L'abricotier du Japon, connu sous le nom scientifique de Prunus mume Siebold & Zucc., est un arbre fascinant cultivé en Chine et au Japon pour ses fleurs et ses fruits. Bien qu'il soit souvent confondu avec d'autres espèces, il ne rentre pas dans les espèces de cerisiers. Également appelé "Mume" ou "Plum Blossom", cet arbre est originaire d'Extrême-Orient, notamment des régions du Sichuan et du Yunnan en Chine, de Taïwan, de Corée et du Japon. Pour l'Europe, il fut probablement importé de Chine au Japon à la période Nara (750 ap. J.C.), avec la prononciation « mui, mei » ou « maï », fixée peu à peu en « ume ».

Caractéristiques Botaniques et Morphologie
À l’état naturel, le Prunus mume est un petit arbre de 3 à 7 mètres avec une cime arrondie. Son écorce est gris-verdâtre, devenant épaisse et craquelée avec le temps. Les feuilles caduques sont alternes, au limbe oboval longuement acuminé, mesurant de cinq à huit centimètres de long, avec des bords finement dentés. D’abord vert teintées de pourpre, elles virent au vert foncé en été. Quelques cultivars, dont 'Beni-shidori', offrent un feuillage d’automne cramoisi intéressant.
La floraison est le joyau de cet arbre. Elle survient souvent entre janvier et mars, sur le bois de l’année précédente avant la foliation. Les fleurs sont simples (généralement à 5 pétales) ou doubles selon le cultivar, et le plus souvent délicatement parfumées. Un petit arbre rentré dans la maison pour sa floraison inonde la pièce de sa fragrance. Cette floraison très précoce, alliée à la pureté des fleurs, participe pour beaucoup au charme de l’espèce. Pour les Japonais, ses fleurs qui tombent au sol sans se faner sont le symbole d’une fin de vie sans souffrance.
Les fruits sont des drupes globuleuses de petite taille (environ 3 cm de diamètre) à noyau adhérent, arrivant à maturité entre fin mai et fin juillet. Ils sont comestibles, mais peu savoureux crus, cueillis sur l’arbre.
Répartition et Variétés
Le Prunus mume est présent depuis le sud de la Chine centrale jusqu'à l'est de l'Inde, dans l'ex-Indochine, au Laos ainsi qu'au nord-ouest du Vietnam. En France, depuis 2013, près d'Annecy, au Domaine du Tornet à La Balme-de-Sillingy, se trouve rassemblée la collection nationale des cerisiers japonais à fleurs, qui inclut diverses variétés de Prunus mume.
Parmi les cultivars remarquables, on trouve :
- 'Beni-Chidori' : Arbre compact, floraison fin février-mars, fleurs simples, parfumées (amande) et d'un rose carmin soutenu.
- 'Matsumae Shizuka' : Feuillaison vert bronze cuivré, floraison tardive en mars-avril, fleurs semi-doubles blanches virant au rose pâle.
- 'Omoi-no-Mama' : Fleurs doubles, blanches et roses coexistant sur l’arbre.
- 'Pendula' : Port pleureur, floraison précoce en janvier-février.
- 'Rosebud' : Obtention nord-américaine, fleurs doubles rose pâle.
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Culture et Entretien
L'abricotier du Japon préfère les sols neutres à légèrement acides. Il convient de le cultiver dans un verger ou un grand potager, mais il peut aussi s’envisager dans une haie libre. Pour une culture en pot, utilisez un bac sur une terrasse et veillez à renouveler chaque année les éléments nutritifs du substrat. Il est recommandé de réserver cet arbre aux régions peu rigoureuses en hiver, bien qu'une fois bien implanté, il supporte jusqu’à -20 °C.
Plantation
La meilleure période pour planter est l’automne. Creusez un trou deux fois plus large et profond que la motte. Mélangez du compost très décomposé à la terre extraite. Veillez à ce que le collet soit au niveau du sol. En cas d'achat en début de printemps, faites attention à ne pas abîmer la floraison.
Arrosage et Fertilisation
Arrosez régulièrement les premières années pour soutenir l’enracinement. Par la suite, l’abricotier japonais n’aura quasiment plus besoin d’aide, sauf en cas de sécheresse exceptionnelle. Fertilisez au printemps avec un engrais équilibré, puis à l’automne avec un apport riche en potassium et phosphore. Évitez l’excès d’azote qui ne profite qu’au feuillage.
Taille
L’abricotier du Japon ne nécessite pas de taille stricte, ni pour la formation ni pour la fructification. Si vraiment nécessaire, elle peut être faite à la fin de l’automne ou après la floraison, hors période de gel, pour supprimer les rameaux morts, malades ou encombrants.
Multiplications et Usages
La méthode la plus simple pour multiplier le Prunus mume est d'utiliser les noyaux des fruits récoltés. Il est conseillé de les disposer en couches successives dans un récipient rempli de sable humide, placé au nord, et couvert de paille pour la stratification.
Côté culinaire, récoltés en vert, ses fruits permettent de confectionner une boisson traditionnelle, l’umeshu, largement commercialisée en Asie et en France. Les fruits peuvent également être utilisés pour l’eau de vie, laquelle peut se conserver quelques mois.

Maladies et Ravageurs
Bien que robuste, ce bel arbre est sensible aux ravageurs et maladies de l’abricot commun et du pêcher, notamment la moniliose ou le chancre. Il peut être sujet à la gommose (exsudat épais et collant qui s’écoule des branches), souvent due à la bactérie Pseudomonas syringae. Au printemps, les jeunes pousses peuvent subir les assauts des pucerons et des chenilles. Il est également un hôte potentiel de la bactérie Xylella fastidiosa. Il faudra si possible le cultiver éloigné du verger familial pour limiter les risques de contamination.
Importance Culturelle
Son nom spécifique mume vient de l'altération de 'Ume', son nom commun en japonais. Durant des siècles, il a été vénéré et largement représenté avant d'être supplanté par 'Sakura', le cerisier devenu l'emblème du Japon. L'espèce est extrêmement recherchée pour confectionner des bonsaïs cultivés à l'extérieur. L'Empereur Kao-tsou, fondateur de la dynastie des Hans, l'avait nommé Ka kodjits. Cette richesse historique et esthétique en fait une pièce maîtresse pour tout jardin souhaitant intégrer des éléments de la flore asiatique traditionnelle.
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