William Prunier, dont la date de naissance est le 14 août 1967 à Montreuil (Seine-Saint-Denis), est une figure emblématique du football français, d’abord en tant que défenseur réputé pour sa ténacité, puis en tant qu'entraîneur bâtissant patiemment sa carrière. Connu pour son franc-parler et sa personnalité sans filtre, il a traversé les échelons du football, marquant son époque sur les terrains avant de transmettre son expérience aux nouvelles générations. Avec un pied préféré droit et une taille de 184 cm, Prunier a forgé une réputation de guerrier, dont l'impact sur le jeu ne laissait personne indifférent.
L'Éclosion et l'Âge d'Or à l'AJ Auxerre
La trajectoire de William Prunier débute dans les quartiers populaires de la Seine-Saint-Denis, une enfance qu'il décrit avec de "bons souvenirs", même si elle n'a pas toujours été simple, notamment avec "quelques embrouilles sur les terrains de foot". Ses parents étaient poissonniers sur les marchés, et il lui arrivait de partir avec son père à Rungis dès 3h du matin avant d'aller à l'école. Cette enfance l'a endurci, lui qui était "écorché vif et un peu bagarreur", construisant ainsi son "armure de combattant sur le bitume".

À l'âge de 15 ans, alors qu'il évoluait au Red Star, William Prunier est repéré par l'AJ Auxerre, marquant un "grand saut qui changera le cours de son existence". Il intègre le centre de formation pendant quatre années, avant d'évoluer pendant onze ans en professionnel au sein de ce club, faisant que "Prunier et l’AJA finissent par ne faire plus qu’un". Cette période fut synonyme de "meilleurs moments de sa vie", des souvenirs qu'il partage encore souvent "avec les copains de l’époque".
Son palmarès dès les catégories jeunes à Auxerre est éloquent. Il remporte le Tournoi de Montaigu U16 en 1983, une compétition formatrice. La même année, il s'impose au Championnat national des Cadets et soulève la Coupe nationale des Cadets avec la Ligue de Bourgogne, prouvant son leadership précoce. Les succès se poursuivent avec la Coupe Gambardella en 1985 et 1986, le Championnat de France de Division 3 en 1985, et la Coupe des Alpes en 1987. Ces titres témoignent de la qualité de la formation auxerroise et de la promesse que représentait déjà William Prunier.
L'AJ Auxerre de cette époque était réputée pour sa "génération 1966/1967 pour le moins talentueuse", comptant des noms comme Eric Cantona, Basile Boli, Pascal Vahirua, Christophe Cocard, Lionel Charbonnier, et bien sûr, William Prunier. Sous la houlette de Guy Roux, cette équipe a connu des "années de gloire à la fin des années 80 début des années 90", régalant le Championnat de France avec son "fameux 4-3-3, leurs ailiers, leurs contres assassins et le charisme unique de leur entraîneur".
William Prunier incarne parfaitement la philosophie de Guy Roux. En tant que stoppeur, il était un "grand costaud, dur sur l'homme qui ne faisait pas dans la finesse". Son style de jeu, qu'il a lui-même qualifié d'"agressif, dur sur l'homme, dans l'intimidation", était le fruit de l'"école du marquage individuel" de Guy Roux. L'entraîneur légendaire enseignait à ses joueurs que "si l’attaquant va pisser, tu vas pisser avec lui !", une instruction que Prunier a appliquée à la lettre. Il effectuait le "parcours classique : champion de France junior, première titularisation à 18 ans, pilier de la défense Auxerroise."
La relation avec Guy Roux était profonde : "Je lui dois énormément", déclare Prunier. Il souligne que "c’est lui qui nous a poussés à faire des placements immobiliers dès le début de nos carrières". Guy Roux, avec son caractère bien connu, était aussi rigoureux sur les équipements : "le paquetage, c’était au compte-goutte. Il ne nous filait qu’une paire de chaussures et il fallait le supplier pour en avoir une autre. ‘’Mets du papier journal dedans, ça va aller !’’". Ces anecdotes illustrent l'environnement formateur d'Auxerre.
Les "Bourguignons" de Guy Roux ont également "offert quelques folles soirées de Coupe d'Europe, s'offrant le scalp du Sporting du Portugal, du Milan AC ou de Liverpool sur leur pelouse de l'Abbé Deschamps". Cependant, "la qualification leur échappait souvent, faute de vice et d'expérience". William Prunier, qui fut promu capitaine de cette "joyeuse bande", a vécu l'un des plus grands moments de sa carrière lorsque l'AJ Auxerre, en Coupe UEFA, a affronté l'Ajax d'Amsterdam en quart de finale. Sur la couverture d'un France Football du printemps 1993, on le voit "en sueur, le reste de cheveux blonds en bataille. Un peu de sang ruisselle sur son front cabossé. Il est en larmes et enlace un de ses coéquipiers." Ce moment, où "le guerrier sensible venait […] de se qualifier pour les demi-finales", symbolise sa résilience et son attachement au club.
L'Unique Sélection en Bleu et la "Maudit Étiquette"
Le parcours de William Prunier bascule véritablement lors de la saison 1992/1993, une période où il connaît un destin à la fois glorieux et tourmenté. En août 1992, alors qu'il est âgé de 25 ans et qu'il est depuis "de longues saisons un taulier de l’AJA", William Prunier reçoit un appel de Gérard Houllier, le nouveau sélectionneur des Bleus. Après une élimination "piteuse" au premier tour de l'Euro et le départ de Michel Platini, "l'heure est à la reconstruction" pour l'Équipe de France. Houllier, qui avait été l'adjoint de Platini et l'avait déjà "appelé lors de plusieurs rassemblements", avec même un "match non-officiel contre Arsenal", choisit de le titulariser.
L'interview de William Prunier, nouvel entraineur de l'équipe N3
C'est ainsi que William Prunier honore sa première et unique sélection en Équipe de France le 26 août 1992, lors d'un match amical contre le Brésil, disputé à Paris, au Parc des Princes. Il joue la totalité de la rencontre, 90 minutes, en tant que titulaire dans une défense à trois, "aux côtés de ses anciens frères de charnière auxerroise Basile Boli et Alain Roche". Ce moment est un "moment exceptionnel" pour lui, malgré la défaite 0-2 des Bleus, qui venaient d'enchaîner "huit défaites consécutives" et se firent "balader" par l'équipe brésilienne de Raí et Romário. Il se souvient encore des "frissons" lors de la Marseillaise et des "attaques à 2000 à l’heure de Romario et Bebeto".
Cependant, cette sélection est précédée et suivie par un épisode qui va marquer durablement l'image de William Prunier. Dix jours avant ce match international, lors de la deuxième journée de Division 1, Auxerre reçoit Monaco, qui vient de recruter Jürgen Klinsmann, "la nouvelle star du Championnat, champion du monde 90". William Prunier est chargé du marquage de l'attaquant allemand. Auxerre remporte largement le match 4-1, mais l'émission Téléfoot diffuse un reportage sur "le traitement rugueux infligé par Prunier à l'Allemand". Le reportage montre Prunier "lui toucher le pied, la tête, le coude", et l'accuse de "ne mettre que des coups". William Prunier se défend en affirmant avoir fait "ce pour quoi son employeur le payait : remporter des duels".
Ce reportage "se retourne contre moi", confie-t-il. "À l’époque, tout le monde regardait Téléfoot et après ce reportage, je me retrouve à me faire huer et insulter dans tous les stades, partout, pendant des mois." La situation est "très mal vécue" par le joueur, d'autant plus que les "sarcasmes niais de Pascal Praud gloussent" après sa performance mitigée face au Brésil. Il "passe complètement au travers" de son unique sélection.
Cet acharnement médiatique culmine en janvier 1993, lorsque Monaco reçoit Auxerre pour la revanche. Alors que Prunier est au marquage de son "ami Klinsmann", ce dernier "claque ce soir-là un quadruplé". William Prunier "quitte le terrain en larmes et annonce au micro de Pascal Praud qu'il prend sa retraite suite à cette humiliation". "J’étais jeune, à bout, déboussolé par les mois que je venais de vivre." Heureusement, Guy Roux intervient, lui proposant "d’aller boire une bière avec lui" et le "raisonne". Il partira finalement pour un match avec l'équipe de France A' au Sénégal, où il sera "capitaine et buteur", permettant à "la tempête" de passer.
Malgré cela, l'Équipe de France A "ne reviendra jamais" pour William Prunier. Il n'est "plus appelé en Bleu". Il est convaincu que "toutes ces histoires ont joué et que cette fameuse étiquette ne m’a plus lâché". Bien qu'il réalise une "belle saison" à Marseille l'année suivante, il n'est "pas rappelé". Il suppose qu'il n'était "sans doute pas la tasse de thé d’Aimé Jacquet qui voulait de la sérénité dans son groupe et, comme pour Cantona ou Ginola, ne le voyait sans doute pas capable d’en apporter". Trente ans plus tard, il se redresse encore sur son siège, "comme pour tenter de décoller, encore et toujours, à 56 ans, cette étiquette", insistant : "Mais j’étais un bon défenseur, hein, technique, un vrai footballeur. J’ai fait toutes les sélections de l’équipe de France, jeunes, militaires, Espoirs, A’. Et même si je n’ai joué qu’un match avec les A, j’ai été appelé à plusieurs reprises."
Une Carrière de Joueur Riche et Itinérante
Après ses années fastes à l'AJ Auxerre, William Prunier s'engage dans un parcours de joueur qui le mènera dans plusieurs clubs, en France comme à l'étranger, accumulant expériences et palmarès.

Son transfert à l'Olympique de Marseille en juillet 1993, pour une saison qui se termine en juin 1994, s'avère être un "choix de carrière peu judicieux". Le club phocéen est alors "embourbé dans l'affaire VA-OM et finalement rétrogradé en D2". Cette période est également difficile personnellement, la "venue d’un marseillais était un peu mal vue" et "n'a pas été facile". Il se sent "totalement différent" et ne s'est "pas identifié à ce club qu’à l’Olympique de Marseille" (probablement une erreur de retranscription, voulant dire "moins qu'à l'Olympique de Marseille" ou "moins qu'à Auxerre"). C'est durant cette saison que, ironiquement, Auxerre remporte sa première Coupe de France, prélude au doublé de la saison 1995/1996, une illustration de "à quoi tient une carrière…"
De juillet 1994 à décembre 1995, il rejoint le FC Girondins de Bordeaux, une équipe où il évolue aux côtés de futurs grands noms. Il a notamment "joué avec Zidane aux Girondins de Bordeaux", dans une équipe qui comptait des joueurs comme "Lizarazu-Zidane-Dugarry, avec Gaëtan Huard dans les buts. Il y avait Laurent Fournier qui était arrivé aussi. Sénac…" Il la décrit comme une "charnière centrale tendre (rires)". Malgré ce contexte, il avoue être "loin de son niveau Auxerrois", qualifiant cette période de "Bordeaux version Panzani".
L'année 1996 est marquée par un épisode "incroyable" à Manchester United FC, où il ne reste que de janvier à février. Il bénéficie d'"un sacré piston avec son ami Eric Cantona, qui en plus d'être adulé par Old Trafford semblait avoir une réelle influence sur Alex Ferguson", ce dernier "recherchant un défenseur central" suite à un enchaînement de blessures. Son premier match se passe "bien", mais le "deuxième beaucoup moins puisque Manchester encaisse 4-1 à Tottenham, avec un magnifique but contre son camp du défenseur Français". Malgré cette "prestation calamiteuse", Ferguson "ne refroidit pourtant pas" et est "prêt à lui laisser sa chance en prolongeant son essai". Cependant, Prunier "fait sa star et n’accepte pas qu’un joueur de son rang subisse un essai aussi long". C'est ainsi qu'il quitte le club après seulement deux matchs. Pourtant, il se souvient : "J'y finis champion d'Angleterre, un de mes seuls titres ! Ça aussi, ça reste un souvenir incroyable." (Il convient de noter que pour être officiellement considéré comme champion d'Angleterre, un joueur devait généralement avoir disputé un certain nombre de matchs, ce qui, au vu de son bref passage, n'est pas certain).
Par la suite, William Prunier enchaîne les expériences. Il passe par le FC Copenhague au Danemark d'avril 1996 à juin 1997, décrivant cela comme les "joies du mythique et rafraîchissant championnat Danois". Ensuite, il rejoint le SSC Naples en Italie de juillet 1997 à octobre 1998, où il ne disputera que "4 matchs en une saison". S'ensuit un passage au KV Courtrai en Belgique d'octobre 1998 à juin 1999.
La fin de sa carrière de joueur professionnel connaît un regain avec le Toulouse FC, qu'il intègre en juillet 1999 et quitte en décembre 2003. Il y termine "en beauté, étant l'un des éléments clés de la renaissance du Toulouse FC". En compagnie de "Stéphane Lièvre et de Christophe Revault, deux autres tauliers de L1", il "reste au club qui venait d'être rétrogradé en national". Les Toulousains, sous son impulsion, "remontent de deux divisions en deux ans et parviennent à pérenniser leur présence en L1". Il ajoute à son palmarès un titre de Championnat de France de Ligue 2 en 2003.
La dernière étape de sa carrière de joueur le mène à l'Al-Sailiya SC au Qatar, de janvier à juin 2004. Au final, William Prunier déclare être "fier de sa carrière parce que j’ai vécu beaucoup de [s]es rêves".
La Seconde Vie : Reconversion en Entraîneur, des Amateurs au Professionnel
Après avoir raccroché les crampons, William Prunier entame une nouvelle carrière, celle d'entraîneur, qui dure déjà depuis "15 ans". Il n'a "pas toujours voulu entraîner au départ", mais cette passion l'a rattrapé. Ses débuts se font aux côtés d'un ami, Stéphane Paille, "malheureusement décédé aujourd’hui", qui lui "a proposé d’être son adjoint". Sans hésitation, il a "accepté", et son aventure a commencé comme "numéro 2". Bien que le début ait été marqué par de "bons résultats", la situation est devenue "plus compliquée" au bout de "6 ou 7 mois", avec des "faux pas dont un revers 4 à 0 à Tours (le 7 mars 2008, journée 27), qui a été fatal à Stéphane". C'est alors que Patrice Carteron, alors directeur sportif, l'a remplacé. William Prunier avoue avoir "appris à ses côtés", Carteron ayant déjà une expérience d'entraîneur à Besançon et Angers.
Lorsque Patrice Carteron, après Cannes, lui propose de nouveau d'être son adjoint à Evian-Thonon-Gaillard, William Prunier "n’a pas senti le truc". Il décide alors de faire sa route "tout seul", démarrant en Division d’Honneur comme numéro 1 à Cugnaux, près de Toulouse. Il n'a eu "aucun problème d’aller en DH", car il avait "besoin de voir ce qui se faisait en dessous" et voulait "apprendre le métier d’entraîneur". Il a accepté ce poste "par passion et par plaisir", malgré un "petit budget" pour un club qui venait de descendre de CFA2 et dont le président souhaitait le stabiliser. Ils ont réalisé une "bonne saison, tantôt leader, tantôt 2e", finissant finalement à la deuxième place.
En signant en National 2 à Colomiers, également près de Toulouse, il franchit un "premier cap", réalisant un "grand pas en avant". Il s'est engagé pour trois ans et a respecté cet engagement. La première année, l'objectif principal était le maintien et la reconstruction de l'équipe. Le club bénéficie de l'arrivée de nouvelles installations sportives, la commune ayant "injecté beaucoup d’argent dans un nouveau complexe sportif", offrant de "bonnes conditions de travail". Malgré l'un des "plus petits budgets du championnat", ils réussissent à se maintenir, non sans "un peu de chance", grâce notamment au "retrait de Carquefou". Il se souvient aussi que Strasbourg, ayant terminé derrière eux, avait également été repêché.
Son parcours d'entraîneur le mène ensuite à Consolat, un club de National, qu'il rejoint en fin de contrat, cherchant "autre chose". Situé dans le XVe arrondissement de Marseille, Consolat est "un club en pleine construction, avec un président, Jean-Luc Mingallon, très passionné, qui aime beaucoup son club". Cependant, l'expérience est "très très » compliquée", à "tous les niveaux, joueurs, structures, tout !". Il n'y reste que "quatre mois seulement" avant de stopper la collaboration "en accord avec le président".
Après Consolat, une opportunité se présente lorsque Laurent Nicollin, "le fils de Loulou", l'appelle pour s'occuper de la réserve de Montpellier, qui évolue en National 3. La rencontre se fait "le lendemain de son appel, et ça matche !". William Prunier connaît bien le club, ayant "joué à Montpellier" par le passé et ayant "rencontré Loulou" ainsi que Bruno Carotti, le directeur sportif, avec qui il avait joué. Henri Stambouli, le directeur du centre de formation, qu'il avait connu à l'OM en tant qu'entraîneur des gardiens, est également une figure familière. Il signe pour deux ans et se retrouve avec "une équipe réserve professionnelle, très structurée". Il découvre un "nouveau métier", "très différent de ce que l'on fait en amateur", sous la direction d'Henri Stambouli, qui le "dirigeait, l'aidait, le conseillait". Cette expérience lui permet de découvrir "une palette différente, vraiment intéressante". Il a également "appris avec" les entraîneurs de l'équipe première qu'il a côtoyés, comme Rolland Courbis, Frédéric Hantz et Jean-Louis Gasset, louant le "côté très structuré du club, à la fois très familial et très pro".
Défis et Ambitions Actuelles
Après ses expériences avec la réserve montpelliéraine, William Prunier est contacté par Jean-Marc Ferreri, le directeur sportif de Toulon, et le président Claude Joye, avec un "projet de monter en National". Malgré le fait qu'on lui propose un contrat d'un an seulement, il accepte le défi, sentant que "son profil" plaisait, fort de ses montées avec Colomiers et la réserve de Montpellier. Le challenge était "beau", mais la déception fut grande : ils "terminent 1er ex-aequo avec Marignane", mais ne montent pas "au goal average !". C'était une "grosse déception, surtout dans un tel club, avec un tel public, avec des dirigeants qui ont cru en [lui]". Il reconnaît sa part de responsabilité, avouant avoir fait "des erreurs aussi, pas les bons choix de temps en temps". Il entretient une relation franche avec le président Joye, qui était "très proche de son équipe, parfois trop", et lui a dit "en face" qu'il avait "beaucoup d’idées d’entraîneur (sourire)". William Prunier admet que "même en cas d’accession, il ne serait pas resté", mais il est certain que Claude Joye a apprécié la saison passée ensemble.

Après Toulon, il se dit qu'il se "cherche un peu", prenant du recul, avant d'être appelé par le club de Canet-en-Roussillon (N3). Il est "un peu réticent au départ", reconnaissant que le club avait "beaucoup de moyens pour un club de National 3". On ne lui met "pas de pression" mais on lui exprime le désir de monter en National 2 dans les deux ans. Cependant, un changement de présidence intervient. Bien que les nouveaux présidents voulaient le "garder", il ne pouvait pas rester, car il savait qu'ils avaient "contacté d’autres coachs", ce qui l'a "gêné".
Ensuite, il rejoint Le Mans, qui recherche un adjoint pour Cris, l'entraîneur. Il se dit que "ça va être compliqué", mais le président Thierry Gomez le "convainc". Cris, fraîchement sorti de son expérience au Goal FC, avait "besoin d’un adjoint avec un peu d’expérience". William Prunier s'engage, découvrant un "club qui a le statu pro, très structuré, avec un stade magnifique, un centre d’entraînement top même s’il a un peu vieilli". "Tout était mis en place pour remonter en Ligue 2". Les premiers mois se passent "bien", il est "à l’écoute". Cependant, Cris était arrivé avec "son préparateur physique, son entraîneur des gardiens, il y a eu un analyste vidéo aussi qui est arrivé", ce qui lui a donné "l’impression d’être un peu la pièce rapportée". Une fois Cris "bien installé, il a pris du recul par rapport à [lui], on échangeait moins". William Prunier a "eu du mal à trouver [sa] place dans le staff", car ils n'avaient "pas les mêmes idées sur pas mal de choses". Selon lui, "dans un staff, pour être adjoint, il faut bien s’entendre et bien connaître la personne". À partir de Noël, il sent "moins de confiance", "échangeait moins" avec Cris, "subissant la situation, encaissant", ce qui n'est "pas son habitude". Une discussion a lieu, mais Cris lui dit : "non, tout va bien". Pour William Prunier, "ça n’a plus du tout matché", et cela s'est "peut-être même ressenti dans les résultats". Le président a tenté de "recoller les morceaux", mais il lui a signifié que ce n'était "pas possible". Il a "demandé à partir", mais garde une bonne image du club, Le Mans lui ayant même "prêté gratuitement un joueur dans [son] nouveau club".
C'est ainsi qu'il arrive à Bourges Foot 18 en National 2, fin octobre dernier, alors qu'il était en "contact très avancé avec Chartres et son président Gérard Soler pour remplacer Jean-Pierre Papin, en partance pour l’OM". Bourges est "arrivé, s’est incrusté !". Il prend ses fonctions le 1er novembre, héritant d'un club "avec de grosses ambitions sportives mais qui est en grande difficulté en championnat, où il est dernier de sa poule". L'objectif immédiat est le maintien. Bourges est un club avec "une histoire, un vécu en Division 2", même si cela remonte, et il bénéficie d'un "beau stade" et d'une "structure". Le club est issu de la "fusion de deux autres clubs (Bourges Foot et Bourges 18, qui évoluaient tous deux en N2 en 2020-21, ont fusionné à l’intersaison 2021)". Les installations sont "convenables". C'est la "première fois de sa carrière qu'[il] prend un club en cours de saison". À son arrivée, il a "demandé à changer le staff, afin de s’appuyer sur des gens du cru, qui connaissent le club". Son groupe est composé de "21 joueurs", qui "ne font que du football" et sont "salariés du club". Il a "instauré des choses, comme la cryothérapie", avec des séances à "10h ou à 15h30".
Le maintien en National 2 est "important pour lui". Bien qu'il n'ait pas la réponse quant à savoir s'ils y parviendront, l'équipe a réalisé des performances encourageantes, avec des "matchs nuls aux Herbiers (3-3) et aussi à Bergerac (0-0)", et une victoire "1 à 0 chez un concurrent direct, Romorantin". Il souligne la tension actuelle due à la "réforme des championnats", où "les matchs sont tendus, à la fois sur le terrain et dans les tribunes". Les "coachs sont tous nerveux" face à une "demande de résultats forte", comme en témoigne le "nombre d’entraîneurs qui ont été licenciés, c’est impressionnant !". Les "présidents sont terriblement sous pression, à cause de l’obligation de résultats".
La Philosophie de l'Entraîneur et les Aspirations Futures
À 55 ans, William Prunier est un "entraîneur travailleur et exigeant", et "déjà, il est exigeant avec lui-même !". Il se décrit comme "très proche de ses joueurs", parfois "dur mais juste". Il les "aime", les considérant "comme ses gosses", leur répétant souvent : "si je suis là, c’est pour vous !". Il explique que c'est pour eux qu'il "fait tout ça", pour "leur apprendre, leur apporter", car lui a déjà fait sa carrière de joueur et a "donné déjà". Après 15 ans à entraîner, il est là pour les "aider" et a "envie qu’on réussisse ensemble".
Concernant son style de jeu, William Prunier a une vision claire. Bien qu'il ait entraîné au centre de formation à Montpellier où l'on lui parlait du Barça, le rendant "dingue !", il aspire à une approche du football ancrée dans la culture française. Il a "envie de voir [son] équipe jouer au ballon", mais "avec une rigueur supplémentaire". Il souhaite une "équipe rigoureuse, qui sache jouer vers l’avant, pas vers l’arrière". Lors de ses périodes sans club, en septembre et octobre, il allait voir des matchs "à tous les échelons" et s'inspirait des "commentaires" du public, qui "attend du jeu vers l’avant", des "ballons qui passent devant les buts", comme lors d'un match OM - PSG en coupe. Pour lui, "en France, on veut du jeu, du jeu, de la verticalité en permanence, pas beaucoup de jeu en arrière".
Parmi les figures qui l'inspirent, il cite José Mourinho comme l'entraîneur qui, selon lui, "aurait pu gagner la Ligue des Champions avec PSG", mais qu'ils "n’ont jamais pris et ils se sont toujours trompés…". Il en est "persuadé". Il exprime également un profond respect pour Zinédine Zidane, avec qui il a joué aux Girondins de Bordeaux, considérant que "ce qu’il a fait au Real Madrid, c’est extraordinaire".
Sa personnalité se caractérise par son "franc-parler", qu'il qualifie de "défaut". Il se dit "sans filtre", "franc avec ses dirigeants et avec ses joueurs", n'hésitant pas à "dire ce qu'[il] pense". Il admet que "parfois [il] devrait la fermer, parce qu'[il] dis des conneries aussi !", mais au moins, il est "lui-même". Il sait que cela "peut faire mal, que ça peut piquer". Il insiste sur le fait qu'il "ne fait pas de politique", ce qui explique en partie sa situation vis-à-vis des diplômes.
Son objectif est de "passer son diplôme - le BEPF - qui lui permettrait d’entraîner un peu plus haut !". Il a "envie d’aller toucher la Ligue 2 ou la Ligue 1, pour voir comment ça se passe au-dessus, ça [lui] branche bien aujourd’hui". Il aurait dû passer ce diplôme "quand [il] était à Montpellier, en 2015 et 2016", alors qu'il était dans une "structure professionnelle", mais il a "annulé…". C'est "peut-être la seule fois où [il] a tenté d’aller au BEPF". Depuis, on l'"encourage à le passer", et même la DTN l'"encourage à [s']inscrire pour la session de l’année prochaine". Cependant, il note qu'il est "plus simple de le passer à l’étranger", car "ici, en France, ça demande énormément de travail et ça pompe beaucoup d’énergie", nécessitant d'être "en activité en même temps" et de s'absenter "une dizaine de semaines par an", ce que "les présidents n’aiment pas trop".

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