Guide complet : Plantation et commercialisation des sapins de Noël

Le sapin est devenu pour beaucoup l’arbre incontournable des fêtes de Noël. 22 % des ménages en France en font l’acquisition en cette période et le dispose ainsi au sein de leur foyer. Chaque année aux alentours de Noël, il se vend en France plus de 6 millions de sapins décoratifs. Cette tradition trouve son origine dans la nuit des temps. C’est au septième siècle que cette tradition païenne, autrefois destinée à marquer l’approche du solstice d’hiver, a été intégrée aux festivités chrétiennes. Aujourd’hui plus de 5 000 hectares sont consacrés à cette culture, ce qui fait que 80 % des sapins naturels que nous achetons sont produits en France.

Plantation de sapins de Noël dans une pépinière spécialisée

Les réalités de la culture et de la production

Imaginez votre sapin de Noël prélevé au cœur de vastes forêts est un mythe, pratiquement tous ont été plantés et cultivés en pépinière. On pourrait aussi penser qu’ils viennent en priorité des grands massifs forestiers du Grand est, bref de l’Est de la France. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Ceci pourrait être la devise des pépiniéristes de sapin de Noël. En effet, suivant la taille commercialisée, il faut attendre 5 à 12 ans avant de pouvoir le mettre sur le marché.

La culture du sapin de Noël nécessite une attention constante et un suivi régulier, comme pour toute culture agricole. Contrairement aux idées reçues, un sapin de Noël est le résultat de plusieurs années de soins et de travail. Ces plants, issus de pépinières, sont choisis pour leur qualité et leur adaptation au terrain. La méthode utilisée est majoritairement le repiquage de plants âgés de 4 ans. Ils doivent présenter les qualités des futurs arbres, on prendra donc des plants bien fournis, bien verts, pas trop grands, ni trop chétifs. Afin d’éviter les problèmes de gel, on cherchera des plants ayant un débourrage plutôt tardif.

Préparation des sols et conditions de croissance

Cette culture en plein terre apprécie les sols granitiques et acides, d’où leur adéquation avec les bassins de productions. La première étape d’une plantation d’arbres de Noël passe d’abord par le choix judicieux d’une parcelle qui réunit toutes les conditions nécessaires à une croissance optimale des arbres, c’est-à-dire une profondeur de sol suffisante, un sol pas trop compacté où l’eau ne stagne pas. De ce fait, on choisira de préférence une plantation sur la face nord, souvent plus froide et humide et dont le sol contient plus de matières organiques.

Le degré de préparation du site dépend des conditions de la parcelle à savoir s’il s’agit d’une ancienne forêt, de friches ou de prairies. La préparation du sol se fera à la pelle mécanique ou au bulldozer afin d’éliminer les cailloux, les souches et les racines et pour aplanir le terrain. Le passage d’un rotavator puissant permet de détruire la végétation existante. Les autres engins agricoles utilisés sont le girobroyeur, le cover-crop ou la charrue.

Fertilisation et entretien raisonné

Pour favoriser la pousse, des engrais sont utilisés mais ils sont majoritairement organiques et non de synthèse. Il ne suffit pas alors de laisser les sapins pousser. Un entretien régulier est en effet nécessaire. Il faut entre autres éliminer les mauvaises herbes et les végétaux spontanés et concurrents, qui limitent l’accroissement du tronc en largeur, l’arbre cherchant avant tout la lumière.

De plus en plus des pratiques vertueuses la fauche mécanique inter-rangs, le pâturage d’animaux, notamment les ovins, le paillage ou le désherbage mécanique sont utilisés. Le désherbage est donc une étape clé dans l’entretien des plantations. Il est réalisé de manière raisonnée, en privilégiant des méthodes mécaniques plutôt que chimiques, afin de préserver l’environnement. À partir de la quatrième année, des nettoyages réguliers à la débroussailleuse sont alors réalisés pour dégager le pied des arbres et maintenir un espace dégagé.

Schéma illustrant l'entretien mécanique des rangées de sapins

Variétés et identification des essences

Sapins et épicéas, tous deux commercialisés comme sapins de Noël font partie de la grande famille des pinacées. Une façon facile de les différencier est de regarder leurs aiguilles : celles des épicéas sont implantées de façon solitaire et disposées en brosse sur le rameau, et sont de couleur vert foncé sur toutes les faces. Contrairement aux sapins, elles ne sont pas aplaties et présentent une forme quadrangulaire. Les aiguilles de sapins sont plates, ne sont pas piquantes, sont réparties de façon assez symétrique de part et d’autre du rameau et comportent deux bandes blanches au revers.

Longtemps l’épicéa plus facile à cultiver était le plus commercialisé, il le reste bien entendu, mais le sapin Nordmann, certes un peu plus cher, est venu le détrôner car il est bien plus résistant à la chaleur d’un foyer et perd ses aiguilles bien plus tardivement. Parmi les variétés de sapin commercialisées le plus fréquemment sous forme de sapin de Noël on trouve donc :

  • Le Nordmann
  • L’épicéa
  • Le Douglas
  • Le Nobilis ou sapin royal aux couleurs bleutées
  • Le Pungens ou sapin bleu
  • Le Fraser à la robe verte argentée

Gestion sanitaire et taille des arbres

Les plantations de sapins de Noël sont susceptibles d’être attaquées par un certain nombre de parasites comme des pucerons, des charançons, des acariens. Des champignons pathogènes endommagent également parfois les sapins, en particulier lors de périodes chaudes et pluvieuses. On utilise alors de façon raisonnée des insecticides ou des fongicides, ou bien on laisse faire la nature en privilégiant la lutte biologique. Les sapins de Noël peuvent encore être victimes de dégâts par le gibier, en particulier les abroutissements et frottis du chevreuil.

Tout au long de leur développement, les sapins demandent plusieurs interventions de taille pour garantir une silhouette équilibrée, dense et harmonieuse. Entre juillet et août, on procède à la correction des pousses. Cette étape permet de supprimer les défauts comme les doubles têtes ou les déviations de la flèche principale. En début d’année, chaque arbre est inspecté pour corriger les éventuels dégâts causés par les animaux.

Stratégies de récolte et conditionnement

À la fin de l’été, chaque arbre est étiqueté en fonction de sa hauteur et de sa qualité. Cette étape est essentielle pour déterminer les sapins qui seront sélectionnés pour la vente. L’étiquetage, respectant les normes de l’Association Française des Sapins de Noël Naturels (AFSNN), utilise un code de couleur pour classer les arbres.

Les sapins de Noël sont récoltés entre la 5ème et la 10ème année suivant la plantation. La récolte commence par la préparation des sapins vendus en pot ou en motte, qui sont soigneusement extraits de la terre. À partir de la mi-novembre, les sapins étiquetés pour la vente aux professionnels sont coupés et emballés sous filet. Leurs pieds sont taillés de manière à pouvoir les installer facilement dans des supports adaptés. Le sapin est ensuite passé dans un cornet de métal galvanisé à l’intérieur duquel on le recouvre d’un filet qui plaque les branches vers le haut. Ce dispositif permet un gain de place et évite la casse des branches.

Conditions de coupe en tournage

Analyse du marché et enjeux environnementaux

En 3 semaines, les différents acteurs du sapin de Noël font leur année. L’enjeu est de taille et pour se différencier, producteurs et vendeurs ajustent chacun leur stratégie. Face au marché du sapin artificiel, les producteurs de sapins naturels ripostent et réussissent encore à convaincre 80 % des consommateurs. Leurs arguments foisonnent : plus écologiques, plus authentiques, les sapins naturels sentent bon et respirent la tradition.

De plus en plus de personnes se justifient de se détourner des sapins naturels sous des prétextes environnementaux. Mais le sapin en plastique est-il tout aussi durable et surtout aussi vertueux qu’on serait amené à le penser ? Il faut dire avant tout que le bilan carbone d’un sapin en plastique produit et acheminé en très grande proportion d’Asie n’est pas excellent. Selon les études, les quantités de CO2 émises par un sapin naturel seraient de 3,1 kg par an contre 8,1 kg pour un sapin artificiel. Le sapin naturel pendant sa phase de pousse absorbe en effet le CO2 de l’atmosphère alors que le sapin en plastique est un émetteur net.

Guide pour les particuliers : plantation au jardin

Le sapin peut aussi bien être installé en pleine terre qu’en pot sur la terrasse. Après avoir apporté l’esprit de Noël dans la maison, il peut également avoir une nouvelle vie au jardin. Le sapin se plante de préférence à l’automne avant que les températures ne chutent ou bien au début du printemps pour lui assurer une bonne reprise. Avant toute chose, commencez par faire tremper la motte de l’arbre dans une bassine d’eau, pendant une heure.

En attendant, vous allez pouvoir bêcher le sol, en ajoutant du sable s’il est argileux, avant de creuser un trou deux fois plus grand que la motte. Au fond du trou, il est important de mettre une couche de galets afin d’assurer le drainage de l’eau. Placez la motte puis la terre retirée mélangée à du terreau avant de reboucher le tout. Attention au choix de votre emplacement ! Le sapin a besoin de suffisamment d’espace pour que ses racines se développent bien mais aussi d’un endroit lumineux et abrité du vent.

Si vous souhaitez réussir la plantation, voici les points de vigilance :

  • Planter trop profondément : le collet du sapin ne doit jamais être enterré. Cela peut entraîner la pourriture des racines.
  • Arrosage excessif : un excès d’eau peut être aussi néfaste qu’un manque d’eau.
  • Le sapin doit être abondamment arrosé après la plantation et pendant les premières années.

Au cœur de la plantation d’arbres se trouve la simplicité, avec des équipements conçus pour être pratiques et faciles à utiliser. Lorsque l’arbre touche le sol, il est important de s’assurer que les racines sont bien orientées vers le sol. Maintenant, pour fermer le trou, il est essentiel de le rendre hermétique et compact. Ceci afin de s’assurer qu’aucun gel ne puisse atteindre une racine exposée. En fin de compte, le soin investi dans ce processus se répercute au fil des années, jetant les bases d’une croissance robuste et d’écosystèmes durables.

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