Japon (Zanthoxylum piperitum) : Si vous avez envie d’un petit arbre original à croissance rapide, le poivrier du Japon (Zanthoxylum piperitum) est fait pour vous : son beau feuillage persistant est non seulement vernissé, mais a la particularité d’être très aromatique. Au printemps, cet arbre vous offrira en prime des fleurs blanc vert, suivies de petits fruits.
    • Pin des Bouddhistes (Podocarpus macrophyllus) : Si vous souhaitez plutôt un bonsaï sapin, vous aimerez le pin des bouddhistes (Podocarpus macrophyllus), à croissance très lente, portant des aiguilles d’un vert brillant au revers glauque.
    • Bonsaï troène de Chine (Ligustrum sinensis) : Feuillage persistant à semi-persistant, vert foncé. Parfois quelques fleurs blanches en juin-juillet, suivies de petits fruits ovales noirs. Croissance rapide.
    • Bonsaï buis de Chine (Buxus harlandii) : Feuillage persistant, très petites feuilles vert foncé brillant. Floraison blanche insignifiante en février-mars. Écorce côtelée décorative. Croissance lente.
    • Bonsaï carmona (Carmona retusa, Carmona microphylla) ou arbre à thé : Feuillage vert brillant. Fleurs blanches en été, suivies de petits fruits globuleux. Croissance rapide.
    • Le bonsaï serissa (Serissa japonica) : se caractérise par un tronc gris rugueux, un feuillage persistant d’un beau vert foncé et une croissance rapide. Il doit son nom d’arbre aux mille étoiles aux nombreuses fleurs blanches dont il se couvre de juin à septembre. Des petites baies prennent ensuite le relais.
    • L’azalée des Indes (Rhododendron indicium, Azalea indica) : est au contraire un bonsaï à fleurs à croissance lente. Son arrosage est un peu délicat, moyennant quoi il vous offrira en juin une floraison somptueuse, dans des coloris roses, rouges ou blancs.

Les Meilleurs Bonsaïs d’Extérieur

Si vous prévoyez de garder votre bonsaï à l'extérieur, vos options sont infiniment plus nombreuses. Le choix d'une espèce d'arbre peut être un peu plus difficile en fonction de votre climat local. Si vous choisissez un arbre indigène, c'est toujours une bonne idée, mais gardez à l'esprit que de nombreuses espèces résistantes au gel ont besoin de protection contre le gel lorsqu'elles sont plantées dans des pots à bonsaï peu profonds.

  • Genévrier (Juniperus) : Classique des bonsaïs d’extérieur, le genévrier allie un feuillage fin et vert à des accents spectaculaires de bois mort. Facile à trouver, abordable et d’une grande tolérance, il incarne la sainte trinité des plantes idéales pour les débutants. Son beau feuillage vert et ses caractéristiques de bois mort magnifiques font de cet arbre un choix exceptionnel.
  • Orme de Chine (Ulmus parvifolia) : Réputée pour ses petites feuilles délicates et sa belle écorce, cette espèce allie esthétique et facilité d’entretien, idéale pour les débutants.
  • Érable japonais (Acer palmatum) : Célèbre pour ses belles couleurs d’automne, il demande cependant une protection hivernale dans la plupart des régions. À considérer comme un objectif de niveau intermédiaire.

L'Emplacement Idéal pour Votre Bonsaï

Outre les essences de bonsaïs tropicaux, la culture de ces arbres miniatures se fait en extérieur. Le bonsaï requiert cependant un entretien particulier mais également un emplacement spécifique afin de s’épanouir comme il se doit.

  • En intérieur : Il est important que votre bonsaï capte un maximum de lumière. Le placer derrière une fenêtre est donc la solution la plus adéquate. Durant les heures d’hiver, préférez une fenêtre exposée au sud, et en été, à l’Est ou à l’Ouest. Ne laissez jamais votre bonsaï à côté d’une source de chaleur trop importante. De plus, l’air entourant le bonsaï doit rester suffisamment humide. Afin de maintenir un feuillage équilibré, il est primordial de tourner votre arbuste pour exposer toutes ses faces au soleil. Il faut toujours faire attention à la température. En effet, les fortes chaleurs de l’été peuvent faire souffrir votre bonsaï, et l’hiver, le froid (même dans une pièce) peut nuire à son développement. Le bonsaï d'intérieur a besoin avant tout de lumière et d’humidité. Offrez-lui un emplacement lumineux à proximité d'une fenêtre, mais évitez le plein soleil. Pour lui apporter l'humidité dont il a besoin, une bonne méthode consiste à le placer sur une soucoupe remplie de pouzzolane ou de billes d'argile régulièrement arrosées.

  • En extérieur : Il est préférable de privatiser un endroit à l’abri du vent et des tempêtes. De plus, ne choisissez pas un emplacement trop exposé au soleil. La terrine du bonsaï sèche rapidement, et cela pourrait entraîner la mort de votre plant. Pour les spécimens d’extérieur, le placement dépend de l’espèce : la plupart préfèrent le soleil du matin et l’ombre l’après-midi pendant les heures les plus chaudes de l’été.

Comment entretenir un bonsaï d'intérieur ? - Truffaut

L'Art de ne Pas Tuer son Bonsaï : Les Trois Éléments Essentiels de l'Entretien

Contrairement à un bonsaï « tout prêt », la première mesure à entreprendre une fois que vous avez acheté votre bonsaï est de le libérer de son terreau et de son pot. La terre est souvent boueuse et le pot trop petit pour l’état actuel de l’arbre. Il lui manque aussi généralement un orifice d’écoulement. Ce qui paraît simple - garder un bonsaï chez soi de la même façon qu’un bouquet de fleurs - demande en réalité beaucoup plus de soins que de cultiver un arbre autochtone en extérieur. Avant d’acheter un bonsaï d’intérieur, il vaut la peine de réfléchir si l’on peut remplir toutes les conditions. Si ce n’est pas le cas, l’arbre d’intérieur aura du mal à survivre.

L'Arrosage : La Clé de la Survie

La régularité de l’arrosage est très importante pour votre bonsaï. Un bon arrosage est l’un des aspects les plus cruciaux de l’entretien d’un bonsaï. Au Japon, les apprentis bonsaïstes ne sont d’ailleurs pas autorisés à utiliser un tuyau d’arrosage avant leur cinquième année.

  • Quand arroser ? Quand le substrat commence à devenir sec en surface, c’est le signe que votre bonsaï est en manque d’eau. Cette alternance entre humidité et sécheresse de la terrine est bénéfique pour l’arbre, et permet de maintenir un feuillage abondant. En moyenne, arrosez votre bonsaï une à trois fois par semaine, selon son espèce, la taille du pot et les conditions atmosphériques. Entre deux arrosages, laissez la surface de la terre, mais seulement la surface, sécher un peu.

  • Fréquence en fonction des saisons : L’arrivée de l’été et des grandes chaleurs est le signe que votre bonsaï réclame une attention toute particulière. Pensez à arroser votre plant 2 à 3 fois par jour. En automne, la température est nettement moins forte. Vous pouvez donc réduire l’arrosage à 1 fois par jour. En été, les arrosages seront plus fréquents, jusqu’à un ou deux par jour, pendant la période que votre « bonsaï d’intérieur » passe au jardin ou sur le balcon.

  • Techniques d'arrosage : Pour l’arrosage, munissez-vous d’un arrosoir à pomme d’arrosage fin car la pluie fine n’endommagera pas le substrat du bonsaï. Toutes les racines doivent être mouillées. Cependant, il ne faut pas les laisser stagner dans l’eau trop longtemps. Un arrosage goutte à goutte est également très fiable ! Une autre méthode (si toutefois la terrine est trop sèche) consiste à littéralement plonger la plante dans un seau d’eau. Une fois dans le seau, des bulles d’oxygène vont remonter à la surface, signe que la terrine absorbe l’eau. Retirez la plante du seau dès que vous ne voyez plus aucune bulle remonter. Pour les débutants, il est recommandé la méthode du trempage : lorsque le sol semble sec, plongez le pot entièrement dans l’eau jusqu’à saturation, puis inclinez-le pour évacuer l’excédent. En été, vérifiez l’humidité quotidiennement, et tous les deux jours en hiver.

  • Précautions : Évitez d’arroser votre bonsaï pendant l’après-midi. En effet, le substrat, chauffé par le soleil, a un écart de température avec l’eau, qui peut subitement altérer la santé de l’arbuste. Arrosez copieusement votre plante, mais ne laissez jamais d’eau stagner dans la soucoupe après l’arrosage.

  • Humidité de l'air : En hiver dans la maison l’air est très sec à cause du chauffage. Les bonsaïs ont besoin d’une bonne hygrométrie, c’est-à-dire d’une humidité de l’air élevée. Pour cela, vaporiser son feuillage tous les jours. En plus de l’arrosage, des brumisations quotidiennes de l’écorce et du feuillage sont nécessaires pour la plupart des bonsaïs.

La Fertilisation : Nourrir Votre Arbre Miniature

Vous pouvez également utiliser de l’engrais pour bonsaï que vous pourrez appliquer du début du printemps à la fin de l’automne. Cela nourrira votre arbuste et lui permettra d’améliorer sa croissance. Tout engrais standard pour plantes d’intérieur avec un rapport NPK proche de 5:5:5 fera parfaitement l’affaire. Toujours parce que votre bonsaï vit dans une petite quantité de substrat, il est très important de lui fournir régulièrement un engrais liquide adapté. Vous apporterez cet engrais pendant la période de végétation, soit une fois par mois de mars à octobre.

La Taille : Sculpter la Forme Idéale

La taille des bonsaïs s’exécute 1 à 2 fois par an seulement, le plus souvent en février ou en mars. C’est au printemps que le plant va croître et de nombreuses branches vont pousser sur celles déjà existantes. « Un bonsaï n’a pas toujours besoin de prendre la forme classique d’un bonsaï », explique Kernick. Il conseille de laisser l’arbre croître librement jusqu’au printemps, avant d’effectuer une « taille de juin » qui « améliore significativement la production et la santé des racines ». Pour les bonsaïs d’intérieur, il n’y a pas vraiment de période pour les tailler, on peut le faire toute l’année. Le but étant de la maintenir le plus possible la forme que lui a donné le producteur.

La méthode :Avec des ciseaux fins, taillez les branches longues en laissant 2 à 3 feuilles sur chaque rameau. Il est important de couper en biais juste au-dessus d’un bourgeon (situé à la base des feuilles) afin de ne pas stopper la croissance des branches. Il ne faut jamais couper une jeune pousse. Ne coupez jamais les jeunes rameaux vert clair, mais seulement les rameaux lignifiés qui présentent 6 à 8 feuilles : vous couperez alors au-dessus de la 2ème feuille sur chaque rameau, tout en préservant la forme du bonsaï. Vous attendrez que les nouvelles pousses soient bien développées (environ 8 feuilles) et vous viendrez ensuite couper cette tige au-dessus de la 2ème ou de la 3ème feuille. Si un rameau pousse vers l'intérieur du bonsaï, coupez-le.

Les bonsaïs sont de formes diverses et variées. Si vous souhaitez conserver la forme harmonieuse de votre bonsaï, supprimez les rameaux qui dénaturent la forme du plant. Ainsi, les branches mortes et celles qui poussent vers l’intérieur sont à enlever. Pour finir, toutes les parties du bonsaï requièrent de la lumière c’est pourquoi il faut dégager le cœur de la plante en taillant les tiges qui y poussent. Cette taille va permettre à l’air et à la lumière de pénétrer au centre de l’arbre. Quelques semaines plus tard, vous pourrez admirer les effets bénéfiques de cette taille. Poursuivez les soins réguliers de votre petit arbre afin de le garder en vie de longues années.

Outils essentiels pour la taille des bonsaïs

Le Rempotage : Un Nouveau Souffle pour Votre Bonsaï

Pour la plupart des essences de bonsaï, le rempotage se fait entre 1 à 4 ans en conservant ou non le même substrat. En moyenne un bonsaï doit être rempoté tous les 2 à 3 ans, au printemps. Cependant il n’est pas nécessaire pour certaines essences d’être rempotées chaque année. En effet, là où les jeunes plants auront besoin d’un rempotage assez fréquent, (tous les deux ans voire tous les ans), les arbres plus matures n’en auront besoin que tous les 3 à 5 ans.

Un bonsaï a besoin d’être rempoté lorsque les racines vont occuper la totalité de l’espace imposé par la céramique. Si vous sortez l’arbre du pot et que les racines sont enroulées autour du pain racinaire, c’est le moment de rempoter votre plant. Plus que de changer le pot, ce qui n’est pas toujours nécessaire, il s’agit de renouveler le substrat et de tailler les racines.

La méthode :Munissez-vous de tous les outils indispensables au rempotage ainsi que la nouvelle terre, le terreau et le nouveau pot (si vous souhaitez le changer).

  1. Préparation : Dans un premier temps, enlevez le plant de la céramique et commencez à enlever la vieille terre des racines à l’aide d’un kumade (petit râteau) ou d’une fourchette. Vous pouvez vous aider d’un léger filet d’eau pour rendre la tâche plus facile. Commencez par dépoter l’arbre et grattez la terre de façon à libérer toutes les racines.
  2. Taille des racines : Taillez environ un tiers des racines à l’aide d’une paire de ciseaux ou d’une pince adéquate pour les racines plus imposantes. Occupez-vous surtout des racines les plus longues sans toucher aux plus petites. Coupez ensuite les racines endommagées et taillez les racines les plus longues.
  3. Rempotage : Plantez l’arbre dans le pot avec la nouvelle terre. Rempotez le bonsaï en utilisant un substrat adéquat, que vous verserez progressivement en le faisant bien pénétrer entre les racines.
  4. Élimination des poches d'air : Afin d’enlever les poches d’air présentes entre les racines et la terre, munissez-vous d’un petit bâton. Cette technique permettra d’éliminer les poches d’air en tassant la terre sur les racines.
  5. Arrosage final : Pour finir, arrosez abondamment votre bonsaï. Tassez légèrement, arrosez bien et attendez quelques semaines avant de reprendre les apports d’engrais. Votre bonsaï va pouvoir s’épanouir dans un nouvel environnement pour les trois à quatre ans à venir !

Comment entretenir un bonsaï d'intérieur ? - Truffaut

Matériel Spécialisé et Substrat : Ce Qu'il Faut Savoir

Ne laissez pas le syndrome de l’achat compulsif faire dérailler votre aventure bonsaï avant même qu’elle commence. Mooney identifie les indispensables : ciseaux, pince à épiler, pince coupante, pince concave (pour les grosses branches).

Attention toutefois : « Les engrais spécialisés et coûteux sont inutiles et ne servent qu’à gaspiller de l’argent », selon Kernick. Tout engrais standard pour plantes d’intérieur avec un rapport NPK proche de 5:5:5 fera parfaitement l’affaire.

En revanche, ne faites pas l’impasse sur la qualité du terreau. « Le meilleur substrat pour les bonsaïs est l’akadama, une terre japonaise », précise Kernick, qui explore néanmoins des alternatives plus économiques et écologiques, comme l’argile molaire. Privilégiez des substrats d’argile volcanique offrant un bon équilibre entre rétention d’humidité et drainage.

Comprendre les différents types de substrats pour bonsaï

Comment Sauver un Bonsaï Mourant ?

Quand les choses tournent mal (et c’est inévitable), les feuilles jaunes traduisent généralement un excès d’eau ou un mauvais drainage. La chute des feuilles signale souvent un stress lié à un changement d’environnement ou à des variations de température. Une croissance faible témoigne d’un manque de lumière. Quant au pourrissement des racines, véritable condamnation à mort pour un bonsaï, il résulte d’un arrosage excessif associé à un drainage insuffisant. Mon bonsaï perd ses feuilles, comment faire ? Les bonsaïs d’intérieur sont plutôt des plantes tropicales qui ont besoin de rester à l’intérieur en hiver car ils ne supportent pas les températures basses. En tout cas, ils ont tous, ou presque, besoin des soins suivants : un emplacement lumineux sans soleil direct, il faut les arroser copieusement quand la terre commence à sécher mais ne jamais laisser d’eau stagnante dans la soucoupe après l’arrosage. Pendant la période de croissance (printemps et été) pensez aux apports d’engrais régulier. Enfin, il ne faut pas placer les bonsaïs près d’une source de chaleur.

L’astuce secrète de Kernick pour les arbres en difficulté ? « Offrez-leur une pause d’un an ou deux dans une caisse en plastique ou un parterre de fleurs - tout récipient temporaire plus grand que leur pot habituel. »

Où Acheter un Bonsaï ?

Le choix d'un bon bonsaï pour commencer est crucial. Lorsque vous choisissez votre premier bonsaï, il est crucial de sélectionner la bonne variété d'arbre.

  • Dans un commerce spécialisé dans les bonsaïs : Dans un commerce spécialisé dans les bonsaïs, vous serez conseillé avec compétence. Souvent, il n’est pas facile de savoir à l’avance l’importance des soins, l’âge, l’état de santé, le choix d’un pot approprié, etc. Dans un commerce spécialisé, vous recevrez les renseignements vous permettant de choisir précisément ce qu’il vous convient d’acheter.

  • Dans les groupes et clubs de bonsaïs : En règle générale, les clubs de bonsaïs proposent des arbres pour débutants à prix avantageux et des conseils d’accompagnement.

  • Dans les jardineries : Dans les jardineries, vous trouverez un vaste choix de plantes de départ, adaptées à la création d’un bonsaï et à un prix avantageux. Cette variante est plutôt recommandée pour les personnes aimant expérimenter, possédant des connaissances de base dans la culture et l’entretien des plantes et qui ont, par ailleurs, un amateur de bonsaïs dans leur entourage susceptible de les conseiller. Le mieux est d’acheter le futur bonsaï au printemps. Commencez par le tailler grossièrement et plantez-le dans un pot encore relativement grand. Plus tard, viendront les soins tels que la fertilisation régulière, la taille des nouvelles feuilles et aiguilles, la structure de base et le rempotage (au bout de 2 à 3 ans) dans un pot à bonsaï.

  • Dans les grands magasins : C’est dans les grands magasins que vous trouverez de véritables aubaines en matière de bonsaï. Il s’agit généralement de bonsaïs d’intérieur (le plus souvent des ficus) ; souvent de petits arbrisseaux dans des formes artificielles identiques à des prix très bas. Il faut toutefois être très doué pour garder un tel arbre en vie à long terme.

Quels Signes Observer Lors de l'Achat d'un Bonsaï ?

Avant d’acheter un bonsaï ou de créer le sien propre, il vaut la peine d’en étudier de nombreux autres, non seulement les variétés présentes dans la nature, mais également les petits arbres en pot. Vous apprendrez rapidement à les comparer et remarquerez quels sont les signes distinctifs des bonsaïs qui sont primordiaux pour vous.

  • Santé : Le bonsaï donne immédiatement l’impression d’être un arbre véritable. L’arbre et le pot sont soigneusement entretenus, le pot est adapté à l’arbre et aucune mauvaise herbe n’y pousse. Les feuilles ou les aiguilles ont une couleur verte pleine de vitalité. L’arbre est fermement installé dans le pot, il n’est pas instable quand on le touche.
  • Terreau : il s’agit d’un mélange de granulés poreux - contrairement à la terre visqueuse, sableuse ou très tassée.
  • Traces de création : On ne doit pas voir d’importantes traces de taille, de sillons dus à l’incrustation du fil de fer ou des endroits marqués par le travail à la machine.
  • Éléments de conception :
    • La base des racines a un aspect naturel et chacune d’entre elles rayonne depuis le tronc vers l’extérieur.
    • Tronc : l’effilement du tronc est important, c’est-à-dire qu’il est plus épais à la base qu’en haut. Des courbures irrégulières supplémentaires lui donnent un caractère unique.
    • Les branches sont disposées en spirale et sont plus courtes et plus fines du bas vers le haut.
    • La couronne de l’arbre correspond à celle de sa variété. En général, une couronne pointue est le signe que l’arbre est jeune, une couronne plate et arrondie signale un arbre ancien.
    • Les feuillus et les conifères ont de petites feuilles et de petites aiguilles conformément à leur taille.
    • Parties mortes du tronc et des branches : ce que l’on appelle le bois mort semble avoir été formé et blanchi naturellement et il est d’une dimension harmonieuse par rapport à la taille totale de l’arbre.
    • Proportions : pour l’ensemble de la conception (hauteur-largeur-profondeur, écart entre les branches, etc.), mais également pour la plantation dans le pot, certaines proportions précises s’appliquent telles que p. ex. celles du nombre d’or. Vous trouverez des explications détaillées dans la littérature spécialisée et sur les sites des clubs et centres de bonsaï.

Les proportions idéales pour un bonsaï

La Culture du Bonsaï dans le Temps : Une Philosophie de Patience

Il y a quelque chose de profondément apaisant à s’adonner à un art où les progrès suivent le rythme lent des cycles de croissance saisonniers. L’arbre grandit à son propre tempo, une lenteur assumée, difficile à accepter dans un monde où tout promet des transformations instantanées.

Lors de ses débuts à Kew, Kernick a fait l’erreur de dire à propos d’un arbre : « Il sera bon quand il sera fini. » Son mentor japonais, Nobuyuki Kajiwara, a répondu avec une sagesse qui résume parfaitement la philosophie du bonsaï : « Quand il sera fini, il sera mort. Jusqu’à ce moment-là, il fait l’une des deux choses suivantes : s’améliorer ou empirer. C’est à vous de veiller à ce qu’il continue à s’améliorer. »

C’est peut-être là le véritable attrait du bonsaï dans notre culture de la gratification instantanée : un rappel que la croissance s’accomplit par étapes, et que la patience offre des récompenses inaccessibles aux raccourcis. Comme le résume Kernick : « Le meilleur moment pour planter un arbre, c’était il y a dix ans. Le deuxième meilleur moment, c’est aujourd’hui. »

tags: #vente #bonsai #facile