
Nos ressources s’épuisent, un constat alarmant qui traverse tous les secteurs de notre société. Là où la permaculture propose de prendre soin de la terre, prendre soin de l’humain et partager équitablement, n’y aurait-il pas une source d’inspiration pour les milieux des arts et de la culture ? Cette question fondamentale ouvre la voie à une réflexion profonde sur la durabilité et la résilience au sein de l'écosystème artistique.
Trois fondements éthiques forment le socle de la conception permaculturelle : prendre soin de la terre, prendre soin de l’humain et partager équitablement. Selon la définition générale et qui change légèrement selon les approches, « la permaculture forme des individus à une éthique ainsi qu’à un ensemble de principes. L’objectif étant de permettre à ces individus de concevoir leur propre environnement, et ainsi de créer des habitats humains plus autonomes, durables et résilients, en s’inspirant des fonctionnements naturels dans le milieu où le « design » se construit. » Cette approche, originellement conçue pour l'agriculture, trouve aujourd'hui des échos inattendus dans le domaine des arts, suggérant un renouvellement des pratiques et des modes de pensée.
Les Parallèles entre Permaculture et Monde Artistique
Cela fait un certain temps que les potentiels parallèles entre le milieu artistique et les principes, les outils et les techniques proposées par la permaculture sont explorés. Commençons par la base de toutes choses : les ressources en énergie. Quelles sont-elles ? On pourrait s’entendre que notre pratique repose sur nos ressources en temps, énergie et argent. Ces trois éléments constituent le capital essentiel de tout projet artistique.
Nous pourrions aussi envisager que les structures institutionnelles sont l’équivalent de la terre dans laquelle tout pousse, que les organismes et artistes sont les organismes vivants, que les projets sont les récoltes et que les impacts post-présentation, accomplissements et retombées sont l’équivalent des résidus. Cette métaphore agricole met en lumière la dynamique complexe du cycle de création, de production et de diffusion. Il nous faudrait réfléchir ensuite à notre manière de comprendre quels sont les « résidus », avant de trouver une manière de les gérer (sous forme de quelconque recyclage, compost, etc.).
Le Cycle de Vie d'un Projet Artistique : Une Perspective Permaculturelle
Prenons l'exemple de trois artistes (organisme) en danse qui investissent du temps, de l’énergie et de l’argent (eau, soleil, vent) pour développer une idée de projet. Le temps et l’énergie fluctueront tout au long de la durée du projet, selon les horaires et l’énergie des artistes. L’argent, lui, dépendra du soutien des structures existantes (subventionneurs, diffuseurs, etc.). Il se peut qu’il n’y ait aucun soutien. Si aucun fonds n’est trouvé, il faudra compenser avec plus de temps et d’énergie (débrouillardise) pour que le projet se réalise.
Il leur faudra ensuite trouver le bon lieu, une institution qui les soutiendra idéalement monétairement et en espace (un espace cultivable/la terre). Ainsi, l’organisme pourra, après un parcours plus ou moins chaotique et éprouvant, réaliser son projet (récolte). Maintenant que le projet (récolte) est réalisé, que se passe-t-il ? Quel serait l’élément qui permettrait de compléter le cycle et de recommencer sans avoir à investir de nouveau, en partant de zéro, une grande quantité d’énergie, de temps et d’argent ?
Malgré les ressemblances frappantes entre la permaculture et les arts vivants, il est constaté qu’il n’est pas possible de tout réinvestir dans notre terre/nos structures sans éviter un épuisement rapide des ressources. À la fin du cycle de création-production-diffusion, il semble y avoir une zone grise - voire un trou noir, pour les pigistes qui ne bénéficient pas de filet social en période d’arrêt - entre l’aboutissement d’un projet et le début d’un autre, que ce soit chez les artistes (qui peut parfois faire office de période saine de jachère), chez les diffuseurs (la période estivale où tout le monde est en congé) ou encore avec les Conseils des arts (les nouvelles périodes de subventions, le renouvellement des politiques culturelles).
Dans quelle proportion ces résidus/retombées peuvent-elles être réinvestis ? Certes, nous pouvons décider de réduire nos résidus organiques (moins de programmes papier, plus d’objets recyclés dans nos œuvres, compositions parfois plus sobres, etc.). De la même manière que les fruits et légumes nourrissent les êtres humains, l’impact socioaffectif des arts vivants enrichit l’esprit et renforce le tissu social.
Comprendre la permaculture : créer un potager naturel et durable 🌱
La Durabilité en Question : Monoculture contre Permaculture dans les Arts
Les recettes en argent, elles, sont insuffisantes pour soutenir une pratique entière à elles seules. En général, les recettes de billetterie ne dépassent que rarement les 20% du budget total d’un diffuseur. Pour être autosuffisant, il faudrait que chaque spectacle reçoive des milliers de spectateurs à un prix bien plus élevé qu’actuellement.
Dans le secteur artistique, la quantité et la fréquence des spectacles programmés prend le dessus sur la qualité de ceux-ci en faisant fi des impacts négatifs que cette logique extractiviste a sur les artistes (et d’où surgit cet état d’épuisement, comme avec les monocultures). C’est exactement le résultat auquel nous faisons face avec les ressources de notre planète. Elles s’épuisent parce que nos politiques ne priorisent pas une gestion durable de nos ressources au profit de l’économie de marché et des monocultures.
Le résultat est le même dans notre milieu souffrant du statu quo, des cases toujours plus étroites répondant à des besoins économiques décidés par des politiques qui ne connaissent que très peu le fonctionnement complexe de l’art, l’enlisement dans des démarches administratives et la mauvaise gestion de nos ressources humaines, matérielles et monétaires.
Les artistes sont l’organe central du milieu. Sans artistes, pas d’œuvres, pas d’art ni de représentations, pas de public et pas d’argent. Pourtant, c’est ce même organe essentiel que l’on retrouve en bas de l’échelle de pouvoir et de prises de décision. Il ne s'agit pas de retracer les origines de cette aberration organisationnelle, mais plutôt de réfléchir à d’autres modèles que celui qui est actuellement dominant.
Repenser la Distribution des Ressources
Quelles sont nos pistes de solutions ? De quelle pratique notre milieu se rapprocherait le plus : la monoculture ou la permaculture ? Comment sont réellement distribuées les ressources ? Là où l’eau, le soleil et le vent appartiennent à tout le monde (l’énergie et le temps), il n’en est pas de même pour l’argent. Contrairement au soleil ou à la pluie, l’argent n’est pas distribué de manière égale. Certain·e·s reçoivent parfois dix fois plus de subventions parce que leur structure surdéveloppée est énergivore et gourmande en ressources (ou parce qu’elle est plus ancienne).
Dans l’aménagement de l’espace en permaculture, on ne plantera pas un saule pleureur en plein milieu d’un champ, car ce sont des arbres qui vident les nappes phréatiques. C’est pourquoi on les retrouve souvent en bord de rivière. En permaculture, les principes de base veulent que l’on crée des écosystèmes durables et autonomes. En art, malgré notre bonne volonté, notre milieu n’est ni durable ni autonome. Plus on se rapproche du bas de la chaîne (les artistes), plus nous sommes dépendant·e·s des décisions venant du haut, ce qui nous rend plus vulnérables et précaires. Nous avons également moins accès aux ressources (argent), car les fonds ne sont pas partagés équitablement.
Un des problèmes serait-il la saturation de notre espace en fonction de nos ressources monétaires ? Serait-ce parce que nous avons laissé trop de saules pleureurs grandir au milieu de nos champs désorganisés qu’il est beaucoup plus difficile aujourd’hui d’évoluer dans un écosystème artistique diversifié, durable et équitable ? Certes, les saules sont majestueux et abritent une grande variété d’oiseaux et d’insectes (de la même manière que certaines grandes institutions soutiennent quelques artistes). Mais vers quelles solutions possibles la permaculture pourrait-elle nous mener ? Faudrait-il couper les saules pour laisser de l’eau aux récoltes, même si les saules sont plus anciens ?

Les amoureux de la nature répondront que c’est un sacrilège de couper un arbre. Mais les permaculteurs objecteront que si cette réorganisation de l’espace et des ressources est faite de manière réfléchie, et véritablement équitable, peut-être que nous n’aurons pas à les couper. Peut-être que nous pourrons les garder, ou mieux, les déplacer en bord de rivière. Ainsi, il sera plus facile de redistribuer de l’eau et laisser le soleil nourrir les plants de légumes qui tentent tant bien que mal de pousser. Mais pour que tout cela ait lieu, il faut que, sur papier d’abord, soit créé un vrai plan de réorganisation des ressources. Ce n’est pas en protégeant aveuglément tous les saules que nous arriverons à obtenir une vraie biodiversité, celle qui manque grandement à notre écosystème et dont nous profiterions tous.
Au contraire, de cette gestion des ressources d’une autre époque résulte une homogénéité appauvrissante qui empêche les plus jeunes pousses de grandir et s’épanouir. Et la situation empire d’une année à l’autre, il semblerait. De nombreux professionnels constatent avoir eu bien plus d’opportunités il y a quelques années que ceux et celles qui entrent aujourd’hui dans le métier. Il nous faut accepter, tôt ou tard, que c’est parce que nous avons des structures très coûteuses à entretenir que nous ne sommes pas incités à prendre le risque de faire pousser de nouvelles espèces (parce que les fonds sont insuffisants et mal gérés), sinon au détriment de ceux qui cultivent la terre : c’est-à-dire les artistes qui doivent répondre à des logiques extractivistes et monoculturelles pour espérer survivre.
C’est pourquoi l'invitation est lancée à imaginer des plans qui permettraient à plus de variétés de structures d’exister, et se rappeler que la réorganisation des ressources n’a rien de scandaleux - c’est d’ailleurs même notre seul espoir de survie. C’est ce que tous les permaculteurs souhaitent pour notre société : un environnement durable, diversifié et équitable dans tous les domaines. Pourquoi ne pas le faire pour notre milieu ? Soyons audacieux. Nous sommes en retard sur notre temps. Peut-être devrions-nous réfléchir à la possibilité de déclencher de nouveaux États généraux des arts vivants pour réfléchir collectivement à tous ces enjeux. Nous sommes des dizaines de milliers à vivre dans cet écosystème et la majorité d’entre nous arrive tout juste à survivre.
La Permaculture comme Philosophie et Outil de Transformation
La permaculture, communément admise comme technique agricole alternative, est aussi une philosophie. Contraction de « culture » et de « permanence », elle est inventée dans les années 1970 par les scientifiques David Holmgren et Bill Mollison, au moment de l’industrialisation intensive des terres. Aujourd’hui, le terme dépasse son acception originelle et se propose comme une solution plus globale : travailler avec, plutôt que contre, les écosystèmes dont l'humain fait partie et dont il dépend.
La permaculture suggère de penser à long terme, en mettant au premier plan l'observation prolongée et réfléchie plutôt que le travail extractif et irréfléchi, en regardant et en apprenant du vivant. L'éthique centrée sur le care a été définie dès l’origine par David Holmgren comme le soin du vivant et du milieu de vie, le soin à l’humain (soi-même, les proches et les générations futures) et le partage équitable.
Considérée comme une boîte à outils conceptuelle et éthique au service du vivant, la permaculture devient un levier de dépassement du capitalisme et de ses préceptes. Au-delà du champ agricole, on observe sa mise en pratique dans les milieux culturels, accompagnant les acteurs et opérateurs vers une transition profonde.

Des Institutions Culturelles Inspirées par la Permaculture
Du Palais de Tokyo, à Paris, à Least, à Genève, des structures culturelles en Europe s'inspirent de la permaculture - modèle agricole qui travaille avec et non contre les écosystèmes - pour se renouveler. La crise écologique - et avec elle les crises sociale et économique - pousse les institutions culturelles, elles aussi, à réfléchir à leur durabilité. Le secteur vit sa désillusion : manque de solidarité, conditions de travail abusives, financements à court terme, compréhension superficielle de la diversité et des préoccupations intersectionnelles, structures hiérarchiques rigides. Un fonctionnement qui reflète tristement l'économie néolibérale, où d'autres alternatives semblent difficiles à faire émerger et surtout à accompagner.
Revoir les orientations des institutions culturelles afin de présenter une vision durable suppose de remettre en question les pratiques existantes, freiner la surproduction et repenser les modalités pour faire relation. Béatrice Josse fut parmi les premières curatrices, en France, à inscrire son geste dans le mouvement de l'écologie curatoriale. Après avoir fait grandir le Frac Lorraine, elle qualifia son projet à la direction du Magasin de Grenoble de « permaculturel » et d'écoféministe : « Nous voulions réinventer l’institution, témoigne-t-elle. Faire de cet endroit un lieu de compostage fertile. »
Exemples Concrets d'Initiatives Permaculturelles Artistiques
La Quinta das Relvas est une ferme écologique située entre Lisbonne et Porto, au Portugal, qui dédie aujourd’hui son activité et ses 20 hectares à la jonction entre l’art et le développement durable. Résidences d’artistes, cours de permaculture ou encore d’éco-construction, tout est mis en œuvre pour sensibiliser un public varié (locaux, jeunes, adultes, internationaux) à l’art et aux pratiques de constructions écologiques. Le thème de la résidence était le Land Art, un mouvement de l’art contemporain qui depuis les années 1960, utilise des matériaux naturels dans leur environnement, sortant ainsi des galeries d’art et des musées et offrant une nouvelle perspective des éléments. Cela crée le plus souvent des œuvres éphémères en extérieur qu’il convient de photographier pour les immortaliser car, soumises aux lois de la nature comme le vent, le soleil, la pluie, certaines ne durent pas dans le temps.
Des élèves ont eu carte blanche pendant 10 jours pour entrer en connexion avec la Quinta das Relvas, s’en inspirer et produire une œuvre à leur manière avant l’exposition ouverte au public le dernier jour. Pour la plupart des élèves, vivant en ville à Lisbonne, ce type de résidence est une première. Une première immersion dans un cadre au cœur de la nature, loin des villes. C’était un moment privilégié et de rencontres. Le projet artistique visait à être en harmonie avec l’environnement où il s’est fait. Cela a aussi été l’occasion d’apprendre de nouvelles choses (par exemple découvrir de nouvelles techniques, essayer des outils jamais utilisés, etc.). Et puis c’est surtout découvrir un lieu et de belles personnes ! Beatriz et Antonio, les deux co-fondateurs de l’association Quinta das Relvas, ont démarré ce projet il y a seulement un an. Pour être heureux dans la vie, il faut être créatif. L’art, tout comme le jardinage, développent notre créativité.
Comprendre la permaculture : créer un potager naturel et durable 🌱
Les Artistes : Jardiniers des Écosystèmes Culturels
Les artistes contemporains s’investissent dans le temps long, au rythme du cycle de croissance du vivant. Ils créent et animent des lieux où germent des principes d’attention collective aux sols et à la flore, à la préservation de l’environnement. Ces démarches agricoles locales, de plus en plus nombreuses, tissent des liens entre éthique, esthétique, écologie et soin.
Au moment où la lanceuse d’alerte Rachel Carson sonne l’alarme aux États-Unis dans les années 60, avec son livre “Printemps Silencieux”, les artistes sont déjà à l’œuvre. Ils reboisent, dépolluent les sols et l’eau pour raviver les écosystèmes et amorcent ainsi un mouvement qui sera ensuite nommé “art écologique”. À New York, les artistes contemporains maintiennent haut la main cette tradition. Michael Wang cultive dans le cadre de son projet au long terme Extinct in the wild, un jardin expérimental à 100 kilomètres de la ville de New York, avec une sélection de plantes, algues et lichens qui ont disparu de la ville de New York (ayant le statut d’“éteint à l’état sauvage” selon l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) pour ensuite les réintroduire dans les parcs de la ville. Le Swiss Institute accueille une partie des plantes « retrouvées ».
Depuis les années 2010 en Europe, en Afrique et dans les Caraïbes, des artistes créent des lieux reliant art, plantation et préservation de la biodiversité. La collaboration entre disciplines est fertile et procède de nouvelles manières de faire œuvre, de s’investir dans le soin et la culture du vivant. Pionnier, l’artiste espagnol Fernando Garcia Dory développe depuis 2009 la structure Inland, en Espagne, dédiée à la production agricole, sociale et culturelle, avec pour manifeste “Art - agriculture - territoire”. En Afrique, Barthélemy Toguo compte également parmi les pionniers, avec Badjoun Station, créé au Cameroun en 2005, un projet artistique, agricole et politique de longue haleine, qui s’oppose à l’agro-business et défend l’accès aux ressources locales comme le café ou le cacao dont le prix est inaccessible pour la population locale.
Dans sa lignée, au Nigeria, à Ijebu, Yinka Shonibare a créé en 2022 le Guest Artists Space (G.A.S.). Récemment et toujours sur le continent africain, Yto Barrada (qui représentera la France à la prochaine Biennale de Venise) a ouvert à Tanger The Mothership, un jardin de plantes tinctoriales assorti d’un programme d’éducation et de recherches. Au Brésil, Sebastiao Salgado et son épouse Lélia Deluiz Wanick ont créé l’Instituto Terra, une organisation dont le but est de redonner vie à la forêt atlantique brésilienne. En France, l’artiste Fabrice Hyber, engagé depuis novembre 2021 comme premier ambassadeur du fonds ONF-Agir pour la forêt, a semé il y a trente ans une forêt en Vendée, sa région natale.
Par ailleurs, nombre d’artistes contribuent à des projets de conservation ou de reforestation. Par exemple, Haley Mellin a fondé Art into Acres, qui vise à préserver les forêts primaires tout en soutenant les communautés locales. Les artistes ne se contentent pas de sauvegarder la “wilderness” ou de mettre en œuvre des pratiques agricoles dans les territoires comme alternatives à un système économique inégalitaire et écocide, ils nous engagent à renouer des relations profondes avec les végétaux, notamment dans les contextes urbains.

Au printemps dernier, l’artiste chinois et éco-queer Zheng Bo a présenté à la Somerset House de Londres BAMBOO AS METHOD 格竹, une installation in situ et participative sous la forme d’un jardin de dix espèces différentes de bambous. Le duo italien Caretto & Spagna mène un projet au long cours, Soil Practice, qui intervient comme un système évolutif permettant de faire germer des carrés de végétaux à la place de dalles ou du béton, au cœur des centres urbains. Ils comptent parmi les artistes rassemblés jusqu’au 23 mars dans l’exposition Mutual Aid, Art in collaboration with nature au Musée d’art contemporain Castello di Rivoli à Turin.
L’artiste palestinienne Jumana Manna dénonce dans son docu-fiction Foragers (titre original : Al-Yad Al-Khadra) de 2022 l’interdiction pour les Palestiniens, sous peine de prison selon la justice israélienne, de ramasser l’akkoub, cousin de l’artichaut ou du za’atar, espèce de thym. De son côté, Mehdi-Georges Lahlou retrace l’histoire du palmier, première plante à huile exploitée en monoculture, au travers une lecture à la fois historique et sociale. L’artiste Annalee Davis a installé son studio dans une ancienne ferme laitière sur l’île de la Barbade (Caraïbes), exploitée historiquement comme une plantation de canne à sucre du XVIIe siècle. Ses dernières créations, inspirées du livre de Karen Armstrong Sacred Nature: Restoring Our Ancient Bond with the Natural World sont en textile, un médium qui permet aujourd’hui de faire dialoguer grâce à la teinture végétale, l’agriculture locale, l’histoire, les savoir-faire traditionnels et la création contemporaine. L’art textile, medium aujourd’hui plébiscité dans le champ de l’art et porté par de nombreuses femmes artistes, révèle ce qui se passe dans les sols, les plantes et dans les communautés.

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