Suspendre le temps et venir vous plonger dans un savoir-faire millénaire. Voici ce qui vous attend dans nos ateliers en venant tresser le panier aléatoire en clématite, cette liane sauvage abondante vous montrera ses capacités surprenantes. Inspiré du nid d'oiseau, avec la technique de l'entrelacs vous voyagerez à l’intuition guidés par la liane clématite. Souhaitez-vous rencontrer l'authenticité et la simplicité d'un savoir-faire naturel, ancestral mais pourtant si actuel ? Notre enthousiasme est de transmettre cette compréhension de la vannerie à tous.

Les fondamentaux du choix végétal
Tous les végétaux ne sont pas aptes à la vannerie. Car oui c’est bien la fibre qui dicte notre choix. Observez la clématite, la feuille d’iris, l’ortie : toutes sont fibreuses. Tous les végétaux contiennent des fibres, mais celles-ci en plus grande quantité. La clématite blanche (Clematis vitalba) est la liane par excellence. Grâce à ses vrilles, elle grimpe aisément à l’assaut des grillages en ville et des arbres en forêt.
Pour réussir vos créations, il convient de respecter quelques critères de sélection :
- La longueur : pour la plupart des ouvrages, on cherche des brins dont la longueur est comprise entre 1 et 3 m.
- L'homogénéité : idéalement, sauf indication contraire pour une partie spécifique d’un panier, il faut chercher des brins dont le diamètre est relativement semblable sur toute leur longueur.
- La souplesse : c’est l’un des critères fondamentaux de la vannerie. Étant donné que l’on applique des mouvements sinusoïdaux, de rotation, de bifurcation, parfois d’angle droit aux brins, il vaut mieux qu’ils puissent le supporter.
- La résistance : il faut ajouter à tout ce que l’on a mentionné depuis le début la résistance.
La récolte et la gestion des ressources
Les végétaux ligneux (arbustes) se cueillent en période d’aoûtement, les feuilles et pailles, elles, sont récoltées fin août. L’aoûtement débute graduellement à partir du mois d’août, lors de la baisse de la température et de la durée quotidienne d’ensoleillement. Les végétaux commencent alors à se préparer pour la saison froide. Les fibres des arbres s’endurcissent afin de survivre aux températures hivernales : on appelle cela la lignification. Les lieux de cueillette les plus propices sont les abords de ruisseaux ombragés par le couvert d’arbres, en face nord.
Cueillez avec intelligence, dans le respect du végétal et du lieu (terrain privé, domaine public, réserve). Si vous cueillez plusieurs saisons d’affilée dans les mêmes bosquets, vous améliorerez la qualité de vos rejets. Cueillez par exemple un brin de cornouiller à 90 cm du sol : les bourgeons latents se réveilleront au printemps suivant à cause du stress de coupe. Répétez cela sur plusieurs saisons : un bourrelet se crée, qui devient une « tête cicatricielle », appelée aussi « trogne » ou « tête-de-chat ».

Préparation et conservation des lianes
Certains végétaux comme la clématite ou le lierre rampant peuvent être conservés tels quels après cueillette. Mais vous apprécierez de les conserver préparés. Pour cela, faites-les cuire environ une heure et demie pour la clématite. Cela permet, juste après avoir coupé le feu, de les débarrasser de leur écorce et, au besoin, de les fendre dans la longueur à la main, en les maintenant pincés avec les genoux. Vous avez alors les deux mains libres pour travailler.
La clématite peut être compactée en cerceaux de quelques dizaines de cm de diamètre, ce qui facilite considérablement son utilisation et permet même de faire de la vannerie dans un appartement. Vous conviendrez qu’il est plus facile de stocker des cerceaux de 20 cm de diamètre que des tiges de 4 m. Idem pour la réhumidification, si vous faites sécher la matière, vous devrez la réhumidifier dans de l’eau pour l’assouplir et l’utiliser. Pour la clématite, il vous suffit d’une grande casserole puisque vous avez compacté les tiges en cerceaux.
Techniques de tressage et composition du panier
Il est possible de réaliser l’ensemble d’un panier uniquement en clématite puisqu’elle peut servir pour l’ossature et le corps du panier. La clématite est une liane très facile à reconnaître une grande partie de l’année en raison de ses pompons blancs ! La clématite peut être très longue, certaines tiges peuvent parfois garder une grande homogénéité sur 4 voire 5 mètres, ce qui est extraordinaire. Elle est également extrêmement souple. J’ai beau avoir fabriqué de nombreux ouvrages avec la clématite, je suis à chaque fois émerveillé par sa souplesse naturelle. Sans préparation ni traitement, même une tige épaisse de 5-6 mm de diamètre peut supporter un tour autour du doigt sans problèmes. Elle est d’une résistance à toute épreuve.
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Dans la conception d'un panier, la manière de disposer les côtes (montants) est cruciale. J'aime bien le côté un peu plus aéré, plus régulier dans les espaces entre côtes. La forme toute ronde, montée sur deux arceaux en châtaignier préalablement mis au rond autour d’un gabarit, offre un équilibre remarquable.
La clématite restant une liane sauvage, sa résistance oblige à n’avoir que peu de montants dans le panier, sans quoi elle est contrainte et peut devenir cassante. Cet aspect est cependant très sympa, car le tressage est finalement très rapide : peu de dessus-dessous à réaliser. C’est en revanche parfois délicat quand on doit faire le tour de la bordure, où la liane peut soit se séparer en plusieurs filaments, soit carrément casser si l’on est sur un nœud. Astuce transmise par Bernard Bertrand : creuser légèrement le nœud à l’endroit où il va toucher la bordure m’a permis d’éviter des contraintes trop importantes et de casser ma liane.
Comparaison avec d'autres lianes régionales
Il existe d'autres alternatives naturelles. Le lierre grimpant ne requiert pas de préparation. Pas d’écorçage ou de nettoyage des aiguillons par exemple. Le rendu esthétique est intéressant et donne un cachet rustique au panier avec des dégradés naturels de gris, marron et vert. Comme la clématite, il est possible de réaliser à la fois l’ossature et le corps du panier.
La vigne vierge est souvent connue pour sa capacité à recouvrir et habiller les maisons. Elle peut être longue, moins que la clématite mais tout de même, une longueur tout à fait honorable qui peut atteindre plusieurs mètres tout en restant relativement homogène. Elle ne nécessite quasiment pas de préparation, sauf si vous souhaitez atténuer quelque peu ses nœuds. Elle est nettement moins souple que le lierre grimpant ou que la clématite. Elle l’est tout de même, rassurez-vous, mais ne peut pas concurrencer sur ce terrain les deux premières qui sont, il faut le reconnaître, de petits bijoux.

Conseils pratiques pour les stagiaires
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N'oubliez pas que lors des ateliers, le repas est tiré du panier : apportez votre pique-nique et pourquoi pas vos spécialités. Concernant la préparation de la clématite, si je peux donner un conseil, appris aux dépens de la famille : il est recommandé de faire bouillir la clématite en extérieur, sans quoi, l’air de la maison devient piquant et agressif pour les yeux, ce qui est tenace et fort désagréable. À tout le moins, faites-la bouillir dans un récipient avec couvercle ! Trempée quelques minutes avant le tressage, la clématite redevient souple, et a une belle couleur dorée, parfois plus rouge pour quelques brins utilisés qui avaient bouilli avec du châtaignier, ce qui introduit un motif dans mon panier fini.