Le Vin et Pruniers-en-Sologne : Une Histoire Ancrée dans le Terroir du Loir-et-Cher

Carte de Pruniers-en-Sologne et ses environs

Pruniers-en-Sologne, petite ville du centre de la France, située dans le département du Loir-et-Cher (41) de la région Centre, révèle une histoire viticole bien plus riche et ancienne que son absence actuelle de production de vin ne le laisserait penser. Administrativement, elle appartient à l'arrondissement de Romorantin-Lanthenay et au canton de Romorantin-Lanthenay-Sud. Son code postal est le 41200. Géographiquement, la commune de Pruniers-en-Sologne se caractérise par une altitude moyenne d'environ 86 mètres, avec un minimum de 74 m et un maximum de 111 m. Ses coordonnées géographiques sont une latitude de 47.321 degrés Nord et une longitude de 1.671 degrés Est. Le nombre moyen d'heures d'ensoleillement annuel de Pruniers-en-Sologne était d'environ 1707 heures, hors année 2011. La population de Pruniers-en-Sologne était de 2 305 habitants en 2006 et de 2 291 en 2007. Bien que la viticulture ne soit plus une activité prépondérante sur son territoire direct aujourd'hui, le passé et le patrimoine de la région de Romorantin-Lanthenay, dont Pruniers-en-Sologne fait partie intégrante, témoignent d'une influence viticole significative, notamment grâce à des initiatives royales et des appellations voisines.

L'Héritage Viticole Ancien de Romorantin et Pruniers-en-Sologne

L'histoire viticole de la région de Romorantin, et par extension de Pruniers-en-Sologne, remonte loin, bien avant que la production de vin ne diminue au XIXe siècle. Marc Dupuis, auteur du Dictionnaire des noms de rue de Romorantin-Lanthenay, paru en 2013 aux éditions La Bouinotte, indique qu'autrefois, la production de vin était une activité importante localement. Un certain nombre de vignes se trouvaient autour de Romorantin, notamment du côté de la route de Millançay. Entre Pruniers et Romorantin, on trouvait également des vignes. Des toponymes locaux en sont les témoins silencieux. Sur la route de Pruniers à Romorantin, on découvre l'allée des Beaunes. À quelques centaines de mètres de là, mais cette fois sur le territoire de Pruniers-en-Sologne, un hameau s'appelle Les Beaunes. Ces deux noms auraient un rapport avec la ville de Beaune, capitale des vins de Bourgogne, et cette connexion est bel et bien avérée.

Représentation de François Ier

L'impulsion majeure pour l'amélioration du vignoble local est venue de François Ier. Ce monarque, connu pour ses fréquents séjours à Romorantin, aurait jugé la qualité du vin local trop moyenne. En 1517, il prit la décision d'améliorer cette situation en faisant venir des plants de vigne de Bourgogne. Cet événement est attesté par une facture datée du 22 mars, classée dans les archives nationales et retranscrite dans l'ouvrage de Marc Dupuis. Ce document détaille un « Mandement à J. Sapin, receveur général de Languedoïl et Guyenne, de payer à P. Laparque la somme de 162 livres 10 sous tournois pour avoir acheté 80.000 pieds de vigne de Beaune et les avoir fait transporter au port de Digoin, de là à Tours et enfin à Romorantin où le roi les a fait planter ». Cet épisode souligne l'importance accordée à la viticulture par le pouvoir royal et l'introduction de cépages bourguignons dans la région.

Plus tard, en 1673, un plan d'arpentage mentionne à cet endroit le « clos des Beaunes ». Appartenant alors à Monsieur de Champleroy, cet espace était compris « dans une enceinte murée » et « occupé en partie par des vignes », comme le recense Marc Dupuis dans ses travaux. Cette trace historique corrobore la présence durable de vignes entre Pruniers et Romorantin, issues directement de Bourgogne.

Toponymie et Production Viticole à Romorantin

Au-delà des preuves directes, la toponymie de Romorantin-Lanthenay offre des indices supplémentaires de l'activité viticole passée. Plusieurs noms de rue reprennent des termes propres à la production du vin. La rue de la Bernacherie en est un exemple. La bernache est le nom donné au vin nouveau, tout juste pressé et qui commence à fermenter. Il y a aussi la rue des Javelles. Il ne s'agit pas du produit nettoyant ; comme l'explique Marc Dupuis, « le mot s'applique tout d'abord aux céréales qu'on liera pour mettre en gerbe, puis par extension, au fagot de sarments de vigne issus de la taille d'hiver ». Un dernier exemple est la rue du Pressoir, située dans le quartier du Bourgeau. Ce lieu devait abriter le pressoir banal, où les vignerons locaux, « dans le système féodal, étaient tenus de porter leur vendange à presser en payant les droits », rappelle l'auteur romorantinais. Ces noms de lieux sont des marqueurs culturels et historiques qui témoignent de l'importance de la viticulture dans le quotidien des habitants de la région.

L'IGP Val de Loire : Un Label Viticole Régional

Bien que Pruniers-en-Sologne n'ait plus de production viticole directe significative, la région du Loir-et-Cher est intégrée dans un cadre viticole plus large, notamment par l'Indication Géographique Protégée (IGP) Val de Loire. Il est important de noter que le label IGP a remplacé le label VDP (Vin De Pays) depuis 2009. Le Val de Loire possède également la mention "régional", ce qui signifie que cette IGP possède l'aire légale de production du vin la plus vaste possible. Cette mention souligne la diversité et l'étendue des terroirs couverts par cette appellation européenne.

Val de Loire Blanc : Caractéristiques et Conseils

Le Val de Loire blanc est un vin blanc tranquille. Pour ce type de vin, aucun millésime d'exception n'a été recensé.

#6 DÉGUSTATION VINS BLANCS DU CENTRE-LOIRE (1) | English subtitles

La température idéale de service pour le Val de Loire blanc est de 10°C. Il est recommandé d'utiliser un verre à vin blanc de type "bordeaux" et de le remplir à hauteur de 10 cl. Il est également possible de carafer ce vin pour l'aérer, une décision à prendre en fonction de l'opulence et/ou de la vivacité du vin. Si le vin est jugé trop nerveux, l'aération peut l'adoucir.

Pour une conservation optimale, l'armoire à vin de vieillissement doit afficher une température comprise entre 12° et 14°C. Si l'on dispose d'une cave à vin, l'humidité doit être comprise entre 70% et 75% et la température entre 10°C et 13°C.

Val de Loire Rosé : Caractéristiques et Conseils

Le Val de Loire rosé est un vin rosé tranquille. Similaire au blanc, aucun millésime d'exception n'a été recensé pour le Val de Loire rosé.

Verres de dégustation de vin rosé
La température de service requise pour le Val de Loire rosé est comprise entre 8°C et 11°C. Il est suggéré de servir une quantité de 10 cl dans un verre à vin blanc ou rouge de type "bordeaux" ou "bourgogne". En fonction du type de rosé, notamment s'il est plus concentré, la température peut être plus élevée, entre 10°C et 13°C.

Pour une bonne conservation, l'armoire à vin de vieillissement doit être réglée à une température comprise entre 14° et 16°C. Une bonne cave à vin, pour sa part, doit avoir une température stable comprise entre 12° et 14°C et un taux d'humidité se situant entre 70% et 75%.

Val de Loire Rouge : Caractéristiques et Conseils

Le Val de Loire rouge est un vin rouge tranquille. Là encore, aucun millésime d'exception n'a été recensé pour le Val de Loire rouge.

Verres de dégustation de vin rouge
Le Val de Loire rouge peut être servi à une température comprise entre 14°C et 16°C. On utilise un verre à vin rouge de type "bordeaux" ou de type "bourgogne", et la quantité servie doit être de 15 cl. Certains vins rouges sont également excellents à déguster un peu plus frais, entre 13° et 14°C, mais il convient de faire attention à ne pas les servir trop froids.

Pour une bonne conservation en armoire à vin de vieillissement, cette dernière doit être réglée entre 11°C et 13°C. La cave à vin doit avoir une température stable comprise entre 12° et 14°C, et un taux d'humidité compris entre 70% et 75%.

L'Appellation Cour-Cheverny : Le Cépage Romorantin et Son Histoire

Aujourd'hui, si la viticulture directe n'est plus prédominante à Pruniers-en-Sologne, la région de Romorantin conserve un lien fort avec le vin grâce au vin blanc de Cour-Cheverny, qui se distingue par son cépage unique, le Romorantin. Cette appellation est située sur 11 communes du Loir et Cher, à proximité de Blois et de Chambord, sur la rive gauche de la Loire. Le vignoble est constitué de différents îlots en bord de Loire ou au sein de clairières de zones forestières disposés sur un plateau au sol généralement d’argile et de sable avec parfois quelques lieux argilo-calcaire. Le climat y est de type océanique. L’appellation Cour-Cheverny se situe à l’intérieur de l’appellation Cheverny.

Une Histoire Liée à François Ier

L'histoire de ce vignoble est également intrinsèquement liée à François Ier. Il fut créé vers 1519 à l'initiative du roi (1494-1547) qui fit planter 60 000 pieds de vigne en provenance de Bourgogne (de Beaune ?) au clos des Beaunes à Pruniers-en-Sologne, bien que ce site soit aujourd'hui hors de l’appellation actuelle. Cela démontre une continuité historique et une volonté royale de développer la viticulture dans la région.

En 1577, une décision du Parlement de Paris interdisit aux marchands de vins parisiens d’acheter des vins à moins de 20 lieues (80 km) de Paris afin de freiner la plantation de vigne autour de la capitale. Cette mesure eut pour conséquence indirecte le développement des vignobles au-delà de cette limite, favorisant ainsi la région. Cet édit fut finalement supprimé en 1776.

Plus tard, l’ouverture du canal de Briare en 1642, suivie en 1692 par celle du canal d'Orléans, permit aux vignobles de la Sologne de ravitailler Paris en vin, renforçant ainsi leur importance économique.

Évolutions des Appellations

Les appellations viticoles ont connu des évolutions au fil du temps dans cette région. En 1931, la cave coopérative du Mont-près-Chambord fut fondée. En mai 1949, l'appellation Mont-près-Chambord-Cour-Cheverny fut créée dans la catégorie Vin délimité de qualité supérieure (VDQS) pour 4 villages (Cheverny, Cour-Cheverny, Huisseau sur Cosson, Mont Près Chambord), avec pour cépage unique le Romorantin.

Le 17 juillet 1973, l'appellation Mont-près-Chambord-Cour-Cheverny devint Cheverny, et l'encépagement fut modifié. Finalement, le 24 mars 1993, l'AOVDQS Cheverny fut abrogée et furent créées à la place les appellations Cheverny et Cour-Cheverny. L'appellation Cour-Cheverny fut consacrée uniquement au cépage Romorantin, soulignant son caractère unique.

En 2008, la superficie de l’appellation en production était d’environ 60 hectares pour une production de 1500 hectolitres. En 2015, la superficie en production de l’appellation était de 52 hectares pour une production de 1790 hectolitres, avec un rendement moyen de 35 hL/ha.

Le Cépage Romorantin et les Vins de Cour-Cheverny

Le cépage Romorantin est d'origine bourguignonne. Il est issu de Pinot noir * Gouais blanc et n'est autorisé que dans cette appellation d’origine protégée. Depuis le millésime 2019, les mentions moelleux et liquoreux sont autorisées pour les vins de Cour-Cheverny.

Cour-Cheverny Sec

Le Cour-Cheverny sec est un vin à la robe pâle et aux reflets verdâtres, sec et vif. Jeune, il présente un caractère herbacé avec des arômes d'agrumes (citron), de fleurs blanches (acacia, tilleul) et une note minérale. En vieillissant, il évolue vers des notes d’acacia, de fruits secs, de miel, de cire et de pain d’épices.

  • Température de service : 08-10 °C (46-50 °F).
  • Garde potentielle : 4 à 8 ans.

Cour-Cheverny Moelleux

Le Cour-Cheverny moelleux présente une robe dorée et une acidité marquée. Il offre des notes d’agrumes (citron, mandarine), de miel d’acacia et de tilleul. Avec le temps, il évolue sur une note empyreumatique de pain d’épices, de réglisse et de vanille.

  • Température de service : 08-10 °C (46-50 °F).
  • Garde potentielle : 10 à 20 ans.

Cour-Cheverny Doux

Le Cour-Cheverny doux se caractérise par une robe or avec des notes de fruits confits (coing, orange) et de miel. Il évolue sur une note amère et empyreumatique de pain d’épices, de réglisse et de vanille.

  • Température de service : 08-10 °C (46-50 °F).
  • Garde potentielle : 15 à 30 ans et plus.

Conditions de Production du Décret d'Appellation Cour-Cheverny

Le décret d'appellation fixe des conditions de production strictes pour garantir la qualité et l'authenticité des vins de Cour-Cheverny.

  • Densité minimale de plantation : 4500 pieds à l’hectare.
  • Irrigation : Aucune disposition spécifique, généralement interdite ou strictement réglementée dans les appellations françaises.
  • Encépagement : Romorantin exclusivement.

Cour-Cheverny Sec : Spécificités

  • Rendement visé : 60 hL/ha.
  • Rendement butoir : 72 hL/ha.
  • Richesse minimale des moûts : 162 g/L.
  • Titre alcoométrique volumique naturel minimum : 10,5 %.
  • Enrichissement : Autorisé.
  • Titre alcoométrique volumique total après enrichissement : 12,5 %.
  • Utilisation de morceaux de bois : Interdite.
  • Teneur maximale autorisée en sucres résiduels : 4 g/L maximum si le titre alcoométrique volumique naturel est inférieur à 13,5 %, 6 g/L au-delà.
  • Élevage : Minimum jusqu'au 15 mai de l’année suivant celle de la récolte.
  • Commercialisation possible : À partir du 1er juin de l’année suivant la récolte.

Cour-Cheverny Moelleux : Spécificités

  • Rendement visé : 50 hL/ha.
  • Rendement butoir : 60 hL/ha.
  • Richesse minimale des moûts : 221 g/L.
  • Titre alcoométrique volumique naturel minimum : 13,5 %.
  • Enrichissement : Interdit.
  • Utilisation de morceaux de bois : Interdite.
  • Teneur maximale autorisée en sucres résiduels : 20 à 45 g/L.
  • **Élev

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